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Jean-Pierre Lefebvre (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080710982
Éditeur : Flammarion (15/01/2003)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 143 notes)
Résumé :
1915. Tandis que la Première Guerre mondiale ensanglante l'Europe, un auteur quasiment inconnu publie son premier roman, qui connaît un succès foudroyant.
Placé sous le signe du Golem, cette créature d'argile façonnée jadis par un rabbin, et qui revient hanter la ville tous les trente-trois ans, le livre ressuscite la Prague du tournant du siècle : Prague et son ghetto, rasé quelques années avant la guerre par des autorités soucieuses d' "assainissement".
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Bobby_The_Rasta_Lama
  18 septembre 2018
"...et il rencontra son propre regard,
sans sombrer dans la folie."
Etrange lecture !
Si vous espérez vous délecter de la vieille légende pragoise de Golem, créé sous le règne de fantasque Rodolphe II par le savant rabbi Löw, avec la glaise ramassée sur les bords de la Vltava... passez votre chemin !

Mais il serait peut-être intéressant de préciser que ce colosse sans âme - animé par Shem Ha-meforash, un billet magique glissé dans sa bouche - servait à la protection du ghetto et aux travaux difficiles. Mais, parfois, son contrôle échappait des mains du Maître, et il partait semer la terreur dans les rues...
... cela pourrait être utile pour la compréhension de roman de Meyrink (1915), l'auteur qui a beaucoup puisé dans Hoffmann, Poe, ses propres (non-concluantes) expériences occultes, et qui est souvent considéré comme un précurseur de Kafka.
"Le Golem" de Meyrink est de toute évidence un roman "initiatique", même si je n'aime pas trop utiliser ce mot.
Et c'est une lecture difficile - car tout se passe comme derrière une couche de brouillard. Dès le premier chapitre, nous sommes jetés dans les eaux profondes et boueuses du récit, et il faut s'accrocher fermement à la ligne conductrice, afin que l'histoire n'éclate pas en tas d'images décousues.
Parfois, il suffit peu pour se retrouver à la frontière entre le rêve et la réalité, la raison et la folie.
Comme le narrateur de "Golem", qui met par erreur le chapeau du tailleur de pierres précieuses Athanasius Pernath, pour revivre une histoire vieille de trente ans...
En essayant de comprendre ce qui lui arrive, il rencontre les personnes savantes, les femmes angéliques et les gens répugnants, dont chacun peut être considéré comme une part de son propre reflet.
Meyrink mélange dans son histoire le Talmud, la Kabbale, l'alchimie et le Tarot; la culture tchèque, juive et germanique.
C'est une fantasmagorie mystique remplie de symboles compliqués.
On attend Golem surgir à tout moment, mais tout au plus, on aperçoit son ombre accroupie silencieusement sous l'escalier. La terre et la boue dont il est fait restent dans les ruelles mystérieuses du ghetto de Prague, où les maisons sont "bâties sans ordre, comme la mauvaise herbe qui sort de la terre au hasard". Où habitent les gens qui ressemblent à des ombres, "les créatures qui ne sont pas nées d'une mère, qui semblent, dans leurs actes et leurs pensées, d'être composées de particules sans ordre."
Etrange lecture, encore une fois...
Pourquoi Meyrink a-t-il choisi la légende de Golem ?
C'est pour insuffler la vie dans quelque chose de non-vivant dans l'esprit de son lecteur ?
Est-ce une coïncidence, que la légende est connectée avec le quartier mystérieux, caché quelque part dans le dédale des ruelles de la Vielle ville ?
Et souvenez vous que celui qui voit le Golem, voit son double...
L'atmosphère grise et opaque de ce roman est difficilement qualifiable.
Dommage que la Vieille ville juive à Prague n'existe plus, et que la maison blanche dans la Ruelle d'Or n'est plus visible que contre une somme adéquate, derrière une foule de touristes...

Après une courte hésitation, je donne tous les cinq pentacles !
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jamiK
  11 avril 2018
J'avoue avoir été assez déconcerté, sans doute qu'il ne faut pas le lire n'importe quand. Je m'attendais sans doute à un récit d'aventure du genre Frankenstein ou Dracula, avec un rythme à la Arthur Conan Doyle ou Jules Vernes, mais on est bien plus prêt d'un récit introspectif avec pour axe principal la ville de Prague à la fin du XIXe siècle. C'est avant tout une ambiance, le ghetto juif, avec ses petites ruelles, ses appartements mal chauffés, des personnages étranges, mais très réalistes. le démarrage de ma lecture a été assez laborieux, difficile en effet de se plonger dans l'histoire, les premiers chapitres ne pourront être compris qu'à la fin, et les rêves se mêlent à l'histoire, chargés de symbolique, faisant référence à la culture juive et à la Kabbale. Et surtout, ici, le Golem n'est pas un espèce de monstre géant qui se déplace dans Prague comme une sorte de Godzilla de glaise. Gustav Meyrink le perçoit comme un phénomène naturel qui se déclare tous les 33 ans dans une boucle temporelle, une apparition de double de soi-même, ou une recrudescence de meurtres, de miracles, de rêve hantés, de dépersonnalisation de soi, et d'anthropomorphisme de la ville. Alors, malgré mes difficultés du début de ma lecture, je dois avouer que j'ai été totalement envouté, l'écriture est belle, élégante, et la fin nous fait l'effet d'une révélation. Jamais le surnaturel n'est au coeur du récit, mais il agit comme un médium qui nous fait voyager, dans Prague, dans le mysticisme, dans l'abnégation, où espoir et désespoir se confondent comme dans un miroir. Ce récit me laisse une impression étrange, j'ai le sentiment qu'il se dévoile encore longtemps après la lecture, sans doute à relire plusieurs fois, peut-être tous les 33 ans, qui sait...
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dbacquet
  20 décembre 2011
Le Golem était-il revenu dans les rues noires et tortueuses, comme un cauchemar, du ghetto de Prague, semant la terreur et troublant l'ordre des choses ? Dans ce quartier à l'air si vicié, des crimes se commettent et des rumeurs courent. Quand Pernath, un tailleur de pierres précieuces de la rue du Coq, reçoit la visite d'un inconnu lui remettant le livre d'Ibbour, dont les lettres, tout à coup, s'animent, laissant entrevoir dans un tourbillon d'images un hermaphrodite assis sur un trône de nacre, il ressent une sensation étrange, comme s'il eût croisé un double mystérieux ou connu une sorte d'imprégnation, de lente possession, un début d'initiation peut-être. Pernath à qui on a, après une séance d'hypnose, verrouillé tous les souvenirs, trop menaçants, et qui est comme en quête d'amour et de vérité, dans un monde si sombre qui fourmille de symboles. Ses pas nous mèneront à travers des prisons et des souterrains, des passages secrets et des pièces obscures et sans issues, comme si elles eussent été hors du temps, au milieu de cycles sans fin, et quand il reviendra, comme après un long sommeil, dans son quartier désormais dévasté, à la recherche des personnes qu'il avait connues, des choses troublantes de nouveau se produisent, comme s'il eût été un autre, à l'identité restant obscure... Ce livre avait impressionné Kafka et Borges , inspiré le cinéma expressionniste, nous restons à la fin d'une première lecture abasourdis, nous sentons que nous avons perdu pied, victime d'une sorte de sortilège ou d'élixir.
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Woland
  17 juin 2015
Der Golem
Traduction : Denise Meunier
ISBN : ?
Le Golem ... Tout le monde en a entendu parler. Certains - mais ils sont morts depuis longtemps - l'ont vu dans les rues étroites du ghetto juif de Prague. le cinéma l'a recréé, la version la plus fameuse étant celle de Paul Wegener et Carl Böse, en 1920, avec Wegener dans le rôle-titre - signalons du même coup la version de Duvivier, qui date de 1936, avec Harry Baur sans oublier la version de Jean Kerchbron, pour la télévision française, en 1967. Mais c'est à Gustav Meyrink que revient le mérite d'avoir ressuscité, et considérablement modernisé, la vieille légende du rabbin Loew, avec son roman "Le Golem", sorti en 1915, et qui sera un succès total.
Pourtant, aujourd'hui, si l'en excepte les fanatiques des ciné-clubs, qui a vu le film de Wegener et qui se souvient du film de Duvivier pour ne rien dire de l'adaptation de Kerchbron ? Et qui, surtout, peut se vanter d'avoir lu le livre qui l'a inspiré ?
Il y a pas mal d'années de cela, les irremplaçables éditions Marabout publiaient la traduction du texte, un récit qui surprend à plus d'un titre et qui frappe avant tout par l'extraordinaire ambiance que, dès la première page, met en place son auteur. Peu importe que nous soyons juifs ou chrétiens, voire athées, ce Prague du "Golem" de Meyrink, on y est littéralement catapulté, et on va y demeurer prisonnier tout en nous y promenant pendant près de deux-cent-cinquante pages.
On a beaucoup dit que ce récit avait quelque chose d'"halluciné." Et c'est vrai. C'est un mélange d'onirisme et de brumes, de ruelles qui aboutissent à des impasses, de souterrains qui courent sous la ville et dont l'un, emprunté par le héros, mène à une petite chambre à la fenêtre grillagée et sans autre moyen d'entrée qu'une trappe dans le sol, de personnages criants de réalité et qui, tout à la fin du livre, s'évanouissent comme le fait régulièrement le Golem si, hasard ou volonté, on le croise ou on se met à le suivre. Au milieu de l'histoire (mais on met longtemps à s'apercevoir de l'importance de cet accessoire), un chapeau. Dans la doublure, le nom gravé d'Athanasius Pernath. Et puis notre narrateur qui découvre ce chapeau - comment, déjà ? On l'a à peine lu qu'on l'oublie. L'emporte-t-il, ce chapeau qui lui va si bien ? Pourtant, ce chapeau le plonge dans un grand trouble et ses amis, autour de lui, qui semblent pourtant l'estimer et même avoir de la sympathie pour lui, ne chuchotent-ils pas, quand ils le croient endormi lors d'une soirée, que ce pauvre Pernath a souffert de graves troubles nerveux ? ...
Dans les maisons figées aux façades noires ou aveugles, vont et viennent des personnages mystérieux et souvent inquiétants, quand ils ne sont pas repoussants : le brocanteur Aaron Wassertrum, bien entendu, avec son bec-de-lièvre, sa colère rentrée et son désir de détruire ceux qui ont poussé son fils (une fieffée canaille, soit-dit en passant) au suicide ; son ennemi juré, l'étudiant en médecine phtisique Charousek, qui, en fait, n'est autre que l'un des nombreux bâtards du brocanteur ; le juge au tribunal rabbinique Shemajah Hillel et sa fille, la belle et mystique Mirjam ; Zwakh, le vieux montreur de marionnettes, qui est le premier à raconter, sur l'insistance des autres, lors de la soirée dont nous parlions plus haut, la légende du Golem ; Josua Prokop, le musicien ; Angelina, devenue comtesse par son mariage et qui aurait, selon ses propres dires, bien connu le père d'Athanasius Pernath - un père dont celui-ci ne conserve aucun souvenir : il ne se rappelle d'ailleurs pas grand chose de son passé ...
Et puis Rosina la Rouge, personnage étrange et semi-androgyne (?) qui se jette au cou de tous et dont est amoureux le sourd-muet Jaromir tout comme son frère, Loisa. Jaromir court les cafés en découpant habilement des portraits dans du papier noir. Loisa, lui, est une petite frappe qui finira par assassiner. Et ce meurtre, on l'imputera évidemment à l'apparition du Golem. Car il est revenu. Athanasius Pernath est le premier à l'avoir vu. le Golem, enfin, un homme muet, au visage curieusement mongoloïde, avec des yeux d'Asiatique, est entré chez lui et, par signes, a indiqué au tailleurs de pierres précieuses qu'il voulait qu'on lui réparât la feuille d'or de la lettre "I" dans le livre Ibbour. Et puis, il a disparu. Comme ça. Mais le livre est resté et Pernath l'a enfermé dans une cassette, bien à l'abri.
Le Golem viendra-t-il le lui réclamer ? ...
L'intrigue se fait aussi tortueuse que les rues du ghetto. On ne sait plus très bien si Athanasius Pernath est Athanasius Pernath. On ne sait pas qui a tué qui. Tout se mêle, tout s'entremêle jusqu'au final, un final éblouissant qui rappelle la longue tradition du doppelgänger allemand. Ne prétend-on pas que qui voit le Golem voit son double ? Il n'en était certainement pas question à l'origine de la légende mais Meyrink se l'approprie et libère ainsi le Golem originel de la gangue figée du mythe inspiré par le rabbin Loew. Initialement créé par celui-ci au Moyen-Âge, le Golem que nous croisons ou qui nous frôle dans le roman de Meyrink devient un pur esprit, qui s'incarne parfois pour annoncer, dit-on, des catastrophes. Il faut dire que, lorsque Meyrink fait paraître son roman, la catastrophe était bien commencée depuis un an. Mais son livre demeure intemporel et se concentre exclusivement sur Prague et le ghetto juif - la comtesse Angelina restant à part de tout cela.
Selon la tradition, le Golem se manifeste tous les trente-trois ans. A la fin du roman, il retourne à L Infini dont il est né mais Athanasius Pernath voit alors son double, dans une étrange maison où il est venu rendre le fameux chapeau. La boucle est bouclée : rêve d'un demi-fou ? fantasmagorie étouffante engendrée par les angoisses et les brouillards de la ville et de l'époque ? texte à signification kabbalistique, auquel le profane ne peut rien comprendre ? ...
En tous cas, un excellent roman fantastique, qu'on n'est pas près d'oublier une fois qu'on l'a lu et qui explique l'incroyable succès du personnage. le Golem est un emblème, un symbole : il est le Double que nous portons en nous, que nous fuyons parfois et qui, d'autres fois, à son tour, nous fuit ; il est notre ombre et nous pouvons entendre derrière nous le glissement doux et têtu de ses pas ; il est le mystère éternel de notre âme - de l'âme humaine. On n'a pas à le comprendre : on doit se laisser porter et le ressentir. Tout au fond de nous. Eternel. Intangible. La source, peut-être, de nos plus profondes angoisses : celles d'un esprit emprisonné dans un corps et qui ne sait absolument pas ce qu'il fait là-dedans. ;o)
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dedanso
  03 mai 2018
Quelle oeuvre bien étrange... Il me semble indispensable, pour l'apprécier pleinement, d'accepter de n'y rien comprendre. J'ai eu beaucoup de mal avec les premières pages*, jusqu'à ce que je décide de me laisser porter par la langue, très belle, et par l'ambiance générale du récit.
C'est cette ambiance dont je me souviendrai longtemps encore après ma lecture. L'impression de m'être laissée bousculée dans les ruelles étroites du ghetto de Prague, dans une brume épaisse, et d'avoir entrevu par de petites fenêtres mal éclairées, tout un monde souterrain. Une sorte de carnaval peuplé de figures terrifiantes de laideur ou de grandeur, jamais dans la demi-mesure.
Les personnages sont tout simplement inoubliables. J'ai été tout particulièrement émue par Mirjam et Hillel, figures angéliques impressionnantes (vous allez sans doute sourire mais en pensant à eux je revois l'image de Galadriel dans le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, vous savez lorsqu'elle devient tout à coup terrifiante de pouvoir).
En somme, cette lecture est comme "une exquise veille crépusculaire" : plongez-y les yeux et l'esprit grands ouverts, sans amarres, pour espérer y trouver votre bonheur.
*Au tout début j'ai lu quelques remarques qui m'ont un peu irrité l'oeil et que je ne m'explique toujours pas très bien. Pour faire bref : les Juifs seraient cupides, les rousses tout à la fois dégoûtantes et attirantes et les homosexuels écoeurants... Je pense que l'oeuvre est à resituer dans son contexte politique et social...que je ne connais pas ! Mais nul doute que je dois pouvoir trouver un éclaircissement de ce côté-là.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   05 juillet 2015
Un jour, alors que je n'avais pas perçu le moindre souffle de vent, parce que j'étais à couvert d'une maison, j'ai vu tout à coup de grands lambeaux de papiers déchirés, sur une place complètement déserte, qui se mettait à danser une ronde démente en se poursuivant comme des damnés. L'instant d'après ils avaient l'air calmés. Et brusquement, voilà que le délire recommence et qu'ils se recourent après avec une fureur insensée, se coincent tous dans un renfoncement, puis repartent comme des hallucinés et s'expédient dans tous les sens avant de disparaître pour finir derrière un coin de rue.
Il n'y avait qu'un gros journal à ne pas pouvoir les suivre ; il restait là plaqué sur le pavé, s'entrouvrait et se refermait d'un coup comme une bête essoufflée qui happe de l'air.
Ce jour-là, un obscur soupçon m'a envahi : je me suis demandé si en fin de compte nous autres, les êtres vivants, nous n'étions pas aussi des bouts de papier dans ce genre-là. Est-ce que finalement ce n'est pas un vent invisible, incompréhensible qui nous pousse de-ci de-là et commande nos actes, pauvres sots que nous sommes, qui croyons n'obéir qu'à notre libre vouloir ?
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dedansodedanso   27 avril 2018
Et je rêvais les yeux ouverts. Les pierres précieuses sur la table grossissaient, grossissaient et faisaient ruisseler tout autour de moi des cascades multicolores. Des arbres d'opale groupés en bosquets réfléchissaient les ondes lumineuses du ciel, leurs bleus scintillaient comme les ailes d'un gigantesque papillon tropical, gerbes d'étincelles au-dessus des prairies pleines des chaudes senteurs de l'été. J'avais soif et je rafraîchissais mes membres dans le bouillonnement glacé des ruisseaux qui bruissaient sur les blocs de rochers en nacre. Un souffle torride passé sur les pentes recouvertes de fleurs m'enivrait du parfum des jasmins, des jacinthes, des narcisses, des daphnés...
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MeduzanticMeduzantic   11 octobre 2015
Je (...) passai en revue les maisons vilainement décolorées qui s'accotaient les unes contre les autres sous la pluie, telles de vieilles bêtes rechignées. Comme elles avaient l'air lamentable et déchu, toutes ! Plantées là au hasard, elles faisaient penser à de mauvaises herbes jaillies du sol. On les a appuyées à un muret de pierre jaune, seul vestige encore debout d'un ancien bâtiment en longueur, il y a de cela deux ou trois siècles, au petit bonheur, sans tenir compte des autres. Là-bas, une maison en retrait, la façade de biais et une autre à côté, proéminente comme une canine. Sous le ciel morne elles avaient l'air endormies et l'on ne décelait rien de cette vie sournoise, hostile, qui rayonne parfois d'elles quand le brouillard des soirées d'automne traîne dans la rue, aidant à dissimuler leurs jeux de physionomie à peine perceptibles.
Depuis une génération que j'habite ici, l'impression s'est ancrée en moi, indestructible, qu'il y a des heures de la nuit et de l'aube à peine grisonnantes, où elles tiennent un mystérieux conseil muet. Souvent un faible tremblement que l'on ne saurait expliquer traverse alors leurs murs, des murmures courent sur leurs toits, tombent dans les gouttières et nous les percevons distraitement, les sens enrouillés, sans chercher leur origine.
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LuniverLuniver   01 juillet 2015
Et de même que ce Golem s'est figé en une figure de glaise à la seconde même où la syllabe secrète de la vie fut ôtée de sa bouche, je me dis que tous ces êtres humains devraient eux aussi s'effondrer soudain en un instant, dépourvus de toute âme, si l'on effaçait de leur cervelle une quelconque notion minuscule, un petit effort accessoire, une habitude sans finalité chez l'un, ou chez l'autre la vague et obscure attente de quelque chose d'imprécis et d'inconsistant.
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alberthenrialberthenri   12 mars 2017
Je m'approchai de la fenêtre ; tel un cimetière fantomatique tremblant dans l'air, les rangées de pignons chantournés faisaient penser à des pierres tombales aux inscriptions effacées par les intempéries, dressées sur les nombreux caveaux, "les lieux d'habitation", dans lesquels le tourbillon des vivants s'était creusé trous et passages.
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Videos de Gustav Meyrink (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gustav Meyrink
Le Golem de Gustav Meyrink.
Dans le ghetto de Prague, le parcours d’un homme amnésique se mêle aux apparitions du Golem qui sème la terreur tous les 33 ans.
Un morceau de graisse qui grossit horriblement. " C'est alors que resurgit, dans le roman de Gustave Meyrinck, la légende du Golem, cet être artificiel qu'un rabbin kabbaliste créa à partir d'argile dans le ghetto de Prague au XVI ème siècle. Des lettres magiques inscrites sur le front, le Golem s'était réveillé pour mener une existence machinale, sans pensée, sans âme humaine. Pour les juifs, le Golem était le protecteur du ghetto de Prague, celui qui déjouait les complots des chrétiens visant à dénoncer l'existence d'un rituel de sang. Un " Superman juif " ! Et en effet, dans les années 30, les créateurs de la bande dessinée Superman, deux jeunes juifs, s'inspirèrent de la légende du Golem. Cependant pour Meyrinck, le Golem reste un monstre, plutôt un Frankenstein juif, qui sème la panique tous les trente-trois ans dans un ghetto délabré. Dans ce roman classique de l'horreur, l'histoire d'amnésie d'Athanasius Pernath se joue en parallèle, de manière à la fois banale et surnaturelle.
David Zane Mairowitz est auteur, dramaturge, traducteur, réalisateur. Depuis 45 ans, il a publié des recueils de nouvelles, des essais politiques et des biographies en forme de bandes dessinées, notamment celles de Wilhelm Reich, Albert Camus et Franz Kafka. Ses pièces pour le théâtre ont été produites aux Etats-Unis, en Angleterre, au Pays-Bas, en Géorgie et en France. À partir de 1980, il se consacre plus particulièrement à la création de pièces radiophoniques et de documentaires, diffusés dans une vingtaine de pays d'Europe et en Australie. Il a obtenu plusieurs prix internationaux pour ses propres réalisations : Prix Italia, Prix Europa, Prix Ostankino, Prix Marulic, Prix Sony. En 2006, il a reçu le Prix SACD de la radio pour l’ensemble de son œuvre radiophonique.
Avec : Olivier Peigné (Pernath) - Sandrine Le Berre (Mirjam) - Audrey Meulle (Angélina) - Mouss Zouheyri (Laponder) - Thibault Vinçon (Charousek) - Jean-Gabriel Nordmann (Hillel) - François Siener (Wassertrum) - Jean O’Cottrell (Zwakh,) - Daniel Krellenstein (Prokop) - Nina Paloma Polly (Rosina la Rouge) - Pierre Puy (le juge d'instruction) - Franck Kronovsek (le fonctionnaire) - Slimane Yefsah (le cocher) - Gérard Boucaron (le passeur) - Cécile Arnaud (la domestique)
Et les voix de : Zelda Perez, Gwenaëlle Simon, Elodie Vincent, Christophe Chêne et Antoine Sastre
- Bruitage et le Golem : Patrick Martinache - Prise de son et mixage : Bernard Lagnel - Assistance technique et montage : Manon Houssin - Assistante à la réalisation : Laure-Hélène Planchet
- Traduction et adaptation : Davis Zane Mairowitz - Réalisation : Michel Sidoroff - Conseillère littéraire : Caroline Ouazana - Traduction et adaptation : Davis Zane Mairowitz - Réalisation : Michel Sidoroff - Conseillère littéraire : Caroline Ouazana.
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