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Raymond Bellour (Éditeur scientifique)Ysé Tran (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070114016
1584 pages
Éditeur : Gallimard (14/04/1998)

Note moyenne : 4.7/5 (sur 22 notes)
Résumé :

Ce volume contient les oeuvres suivantes : Quelques renseignements sur cinquante-neuf années d'existence - Premiers écrits (1922-1926) - Qui je fus - Ecuador - Un Barbare en Asie - La Nuit remue - Plume, précédé de Lointain intérieur - Peintures - Arbres des Tropiques - Tu vas être père - L'Espace du dedans (Table) - Épreuves, exorcismes - Peintures et dessins - Critiques, hommages, conférences (1927-1946)... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Korylle
  25 août 2014
Michaux (Henri) : La vie d'Henri Michaux (Namur, 24 mai 1899 – Paris, 19 octobre 1984), poète et peintre de génie d'origine belge, bascule lorsqu'il perd son épouse. La douleur de ce décès tragique ne cicatrisera jamais, et il portera le deuil jusqu'à sa propre mort. Mais c'est sans doute grâce à ce terrible événement que sa carrière bifurque vers des travaux de tous styles, emprunts de la véritable essence de l'âme tourmenté du veuf inconsolable. Mais déjà, avant cela, ses confrontations à l'Abîme étaient fréquentes et, depuis son enfance, on peut dire que Michaux aura avalé sa part de ténèbres.
Cet homme, qui deviendra un Maître dans ses domaines de prédilection, la poésie et la peinture, a connu une adolescence difficile, entre angoisse et dépressions. A cette époque, ses premiers travaux voient le jour, influencés sans aucun doute par ses plus jeunes années durant lesquelles il a connu les pensionnats et l'éducation à la dure des jésuites, mais surtout à la fréquentation des auteurs russes Léon Tolstoï et Fiodor Dostoïevski. Tout en faisant ses premiers pas dans la littérature, il s'orientera vers la médecine pour l'abandonner assez vite, prenant la mer entre 1920 et 1921. C'est peu de temps après, en découvrant Lautréamont, qu'il se décide à se lancer corps et âme dans la littérature.
Durant les Années Folles, il arrive à Paris, une ville dont il tombera éperdument amoureux. Dès lors, il n'aura de cesse de renier tout ce qui le rattache à son pays natal et se considérera parisien. Même si, par la suite, il voyagera dans le monde entier, la capitale française restera son berceau. Il sera d'ailleurs, avec la plus grande fierté, naturalisé français en 1955. Aussi rédigera-t-il ses "Carnets de Voyages", réel ou fictifs, qui feront partie intégrale de son oeuvre colossale, lancé par son éditeur et ami proche, Jacques-Olivier Fourcade. En plus de l'écriture, Henri Michaux commence à s'intéresser de plus en plus à l'art pictural dont il entamera des travaux, restés longtemps secrets.
C'est en 1948 que la vie de l'auteur prendra un tournant radical, suite au décès tragique de Marie-Louise Termet, son épouse, suite à d'atroces brûlures dues à un accident domestique. Michaux en rendra compte violemment avec l'écriture de "La Vie dans les Plis" (1949), l'un des textes les plus viscéraux qu'il aura écrit.
Suite à cet évènement, il se considèrera comme un mort en sursit et comme n'ayant plus rien à perdre, commencera les expériences littéraires sous l'influence des drogues, principalement la mescaline, le LSD et la psilocybine. Ces plongeons dans l'abîme des hallucinogènes commenceront tardivement, à l'âge de 55 ans, alors qu'il n'avait jamais touché auparavant aux produits stupéfiants, mis à part l'éther qu'il consomma plus jeune. Ces expériences psychédéliques renoueront Michaux et la médecine, principalement la psychiatrie, et donneront naissance à des travaux sous l'influence des drogues, avec l'assistance d'un médecin qui calculera les dosages avec précision. Il en ressortira des textes impressionnants, mélangés avec des dessins sur des carnets spécialement utilisés pour ce que l'auteur voulait comme des approches scientifiques des effets des substance et de la créativité littéraire et picturale pouvant en découler. Les toiles qu'il a laissé derrière lui sont autant de bijoux d'art atypique qui ne peuvent pas laisser indifférent. Notons certaines oeuvres picturales significatives :
Henri MICHAUX "Têtes"
Henri MICHAUX "Clown"
Henri MICHAUX "Paysages"
Henri MICHAUX "Prince de la Nuit"
Henri MICHAUX "Dragon"
Henri MICHAUX "Combats"
Henri MICHAUX "Couché"
Henri MICHAUX "Parcours"
Henri MICHAUX "Description d'un trouble"
Henri MICHAUX "Arrachements"
Henri MICHAUX "Composition"
Henri MICHAUX "Frottage"
Henri MICHAUX "Mouvements"
Henri MICHAUX "Repos ans le Malheur"

Vers la fin de sa vie, Henri Michaux vivait en reclus et était perçu comme un personnage public fuyant son lectorat et la presse. Il meurt seul à Paris, sa ville d'enracinement, le 19 octobre 1984
La bibliographie de l'auteur étant colossale – 63 ouvrages dont 6 posthumes – on retiendra surtout ses recueils de textes poétiques modernes dont voici une liste non-exhaustive :
MICHAUX Henri "Connaissance par les Gouffres"
MICHAUX Henri "La Vie dans les Plis"
MICHAUX Henri "Epreuves, Exorcismes"
MICHAUX Henri "L'Infini turbulent"
MICHAUX Henri "Poteaux d'Angles"
MICHAUX Henri "L'Espace du Dedans"
MICHAUX Henri "La Nuit remue"
MICHAUX Henri "Plume"
MICHAUX Henri "Ecuador"
MICHAUX Henri "Lointain Intérieur"
Henri MICHAUX "Misérables miracles"
Ghislain GILBERTI
"Dictionnaire de l'Académie Nada"
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karkarot
  09 avril 2020
Premier tome des oeuvres complètes de Michaux (je n'ai que lui -le tome, pas Michaux) dans la Pléiade, celui-ci regroupe les oeuvres de jeunesse.
J'ai moins accroché que pour les livres que j'avais déjà lu auparavant, paradoxalement situées plutôt tard dans la bibliographie de Henri.
Bon, rien n'est mauvais ou détestable, c'est plutôt que sa recherche en littérature, stylistique est encore un peu plus balbutiante, moins sûres, moins aboutie surtout, plus expérimentale peut être, enfin je ne sais comment dire mais ça m'a paru très abscons, peut être trop ancré dans le moment, l'après guerre, le surréalisme, le dada, les choses comme ça, la nouveauté à tout prix, l'invention de mots à tout va, le jeu avec les sons, les mots, les formes, la taille, les sujets. Tout est un peu brouillon et mélangé à mon goût.
J'attendais beaucoup de Plume (de mémoire recommandé par Nicolas Bouvier et tant d'autre) et d'Ecuador. J'ai aimé le second mais pas à la folie, un peu déçu par le manque d'envergure, j'ai en revanche été déçu par Plume. Sans doute est-ce la faute de mes attentes, trop fortes ou précises, mais le ton m'a paru trop burlesque alors que je m'attendais à une chose très poétique.
Bon, donc, la recherche, le style est déroutant mais intéressant, voire passionnant, on sent une très intense réflexion sur la littérature, et chaque texte est sous tendu par une grande culture des "anciens", et c'est ce qui sauve le tout. Rien n'est hors-sol, esbrouffe ou tartarinade, même si tout ne m'a pas plu, loin s'en faut, jamais on ne peut se dire qu'il se fout de nous. A lire, donc, mais doucement, en prenant le temps, en laissant les textes et ses questions infuser.
J'ai adoré Un Barbare en Asie, parce que j'adore ce continent, le ton et l'ouverture d'esprit de Michaux, le style est bien plus conventionnel et la lecture plus facile !
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LesPetitesAnalyses
  10 novembre 2018
Ces oeuvres prouvent à l'envi qu'Henri Michaux était un maître dans la manière de triturer les phrases, de disséquer les mots et de faire exploser chaque syllabe pour leur donner un sens/son nouveau.
Incomparable.
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Henri-l-oiseleur
  11 novembre 2015
J'ai bien du mal à parler de Michaux, car j'ai toujours l'impression à sa lecture qu'il m'échappe et ne se laisse pas confiner, définir ou circonscrire dans un discours de lecteur. Même si, du premier au troisième volume de la Pléiade, on se sait confronté à la même personnalité créatrice et même si l'oreille apprend à reconnaître cet accent particulier, il y a autant de Michaux qu'il y a de textes et de livres de lui. Une chose en tous cas m'aide à avancer dans ce labyrinthe : le rire, l'ironie continuelle qui baignent ses poèmes, ses proses, ses textes. A la fois profond et drôle, Michaux a été mon compagnon. de lecture de tous les instants.
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Citations et extraits (160) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   29 juillet 2015
Qui je fus
IX. Poèmes

…ET ON FAIT DES ENFANTS


Un chien qu'on entretiendrait de l'immortalité de l'âme,
un peu, beaucoup, passionnément…
surtout très peu cette couleur est faite pour son nez.
Donnez à fumer, puis seulement à réfléchir
Mais toujours donnez, donnez,
la tête de l'écho est au fond,
je ne mets qu'un radis sur l'espoir,
et l'avenir sur ma haine,
L'épicier et l'outrance, l'aveugle et le miroir
tous et tout mêlés, la rumination avec les réflexes,
surtout le mystère, un massif avec des monts
et ses crêtes dans un encrier.
Hasard, autre histoire
promesse faite à la paralysie.
Comment vous aussi ?
Parbleu. Pas encore né que son père le battait
tenez plus près de nous, la veille de sa naissance
puis vient l'anecdote
puis, quelques dates, l'agrément
se laver avant la succion
aboyer quand c'est fini
rejeter la faute sur le penchant
le penchant sur l'origine
et l'origine sur les âges en allés,
on les connaît les mauvais pères
une clef, de l'ombre
des draps de lit froissés
et dans la famille un nouveau misérable
si c'est une fille, gagner sa croûte avec sa moelle
un garçon ? qu'il fasse comme les autres
le vol à la tire nourrit bien les bœufs.

p.113-114
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coco4649coco4649   07 juillet 2015
En marge d'« Épreuves, exorcismes »


On t'a vu, homme, peseur d'étoiles lointaines ;
On a vu tes études, mais c'était pour crocheter les coffres ;
On a vu ton social, mais c'était pour plus avilir ;
On a vu tes religions, mais c'était pour mieux haïr ;
On a vu tes arts, mais c'était pour te chatouiller ;
On a vu ta philosophie, mais c'était pour se lever plus de
poussière.

Fais la paix avec la mort ;
Fais la paix avec toi-même ;
Fais la paix avec la paix, ô homme, à l'amour si semblable
à la haine !
Fais la paix tu en auras besoin.
Et fais-toi les pieds solides, ô homme !
Fais-toi les pieds solides comme les paysans labourant en
terre argileuse ;
Fais-toi les pieds solides, comme le sont les pieds des
paysans, des rhinocéros, des pianos à queue, et ce ne sera pas
de trop.

p.823-824
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coco4649coco4649   04 octobre 2015
Parfois on rencontre un immense précipice, mais
au-dessus il y a un peu de terre, sur quoi même on bâtit. À
Quito, il y a ainsi deux longues quebradas, six mètres de
terre superficielle et trente mètres de précipice. Quand il
pleut on arrête les tramways et on regarde la terre qui plie.
Ça tiendra peut-être encore quelque temps.
Parfois dans une rue, vous entendez un bruit lointain
mais net d’eau furieuse ! Vous ne voyez d’abord rien. Vous
êtes près d’un petit trou. Machinalement vous prenez un
petit caillou et vous le lancez. Il faut, pour entendre le
bruit, tellement de secondes que vous préférez partir.
Vous vous sentez pris par le dessous, tous vos pas aus-
cultent, vous murmurez en vous d’un ton terne et bête :
Le plancher des vaches... le plancher des vaches...

p.186
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   23 octobre 2016
                  Lointain intérieur
             ENTRE CENTRE ET ABSENCE


                 MA VIE S'ARRÊTA
 J'étais en plein océan. Nous voguions. Tout à coup le
vent tomba. Alors l'océan démasqua sa grandeur, son
interminable solitude.
 Le vent tomba d'un coup, ma vie fit « toc ». Elle était
arrêtée à tout jamais.
 Ce fut une après-midi de délire, ce fut une après-midi
singulière, l'après-midi de « la fiancée se retire ».
 Ce fut un moment, un éternel moment, comme la voix
de l'homme et sa santé étouffe sans effort les gémisse-
ments des microbes affamés, ce fut un moment, et tous les
autres moments s'y enfournèrent, s'y envaginèrent, l'un
après l'autre, au fur et à mesure qu'ils arrivaient, sans fin,
sans fin, et je fus roulé dedans, de plus en plus enfoui,
sans fin, sans fin.

p.563
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coco4649coco4649   29 octobre 2016
                Épreuves, exorcismes

               À UNE PERCHE SANS FIN


 Je vois là-bas un être sans tête qui grimpe à une perche
sans fin.
  Tandis que je me promène, tentant de me délasser,
d'atteindre ce fond de délassement qu'il est si difficile d'at-
teindre, qu'il est improbable, quoique ayant tellement sou-
piré après, que je l'atteigne jamais, tandis que je me
promène, je le sais là, je le sens, qui infatigablement (oh
non il est terriblement fatigué), qui incessamment grimpe,
et s'en va grimpant sur son terrible chemin vertical.
  Souvent il me paraît comme un amas de loques, où se
trahissent deux bras, une sorte de jambe, et ce monstre qui
devrait tomber de par sa position même (car elle n'a rien
d'une position d'équilibre) et plus encore par l'incessation
de son dur exercice, grimpe toujours.
  Pourtant de cette montée aussi je dois douter, car il
échappe assez souvent à mon attention, à cause des soucis
de toutes sortes que la vie a toujours su me présenter et je
me demande lorsque je le revois, les repères manquant
complètement, s'il est plus haut ou, si loin d'avoir accom-
pli des progrès, il ne serait pas plus bas.
  Parfois je le vois comme un vrai fou, presque sans
appui, grotesquement écarté le plus possible de cette
perche qu'il hait peut-être et il y aurait de quoi, encore que
l'espace lui doive être plus haïssable encore.

p.814-815
+ Lire la suite
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Videos de Henri Michaux (58) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henri Michaux
Henri MICHAUX – Un siècle d'écrivains : 1899-1984 (DOCUMENTAIRE, 1995) Émission « Un siècle d'écrivains », numéro 95, diffusée sur France 3, le 31 mai 1995, et réalisée par Alain Jaubert.
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