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EAN : 9782246027843
234 pages
Éditeur : Grasset (25/05/1994)
4/5   155 notes
Résumé :
Le Harrar, Djibouti, Aden... Pas de doute, le jeune Monfreid marche bien sur les traces de Rimbaud. Mais la littérature ne l'intéresse guère ; pas plus que la civilisation, ces petits comptoirs coloniaux où il étouffe. Il lui faut l'air du large, le pont vibrant de son boutre, toutes voiles dehors fuyant coups de vent et tempêtes, en compagnie de ses fidèles Danakils, dont il porte le turban et le simple pagne. Remarquable marin, il trafique les perles et les fusils... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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PhilippeCastellain
  19 janvier 2018
Ces temps-ci, Henri de Monfreid semble quelque peu exhumé du royaume des écrivains oubliés. On voit ses livres republiés, plus besoin de faire de l'archéologie chez les bouquinistes pour le lire ! Et tant mieux, car il le mérite. Ce qu'il raconte, c'est là, c'est sa propre vie. Celle d'un aventurier de la mer Rouge dans l'entre-deux guerre.

Avec son petit boutre léger et son équipage, il sillonne la mer Rouge. Djibouti, Yémen, Érythrée italienne, Somalie britannique, Éthiopie, Comores... Grands ports, hameaux de pêcheurs, déserts, côtes sauvages. Il fait un peu de tout : espionnage, transport de nourriture, pêche aux perles, contrebande d'armes… D'après ma grand-mère, qui l'a connu à l'époque, il lui arrivait aussi de temps en temps de faire passer quelques esclaves… Mais un parfait gentleman, aux bonnes manières et sympathique !
Du reste, la zone grouille d'aventuriers comme lui. Commerçant grec, cheikh arabe, marin Somalis… Chacun vaque à ses affaires le long de la route des moussons, dans cette zone de tension entre puissances colonisatrices, et où l'Ethiopie immense et toujours libre suscite bien des convoitises. Et puis il y a les innombrables tribus : Danakils, Issas, Gallas… Toujours en guerre les unes contre les autres, et prêtes à payer à bon prix armes et munitions européennes !

Un petit monde où Monfreid sait admirablement bien se repérer. Il connait le jeu des tribus, les différents peuples. A la compagnie des européens il préfère celle de ses matelots africains et des chefs locaux. Il admire leur science de navigateur, leur courage physique et leur médecine traditionnelle – nettement plus avancé que ce qu'on croit. Un monde brutal du reste, où les guerres sont sanglantes, et où certains peuples sont considérés comme nés pour servir d'esclaves aux autres… Il en connaît les règles, et les dangers.

Henry de Monfreid servit de modèle à Kessel pour ‘Fortune carrée'. Coureur des mers et excellente plume, il nous entraîne dans un monde plus dur et plus libre que tout ce que nous ne connaitrons jamais.
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OSOLEMIO
  07 juillet 2021
Henry de Monfreid est un vrai coureur des mers, un aventurier épris de liberté, amoureux de la mer et habile navigateur.
Excusez du peu : mais sa 1° de couverture est illustrée par le grand Hugo Prat !
Henry sillonne la Mer Rouge ( 450 000 km2 ), il cabote au Yémen, en Erythrée italienne, en Somali britannique, à Aden, aux Comores, en Ethiopie et il est basé à Djibouti.
Il commence par s'acheter un boutre et recruter 3 somalis Ahmed, Abdi et le jeune mousse Fara pour commencer par le trafic de denrées alimentaires , mais ce sont les perles qui l'intéressent dans un premier temps pour plus tard s'occuper du trafic des armes !
Au cours de cette épopée marine : il va fréquenter des hameaux de pêcheurs, , des grands ports, des côtes sauvages, , des îles bordées de récifs dangereux, des déserts, des bancs d'algues supporter le Kassim ( vent chaud et poussiéreux ) , les vents forts du large, les marées, les bancs de sable et, il va aussi rencontrer des populations attachantes aux coutumes ancestrales parfois bizarres mais, il communique facilement avec eux car il s'est converti à l'Islam, s'habille comme eux..bref il les préfére à ses compatriotes de Djibouti et, il va être initié à l'estimation, à la sélection des perles par un juif tunisien qui vit à Paris : Schouchana et Zanni un grec qui s'avérera être un traitre ! Il se liera d'amitié avec le Cheick Saïd Ali que Zanni a mis sous morphine pour lui voler sa superbe collection de perles !
Finalement, il décide de se lancer dans le trafic d'armes qui est plus lucratif, mais c'est sans compter sur Ato Joseh qui, avec l'aide du gouvernement à la main mise sur ce trafic et fait payer un tribut à tous ceux qui pratiquent .... le bateau d'Henry sera détruit et, plus tard après une poursuite en mer il subira l'abordage d'un daouéri ! En bref, il est espionné, et il gène car il est indépendant, rebelle et fait du profit !
Il ruse pour cacher ses cargaisons, mais en 1911 les turcs commencent à faire cause commune avec les allemands et sa chance est en train de tourner : il sera dénoncé, emprisonné , déssaisi de ses cargaisons, de son bateau et, il sera obligé de partir à la guerre.
Une épopée bien écrite, avec des descriptions de paysages magnifiques, enchanteurs sous la plume d'Henry de Monfreid qui est aussi un bon écrivain !
L.C thématique de juillet 2021 : les voyages.
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gill
  07 mars 2012
Henri de Monfreid arrive à Djibouti à 32 ans, il y devient commerçant mais très vite il s'ennuie, il achète alors un boutre arabe, engage deux matelots somalis, un mousse et se lance dans l'aventure.
D'abord la pêche aux perles, puis le commerce des armes pour finir par le trafic du "hachich".
Ce ne sont plus que poursuites, bagarres, chassés-croisés entre policiers et trafiquants au travers de nombreuses navigations et de tempêtes sur cette mer rouge qui sut retenir et inspirer Henri de Monfreid sa vie durant.
Il nous en fait le récit dans ce livre, premier ouvrage d'une oeuvre passionnante.
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cyan
  30 juin 2020
(...)
Comme il n'y a pas de préface explicative dans mon édition, je ne saurais pas dire exactement s'il y a une part de fiction ou si le récit est purement autobiographique. Lorsque j'ai trouvé ce livre, je l'ai pris parce que le nom de l'auteur avait été mentionné dans un album de Corto Maltese et que ça avait suffi à me rendre curieuse. Ce qui est sûr, c'est que c'est bien un tome 1, l'auteur précisant à la fin qu'on saura ce qui est advenu de lui après les derniers évènements racontés dans le volume suivant .
Ce livre vaut pour les deux aspects essentiels qui le caractérisent: l'aventure et le témoignage.
Nous suivons un Européen dans ses pérégrinations sur le pourtour de la Mer Rouge à bord d'un boutre, une embarcation traditionnelle avec un équipage d'autochtones. le narrateur se distingue de ses compatriotes par sa façon de vivre, qui se rapproche plus de celle des locaux que des colons, bien qu'il ne prenne pas vraiment modèle sur les plus pauvres d'entre eux et plutôt sur les puissants, évidemment. Comportement qui va lui causer pas mal d'ennuis avec les fonctionnaires coloniaux. Voilà pour la partie aventure.
Le témoignage nous permet de découvrir la vie et les coutumes dans cette région du monde et à cette époque (juste avant la Première Guerre Mondiale). Les grandes puissances européennes se partagent les territoires et on a une description des colonies et de leur fonctionnement. Ce n'est pas extrêmement détaillé, car l'auteur suppose que son lecteur connaît un minimum le contexte, mais il explique clairement le pourquoi des problèmes qu'il rencontre et n'hésite pas à critiquer sévèrement l'administration coloniale et sa corruption, la médiocrité de ses fonctionnaires. Lorsqu'il signale un employé honnête, il est visiblement surpris d'en rencontrer. Les populations locales ne sont pas épargnées non plus, même si l'auteur est plutôt bienveillant et intéressé par leurs coutumes et croyances.
Il est difficile de s'attacher à ce narrateur: comment pourrait-on trouver sympathique un trafiquant d'armes? Un homme qui considère parfaitement normal le commerce d'esclaves, voire même y contribue une ou deux fois, n'hésite pas à recourir aux châtiments corporels avec son équipage « si nécessaire » et qui, malgré sa critique du système colonial, a un point de vue parfaitement colonialiste et paternaliste sur les populations locales…
Malgré tout, j'ai trouvé cette lecture très intéressante. Je ne savais pas grand chose sur le sujet avant d'ouvrir ce livre et j'ai pu en apprendre plus sans que ce soit aride ou ennuyeux grâce au format « récit d'aventure ».
(...)
Lien : https://bienvenueducotedeche..
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frandj
  31 août 2014
Ce livre est en realite un recit autobiographique, qui relate quelques mois de la vie de l'auteur; tout s'acheve en 1914 (apres la declaration de guerre). H. de Monfreid est un vrai aventurier, courageux et en meme temps prudent, prêt a risquer sa vie a tout moment, volontiers en marge des lois. Pour se mettre en accord avec son entourage, il devient musulman. Avec son petit voilier, il ecume la Mer Rouge, au Nord et au Sud du detroit de Bab-el-Mandeb. D'abord desireux de se lancer dans le negoce de perles, il finit par choisir la contrebande d'armes, toleree par les autorites francaises de Djibouti. Ce faisant, H. de Monfreid se fait beaucoup d'ennemis - ce qui lui vaudra de graves ennuis (qui seront reveles a la fin du livre).
Ce qui est fascinant, c'est l'impression d'authenticite de ce recit, que l'auteur a pourtant ecrit pres de vingt ans apres les aventures qu'il raconte. Il a un style tres sobre, evite tout exces de "suspense", se refuse a s'attribuer systematiquement le beau role, donne avec objectivite toutes les precisions necessaires sur le monde (tres etrange et dangereux pour un Occidental) dans lequel il est immerge. La region qui sert de cadre a ces aventures est extremement dure: chaleur extreme, violentes tempetes sur la mer, pirates, guerriers et personnages louches, presence peu glorieuse de la puissance colonial, coutumes surprenantes qui se perpetuent sous la ferule omnispresente de l'Islam… Au fil des pages, j'ai trouve beaucoup de jolis morceaux de bravoure. Je n'oublierai pas, exemple parmi d'autres, le passage decrivant la guerison d'une grave blessure par un sorcier local: c'est tres haut en couleurs ! H.de Monfreid est un ecrivain maintenant un peu oublie, mais son temoignage merite d'etre lu ou relu.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
frandjfrandj   30 août 2014
(...) Malgre ma curiosité, je ne pose aucune question, car la manie de questionner est considérée, par ces gens que nous appelons des sauvages, comme très ridicule, et seulement excusable chez les enfants, les femmes ou les fous. L'homme supérieur observe en silence et ne doit s'etonner de rien, car le phénomène ne vaut que par ce qu'il parait être. La volonté de Dieu nivelle tout, en se substituant a ce que nous nommons les causes. On peut alors regarder l'univers comme un tableau tout en surface. En profondeur, il n'y a que la volonté de Dieu, partout la même, dont il est insensé de vouloir percer les mystères. J'ai souvent pensé que cette manière de voir valait mieux que la métaphysique.
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gillgill   08 mars 2012
- Non, monsieur, vous n'irez pas à Tadjoura !
- Cependant, monsieur le gouverneur, tous les commerçants arabes peuvent...
- Je ne veux plus discuter, entendez-vous. Vous n'êtes pas arabe, vous êtes français. Il y a à peine six mois que vous êtes à Djibouti, et vous ne voulez en faire qu'à votre tête. Les conseils de vos aînés devraient vous servir au moins à quelque chose, croyez-moi. Mais non, vous ne voulez écouter personne. C'est très gentil de faire le fou, en plein soleil, sans casque et de fréquenter les cafés somalis. Vous n'avez pas honte de vous faire donner un nom indigène par les coolies de la plus basse condition ?
- Je n'en suis nullement honteux, au contraire. Mais ce qui me fait de la peine, c'est de savoir l'opinion que ces gens là ont des européens, et je fais mon possible pour ne pas être compris dans le nombre.
- Alors l'opinion de ces sauvages vous intéresse plus que la nôtre ?
- Peut-être...
(extrait du premier chapitre "Premier contact avec la mer rouge")
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frandjfrandj   30 août 2014
Les vagues lourdes de la mousson du Sud, surprises dans leur course par cet ilot surgi des grands fonds, viendront se briser sur la plage etroite et jeter au pied du mort leur ecume blanche. Par les nuits sombres, les phosphorescences s'allumeront sur le recif comme une nappe de feu et mettront leur reflet livide au mur de la tombe solitaire. La lune mysterieuse, don't les ryons magiques penetrant au fond des mers, ira le visiter dans le silence des nuits.
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chrysalidechrysalide   20 juillet 2015
N’ayez jamais peur de la vie, n’ayez jamais peur de l’aventure.
Faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée.
Partez, allez conquérir d’autres espaces, d’autres espérances.
Le reste vous sera donné de surcroît.
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PallasAthena1977PallasAthena1977   13 avril 2020
N’ayez jamais peur de la vie, n’ayez jamais peur de l’aventure.
Faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée.
Partez, allez conquérir d’autres espaces, d’autres espérances.
Le reste vous sera donné de surcroît.

Citation extraite du livre : «  Les secrets de la mer rouge » de Henry de Montfreid
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