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EAN : 9782246027843
234 pages
Grasset (25/05/1994)
4.01/5   209 notes
Résumé :
Le Harrar, Djibouti, Aden... Pas de doute, le jeune Monfreid marche bien sur les traces de Rimbaud. Mais la littérature ne l'intéresse guère ; pas plus que la civilisation, ces petits comptoirs coloniaux où il étouffe. Il lui faut l'air du large, le pont vibrant de son boutre, toutes voiles dehors fuyant coups de vent et tempêtes, en compagnie de ses fidèles Danakils, dont il porte le turban et le simple pagne. Remarquable marin, il trafique les perles et les fusils... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
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Ces temps-ci, Henri de Monfreid semble quelque peu exhumé du royaume des écrivains oubliés. On voit ses livres republiés, plus besoin de faire de l'archéologie chez les bouquinistes pour le lire ! Et tant mieux, car il le mérite. Ce qu'il raconte, c'est là, c'est sa propre vie. Celle d'un aventurier de la mer Rouge dans l'entre-deux guerre.

Avec son petit boutre léger et son équipage, il sillonne la mer Rouge. Djibouti, Yémen, Érythrée italienne, Somalie britannique, Éthiopie, Comores... Grands ports, hameaux de pêcheurs, déserts, côtes sauvages. Il fait un peu de tout : espionnage, transport de nourriture, pêche aux perles, contrebande d'armes… D'après ma grand-mère, qui l'a connu à l'époque, il lui arrivait aussi de temps en temps de faire passer quelques esclaves… Mais un parfait gentleman, aux bonnes manières et sympathique !

Du reste, la zone grouille d'aventuriers comme lui. Commerçant grec, cheikh arabe, marin Somalis… Chacun vaque à ses affaires le long de la route des moussons, dans cette zone de tension entre puissances colonisatrices, et où l'Ethiopie immense et toujours libre suscite bien des convoitises. Et puis il y a les innombrables tribus : Danakils, Issas, Gallas… Toujours en guerre les unes contre les autres, et prêtes à payer à bon prix armes et munitions européennes !

Un petit monde où Monfreid sait admirablement bien se repérer. Il connait le jeu des tribus, les différents peuples. A la compagnie des européens il préfère celle de ses matelots africains et des chefs locaux. Il admire leur science de navigateur, leur courage physique et leur médecine traditionnelle – nettement plus avancé que ce qu'on croit. Un monde brutal du reste, où les guerres sont sanglantes, et où certains peuples sont considérés comme nés pour servir d'esclaves aux autres… Il en connaît les règles, et les dangers.

Henry de Monfreid servit de modèle à Kessel pour ‘Fortune carrée'. Coureur des mers et excellente plume, il nous entraîne dans un monde plus dur et plus libre que tout ce que nous ne connaitrons jamais.
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La découverte du “Dormeur du val” en cours moyen m'a tout particulièrement affecté moralement. Découvrir que l'accumulation des idées sur la tranquillité exacerbe l'idée de l'horreur de la guerre me montrait que la littérature n'était pas simple, et que toutes les idées n'étaient pas explicites. Pour l'élève que j'étais, Arthur Rimbaud était à surveiller ! J'ai retrouvé Arthur Rimbaud, plus tard , pour l'étude de Voyelles, mais avec une grosse déception. En effet, le poète qui m'avait sensibilisé aux horreurs de la guerre, était devenu un vendeur d'armes. Décidément, je prenais conscience que rien n'était évident en littérature !
Henry de Monfreid n'est pas un “Génial Poète”. C'est à 53 ans qu'il publie ce premier livre d'aventures. La pression administrative l'a poussé à une vie aventureuse. Pensant s'affranchir de l'administration, il se lance dans la culture des perles à Djibouti, mais les récoltes n'étant pas immédiates, pour pérenniser son entreprise , il vend des armes ce qui engendre les foudres de l'administration. Ceci constitue le lien avec Arthur Rimbaud et le seul à ma connaissance.
Henry de Monfreid conte ses souvenirs d'aventures, des rencontres avec les détails choisis qui permettent au lecteur de ressentir les situations , et les récits deviennent captivants.
Un simple cabotage, même bien préparé, est une aventure.
Le monde des perles le passionne et il partage ses découvertes , alors que pour les armes, il n'évoque que ses rencontres, mais jamais les armes, elles-mêmes ( en tant que telles).
Voilà comment , je me suis imaginé Arthur Rimbaud devenant un marchand d'armes pour être plus libre, il n'était pas un “seigneur de guerre”. Grâce aux secrets de la mer Rouge, je me suis “rabiboché” avec Rimbaud !
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Ce roman d'Henry de Monfreid est inspiré par sa vie d'aventurier.
Nous voila partis sur la mer rouge au début du 20eme siècle.
C'est certes un peu daté et nous n'échappons pas à la suprématie de l'Homme blanc dans ce récit.
Avec ironie, l'auteur nous conte sans regret ses voyages, ses trafics d'armes et son négoce de perles.
Il n'hésite pas à braver l'administration un brin tatillonne.
Avec ses marins, il passe souvent très près de la mort. On retient son souffle lors des voyages en mer.
Les paysages sont magnifiquement contés.
Malgré quelques petites longueurs, l'écriture est élégante et nous sommes transportés un siècle en arrière.
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Henry de Monfreid est un vrai coureur des mers, un aventurier épris de liberté, amoureux de la mer et habile navigateur.
Excusez du peu : mais sa 1° de couverture est illustrée par le grand Hugo Prat !
Henry sillonne la Mer Rouge ( 450 000 km2 ), il cabote au Yémen, en Erythrée italienne, en Somali britannique, à Aden, aux Comores, en Ethiopie et il est basé à Djibouti.
Il commence par s'acheter un boutre et recruter 3 somalis Ahmed, Abdi et le jeune mousse Fara pour commencer par le trafic de denrées alimentaires , mais ce sont les perles qui l'intéressent dans un premier temps pour plus tard s'occuper du trafic des armes !
Au cours de cette épopée marine : il va fréquenter des hameaux de pêcheurs, , des grands ports, des côtes sauvages, , des îles bordées de récifs dangereux, des déserts, des bancs d'algues supporter le Kassim ( vent chaud et poussiéreux ) , les vents forts du large, les marées, les bancs de sable et, il va aussi rencontrer des populations attachantes aux coutumes ancestrales parfois bizarres mais, il communique facilement avec eux car il s'est converti à l'Islam, s'habille comme eux..bref il les préfére à ses compatriotes de Djibouti et, il va être initié à l'estimation, à la sélection des perles par un juif tunisien qui vit à Paris : Schouchana et Zanni un grec qui s'avérera être un traitre ! Il se liera d'amitié avec le Cheick Saïd Ali que Zanni a mis sous morphine pour lui voler sa superbe collection de perles !
Finalement, il décide de se lancer dans le trafic d'armes qui est plus lucratif, mais c'est sans compter sur Ato Joseh qui, avec l'aide du gouvernement à la main mise sur ce trafic et fait payer un tribut à tous ceux qui pratiquent .... le bateau d'Henry sera détruit et, plus tard après une poursuite en mer il subira l'abordage d'un daouéri ! En bref, il est espionné, et il gène car il est indépendant, rebelle et fait du profit !
Il ruse pour cacher ses cargaisons, mais en 1911 les turcs commencent à faire cause commune avec les allemands et sa chance est en train de tourner : il sera dénoncé, emprisonné , déssaisi de ses cargaisons, de son bateau et, il sera obligé de partir à la guerre.
Une épopée bien écrite, avec des descriptions de paysages magnifiques, enchanteurs sous la plume d'Henry de Monfreid qui est aussi un bon écrivain !
L.C thématique de juillet 2021 : les voyages.
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Henri de Monfreid arrive à Djibouti à 32 ans, il y devient commerçant mais très vite il s'ennuie, il achète alors un boutre arabe, engage deux matelots somalis, un mousse et se lance dans l'aventure.
D'abord la pêche aux perles, puis le commerce des armes pour finir par le trafic du "hachich".
Ce ne sont plus que poursuites, bagarres, chassés-croisés entre policiers et trafiquants au travers de nombreuses navigations et de tempêtes sur cette mer rouge qui sut retenir et inspirer Henri de Monfreid sa vie durant.
Il nous en fait le récit dans ce livre, premier ouvrage d'une oeuvre passionnante.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Le nacouda debout à la barre marque la cadence en frappant sur une tanika dont le bruit métallique alterne avec le chant des rameurs. La vogue est rapide, à peu près une à la seconde avec une syncope tous les cinq temps pendant laquelle l'équipage bat des mains, pendant que le navire file sur son erre, les avirons levés.
En deux minutes, la barque vient se ranger à portée de nos voix et nous échangeons le salut de mer. Tandis que la voile tombe, ferlée en quelques secondes, je reconnais Cheik Issa qui me salue de la main.
Il revient d'Arabie où il a livré ses "mulets" et va à Massaouah prendre un chargement de sel.
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(...) Malgre ma curiosité, je ne pose aucune question, car la manie de questionner est considérée, par ces gens que nous appelons des sauvages, comme très ridicule, et seulement excusable chez les enfants, les femmes ou les fous. L'homme supérieur observe en silence et ne doit s'etonner de rien, car le phénomène ne vaut que par ce qu'il parait être. La volonté de Dieu nivelle tout, en se substituant a ce que nous nommons les causes. On peut alors regarder l'univers comme un tableau tout en surface. En profondeur, il n'y a que la volonté de Dieu, partout la même, dont il est insensé de vouloir percer les mystères. J'ai souvent pensé que cette manière de voir valait mieux que la métaphysique.
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- Non, monsieur, vous n'irez pas à Tadjoura !
- Cependant, monsieur le gouverneur, tous les commerçants arabes peuvent...
- Je ne veux plus discuter, entendez-vous. Vous n'êtes pas arabe, vous êtes français. Il y a à peine six mois que vous êtes à Djibouti, et vous ne voulez en faire qu'à votre tête. Les conseils de vos aînés devraient vous servir au moins à quelque chose, croyez-moi. Mais non, vous ne voulez écouter personne. C'est très gentil de faire le fou, en plein soleil, sans casque et de fréquenter les cafés somalis. Vous n'avez pas honte de vous faire donner un nom indigène par les coolies de la plus basse condition ?
- Je n'en suis nullement honteux, au contraire. Mais ce qui me fait de la peine, c'est de savoir l'opinion que ces gens là ont des européens, et je fais mon possible pour ne pas être compris dans le nombre.
- Alors l'opinion de ces sauvages vous intéresse plus que la nôtre ?
- Peut-être...
(extrait du premier chapitre "Premier contact avec la mer rouge")
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Les vagues lourdes de la mousson du Sud, surprises dans leur course par cet ilot surgi des grands fonds, viendront se briser sur la plage étroite et jeter au pied du mort leur écume blanche. Par les nuits sombres, les phosphorescences s'allumeront sur le récif comme une nappe de feu et mettront leur reflet livide au mur de la tombe solitaire. La lune mystérieuse, dont les rayons magiques pénétrant au fond des mers, ira le visiter dans le silence des nuits.
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N’ayez jamais peur de la vie, n’ayez jamais peur de l’aventure.
Faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée.
Partez, allez conquérir d’autres espaces, d’autres espérances.
Le reste vous sera donné de surcroît.

Citation extraite du livre : «  Les secrets de la mer rouge » de Henry de Montfreid
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