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ISBN : 2757861964
Éditeur : Points (18/08/2016)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 23 notes)
Résumé :

Dans une chambre d'hôtel de Madrid, Santiago Biralbo, pianiste de jazz, raconte par bribes à un ami l'histoire de son amour pour Lucrecia, commencée cinq ans plus tôt à Saint-Sébastien, au Lady Bird. Quinze jours de passion fulgurante, le brusque départ de Lucrecia pour Berlin, quelques lettres, et le silence. Un vide que ne parvient même pas combler la musique, car au Lady Bird Santiago Biralbo avait eu la rév... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
DanD
  11 septembre 2017
Chez moi aussi, comme chez d'autres critiques dans ce site, ce livre a reveille de vieilles et confuses reminiscences de films noirs (en noir et blanc). Un bar enfume, une morne chambre d'hotel ou trainent des bouteilles, une arme delicatement caressee, un rideau qu'on entr'ouvre a peine, un homme poste dehors dans le crachin, et des voyages. Des voyages de fuite, des voyages de retrouvailles. Des voyages de peur, des voyages d'espoir. Des trains fusant dans la nuit. le tout dans une constante musique de jazz. C'est une jam-session. Munoz Molina ecrit comme un musicien de jazz, qui abandonne la melodie, improvise, et revient a elle pour finir en beaute.
Dans cette ambiance noire et jazzy, c'est une histoire d'amour qui nous est contee. Un amour impossible. Un amour poursuivi d'annee en annee, de bar en bar, de ville en ville. Jusqu'a Lisbonne, ultime reve, ultime espoir, la ville ou nous sera donne une sorte de denouement. Ou tout sera –definitivement? – rate. Un dernier accord de jazz desabuse. Mais Lisbonne est peu decrite, comme d'autres l'ont signale. Il y a aussi Madrid et ses rafales de vent qui s'engouffrent dans les portails des vieux hotels de la Gran Via, et surtout San Sebastian. Pas le San Sebastian d'ete bourre de touristes se dorant au soleil. le San Sebastian d'hiver, dans la bruine, au ciel de plomb surplombant bas une mer vert fonce qui s'acharne contre l'ile de sa baie, avec pour seule defense les tenailles de fer que le sculpteur Chillida planta dans ses rochers. Une ville esseulee ou les taxis roulent vite dans des rues vides de pietons. Ou des autochtones transis se retrouvent dans des bars mal eclaires pour ecouter un pianiste et se chauffer au bourbon, ou a la biere pour les gens de peu. Ou aux deux. Un San Sebastian parfait pour l'athmosphere ou veut nous plonger Munoz Molina.
Il faut dire que l'auteur n'a surement pas choisi San Sebastian par hasard. Les amateurs de musique se rappelent que ca a ete la premiere ville a creer un festival de jazz en Espagne (en 1966! Franco dormait?), suivie de Vitoria, autre ville basque. Les basques aiment le jazz, et Munoz Molina aussi, bien qu'il ne soit pas basque. San Sebastian est le berceau du jazz espagnol, bien qu'avec le temps ce jazz se soit tourne vers des racines plus mediterraneennes, vers du flamenco entre autres. Un jazz chaud qui a donne quelques uns de mes disques preferes: "Vientos flamencos" du saxophoniste et flutiste Jorge Pardo, "10 de Paco", du meme avec le pianiste Chano Dominguez, "Vidas en catedrales" et "De dos en dos" cette fois avec Tomas San Miguel. Et Dieu m'est temoin que je n'ai meme pas mentionne Paco de Lucia.
Je reviens au livre. Une histoire d'amour desespere, une histoire d'amour sans avenir et avec un passe brumeux. Dans une athmosphere oppressante de vieux film noir, racontee en un rythme jazzy casse, nourri des elancements douloureux d'un saxo.
Munoz Molina n'a pas l'habitude d'ecrire des thrillers, des romans noirs, mais la il montre qu'il aurait pu s'y consacrer brillamment. Tous ceux qui aiment les romans obscurs et humides, ancres dans les poursuites, les tirs dans la nuit, les larges verres de whisky et les cigarettes entamees jonchant le sol, seront happes par ce livre. Une grande reussite du genre. Et pourquoi seulement du genre? Une grande reussite de Munoz Molina.
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Sachenka
  08 septembre 2016
L'hiver à Lisbonne fait partie de ces romans que j'adore pas tant pour leur intrigue que pour l'ambiance. Vous savez, ces clubs plus ou moins fréquentables qui dégagent une odeur l'alcool, où l'on sert des coktails sophistiqués et imbuvables, où l'on joue du jazz à profusion et où on finit la soirée dans une chambre d'hôtel avec un des musiciens. le tout dans une atmosphère de tristesse vaguement vulgaire. Je ne sais pas pourquoi ça m'attire dans les livres parce que c'est tellement pas le genre d'endroit que je fréquente dans la vie. Peut-être dans une vie antérieure, si je croyais à ce genre de trucs. Mais bon, il y a des choses que je n'arrive pas à expliquer. Dans une autre critique, un babeliote a fait la comparaison avec un film en noir et blanc. C'est tellement l'impression que j'avais tout le long de ma lecture. J'avais contamment l'impression qu'un type suspect en imper allait apparaître à tout moment !
Et ce type, Santiago Biralbo, pianiste de jazz, qui raconte son histoire d'amour pour Lucrecia au narrateur, un ami, plutôt une connaissance. le besoin de se confier, un autre élément imbattable. Et l'amour passionnel impossible ou perdu… Un sujet inépuisable mais toujours aussi intéressant. Dans ce cas-ci, l'amour est surtout bref et tumultueux. Lucrecia se sauve, est mêlée à des histoires douteuses avec des gens peu recommandables. Et Santiago qui essaie de raviver la flamme ! On se doute un peu comment ça va se terminer tout ça mais on ne peut s'empêcher de continuer à lire. C'est alors que la mélancolie et la nostalgie revient mais pas pour les raisons que vous imaginez. Parfois, il y a des forces plus puissantes que la mort…
Dans tous les cas, moi, j'ai apprécié L'hiver à Lisbonne même s'il ne s'y passe pas grand chose et que les histoires d'amour ne comptent pas parmi mes genres préférés. Je peux comprendre que certains n'aient pas accroché. Comme je l'ai écrit plus haut, c'est l'ambiance m'a gagné dès le début. Quand Biralbo raconte au narrateur qu'il a écrit un morceau de piano et qu'il l'a intitulé «Lisboa», pour le voyage à Lisbonne que lui et Lucrecia avaient l'intention d'y faire, ça m'a touché. Ça m'a surtout étonné. Cet été, j'ai lu deux autres romans de Munoz Molina et ce n'était pas du tout dans le même registre. Bref, une belle découverte qu m'encourage à essayer d'autres oeuvres de cet auteur visiblement talentueux.
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diablotin0
  08 octobre 2017
DanD m'avait prévenue, ce n'est pas à travers ce livre que j'allais retrouver l'atmosphère et l'ambiance de Lisbonne ou encore Madrid de mes vacances !
Antonio Munoz Molina nous plonge dans une atmosphère feutrée de bar de nuit, enfumé où l'on entend des notes de jazz. Oui, on les entend ces notes et on peut aisément imaginer ce club de jazz. Comme il a été souligné dans plusieurs critiques, on se croirait dans un film en noir et blanc et c'est tout à fait ça. Dans cette atmosphère va naitre une histoire d'amour entre Biralbo, pianiste et Lucrecia,mêlée à un trafic de tableaux. Amour contrarié, difficile et furtif même s'il va durer plusieurs années.
Je ne mets que trois étoiles car même si je reconnais la qualité de ce roman, je n'ai pas réussi à me trouver une place dans ce décor.
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Pirouette0001
  04 octobre 2015
Antonio Muñoz Molina réussit le tour de force de nous conter tout le long de ce roman, une belle histoire d'amour impossible dans une atmosphère digne d'un film noir où aurait joué Humphrey Bogart. le tout dans une ambiance jazzy de l'époque. On se croirait réellement au cinéma dans un de ces films noir et blanc.
Un vrai régal.
Ce livre arrive vraiment dans le trio de tête de ce que j'ai lu à ce jour de cet auteur.
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ClarenceM
  16 décembre 2016
C'est avec nonchalance que l'auteur nous amène péniblement à Lisbonne. J'avais choisi d'emporter ce livre dans ma valise pour savourer méticuleusement une écriture de circonstance dans la capitale lisboète, mais j'ai du attendre les 3/4 du récit pour qu'enfin l'action se déroule à Lisbonne. le temps que l'on y arrive je venais à peine de repartir. Ma stratégie rigide de lecteur obsessionnel a failli marcher. de toute façon de Lisbonne nous n'en avons que de furtives descriptions de rues ou de bâtiments : à peine une demi page. Pour le reste c'est la brume, le froid et l'humidité océanique qui sont plutôt mis en avant et utilisés pour créer une ambiance enveloppante, noire et propice au récit policier développé ici de manière kaléidoscopique. L'auteur multiplie les flash-back et les ellipses pour ciseler son intrigue, sauf dans la dernière partie où, pour marquer l'approche haletante de sa résolution, il optera pour une linéarité de la narration.
N'étant définitivement pas un lecteur assidu de ce genre de littérature, je n'ai pas pris un plaisir intense à la lecture. Tout y est pourtant : le gin, le jazz, les cigarettes, les revolvers, les personnages crapuleux qui ont une tendance lourde à ne pas pardonner, les dettes, l'engrenage. Bref je n'ai pas été surpris ni intrigué. Heureusement que Molina fait preuve à différents endroits d'un humour débridé qui permet de sauver un peu cette histoire dont on ne se sort que laborieusement.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   04 septembre 2016
J'ai senti qu'un seul mot aurait suffi pour retenir un moment Lucretia, mais je ne le connaissais pas : c'était comme bouger les lèvres en silence face à elle. Sans rien dire d'autre elle a fait demi-tour et j'ai entendu le bruissement de sa gabardine dans l'air, puis le bruit lent de l'ascenseur.
J'ai fermé la porte et j'ai rempli le verre de bourbon. Derrière les vitres, par la fenêtre, je l'ai vue apparaitre sur le trottoir, de dos, un peu penchée, sa gabardine blanche écartée par le vent de décembre, luisante de pluie sous les lumières bleues de l'hôtel. J'ai reconnu sa manière de marcher tandis qu'elle traversait la rue, déjà transformée en une lointaine tache blanche au milieu de la foule où elle s'est perdue, invisible, soudain effacée derrière les parapluie ouverts et les voitures, comme si elle n'avait jamais existé.
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SachenkaSachenka   03 septembre 2016
- J'ai écouté ce morceau, Lisboa. Cela m'a rappelé le voyage que vous aviez commencé ensemble.
- Ce voyage, a-t-il répété. C'est à ce moment-là que je l'ai composé.
- Mais tu m'as dit toi-même que vous n'étiez pas allés jusqu'à Lisbonne.
- Non bien sûr. C'est pour cela que j'ai fait cette chanson. Toi, est-ce que tu ne rêves jamais que tu te perds dans une ville où tu n'as jamais été?
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SachenkaSachenka   31 août 2016
Plus tard, je me suis rendu compte que j'avais toujours remarqué chez lui cette qualité immuable de ceux qui vivent, même sans le savoir, en accord avec le destin qui probablement leur a été assigné dans leur adolescence. À partir de trente ans, alors que tout le monde avance en boitant vers une décadence plus ignoble que la vieillesse, ceux-là s'affermissent dans une jeunesse étrange, à la fois coléreuse et sereine, dans une espèce d'irritation méfiante et tranquille.
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diablotin0diablotin0   08 octobre 2017
"Comment sais -tu que cette rencontre est la dernière ?" me demanda-t-elle. "Dans les films, quand il pleut autant, un des personnages s'en va pour toujours."
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mykermyker   19 mai 2012
Mais un musicien sait que le passé n'existe pas, déclara-t-il soudain, comme pour réfuter une pensée que je n'avais pas énoncée. Ceux qui peignent ou écrivent le conservent, sous forme de mots ou de tableaux ; en revanche un musicien demeure dans le vide. A l'instant précis où il s'arrête de jouer, la musique cesse d'exister. Elle est le présent absolu.
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Videos de Antonio Muñoz Molina (93) Voir plusAjouter une vidéo
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