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Claude Seban (Traducteur)
ISBN : 2848761822
Éditeur : Philippe Rey (10/03/2011)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 30 notes)
Résumé :

Plus inventive, et brillante, que jamais, Joyce Carol Oates joue dans ces nouvelles irrésistibles àimaginer les derniers jours de cinq géants de la littérature américaine. C’est ainsi que, dans Le Phare, Edgar Allan Poe, devenu gardien de phare, se retrouve sur une île déserte du Pacifique en proie à ses abominables souvenirs de souffrance et de deuil, avec pour seule compagnie celle d’un chien, témoi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  26 avril 2018
À travers son recueil de nouvelles Folles nuits, la grande et prolifique auteure américaine Joyce Carol Oates joue avec l'histoire et s'amuse à imaginer les derniers jours de cinq pilliers de la littérautre des Etats-Unis. J'ai cru comprendre qu'elle s'était inspirée de la vie des auteurs et de leur oeuvre mais ce sont des auteurs desquels je n'ai pas lu suffisamment pour pouvoir juger. Dans tous les cas, j'étais à la fois enchanté et sceptique mais surtout curieux.
D'abord, Edgard Allan Poe est transformé en gardien de phare quelque part sur les côtes du Chili, en proie à ses démons intérieurs qu'il couche sur papier dans un journal de bord. Mon intérêt, d'abord exalté, décroissait à mesure que la folie s'emparait du poète maudit. Mais mon impression restait positive.
Ensuite vint Emily Dickinson. Ou, plutôt, une sorte de clône, une copie futuristique pour les richards esseulés. Dans un avenir pas trop éloigné, Mr. Et Mme Krim souhaitent acquérir un robot et se mettent d'accord sur une réplique de la poétesse. J'étais hésitant quant à mélanger la science-fiction à la vie recluse d'une femme du 19e siècle mais, au final, ça a donné quelque chose de très intéressant qui m'a agréablement surpris. J'ai beaucoup apprécié comment Oates a réussi à intégrer des poèmes de Dickinson dans sa nouvelle. J'étais prêt à continuer l'expérience.
Par la suite vinrent Mark Twain, James Joyce puis Ernest Hemingway. Encore une fois, mon intérêt décroissait à mesure que j'avançais dans les nouvelles, déçu un peu davantage à chaque lecture. Un vieillard qui devient obsédé par une jeune fille (rien de sexuel, je tiens à rassurer), un autre par les jeunes soldats blessés dans un hôpital (fantasmes homosexuels réprimés ?). Quant au dernier, je ne m'en rappelle déjà plus… c'est pour dire à quel point il m'a marqué !
Au final, ce ne fut pas une expérience très concluante. Dans tous les cas, pas pour moi. Joyce Carol Oates est pourtant maitre à faire passer les émotions, les tourments, dans ce cas-ci les frustrations. Ce qu'elle met de l'avant est sans doute très vrai, très recherché et documenté, mais ça ne m'a pas interpelé. Je n'arrivais jamais à aimer ces hommes, encore moins à m'identifier à eux. Les épisodes racontés étaient-ils trop sombres ou troublants ? L'aspect tortué de leur personnalité était-il trop poussé ? Ce sera donc un rendez-vous manqué.
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torpedo
  09 juillet 2018
J'aurais dû commencer ma découverte de Carol Joyce Oates probablement avec un autre de ses livres - et Dieu sait combien elle est prolifique. Dans celui-ci, cinq petites nouvelles écrites 'à la façon de' et s'inspirant de la vie et de l'oeuvre de cinq piliers de la littérature : Edgar Allan Poe, Mark Twain, Henry James, Emily Dickinson et Ernest Hemingway. Cet exercice, si on peut l'appeler ainsi, montre la virtuosité de l'auteur. Mais ne connaissant pas suffisamment le style, la biographie et les oeuvres des cinq références, je suis passée complètement à côté de ce livre.
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Alcapone
  24 octobre 2011
L'imagination, voilà un des talents indéniables de Joyce Carol Oates : la lecture de ces cinq nouvelles m'a certainement évoqué les rédactions que nous avions à rendre à l'école et elle m'a rappelé avec nostalgie mes propres travaux. Souvenez-vous de ces devoirs dont l'intitulé précisait : imaginez la fin de cette histoire. Oates adapte son écriture avec verve et inventivité au style littéraire de chaque auteur évoqué. Edgar Allan Poe, Emilie Dickinson, Mark Twain, Henri James et Ernest Hemingway, sont ainsi analysés sous la plume inquisitrice de l'américaine. Les destins imaginés de ces cinq grandes figures de la littérature américaine dégagent tous un parfum de mystère et de détresse qui m'a captivée. N'ayant jamais rien lu de Carol Oates, je me suis lancée dans cette lecture sans à priori et j'ai été prise au dépourvu : ne connaissant que partiellement les auteurs disséqués, j'ai tout de même retrouvé dans chaque récit, la spécificité qui fait l'identité littéraire de chacun. On y trouve beaucoup de désespoir et d'ironie du destin. Démence, solitude, frustration sexuelle, détresse, maladie, dépression, Joyce Carol Oates dresse des portraits innattendus à la fois émouvants et repoussants.
L'on assiste dans Poe, Posthume ; Ou le phare à la fin d'un Edgar Allan Poe souffrant d'une extrême solitude et sombrant dans une démence peuplée d'étranges animaux. Ou nous découvrons dans EDincksonRepliLuxe, une étrange réplique androïde d'Emilie Dickinson acquis par un couple en mal d'amour et dont la présence fantomatique est des plus troublantes. Que dire encore de ce sosie septuagénaire sexuellement dérangé de Mark Twain, dans Papa Clemens et Poisson-Ange 1906 ? Ou de ce vieux Henry James amoureux des jeunes soldats de guerre qu'il soigne dans le Maître à l'Hôpital Saint-Bartholomew 1914-1918 ? Que penser enfin de cet Hemingway ressassant sans cesse les scenari de son suicide dans Papa à Ketchum 1961 ? Au travers de ces courts récits, Joyce Carol Oates nous dévoile cette part d'humanité qui a fait la particularité de chacun de ces 5 auteurs. Tantôt basant ses textes sur la biographie des auteurs, tantôt construisant ses histoires autour de leurs oeuvres, l'écrivain américain met en scène habilement les secrets de chaque écrivain avec de ces détails troublants qui font de ce recueil de nouvelles, une oeuvre à la fois riche et sombre.
Avant de lire Folles Nuits (titre inspiré d'un poème d'Emilie Dickinson), je conseille à tous de se pencher sur les biographies et bibliographies de chaque auteur pour mieux appréhender le talent Joyce Carol Oates.
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Ciryaher
  01 juin 2014
Imprégnée de l'ambiance malsaine qui suintait entre les pages du Musée du Dr Moses, je m'étais interrogée sur les limites de l'univers de Joyce Carol Oates, dont le style m'attirait et me répugnait tout à la fois. C'est donc avec un intérêt mesuré que je me suis attelée à une nouvelle lecture, puisque le résumé de ce nouveau recueil de nouvelles remuait ma curiosité.
Dans le résumé de l'éditeur, celui-ci ajoute qu'Oates a su capter et retranscrire le style des écrivains dont elle décrit les derniers instants. Si je ne suis pas une adepte de Dickinson ou de Twain, je connais si bien Poe et James que je crois pouvoir corriger un peu cette idée : Oates, tout du moins dans la traduction française qui nous est proposée, ne reproduit pas le style de ces illustres auteurs; à peine s'appuie-t-elle sur la richesse du vocabulaire ou la longueur des phrases pour sous-entendre l'influence de l'un ou de l'autre à travers les pages. Elle réussit cependant un autre tour de force, qui sort du domaine de la simple imitation : Oates s'est approprié les univers de ces maîtres, dont elle a tiré les pensées et les obsessions les plus brutes.
Ainsi, Poe se trouve seul sur une île, où il a décidé de s'isoler après la mort de sa femme. Il y rédige un journal intime, d'abord tenu avec soin. Mais peu à peu, rongé par la solitude et contaminé par l'univers sauvage dans lequel il évolue, son esprit va s'égarer. Une histoire de folie qui va si bien à ce maître tourmenté …
Dickinson est une réplique de l'originale, un robot accueilli dans une famille où la femme, mauvais poète à ses heures, peine à la considérer tout à fait comme une machine. Emily hante les couloirs de la maison, griffonne des vers sur des bouts de papiers …
Mark Twain, « grand-papa » adoré par une génération de très jeunes filles qu'il choisit méthodiquement parmi ses admiratrices pour les introduire dans son « club », se prend d'affection pour l'une d'elles. Mais, obsédé par la mort de sa propre fille, les lettres qu'il adresse à la petite Maddy sont dérangeantes …
Henry James, gentleman habitué aux salons mondains, se porte volontaire à l'hôpital de Saint Bartholomew. Les blessés de la Grande Guerre défilent dans la Salle 6, où James, vieillard absolument touchant, panse leurs plaies et leur lit des poèmes. Il découvre les chairs et les esprits démolis de ces jeunes soldats au « regard hébété », et se retourne sur son Oeuvre, si lisse, si pleine de jeunes gens beaux et tourmentés, sans l'ombre d'une blessure.
Ernest Hemingway, isolé avec sa femme dans sa dernière maison, revit le suicide de son père et par extension, le sien. Il rumine le meurtre de sa « future veuve », et fait de longues promenades jusqu'à l'endroit qu'il a choisi pour sa tombe.
Ces cinq écrivains, tous plongés dans une profonde solitude, ont un regard mélancolique, parfois méprisant sur leur Oeuvre. Tous sont conscients de leur fin, et l'idée, la présence de la mort traverse les pages. le Hemingway de Joyce, obsédé par le suicide, le formule ainsi : « … on ne mourait pas sans assister à la fuite jaillissante de son sang et pendant ces quelques secondes penché au bord de la terre on devait entrevoir l'abîme de l'éternité comme le chien bâtard du terrifiant tableau de Goya. »
Joyce Carol Oates a une écriture dérangeante, parce que sèche et sévère. Oates ne fait jamais de concessions, elle sonde l'âme de ses personnages et la recrache comme elle est : trouée de vices et de désespoirs. L'arrivée de Henry James à l'hôpital Saint Bartholomew (p. 159-160) en est l'illustration parfaite : au milieu des « amas scintillants de pucerons noirs » et des « odeurs de chair rancie », les jeunes soldats mutilés sont à l'agonie. Cette agonie, c'est celle du lecteur qui parcourt les pages à toute vitesse, terriblement gêné par cette écriture qui permet de dégager les odeurs mêmes des mots imprimés sur la page, et qui se voit entraîné de force dans les couloirs de l'hôpital, puis sur une île infestée de créatures rampantes, et enfin dans l'esprit malheureux, insensiblement pervers d'un Mark Twain écrasé par la mort de sa fille.
Ce second livre de Joyce Carol Oates achevé, j'ai le même goût amer dans la bouche, comme un goût de rouille, ou de sang. Outre son style, qui me dérange par ses phrases hachées, ses dialogues en italique insérés au milieu de paragraphes souvent dépourvus de ponctuation, je ne me sens pas non plus attirée par ses lieux et ses personnages malsains, comme malades.
Justement, ce sont sans doute les maladies de ses personnages qui m'incitent à lire ses textes. Ces esprits torturés, boursouflés de regrets. Si le style d'Oates est si troublant, c'est sans doute parce qu'il heurte le lecteur dans sa pudeur, en l'obligeant à observer le spectacle de ses propres faiblesses.
De la même façon, Folles Nuits est une immersion intime dans l'univers d'écrivains illustres, dans le prolongement de leurs fantasmes et de leurs peurs.
Lien : http://latheoriedesmasques.c..
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mercutio
  12 février 2014
J'ajouterai juste aux critiques existantes le fait que chacune des cinq nouvelles que contient ce livre a été publiée préalablement entre 2004 et 2007. L'idée de les rassembler en un volume est bonne, l'unité de thème étant parfaite à savoir ressusciter quelques-uns des grands auteurs américains en éclairant plus particulièrement une facette de leur personnalité, pas très connue du grand public.
J'y vois une sorte d'exercice littéraire conduit avec maîtrise par une grande professionnelle de la littérature. Doit-on considérer que ces récits tirent leur origine d'un travail universitaire demandé par Oates à ses étudiants - je prolonge ici le propos d'une des critiques déjà publiées-ou pourquoi pas d'un défi né dans je ne sais quelle circonstance? Ou encore d'un divertissement que s'est autorisée l'auteur entre deux romans? Voire de l'emballement d'une énergie créatrice devant impérativement s'employer sous peine de combustion spontanée? Sans vouloir croire à la manifestation d'une intention d'enrichissement de son oeuvre par une femme de lettres que l'obtention du Nobel ne peut pas, depuis un certain temps, ne pas challenger.
A ce brio, je préfère Poe, James ou Hemingway dans leurs oeuvres, sans excès d'ailleurs. Non connaisseur d'Emily Dickinson au-delà de l'évocation qu'ont pu en faire Simon & Garkunkel, j'ai pourtant préféré cette nouvelle pour son côté SF qu'Isaac Asimov n'aurait pas désavoué dans les fifties :-)
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
StemilouStemilou   07 mai 2011
« 7 octobre 1849. Ah ! réveil – l’âme gonflée d’espoir ! en ce jour, mon premier dans le Phare légendaire de Viňa del Mar – c’est avec émotion que je trace les premiers mots de mon journal comme convenu avec mon mécène, le Dr Bertram Shaw. »
[…]
« Quelle terreur éprouva ma bien-aimée quand des envahisseurs débarquèrent bruyamment au pied du Phare, de mon « espèce » indéniablement ! Dans un petit canot et le navire ancré à quelque distance, appelant le Gardien du Phare et ne trouvant aucun habitant humain, fouillant dans mes affaires abandonnées, mon ancien lit, et ayant vainement cherché, repartirent dépités. Dans notre terrier douillet nous étions à l’abri de tout danger, et dans cette chambre de craie Hela a donné le jour, huit petits bébés chauves et miaulants dont les yeux ne se sont pas encore ouverts et qui tètent férocement ses seins veloutés (un œil si lumineux que je défaille en plongeant dans ses profondeurs). Chacun d’eux porte cependant la marque indubitable de son père, mon front patricien, mon nez dont le tour romain a été qualifié de « noble ».
(Reproduit avec ponctuation car n’en existe aucune dans ce passage)
Nouvelle : Poe posthume ; ou Le Phare
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SachenkaSachenka   25 avril 2018
[...] l'infirmière Edwards était de ces femmes désagréables entre toutes : celles qu'on ne peut charmer.
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CiryaherCiryaher   01 juin 2014
Suivirent plusieurs jours tendus, durant lesquels le poète resta confiné dans sa chambre, bien que l’épouse l’engageât à « aller et venir » dans la maison à sa guise : « Vous êtes ici chez vous, Emily. Nous sommes votre … » Elle hésitait à dire famille, qui lui semblait trop intime, trop familier. A la fin de la semaine, on commença à voir Emily hors de sa chambre, silhouette mystérieuse et insaisissable qui, telle une créature des bois, disparaissait aussitôt qu’aperçue. « Tu l’as vue ? C’était elle ? » murmurait l’épouse quand une ombre glissait sans bruit devant une porte, tournait au coin d’un couloir et s’évanouissait. Cruellement le mari disait : « Pas « elle », le mannequin. »
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IzaBzhIzaBzh   18 mai 2011
L'art est long et tout le reste est secondaire et dépourvu d'importance.
Voilà ce qu'écrivit le Maître à une éminente femme de lettres de ses connaissances, personne d'âge et de distinction comme lui-même. Souriant à la pensée que ses biographes des décennies à venir, par révérence pour son génie, fondraient sur ce genre de déclaration avec de petits cris de ravissement.
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IzaBzhIzaBzh   18 mai 2011
Un homme doit bien fumer, pourtant ! C'est un principe de la Nature, plus essentiel à l'espèce que le soi-disant Créateur de cette espèce : un homme doit fumer, comment sinon supporter la vie ?
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