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ISBN : 207274038X
Éditeur : Gallimard (22/08/2019)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 25 notes)
Résumé :
«J’ai retrouvé l’autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, après des années sans penser à lui. Je l’ai retrouvé amoureux, installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m’avait décidé, autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J’ai frappé à sa porte. J’ai rencontré Marie.»

Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l’amitié et du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  15 septembre 2019
"Le monde se divise en deux parties , ceux qui partent et ceux qui restent"
Bon , pardonnez moi , mais tourner les pages pour tourner les pages , j'ai passé l'âge. Je pars . J'avoue humblement ,mais sans hésitation, n'avoir éprouvé qu'ennui mortel depuis le début de ma lecture . Bien gentils , Sacha et l'autostoppeur , mais , franchement , où veulent - ils en venir ? Je dois être intellectuellement " insuffisant " pour ne pas comprendre ce qui est , pour moi , un vide sidéral. J'avoue ne renoncer que rarement à une lecture mais , quand celle - ci devient une torture , il en va du salut de mon âme, de mon moi , de mon être . Je ne dis pas que c'est un récit sans aucun intérêt, ce serait bien prétentieux de ma part , je dirais simplement que je ne comprends rien et que je m'emmerde , mais " grave " . J'ai bien essayé de rétablir du sens avec la ponctuation , un effet de style soi - disant moderne , qui ravit certains et certaines mais ne me convainc pas , je ne vois pas où je vais , dans quelle galère je m'embarque mais je vois dans quel ennui je sombre . Désolé , j'arrête , je fuis , je laisse la place , ce livre ne m'inspire aucune émotion, c'est tout . Je ne dirai jamais qu'il est mauvais , ce serait d'une prétention.....mais je dis que je ne m'y sens pas bien , n'y trouve rien qui puisse m'emballer. Une déception car , à la lecture des critiques , je pensais me trouver en face d'un remarquable roman , un incontournable de la rentrée littéraire, un élément du plus haut intérêt.
Mais que voulez - vous , comme aurait dit Brassens , " quand on s'emmerde , on s'emmerde " et , franchement , à cette lecture , je m'emmerde et ce n'est pas ma conception de la littérature .Allez , sans rancune , je passe à autre chose ....Rien de plus à dire...
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RITAB
  10 septembre 2019

« J'avais retrouvé l'autostoppeur il y a six ou sept ans, dans une petite ville du sud-est de la France,… » Ainsi démarre cette histoire où l'autostoppeur - jamais nommé autrement - nous embarque dans la France des autoroutes. le départ donc, synonyme de désir. le désir comme immanence. le tiraillement qui en résulte est le fil conducteur de cette histoire.
Il y a celui qui part, et celui qui reste. Celui qui reste donc est Sacha, écrivain qui désire faire le vide dans une vie où il piétine, à l'aube de sa deuxième moitié de vie. Il emporte pour seuls bagages deux sacs et s'installe dans la ville V. avec une « envie de table rase. de concentration. de calme. » Quelques vêtements et livres auxquels il tient.
« A V. je comptais mener une vie calme. Ramassée. Studieuse. Je rêvais de repos. de lumière. D'une existence plus vraie. Je rêvais d'élan. de fluidité. »
Les deux se retrouvent à nouveau dans cette ville V. après une vingtaine d'années de séparation. L'autostoppeur a désormais une famille, une femme Marie et un fils Agustin, mais continue à prendre la route entre deux périodes où il accomplit un travail alimentaire sur les chantiers. Rien de solide et d'arrimé : « les charpentes... Les chantiers étaient longs, j'en avais marre… Je me suis mis à l'électricité, à la plomberie. » Et puis il repart. Il part, toujours sans but précis, il se « fiche d'arriver où que ce soit… Paris, ou Lille, ou Brest… que pour le plaisir. Pour le plaisir. » Il part sans perspective. Ou alors si, avec la perspective de rencontres, ces gens qu'il trouve « admirables » de l'avoir pris. Pour lui c'est le « critère suprême de l'hospitalité. » Il les prend en photo et accumule les polaroids de ces rencontres. Il y a cette rencontre avec cette fille belle « la peau fantasmatiquement blanche, les cheveux très noirs » qui a vécu une très belle histoire d'amour avec un Français et montre à l'autostoppeur une vigie « une tour en béton d'où on voyait très loin à la ronde ». Son amoureux et elle ont monté la garde à guetter tous les feux au loin, isolés sur cette tour.
Lui part et Sacha reste. Se rapproche de la cellule familiale, de Marie et Agustin. Replonge dans son projet d'écriture dont le point de départ est « la fameuse ellipse du dernier chapitre de l'Education sentimentale. "Il voyagea. Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l'étourdissement des paysages et des ruines, l'amertume des sympathies interrompues. Il revint"… toute une vie humaine réduite par l'accélération désinvolte de Flaubert à cela : un départ, un retour. » Lui, Sacha, décide « à rebours de Flaubert… de retenir le temps. » Son projet commence à frémir. A s'étendre. Il se satisfait d'une période d'attente par « ralentissement, par saturation, dilatation, restitution de chaque instant, de détails, d'images, de sensations, de réminiscences, d'associations. » Tout un jeu de séduction se déroule en parallèle. Des rapprochements et détachements entre lui et Marie. Ou entre lui et Jeanne rencontrée à V. S'ensuit l'assouvissement sexuel qui recrée le vide. le manque. Et la créativité qui attend que le désir se manifeste. le désir a ses cycles, et Sacha les laisse s'animer avec l'intensité qui leur incombe.
Pendant ce temps l'autostoppeur qui fuit les charpentes continue à revenir à V. et à toujours lui souffler ce désir de départ, de voyager dans la vie réelle. « Un jour il faudra que tu écrives sur les habitacles de voiture, il me disait en se tournant vers moi devant son fils, comme si la répartition des tâches entre nous devait éternellement être celle-là, lui vivre, moi écrire, cela inéluctablement, sans que jamais ni l'un ni l'autre échappe à son destin. » L'habitacle donc, le ciel étoilé, les constellations sont les chefs-lieux de ce monde qui s'ouvre ou se ferme et limite le cerveau créateur de Sacha. le temps et l'espace, les deux dimensions que Sacha explore pour construire son oeuvre.
Et des espaces parcourus, Sylvain Prudhomme en a visiblement parcouru beaucoup. Il nous livre de sublimes pages, une fabuleuse fresque de la France des autoroutes avec une langue riche, poétique, évocatrice. Sans emphase. Une langue qui évoque toutes ces rêveries et ces questionnements qui nous saisissent quand l'on voyage et colle le nez à la vitre et que l'on voit le paysage défiler. Vous ne les verrez plus défiler de la même manière après la lecture de ces pages.
« La rambarde nationale vrai trait d'union de notre territoire… de la Provence aux Flandres, du Jura aux Landes… le trait horizontal d'une rambarde, et par-dessus la rambarde un clocher d'église qui glissait au loin ; la grappe de maisons d'un village déjà disparu, mangé par les boqueteaux d'arbres, ravalé par les courbes du relief, le brouillard, les tons pâles des collines et de la plaine. Et de nouveau alentour le vide, les champs, les sillons des labours. de nouveau cette toile semi-abstraite regardée mille fois sans y penser et pourtant infusée année après année en nous. Devenue si intime à nos sens qu'elle finissait par nous habiter, et si d'aventure nous franchissions les Pyrénées et passions en Espagne ou franchissions le Rhin pour entrer en Allemagne aussitôt nous le savions, un inexplicable dépaysement nous en avertissait, nous n'étions plus en France et tout de suite une voix nous le soufflait. »
Celui qui part, c'est celui qui se connecte au monde « Il y a ceux qui tiennent au bord du fleuve, il répétait. Et il y a ceux qui sont le fleuve. »
Et parce qu'au bout du voyage, du voyage de l'écriture, du voyage à proprement parler, il y a cette connexion au monde, parce qu'au bout du trajet s'effectue une fusion avec le monde, du moins quand un voyage est porté avec grâce et fougue, comme l'est ce livre, il est beaucoup question d'amour. D'amour entre les hommes. Il est également beaucoup question d'amour entre deux êtres, du lien qui se tend et s'étiole selon la proximité géographique. de l'amour parental. de ce basculement entre l'adulte libre de ses mouvements à l'adulte aliéné à une vie de parent. Avec l'enfant, « l'ogre », qui dévore le temps, réduit les possibilités de tracer toutes ces trajectoires d'avant. Il est aussi question du désir de l'autre à travers le regard d'une tierce personne. du désir qui s'accroît quand l'histoire d'amour navigue dans l'incertitude. Comme pour l'écriture d'un roman. Sans cesse Sylvain Prudhomme fait naitre sous sa plume cette énergie du désir créateur qui est certainement un thème central de ce livre. Une nouvelle de « Risibles amour » de Kundera est évoquée. Il est question également de tous ces autres que l'on rencontre en dehors de la cellule familiale. de l'importance de l'air extérieur, du risque d'étouffement dans la vie familiale autarcique. Et également de l'acuité de l'enfant qui voit tout et qui à travers une partie d'échec, fait comprendre qu'il sait ce qui se joue sous son toit. Et le manifeste clairement.
L'écriture, la plume de Sylvain Prudhomme a le don de fédérer bien des lecteurs de différents horizons. Je vous ai conté une histoire de ce livre. Mais en réalité, j'aurais pu en conter une autre. Bien d'autres trajets sont possibles. Je vous invite donc à tracer le vôtre à travers ces routes que tous nous empruntons. de monter à bord de cette voiture-univers. Un livre que j'ai beaucoup corné et que je relirai. Une excellente lecture.

Par les routes ; Sylvain Prudhomme ; Editions de l'arbalète Gallimard ; septembre 2019.


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montmartin
  05 septembre 2019
Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui partent. Et ceux qui restent.
Sacha le narrateur, un écrivain de 40 ans, a quitté Paris pour entamer une nouvelle vie. Il rêve de repos, d'une existence plus vraie. Il s'installe dans un village où il retrouve l'autostoppeur qu'il a connu il y a vingt ans. Marié à Marie, papa d'Augustin, il bricole à droite et à gauche, ni trop souvent ni trop peu, juste ce qu'il faut pour maintenir le juste équilibre, rapporter à la maison sa part de revenus. L'autostoppeur a toujours ce besoin de partir, c'est nécessaire à son équilibre, s'il reste trop souvent sans s'en aller, il étouffe. le goût des rencontres, l'envie de connaître des gens, de voir du pays, d'aller traîner ses guêtres ailleurs.
Il prend des photos des personnes rencontrées pour garder un souvenir et il les envoie à ses proches pour simplement dire qu'il va bien.
Des phrases de quatre ou cinq mots, pas plus, qui donnent de la souplesse et du rythme au récit. Une écriture tranquille comme le cheminement du héros. Une ode aux chemins, aux routes, aux paysages et aux rencontres. Une histoire originale dont on ne connaît pas le nom du personnage principal simplement son surnom « L'autostoppeur ». Un homme qui voyage sans but si ce n'est d'être par les routes, un appel irrésistible.
Un beau récit sur l'éloignement. La quête sans fin d'un homme qui va s'effacer peu à peu. Un roman rempli d'amour, plein de délicatesse et de poésie qui vous donnera envie de prendre votre sac à dos et de partir sur les chemins. Les dernières pages sont magnifiques, un hymne au partage, au rassemblement.
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motspourmots
  28 août 2019
J'aime de plus en plus la plume et l'univers de Sylvain Prudhomme. Après la surprise Les grands, le plaisir de Légende, j'avoue que Par les routes m'enthousiasme à tous les niveaux. Ses thèmes, son ambition, la souplesse de son rythme qui rend si agréable de cheminer sous sa plume. Comme pour Légende, une histoire d'amitié, un brin de nostalgie, l'exploration de ce qui relie les hommes. Là s'arrêtent les points communs. Ici, il est question des routes que chacun emprunte, chemins de vie, sentiers intimes ou routes nationales. Les ici, les ailleurs et les possibles.
Avec deux sacs pour seuls bagages, Sacha a quitté Paris pour s'installer dans une ville du sud-est de la France que l'on ne connaitra que par son initiale, V. En quête du calme propice à l'inspiration de l'écrivain, persuadé que "on voit mieux dans le peu. On vit mieux. On se déplace mieux, on conçoit mieux, on décide mieux". A peine arrivé, il apprend que celui qu'il appelle "l'autostoppeur", un ami qu'il n'a pas vu depuis seize ou dix-sept ans habite également à V. avec Marie et leur fils Agustin. Il y a longtemps, Sacha et l'autostoppeur ont parcouru les routes, dans le monde entier, en stop. L'autostoppeur a désormais une entreprise de réparation en tous genres, une compagne et un fils, mais il continue à s'offrir des escapades de quelques jours, toujours en stop. Tandis que Sacha s'installe, l'autostoppeur multiplie les départs, sous l'oeil bienveillant, compréhensif, puis de plus en plus dubitatif de Marie. Pourtant, il n'est pas question de fuite, plutôt d'une quête, d'une envie de rencontres... Se forme ainsi une drôle de cohabitation entre ceux qui restent et celui qui part, revient de plus en plus tard sans pourtant jamais vraiment les quitter.
Comme c'est agréable de prendre le temps, d'avancer lentement, tranquillement, guidé par la poésie qui se glisse par surprise au détour des pages. On n'a qu'une envie : attraper une carte Michelin, repérer des villages et se tracer un chemin selon l'humeur du jour. On sourit des trouvailles de l'autostoppeur dont les noms des étapes sont autant de messages et de clins d'oeil adressés à ceux qui sont restés à V., petites bulles de poésie, petits brins de tendresse. L'espace et le temps prennent une autre dimension, comme apprivoisés. La notion de famille se trouve joliment remaniée. Il flotte un agréable sentiment de liberté, de bien-être. La sensation d'appartenir au monde.
L'univers de Sylvain Prudhomme s'affirme au fil des livres et je sais désormais que je le retrouverai avec envie. Une fois n'est pas coutume, j'ai bien envie d'installer Par les routes sur ma table de chevet, histoire d'en donner un petit morceau à picorer à mes rêves chaque soir. Et vous savez quoi ? Je ne regarderai plus jamais les noms des villes et villages de la même façon.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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lucia-lilas
  21 septembre 2019
J'ai un problème avec les romans actuels dont les personnages féminins s'appellent Marie ou Jeanne. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens qu'on va très très vite se prendre les pieds dans le tapis pour finir la tête dans l'arête du mur le plus proche.
Et le pire, c'est que ça marche à tous les coups.
Parce que ces femmes (est-ce le prénom qui veut ça?), elles sont chouettes, sympas, plutôt pas mal, un peu bohèmes, un brin artistes, écrivaines, traductrices, elles lisent des textes que pas grand monde ne connaît, écoutent de la musique que personne n'écoute, vont parfois au ciné… Dans leur maison, style bourgeois-bohème, de jolis tissus qu'elles ont ramenés de jolis voyages recouvrent les canapés et les lits (parce qu'avant, quand elles étaient étudiantes, elles étaient aussi un peu baroudeuses…)
Dans cette maison, on se sent bien entre amis… On danse un peu en fin de soirée… C'est sympatoche tout plein...
Elles ont des copains cool les Marie et les Jeanne, des mecs pas comme les autres, qu'aiment marcher seuls dans la montagne ou sur les routes, qui se laissent pousser la barbe, qu'aiment pas trop les téléphones portables et qui ne bossent pas vraiment.
Oui, ils sont chouettes aussi les copains des Jeanne et des Marie. Super attachants, pas soumis à la société de consommation, un peu mal dans leur peau. Beaux, bien sûr, jeunes encore (même si ça commence à tourner un peu...)
Généralement, il y a un môme qui traîne dans leurs pattes, on ne sait pas trop pourquoi et eux non plus d'ailleurs…
Et quand on en est là, je me dis qu'on n'est plus à un stéréotype près : un peu de vague à l'âme par-ci par-là, l'envie de revivre une seconde jeunesse (comme-de-grands-ados-qu'-ont-jamais-vraiment-réussi-à-devenir-des-adultes-parce-que-les-valeurs-de-la-société-beurk-beurk), quelques scènes d'amour, deux trois passages où on joue avec le gosse (assis par terre), deux trois balades dans le paysage (un peu gris, c'est mieux), puis un retour à la maison où l'on débouche une bonne bouteille de vin rouge (du pas dégueulasse) que l'on déguste dans un verre ancien chiné en regardant le paysage (toujours tristounet) à travers la fenêtre de la cuisine. Oui, la cuisine, c'est pas mal.
Voilà voilà.
Les Marie et les Jeanne, ça annonce généralement ce type de récit, dans l'air du temps, bobo dans l'âme, un peu platounet dans l'écriture et souvent pas très très original, il faut bien le dire...
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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critiques presse (3)
LeMonde   20 septembre 2019
A chaque nouvelle parution, l’étonnement, le doute, puis l’enchantement envahissent le lecteur [...]. Sans qu’il soit toujours facile de dire à quoi tiennent le charme, mais surtout la force de ses romans. A son écriture, ­assurément, dont l’absence de ponctuation expressive contraint le lecteur à choisir lui-même l’intensité qu’il veut donner.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs   02 septembre 2019
Pour être heureux, faut-il « partir » ou « rester » ? C’est le sujet de « Par les routes », un des plus beaux romans de la saison.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaCroix   30 août 2019
Avec ce très beau livre sur l’attachement, Sylvain Prudhomme poursuit son œuvre passionnante, portant une intensité d’une grande modestie.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
PJNPJN   22 septembre 2019
La moitié de notre terme est passée. La moitié de notre existence est là, en arrière, déroulée, racontant qui nous sommes, qui nous avons été jusqu’à présent, ce que nous avons été capables de risquer ou non, ce qui nous a peinés, ce qui nous a réjouis. Nous pouvons encore nous jurer que la mue n’est pas achevée, que demain nous serons un autre, que celui ou celle que nous sommes vraiment reste à venir – c’est de plus en plus difficile à croire, et même si cela advenait, l’espérance de vie de ce nouvel être va s’amenuisant chaque jour, cependant que croît l’âge de l’ancien, celui que nous aurons de toute façon été pendant des années, quoi qu’il arrive maintenant.
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PJNPJN   22 septembre 2019
Vertige du temps dilapidé, de l’écheveau des ans dévidé d’un coup. Bouleversement de toute une vie humaine réduite par l’accélération désinvolte de Flaubert à cela : un départ, un retour. Le voyage d’un homme destiné de toute façon à passer, comme tout passe. À rebours de Flaubert, j’avais décidé de retenir le temps. De freiner autant que possible son passage en opérant le contraire d’une ellipse – un ralentissement par saturation, dilatation, restitution de chaque instant dans ses ramifications, son buissonnement inépuisable de détails.
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ninachevalierninachevalier   19 septembre 2019
vivre c'est maintenir entier le petit nuage que nous formons, malgré le temps qui passe, malgré les bonnes et les mauvaises rencontres. c'est réussir à faire tenir ensemble toutes les petites gouttes de vapeur qui font que ce nuage c'est nous, et personne d'autre. Depuis que j'ai lu Spinoza je m'encourage, elle racontait, , je me suis dit allez petit nuage, avanti, fends vaillamment le monde, reste le petit nuage que tu es, sois-le toujours plus, un petit nuage vaillant et unique. Parfois je tombe amoureuse, elle disait, je rencontre un autre nuage qui me plaît très fort et l'autre nuage me bouscule, son intégrité chamboule la mienne, nous ne pouvons empêcher nos parties de se mêler, tous les deux nous sommes un peu confus.Je suis heureuse, je suis triste, tout est brouillé, il me faut du temps pour m'habituer à ce nouvel état. Et puis petit à petit je me retrouve, je me ressaisis au sens propre. Vaille que vaille je ramasse les parties de moi-même. Le petit nuage que je suis reprend son chemin.
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PJNPJN   22 septembre 2019
J’aime et redoute à la fois l’idée qu’il existe une ligne d’ombre. Une frontière invisible qu’on passe, vers le milieu de la vie, au-delà de laquelle on ne devient plus : simplement on est. Fini les promesses. Fini les spéculations sur ce qu’on osera ou n’osera pas demain.
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ninachevalierninachevalier   20 septembre 2019
Elle comparait les mots à de vieux soldats au service de la langue depuis des siècles;Elle disait qu'il ne nous arrivait pas tout neufs, qu'ils avaient servi dans bien des batailles avant les nôtres. Que choisir un mot plutôt qu'un autre c'est faire entrer dans son livre un vétéran avec toute une histoire, toute une mémoire, il ne fallait pas se tromper ou c'était la troupe entière des mots choisis jusque-là qui risquait de se trouver dépareillée.
D'autres fois encore elle balayait tout ça d'un sourire. Elle disait qu'il ne fallait pas trop réfléchir. Qu'après tout la seule chose qui comptait c'était de capter et de rendre un souffle. Comme quand on donne un baiser, elle disait, et elle me laissait seul dans le jardin le temps d'aller remplir la théière.
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Videos de Sylvain Prudhomme (8) Voir plusAjouter une vidéo
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http://www.librairiedialogues.fr/ Romain nous propose ses coups de c?ur du rayon Littérature : "Une bête au paradis" de Cécile Coulon (L'Iconoclaste), "Par les routes" de Sylvain Prudhomme (L'arbalète Gallimard) et "Cadavre exquis" d'Agustina Bazterrica (Flammarion). Réalisation : Ronan Loup. Questions posées par : Laure-Anne Cappellesso.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues/
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