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Arlette Elkaïm-Sartre (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070323749
Éditeur : Gallimard (12/11/1986)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Dans L'imagination (1936), Sartre avait mené une analyse critique des théories de l'image mentale depuis Descartes.
L'imaginaire, qu'il écrivit à la suite, tente d'abord ce qu'il appelle une «phénoménologie» de l'image, c'est-à-dire qu'il inventorie et conceptualise tout ce qu'une réflexion directe, voire subjective, peut apprendre de certain sur la conscience imageante ; il écarte donc les théories de ses prédécesseurs tout en se servant, souvent contre eux,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Enroute
  11 décembre 2017
Le processus de formation d'images réelles et d'images mentales est le même. Dans les deux cas, il s'agit de l'animation d'une matière (physique dans un cas, mentale dans l'autre). Ce que je vise à travers une image (une photographie, un tableau si elle est physique ; ou bien une image mentale), c'est toujours la chose réelle, existant dans le monde. On a eu tort par le passé de postuler que l'image était spontanée et apparaissait à la conscience : que serait un contenu de conscience qui ne soit lui-même la conscience ? Aussi est-ce la raison pour laquelle une image ne m'apprend rien : elle ne contient jamais que ce que mon intention y met. Ensuite, si je suis surpris des images que je forme, c'est que le processus est irréfléchi. Mon intention joue aussi malgré ma raison. C'est l'affectivité, le mouvement et le savoir qui constituent les images.
Un type particulier d'image sont les schèmes. Ceux-ci se constituent lorsque l'intention vise un objet indéterminé (quelque chose que je ne comprends pas encore) ou irréel (un concept). Dans ce cas, la constitution du schème achève de me donner la compréhension de ce que je vise. L'imaginaire est un mode de savoir imageant qui vient en renfort du savoir pur, celui qui se constitue par la raison dans la comparaison et l'établissement de rapports et de relations. Mais l'image n'a d'intérêt que comme étape intermédiaire dans le processus de compréhension qui s'achève par la consolidation d'un savoir raisonné. Sans cela, je risque de me rester en route : sur la voie de la connaissance, je me suis laissé absorber par une image dont je n'ai pas reconnu le caractère de visée vers l'objet réel et me suis arrêté à son apparence pleine et entière, et approximative.
L'image est donc le mode d'apparence de ce qui est absent. C'est le mode d'apparence de l'objet irréel, celui qui, précisément, n'est pas là. L'image est donc à la fois néant du réel et manière de poser le réel puisque pour concevoir l'image je dois la créer sur fond de réel. En revanche, le rêve est l'état où la conscience a perdu la notion de réel et où la conscience réflexive s'éteint. Monde clos sur lui-même, le monde du rêve est un monde pauvre car la conscience y est fascinée, prisonnière des images que l'intention libre associe : la conscience n'a pas d'autre choix que de vivre le rêve jusqu'à son terme. En un sens, le roman opère identiquement, mais à moindre intensité.
Pas d'inquiétude, si toutefois vous aviez des doutes, toute conscience libre est imageante. L'exercice de la liberté par la conscience se fait dans l'imagination qui requiert une néantisation du monde (imaginaire et réel ne peuvent être présents simultanément dans la conscience). le risque serait une conscience trop engluée dans le réel, qui ne parviendrait pas à synthétiser le monde : elle ne pourrait se distancier du réel, ne pourrait imaginer et, ce faisant, ne pourrait concevoir la catégorie du réel... dans ce cas, c'est l'asservissement de la conscience ou plutôt la disparition de la conscience...
Conclusion : décollons de temps en temps de nos écrans, faisons travailler notre imagination ou bien.... nous perdons conscience........
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Fx1
  18 juillet 2014
Un autre trés grand texte de Sartre . Toujours axé sur la conscience il tente ici de déterminer comment celle çi peut se projeter dans l'imaginaire . Certes l'on peut dire que cela est trés proche encore une fois de la psychologie , mais au fond , la philosophie n'est elle pas une application des considérations psychologiques ? Oui l'imaginaire fait parti intégrante de la vie de chaque étre humain , de cela il faut étre conscient pour étre en contact concret avec l'humain . L'étude de l'impact de l'imaginaire sur la conscience que propose Sartre dans ce volume est tout simplement remarquable . A aucun moment il n'y a de longueur . C'est un ouvrage passionant qu'il propose ici , et qu'il faut découvrir .
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thedoc
  25 avril 2016
Dans cet ouvrage, le philosophe nous propose une approche de sa conception de la conscience, à travers le thème de l'imaginaire.
En effet, « L'imaginaire » pour Sartre renvoie à l'une des grandes fonctions de la conscience, qui enveloppe aussi bien le rêve que l'hallucination, la simple représentation d'une image mentale que la contemplation d'une oeuvre d'art.
La conscience a toujours une intention vers quelque chose : c'est « un reflet reflétant », elle nous permet d'appréhender le réel et ce, que ce soit par le biais de l'imagination ou de la perception du monde réel lui-même.
Dans cet essai, il veut montrer la « structure intentionnelle de l'image », c'est-à-dire décrire les caractères essentiels de l'image en tant que structure de la conscience. C'est à partir de cette idée que Sartre fait la différence entre image, concept et perception : tels sont les trois types de conscience par lesquelles un même objet peut nous être donné.
Sartre aborde également l'oeuvre d'art qui est relativement problématique puisqu'elle nous apparaît de manière subjective. Il s'intéresse plus précisément au phénomène musical et tente de mieux saisir et expliquer la façon dont la conscience intègre celui-ci.
Une lecture entre psychologie et philosophie, qui permet de réfléchir sur le rôle de notre conscience dans la perception de chaque chose, mentale ou réelle.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
AlixoneAlixone   15 août 2013
« J'observe un objet ses apparitions se valent toutes, elles se renvoient toutes entre elles. L'apparition-apparence s'indique donc elle-même, en tant qu'apparition, et son essence est un paraître qui ne s'oppose plus à l'être mais qui en est la mesure c'est-à-dire une apparence individuelle, »
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thedocthedoc   25 avril 2016
[...] l'imagination n'est pas un pouvoir empirique et surajouté de la conscience, c'est la conscience tout entière en tant qu'elle réalise sa liberté.
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thedocthedoc   25 avril 2016
Ce qui définit le monde imaginaire comme l'univers réel, c'est une attitude de la conscience.
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Videos de Jean-Paul Sartre (188) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Paul Sartre
Dans le cadre du banquet d?été 2019 intitulé « Transformer, transfigurer » qui s?est déroulé à Lagrasse du 2 au 9 août 2019.
Pour la criée consacrée aux éditions Verdier, le philosophe Gilles Hanus a présenté le livre "Pouvoir et liberté" de Jean-Paul Sartre et Benny Lévy paru en 2007.
Dans la catégorie : ImaginationVoir plus
>Psychologie>Processus mentaux conscients, intelligence>Imagination (20)
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