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François Gaudry (Traducteur)
EAN : 9782864244745
111 pages
Éditeur : Editions Métailié (22/08/2003)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 37 notes)
Résumé :

"J'écris parce que j'ai une mémoire et je la cultive en écrivant..." C'est cette mémoire qui nous rappelle l'existence d'un autre 11 septembre en 1973, il y a tout juste 30 ans. Ce jour-là, le général Pinochet prit le pouvoir au Chili, avec l'aide de la CIA, en assassinant la démocratie et des milliers de citoyens de ce pays. Le président de la République, Salvador Allende, mourut dans le palais de la Mone... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
blandine5674
  20 septembre 2019
Retranscription de 22 articles engagés du poète chilien sur Pinochet. Lui-même a été emprisonné, torturé et exilé. Certains passages sont très politiques, d'autres terribles avec les horreurs du dictateur. On y sent surtout la profonde tristesse et révolte pour ses amis et proches assassinés qui se sont battus pour la liberté.
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WAXILEXLILAROSE
  03 avril 2013

Le 11 septembre 2001 : on a retenu cette date pour les attentats américains mais qui se souvient du 11 septembre 1973 ? Date gravée à jamais dans la mémoire chilienne, jour du coup d'Etat mené par Pinochet avec la complicité de la CIA, entraînant le terme de la présidence d'Allende.
"Raconter, c'est résister". Cette citation de l'écrivain brésilien Guimaraes Rosa sur laquelle s'appuie Luis Sepulveda résume le ton adopté par l'auteur chilien dans ce livre nous délivrant son terrible sentiment d'injustice sur la personnalité de Pinochet.
L'opportunité de « célébrer » le 30ème anniversaire du putsch permet à Luis Sepulveda de rassembler dans ce livre 21 articles journalistiques publiés auprès de la presse européenne et sud américaine sur la période 1998-2002.
Il y est question d'indignations et de résistances : résistance face aux duplicités des politiciens nationaux (droite chilienne) et internationaux (notamment Kissinger, Nixon, CIA) pendant la période où Pinochet était à la tête du pays et sur l'amnésie sur le bilan de la politique du tyran.
Résumé non exhaustif de la pluie de dénonciations versées sur le régime dictatorial par l'écrivain chilien :
- les actions menées contre les opposants (résistants socialistes, communistes, chrétiens de gauche, front patriotique) à la politique à l'intérieur et à l'extérieur des frontières : disparitions (estimées à 4000 voir le rapport Rettig), massacres, kidnappings, tortures (autour de 35 000), condamnations à l'exil, incitations à la délation, censures de la presse
- le chaos social : perte des droits syndicaux (un rassemblement de plus de 3 personnes était considéré comme délit de subversion), régression sociale,
- le pouvoir de l'armée : 15% du budget de la nation consacré à l'armée destiné à faire mourir ses propres citoyens
- les modèles économiques imposés par le FMI et la Banque Mondiale sur 2 pays « cobayes » sud américains : Argentine (mise en cause du triumvirat Alfonsin, Menem, de la Rua plus nocif que Ben Laden responsables de la mort de 30 000 personnes en imposant un modèle économique injuste) et Chili
- les passe-droits de Pinochet lui permettant d'échapper à toute justice grâce à la possession d'un poste de sénateur à vie, à la détention d'un passeport diplomatique
- les bilans de santé des experts médicaux qui ont permis de mettre en suspens les actions des juges espagnol Garzon et chilien Guzman.
En effet, le juge Garzon réclame l'extradition du dictateur pour crimes et tortures en 1988 imposant 503 jours d'assignation à résidence à Londres. Pinochet ayant une santé précaire selon les experts, il est déclaré inapte à comparaître devant le tribunal et il est autorisé à retourner au Chili.
En 2000, Pinochet perd l'immunité parlementaire en tant que sénateur à vie. 200 plaintes pour violation des droits de l'homme permettent au juge Guzman d'ordonner une arrestation du Général. En 2002, Pinochet échappe au procès grâce au non lieu prononcé par la Cour Suprême alléguant une démence modérée de Pinochet.
Gardez le parapluie ouvert si les baleines ne sont pas noyées sinon changez le car Luis Sepulveda a fait sienne la devise de Monte Christo : ni oubli, ni pardon.
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michdesol
  16 décembre 2019
Ce livre est un recueil d'articles et de chroniques parus dans divers journaux européens entre 1998 et 2002. Cela recouvre l'époque où Pinochet fut arrêté à Londres puis revint au Chili en toute impunité. L'auteur était alors exilé en Allemagne puis en Espagne après avoir subi les affres des geôles de la dictature. Il nous fait part ici de l'espoir initial immense de voir juger le dictateur tortionnaire et de la déception qui s'ensuivit après son retour impuni au Chili. Ce pays reste marqué durablement par la dictature, les événements d'aujourd'hui nous le prouvent encore. Quant à Sepúlveda, s'il y revint plus tard, il n'y resta pas, ne pouvant supporter l'impunité des félons. Dans ces pages il nous prouve, ligne après ligne, qu'il est un homme au grand coeur. Avec cette qualité rare : un humour plein de tendresse pour ses frères humains.
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adtraviata
  25 février 2018
Ce petit volume d'articles de journaux a été publié en France, en Grèce, en Italie et au Portugal en 2003, triste anniversaire du coup d'Etat d'Augusto Pinochet et du renversement de Salvador Allende en 1973 (c'était aussi un 11 septembre…). Luis Sepulveda était étudiant, il avait accompagné l'espoir de renaissance apporté par Allende au Chili et il a subi lui-même la torture et l'exil après l'accession au pouvoir du dictateur. Il vit toujours en Espagne.
Quand il apprend l'arrestation de Pinochet en 1998, grâce à la ténacité du juge espagnol Garzon, Luis Sepulveda éprouve une grande joie et se met donc à observer les événements et à écrire cette série d'articles publiés un peu partout en Europe. Dès l'annonce de l'arrestation de Pinochet, le gouvernement chilien en place comme l'opposition sont très prudents et ne semblent absolument pas souhaiter l'extradition : il faut savoir qu'avant de se faire arrêter, Pinochet est resté commandant en chef des armées jusqu'en 1998, il avait réussi à se faire élire sénateur de droit à vie et à faire voter une série de lois qui protégeaient les anciens collaborateurs de la dictature. Avant qu'il ne soit remis au Chili parce que déclaré fou (vous vous souvenez de cette image de Pinochet se levant de sa chaise roulante dès sa sortie d'avion ?), Luis Sepulveda critique la mollesse des dirigeants chiliens, gauche et droite confondues, qui aimeraient tant voir amnistier tous les crimes commis pendant la dictature alors que les victimes et leurs descendants crient pour obtenir une justice équitable.Au nom de cette équité, l'écrivain réclame un procès respectueux du droit pour Pinochet. Il critique violemment les exigences imposées par le FMI au Chiliet à l'Argentine. Surtout – ce sont les articles les plus touchants à mon avis – il évoque les amis, les parents, les militants socialistes qui ont subi la torture, la mort, la disparition des corps, le cruel silence des autorités, il raconte comment il est retourné au Chili avec son propre fils, il dit la nécessité de la parole et de l'écriture.
C'est une lecture un peu difficile parfois (j'avoue que je n'ai pas toujours saisi les subtilités des partis chiliens actuels), âpre souvent (« ni pardon ni oubli » scande l'écrivain au long des pages), touchante évidemment. Ce n'est qu'en écrivant ce billet que je me rends compte que cette année 1998 n'est pas si éloignée de nous… vingt ans seulement nous séparent de la chute du dictateur. Il est mort en 2006, sans jamais avoir été jugé pour ses crimes.
Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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Blackbooks
  06 janvier 2020
Ami lecteur, il ne s'agit pas ici d'un roman de Sepùlveda, mais d'un recueil d'articles publiés dans différents journaux entre 1998 et fin 2002. Ces articles couvrent essentiellement la période qui s'étend de l'arrestation du général Pinochet le 17 octobre 1998 au retour de ce dernier au Chili et de son jugement.
Ma formation de base m'ayant appris à demeurer impartial dans mes propos, j'ai été très vite pris à contrepied dans ce recueil. Auteur engagé, Sepùlveda fait preuve dans ces romans d'un engagement mesuré, mais ici l'auteur attaque, milite ouvertement et accuse catégoriquement et avec virulence le général Pinochet et ses sbires, ainsi que l'impérialisme américain et les gouvernements espagnol et chilien. Mais peut-on lui en vouloir ? Lorsque l'on connaît son histoire, son vécu et les affres que lui et ses proches ont subies, peut-on dès lors lui reprocher de faire preuve, non pas d'un manque de discernement, mais de modération dans ses propos. Je dirais que non, lui seul peut décider.
Les accusations portées contre Pinochet sont valables contre n'importe quel dictateur, n'importe quelle forme de totalitarisme ou d'intégrisme, et c'est là la force de l'auteur, c'est là où ses talents de conteur lui sont un atout majeur. Car les véritables forces de l'écrivain ce sont ces mots, le verbe.
« Raisonnables, les mots sont enclins au pardon. Ainsi, lorsqu'un fanfaron du syndicalisme argentin proclame que “nous gagnerons avec moi ou sans moi”, ou qu'un crétin avec rang de général déclare au Chili que “on vient à l'université pour étudier, pas pour penser”, ou qu'un monument de la bêtise en uniforme d'Uruguay harangue le pays en annonçant que “la gravité des faits nous oblige à prendre un virage de 360°”, les mots réagissent en plaçant des stupidités de cette ampleur sous le signe de l'humour, mais même l'humour a ses limites et les mots ne savent pas comment réagir devant des perversions aussi audacieuses que celles-ci : “Le socialisme consiste en ce que chaque Chilien puisse devenir un Bill Gates”, “Laissez-vous aider par l'opposition”, “Je respecte les nationalismes mais je les condamne”, “Justice sera faite, nous voulons Ben Laden mort ou vif”, “Le problème des droits de l'homme se résout avec des indemnisations”. Pauvres mots. Pauvres d'eux et de leurs raisons.
Heureusement, les mots ont encore des défenseurs et, à Madrid, Valladolid, Porto, Gijón et Lisbonne, nos chers mots ont reçu des paroles de soutien. »
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
michdesolmichdesol   16 décembre 2019
Et s'ils nous manquent, ce n'est pas à cause d'un accident, d'un piège du hasard ou du dessein de quelque dieu offensé. Ils nous manquent parce qu'ils ont osé proposer une existence meilleure que celle du troupeau. Ils nous manquent parce qu'ils ont dit que le pain était pour tous ou pour personne. Ils nous manquent parce qu'ils ont allumé des lumières dans l'obscurité, fortes ou faibles, peu importe, mais dont les éclats continuent de nous éclairer. Ils nous manquent parce que dans la pénombre de la pièce ils se sont approchés du lit des enfants, les ont caressés, ont laissé sur leurs fronts l'étoile d'un bon sommeil, et lorsqu'ils sont sortis pour passer à l'action, ils l'ont fait en sachant tout ce qu'ils avaient à perdre, et pourtant ils ont agi avec la décision de ceux qui ont la raison avec eux.
Quand on les a arrêtés, quand ils ont commencé à nous manquer, des témoins qui n'avaient rien vu ont murmuré : « Ils ont dû faire quelque chose, ce n'est pas pour rien qu'on les arrête », et ils avaient raison, parce que ceux qui nous manquent avaient fait beaucoup plus que cela : ils avaient rêvé qu'il était possible de vivre debout. Ils avaient rêvé que le bonheur de tous était possible. Ils avaient rêvé d'édifier une loi juste, et que nous serions tous égaux devant elle. Et ils avaient osé faire des rêves une réalité, parce que ceux qui nous manquent avaient atteint, sans vanité ni simagrées, la dimension supérieure de l'être humain, et c'est pour cela qu'ils nous manquent : parce qu'ils étaient des révolutionnaires.
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HardivillerHardiviller   20 mars 2016
Voilà pourquoi j'écris , par besoin de résister à l'empire de l'unidimensionnel , à la négation des valeurs qui ont humanisé la vie et qui s'appellent fraternité , solidarité , sens de la justice . J'écris pour résister à l'imposture , à l'escroquerie d'un système social auquel je ne crois pas , car il n'est pas vrai que ce qu'on appelle globalisation nous rapproche et permette à tous les habitants de la planète de se connaître , s'entendre et se comprendre .
Je partage pleinement la définition de notre époque donnée par Saramago : l'affrontement entre globalisation et droits de l'homme , et j'écris donc pour résister au nom de ces droits sacrés et inaliénables , qui ne peuvent pas être manipulés ,administrés ou mutilés par le Fonds monétaire international et la banque Mondiale .
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blandine5674blandine5674   20 septembre 2019
La réponse ne se fit pas attendre, se traduisant par l’assassinat de onze personnes qui, comme le chantait Víctor Jara, « moururent sans savoir pourquoi, en hurlant pour le droit à vivre sur une terre »...
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Blandine54Blandine54   25 mai 2017
Il n'est pas exagéré d'affirmer qu'une bonne partie du destin du Chili se joue en ce moment à Londres, car le destin, ce concept qui peut être synonyme d'avenir, est étroitement lie à la compréhension du passé afin de pouvoir le surmonter.
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michdesolmichdesol   16 décembre 2019
Un soir, à la fin du mois d'octobre1973, le général de brigade Washington Carrasco Fernández visita les salles de torture du régiment Tucapel, à Temuco. J'étais l'un des cinq hommes suspendus par les poignets liés, comme des bœufs, que le général examina d'un œil critique. Il portait sa tenue de campagne et un pistolet réglementaire à la ceinture. Brusquement, il avança vers nous et donna à chacun une légère poussée qui nous fit osciller comme des pendules. Puis il demanda si nous avions besoin de quelque chose. L'un des pendus, un ancien conseiller municipal de Carahue qui, coïncidence, s'appelait Sepúlveda, je le jure, lui répondit : « Pourriez-vous rapprocher le sol de nos pieds ? ».
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