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Aventures de l’inspecteur Léon Sad... tome 6 sur 6
EAN : 9791041411368
624 pages
Points (22/09/2023)
3.96/5   69 notes
Résumé :
L'épuration comme vous ne l'avez jamais lue.

Septembre 1944 : partisans de De Gaulle et de Staline rivalisent pour le pouvoir dans Paris fraîchement libéré. C’est à qui rétablira l’ordre le premier, ou plutôt son ordre. Démasqué et menacé d’être fusillé, l’inspecteur Léon Sadorski n’en mène pas large. Le sort en a pourtant décidé autrement. En échange de l’indulgence des cours de justice, l’ex-collaborateur se voit confier par les chefs de l’insurrec... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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Sadorski, tu veux que je te dise, t'es le plus grand dégueulasse que... que... que le polar français ait jamais porté ! 

Voilà, c'est fini. Six années, six romans, et Romain Slocombe achève les deux cycles qu'il a consacrés à l'Inspecteur des Brigades Spéciales Léon Sadorski, La Trilogie des Collabos et La Trilogie de la Guerre Civile.
L'Epuration s'abat sur l'inspecteur, mais ce dernier a plus de vies qu'un chat et plus de résistance qu'un cafard. Alors qu'en cette fin d'été 1944, gaullistes et communistes se tirent la bourre pour prendre le pouvoir dans la capitale tout juste libérée, Sadorski fait ce qu'il maitrise le mieux, observer, jauger, mentir, tricher, dénoncer pour sauver sa peau qui ne vaut pas tripette face à une population assoiffée de vengeance. La peur lui donne des ailes, et il n'a qu'une obsession, sortir de prison afin de retrouver Julie, disparue, embarquée par les nazis durant les combats boulevard Voltaire, et son épouse Yvette, dénoncée par des voisins, tondue, dénudée et tabassée par la foule.

Inutile de s'attendre à une grande célébration de la Résistance et de l'union nationale avec Marseillaise et actes héroïques Bleu Blanc Rouge de la part de Slocombe, la Libération et surtout l'Epuration se déroulent en quasi huis clos, dans les centre de détention pour collaborateurs gérés par les F.T.P. et plus particulièrement au sein de l'Institut d'hygiène dentaire et de stomatologie, qui fut réquisitionné par les FFI, (souvent "FFS", Forces Françaises de Septembre (!)) et que le philosophe et collaborateur René Château a qualifié dans son livre L'Âge de Caïn, de lieu d'épuration sauvage. Cette description aigüe et pesante de guerre d'arrière-cuisine nous rappelle l'excellent (et meilleur Slocombe pour moi) Avis à mon exécuteur. Car c'est dans ces centres que Sadorski va goûter au dixième de ce qu'il a fait subir à des femmes et à des hommes souvent très jeunes durant les années de Collaboration.

J'étais le collabo Sadorski est le sombre récit d'une Libération qui n'a rien d'éclatant, de prometteur et de réconfortant. Slocombe dresse plutôt un tableau des luttes idéologiques et de quêtes de pouvoir qui préfigurent la Guerre Froide. C'est la France de l'injustice, de l'arbitraire et du hasard. le lecteur songe à tous les innocents torturés, déportés, exécutés que l'on a rencontrés au fil des pages, et constate avec amertume que ce sont toujours les mêmes qui s'en tirent, à un cheveu près ou avec les honneurs. C'est peur-être pour ça que certains passages sont répugnants à lire.

Quoiqu'il en soit, merci à Romain Slocombe d'avoir donné vie à un salaud pas si ordinaire, et d'avoir restitué avec autant de maestria le quotidien de ces années sombres. Pour Simenon, si un personnage de roman, c'est n'importe qui dans la rue, c'est un homme, une femme quelconque, LE personnage de roman, lui, ira jusqu'au maximum de lui-même. C'est ce que fait Sadorski, plus encore dans ce dernier opus, et c'est la raison pour laquelle il restera comme un des grands personnages du roman noir français.
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Ah, quel plaisir j'ai eu à lire ce qui peut ressembler (ou pas) au dernier livre de cette double trilogie, « la trilogie des collabos »et donc « la trilogie de la guerre civile ».

Septembre 44, Gaullistes et Communistes se concurrences pour « rétablir l'ordre ».

L'inspecteur Sadorski (probablement l'un des plus grands salaud de la littérature Française), lui s'en moque, il veut juste sauver sa peau....

Romain Slocombe m'a fait (re)découvrir ce qui a été l'une des périodes les plus noires de l'histoire de France : l'épuration.

Un moment de l'Histoire où tout peut basculer, la violence, la haine, la jalousie, la misère, la peur et la lâcheté parsèment ce livre. Mais aussi la bonté, le courage et la générosité.

A travers cette période de l'histoire, c'est l'âme humaine qui est explorée.

L'auteur fait oeuvre d'historien et de sociologue.

J'ai adoré, mais alors ce Sadorski quel salaud !
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Dans le précédent tome, L'Inspecteur Sadorski libère Paris, on a quitté l'Inspecteur Principal Adjoint Léon Sadorski, des Renseignements Généraux, collabo notoire, chasseur de Juifs pendant l'Occupation, en fâcheuse posture : lynché par la foule, il a perdu un oeil et arrive à se faufiler pour prendre le large. Traqué, arrêté, il passe de mains en mains chez les Résistants, pour aboutir à L'Institut Dentaire de Paris, où il est détenu avec de nombreux autres collabos ou prétendus tels par des Résistants communistes fanatiques. Il n'a qu'une idée en tête : se sortir de là et retrouver son épouse Yvette, sa maîtresse Julie et leur enfant Bernard. ● Alors que les quatre premiers tomes m'avaient passionné, j'avais trouvé qu'il y avait dans le précédent, L'Inspecteur Sadorski libère Paris, une baisse de rythme, trop encombré qu'il était par de foisonnantes références historiques. ● Avec ce sixième volume, Romain Slocombe renoue avec le récit haletant et addictif des quatre premiers. Les références historiques sont toujours nombreuses mais elles n'entravent pas l'action. ● Romain Slocombe brosse une description sans concession de l'épuration dans les semaines qui suivent la Libération de Paris, avec des Résistants, notamment communistes, qui ne valent guère mieux, en termes d'exactions, que l'occupant nazi. « Mieux vaut tuer un innocent que laisser échapper un coupable […] ». ● Une simple dénonciation suffisait à vous envoyer dans les geôles des Résistants communistes qui savaient très bien manier la torture physique et psychologique, inspirés par le modèle de ce que Staline faisait en URSS. ● Les critiques négatives que j'ai lues sur ce site lui reprochent cette description, sans, à mon avis, comprendre qu'il ne s'agit pas d'un livre d'histoire objectif, mais d'un roman historique, où les événements sont vus à travers le prisme du regard de Léon Sadorski, qu'on a appris à connaître dans les tomes précédents, et qui est un salaud antisémite et obsédé sexuel, un homme sans foi ni loi pour qui l'abus de pouvoir est une habitude quotidienne. ● En tant que roman historique, le livre est passionnant, car l'auteur excelle à nous remettre dans l'ambiance de cette fin d'été et de l'automne 1944, à montrer les « FFS », Forces Françaises de Septembre, Résistants de la dernière heure, collabos qui ont retourné leur veste à la dernière minute et sont maintenant plus patriotes et plus fanatiques que les vrais Résistants, à mettre en scène son formidable anti-héros Sadorski, personnage qui marquera le genre du roman historique. ● Romain Slocombe a affirmé que sa série compterait six volumes ; c'est donc à présent, en principe, fini ; mais pour ma part j'aimerais bien qu'il y ait une suite.
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Sixième volet de la série Sadorski de Romain Slocombe, l'un des plus addictifs.
Pourtant, le sujet n'est pas facile.
Enfin, depuis le début de la saga, je ne pense pas qu'il y ait un volume que l'on puisse qualifier de "facile".
La guerre se termine, on chasse l'ennemi jusqu'au-dehors de nos frontières.
Ici, c'est le temps de l'épuration.
La violence et la peur ont changé de camp.
C'est le temps de la vengeance.
Le temps de la délation, des règlements de comptes, de la justice aveugle.
On arrête, on tond,  on viole, on torture, on tue.
Des coupables, mais aussi des innocents.
On ne s'interroge pas trop sur le fond. Une fois dénoncé, il faut avoir de la chance pour échapper au châtiment.
C'est terrible, effrayant, incroyable.
Slocombe le raconte ici, une fois de plus, documents à l'appui.
Il n'est pas dans la surenchère.
Il relate.
J'étais le collabo Sadorski, est un roman, bien sûr, un thriller historique redoutable.
Comme pour les autres opus, vérité et fiction se mêlent intelligemment et donnent un livre qu'on ne lâche pas.
Son collabo, le désormais ex-flic Léon Sadorski, veut sauver sa peau et retrouver sa chère Yvette. Il va croiser des personnages au moins aussi dangereux que lui.
De beaux salauds.
Vous pensez que cela en fera un personnage sympathique ?
Si vous le connaissez, vous avez la réponse.
J'ai découvert une face sombre de notre histoire. Des faits, des événements, des personnages, qui ont attisé ma curiosité et m'ont poussé à approfondir, à faire des recherches, pour m'instruire et compléter cette lecture.
Parce que c'est à cela aussi que servent les romans de Romain Slocombe, à révéler et faire réagir.
Soyons utopiques et crions d'une seule voix : plus jamais ça !
Bref, en attendant la suite, je vous... "plus que conseille", ce livre.
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Nouvelles aventures de notre salopard préféré, l'ancien IPA Sadorski quelque peu esquinté. Fin août 1944 Paris vient d'être libéré , voici donc Sadorski confronté aux libérateurs de Paris avec en première ligne les FFI et FTP ivres de vengeance , qui ont bien l'intention de débusquer les collabos ou autres profiteurs de guerre et de les punir de la plus expéditive des manières . Et côté collaboration avec les occupants allemands on peut dire que Léon Sadorski est passé maître en la matière : champion de la lutte contre les communistes, résistants ou juifs qu'il a pourchassés sans répit. Séparé de sa femme Yvette, disparue pendant une rafle des résistants et probablement emprisonnée, Sadorski risque d'être fusillé sans autre forme de procès. Il lui faudra faire preuve d'opportunisme comme de ruse pour tenter d'échapper aux balles que ses geôliers ont prévu pour lui, l'ex IPA Sadorski ne présentant aucune circonstance atténuante.

Mélangeant faits historiques avérés et fiction, on replonge une nouvelle fois avec délice et horreur dans cette période de la libération de Paris. Une période trouble où tous les excès sont commis. Ceux qui viennent de retourner leur veste semblent en effet prêts à tout pour confirmer leur appartenance à un groupe de résistants quitte à humilier voire à tuer des innocents. Difficile en effet de faire la différence dans cette pagaille ambiante entre les véritables collabos et ceux qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment.
Dans cette ambiance délétère Sadorski tente de sauver sa peau par tous les moyens, semant au gré de ses pérégrinations quelques nouveaux cadavres.
Comme toujours avec Romain Slocombe, le récit est tellement hyper réaliste que l'on se demande en permanence quelle est la part de fiction. Reconstituée avec moult précisions qui représentent la somme de travail gigantesque que l'auteur a dû effectuer dans les archives de l'époque on se retrouve totalement captivé par cette histoire qui est également la nôtre même si elle paraît loin aujourd'hui et que les derniers héros comme les derniers témoins de cette période se font de plus en plus rares.



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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Par curiosité, il retourne au salon examiner la bibliothèque. Les lectures sont une bonne information en général sur la psychologie et les idées politiques des visités. Et puis les femmes lisent beaucoup, c'est bien connu. A partir d'un certain niveau d'éducation.
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Et lui revient en mémoire, Dieu sait pourquoi, la blague radiophonique de Pierre Dac qui faisait tant rire Yvette... Ce ne sont pas les enfants sur la banquette arrière qui font les accidents, mais bien les accidents sur la banquette arrière qui font les enfants...
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Le policier a des désirs d'assassinat. Ce salopard de Yankee parlait le français presque à la perfection, juste une pointe d'accent. Un intellectuel, un fils de bourges qui a été à l'université. Comment disent-ils, déjà, dans son pays de merde? Sonofabitche!
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p. 138
 Sadorski s’attelle à la tâche avec délectation. Il était déjà un artiste des lettres anonymes — quoique dans l’autre sens, en direction de la Sipo-SD, de la Feldgendarmerie, de la Kommandantur, du Commissariat aux questions juives… Aujourd’hui, cela ne lui sauvera peut-être pas la vie, mais au moins il aura entraîné une flopée de rivaux dans sa chute ! Il souhaite à ces ordures tous les emmerdements du monde. En ordre croissant de gravité, de la révocation définitive sans pension jusqu’à la rafale exterminatrice, comme ce connard de Rambon, en passant par la mise à sac du domicile, le vol, le pillage, l’épouse tondue barbouillée de croix gammées devant les gosses en pleurs, et puis l’interrogatoire renforcé, les coups de poing, de pied, de matraque, de crosse, les dents pétées, les glaouïs écrasés, la figure en compote, les yeux crevés pourquoi pas, enfin une détention la plus longue possible, dans des culs-de-basse-fosse, sans rien à manger sauf de la soupe d’eau de vaisselle… Il marmonne et glousse de rire pendant que le crayon court sur le papier quadrillé.
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… une tête rasée ! Et saignotante, en plus, les coiffeurs -qu’ils soient professionnels ou volontaires – n’y allaient pas de main morte, en climat d’« épuration ». On cisaille à vif et en vitesse ! Sous les rires, les lazzis, les huées de la foule exultante, et les injures les plus vulgaires, les plus dégueulasses… On peinturlure les joues, le front, de svastikas.
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Videos de Romain Slocombe (53) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Romain Slocombe
Romain Slocombe vous présente son ouvrage "Une sale française" aux éditions Seuil. Rentrée littéraire janvier 2024.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2985401/romain-slocombe-une-sale-francaise
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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