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EAN : 9782020499354
159 pages
Seuil (05/03/2001)
3.26/5   38 notes
Résumé :

Un adolescent, la province, une femme de trente ans. C'est le récit d'une éducation sentimentale.Sentimentale ? Il est surtout question de sensation. Education ? Sans doute, mais bizarre. Le jeune garçon est riche et oisif. La jeune femme est une domestique espagnole (du moins apparemment). Ils s'attachent violemment l'un à l'autre, se perdent, se retrouvent à Paris, se perdent encore. Ecrit à vingt ans, ce livre décrit ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Quand Philippe Sollers publie ce livre, c'est son premier roman (mais pas son premier texte publié) et il a à peine plus de 20 ans. Il faut lui reconnaître une maîtrise élégante de la langue française et une certaine maturité. Mais aussi un certain orgueil de l'auteur-narrateur. Et surtout ce n'est pas le premier livre du genre, et il ne renouvelle guère le genre non plus. Nous sommes en pleine tradition romanesque, voire romantique, avec l'initiation amoureuse et le premiers émois d'un adolescent. le problème c'est que la situation est terriblement vieillie déjà pour l'époque où il écrit : il s'agit d'un jeune bourgeois découvrant l'amour auprès de la bonne espagnole de la famille, plus âgée. Il ne s'appesantit pas sur la famille aisée, la grande maison, les domestiques, mais néanmoins il est difficile pour le lecteur de ne pas les sentir un minimum. Philippe Sollers a très vite renié ce texte, mais je n'ai pas du tout aimé l'avertissement « Le texte a été ironiquement rédigé en amphithéätre durant des cours d'une nullité sans pareille. » Cette phrase est-elle là pour souligner à quel point l'auteur était surdoué ? En tout cas elle m'a rendu plus difficile l'entrée dans cette lecture. Je reconnais quand même une certaine maturité d'analyse de lui-même et des autres et de grandes qualités littéraires, en particulier pour peindre les personnages féminins, même si le résultat n'a rien d'extraordinaire : ce n'est ni Françoise Sagan ni Raymond Radiguet.
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Premier roman de Sollers (1936-) âgé de 21 ans, salué par François Mauriac et par Louis Aragon qui écrit : « C'est que ce n'est pas tous les jours qu'un jeune homme se lève et qui parle si bien des femmes. »

Roman autobiographique, l'initiation à l'amour et à la sexualité d'un adolescent par Concha, la domestique espagnole du domaine parental. Pendant une séparation de quelques mois, Sollers évoque cette curieuse solitude, en fait sa vocation d'artiste et d'écrivain à l'écart des autres et doté d'une capacité à esthétiser la vie par un regard sensible et intériorisé sur les événements de l'existence.

Malgré des passages fastidieux sur cette « curieuse solitude », aux allures d'exercice de style destiné à impressionner le lecteur sur la maturité de l'auteur, il faut lire ce livre pour qui veut comprendre et connaître Sollers et son oeuvre, car Sollers a consacré sa vie à l'amour, aux femmes, aux arts, et cette Concha (en vrai Eugénia San Miguel, la E.S.M. de la dédicace) est l'une des trois « femmes de sa vie » de Sollers avec l'autrice Dominique Rolin (1913-2012) et la psychanalyste, professeur et autrice Julia Kristeva (1941-), que l'on retrouvera notamment dans "Portraits de femmes" et dans "Un vrai roman, Mémoires".

Quand on sait ce qu'aura été finalement la vie amoureuse de Sollers, on ne peut que saluer sa constance et la valeur de vérité prémonitoire de cette déclaration page 45 :
" Oui, je ne séparerais pas - je n'ai jamais séparé - le fait de vivre de celui d'éprouver du plaisir. L'instinct sexuel est, chez moi, le premier à vouloir. Et les souvenirs qu'il me donne, non seulement je les accueille en moi avec reconnaissance, non seulement j'ose croire qu'ils me seront de quelque utilité au moment de mourir, mais ils me rassurent quant au bon emploi de ma vie, mais ils renforcent mon goût de la conquête et les raffinements que je lui porte. C'est la clé, et il faudra bien que chacun l'avoue. "

Sollers aime les femmes et l'amour, il sait parler des femmes et de l'amour. Moi j'aime. Voir exemples en Citations
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Que je me suis ennuyée! le style qui se veut sans doute original m'a agacée au plus haut point. J'ai eu l'impression qu'il voulait se rapprocher de celui de Proust mais sans son pouvoir d'évocation. Et j'avoue avoir lu d'un regard distrait bien des passages qui m'apparaissaient comme des longueurs avant de me rendre compte que le roman n'était que longueurs inutiles. Les thèmes des amours ancillaires et des difficultés du jeune adulte à se trouver ne m'ont pas plus accrochée quoique, traités d'une façon différente, j'aurais pu m'y intéresser. Je ne suis pas du genre à abandonner un roman mais j'avoue y avoir pensé plus d'une fois avant la fin. C'est sans doute la minceur du livre qui m'a permis de tenir le coup. Je parle de l'objet matériel mais la minceur du propos — vous l'aurez compris —me tirait dans l'autre sens.
Sollers a eu son heure de gloire dans les années 60-70 et je ne l'avais jamais lu. Voici chose faite. Il y a peu de chances que je revienne à l'avenir à cet auteur.
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Initiation amoureuse ou sortie de l'enfance du narrateur qui prend conscience de la complexité de la vie en société, des relations humaines, de la difficulté à trouver sa place quand on pense être différent et que l'on regarde le monde avec hauteur.
Résonance, malaise. La société est finalement composée d'une multitude de solitudes.
À lire.
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Petit roman, emballant au début et bien enrobé sur la fin, très vide bien sûr au milieu. Bien que l'on comprenne aisément ce qu'Aragon y a aimé, certains passages décrivant la solitude du héros évoqueraient presque, n'étaient les lourdeurs de Sollers, les derniers chapitres de la Porte étroite de Gide.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Avant de me retirer tout à fait, il me fallait tenter cette expérience, brûler ce dernier vaisseau.
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C'est toujours une nouvelle douloureuse - douloureuse pour notre vanité - d'apprendre par hasard que quelqu'un peut vivre en dehors de notre pouvoir, de nos meilleures hypothèses à son égard. Et, devant ces poèmes, j'avais le sentiment de la surprendre mieux que par une confidence, même si dans la vie (et peut-être à cause de cela) ils n'avaient été qu'un accident.
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* Ma vie se passait à tenter, sans y parvenir, de prendre contact avec des femmes dont, sans doute, m’éloignait le désir même que j’avais d’elles et, qu’en le devinant, elles devaient trouver insupportable. J’aurais été incapable, d’ailleurs, de m’expliquer. C’est pourquoi, si je pressentais qu’il y avait dans mes sensations quelque vérité à trouver, mon premier mouvement était de répondre : « Sans doute, mais j’ai plus besoin d’un corps que d’une vérité. »

* C’est à notre corps que nous demandons plus volontiers le secret de notre vie, à ce qu’il a retenu des moments où il l’a comprise, et c’est pourquoi notre effort est un perpétuel échec. Passées, nos sensations ne nous sont plus d’aucun secours, non plus qu’une intelligence dont tout nous entraîne à douter.

* Les grandes situations, les « événements s’épuisent d’eux-mêmes. Travaillons au vertige du banal.

* Et, brusquement, je sentis que c’était là ce qu’il me faudrait tâcher d’exprimer toute ma vie, ce sentiment d’inattendu vis-à-vis du monde et des corps, cette brusque assurance d’une harmonie et d’un bonheur incommunicables, certes, mais qui, pour moi-même, ne seraient parfaits que dans mon effort pour les redire. Et, multipliant ces sensations, faire de ma vie (mais était-ce possible ?), un ensemble clair et solide qui aurait l’éclat et la dureté d’un nouveau métal que rien enfin ne pourrait fondre.
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* Je songe à l’émotion que c’est, la première fois de sa vie, d’entendre à ses côtés la respiration d’une femme. Dans cet intervalle si particulier qui sépare deux corps pour la première fois, il existe comme un champ magnétique qui, soudain – et sans que je m’en rende compte à moi-même – me fait découvrir le désir, le danger.

* Et je me disais, non sans emphase, que, de même que les coquillages si nous les approchons de notre oreille nous font « entendre la mer » d’où ils sont éclos, de même, à les côtoyer, certains corps – par quelle illusion ? nous rendent le murmure de l’infini matériel.

* Certaines femmes ne vous aiment que parce que vous avez été aimé. Et qui sait si Béatrice, en me provoquant, ne voulait pas vivre un peu de l’amour qu’elle savait - ou devinait - que j’avais eu pour Concha.

* Et certes, une des constatations les plus pénibles de la vie est de s’apercevoir que les autres existent en dehors de cette fable dont on les avait parés. Ils se moquent bien de nos pensées, de nos imaginations, de nos calculs. Déçu, et sans doute pour ne pas avoir tout à fait tort, on écrit des livres.
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Mais aujourd'hui, je croirais plutôt que le désir n'est qu'une excuse que nous accrochons, faute d’en connaître d'autre, à notre besoin d'inconnu. Car une fois ce désir satisfait, et notre corps, nous nous apercevons que, dans presque tous les cas (mais, justement n'étais-je pas à la recherche de l'exception) rien n'es résolu, bien au contraire, et que c'est notre pensée et sa seule curiosité qui nous jettent au-dehors. Même l'amour n’empêche pas ce vertige qui parfois saisit certains dans une situation où quiconque les croit *parfaitement heureux*.
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