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EAN : 9782815931915
256 pages
Éditeur : L'Aube (07/02/1900)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 7 notes)
Résumé :
« Ils se tenaient, terrés en silence au fond de la remise qui ­sentait le gasoil et le cambouis. Ils se serraient les uns contre les autres, partageant la peur, les yeux grands ouverts dans ­l’obscurité. Le vieux venait juste de passer avec sa longue tige de bambou. Il avait fouetté l’air, écorchant au passage quelques cuisses décharnées, frôlé des épaules hâves et éraflé des joues creuses. Il ne fallait pas pleurer. »
Ambiance glaçante sous le so... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Fandol
  01 mai 2019
Il est toujours bon de partir à la découverte d'un nouvel auteur mais lorsque Lecteurs.com, dans le cadre des Explorateurs du polar, permet de lire un aussi bon livre mêlant suspense, angoisse et cadavres avec la vie quotidienne d'un pays et d'une grande ville comme Oran, l'aventure se révèle passionnante.
Édité par L'Aube, collection noire, Ahmed Tiab m'a plongé en pleine expansion démesurée de la ville où il est né, avec Adieu Oran. Les Chinois sont là et sont prêts à tout pour faire fructifier leurs affaires, construire toujours plus dans les quartiers périphériques de la ville, eux qui ne sont pas considérés comme des migrants mais comme des expatriés. La différence est énorme.
Le commissaire Kémal Fadil est au centre de cette histoire qui révèle les rapports compliqués entre la police et l'armée algérienne. Celle-ci, s'appuyant sur la conquête de l'indépendance, a le dessus mais le policier aime Fatou, belle femme noire, ayant quitté son pays, rêvant d'Europe mais engagée comme infirmière auprès des migrants. le racisme est bien là et ses conséquences sont terribles.
L'auteur mène son histoire avec beaucoup de maîtrise et donne vraiment envie de découvrir ses quatre premiers polars. Il sait se détacher de son personnage principal pour faire partager la vie des gosses arrachés à leur famille avec de vagues promesses pour être vendus, exploités, violés, battus et livrés à eux-mêmes.
Le livre regorge d'observations très pertinentes sur la vie quotidienne en Algérie, décrit bien l'état actuel de la société. Il parle de sa jeunesse, de l'emprise toujours plus grande de la religion : « Pétrole et Dieu. le saint binôme qui prévalait déjà dans les pays du Golfe et l'Arabie Saoudite, s'installait désormais dans un Maghreb où l'Algérie déployait une énergie considérable pour en détenir le leadership. »
Ahmed Tiab n'oublie pas les séquelles de la guerre d'indépendance, parle du sort réservé aux enfants nés des viols commis par les soldats français. Il nous emmène à Béchar, aux portes du désert, n'oublie pas l'autre jeunesse, la jeunesse « dorée » qui frime dans de grosses bagnoles ou sur des jet-skis.
Bien sûr, l'auteur a écrit ce polar avant le retrait du président qui voulait se représenter malgré son état de santé et il n'a pas pu parler des manifestations remarquables de dignité qui ont obtenu ce résultat. Malgré cela, son constat est d'une grande lucidité et ne doit pas être oublié dans les mois qui viennent : « Une monarchie vert kaki et moustachue qu'on retrouve sagement alignée derrière le fauteuil présidentiel, un barrage infranchissable d'hommes gras et arrogants montant férocement la garde sur leurs intérêts financiers. »
Ce polar terrible de lucidité se termine avec des phrases fortes, justes, à propos de l'exil avec un épilogue qui n'est pas sans faire penser à la vie de l'auteur lui-même qui vit en France depuis de nombreuses années.
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Sharon
  17 avril 2019
Le commissaire Fadil et moi, c'est une rencontre qui a failli ne jamais se faire : j'ai commencé le premier tome, et je l'ai reposé. Ce n'était pas le bon moment. Depuis, j'ai lu tous les romans le mettant en scène jusqu'à ce jour.
Nous suivons deux trajectoires dans ce roman, comme dans chaque roman d'Ahmed Tiab. Kemal Fadil s'en fait pour sa fiancée, qui a décidé d'aider les migrants en allant les soigner - oui, l'accueil des migrants, la place que l'on veut bien leur faire est aussi un souci de l'autre côté de la Méditerranée. Oui, Fadil tremble pour elle, parce qu'il sait que les rues ne sont pas sûres, que certains quartiers sont bien excentrés, et que la vie d'un migrant, encore plus d'une migrante, ne vaut pas grand chose, pour ne pas dire rien.
Et justement, des immigrés sont retrouvés morts. Pardon, ce ne sont pas des immigrés, ce sont des expatriés, et cela fait toute la différence. Ces travailleurs chinois méritent toute la considération des autorités, au point qu'ils ne laissent pas le soin aux médecins de faire l'autopsie et aux policiers algériens de mener l'enquête. Bref, rien ne va, d'ailleurs, rien ne va vraiment dans ce pays, où la révolte gronde, où les différences ne sont pas acceptées, où les enfants sont trop souvent laissés pour compte. Pas les enfants des villes - encore que, qui sait vraiment ce qui se passe dans les méandres d'Oran - mais les enfants nés dans les petits villages, issus d'une famille très nombreuse, avec un père débordé et une mère épuisée, chassée, partie avec un autre ou morte. Il est facile de faire miroiter aux parents un avenir meilleur pour leurs enfants, ou juste un peu d'argent pour que leurs enfants leur soient confiés.
Pas de répit, pas de pitié dans cette enquête, dans laquelle Fadil doit jouer serrer et risque de perdre gros. D'ailleurs, gagnera-t-il vraiment ? A vous de le lire.
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donaldguertin
  11 mai 2019
Dès les premières pages du récit, le lecteur risque d'avoir l'impression que l'auteur n'a pas réussi à mettre en mots ce qu'il a imaginé dans sa tête : personnages plus ou moins bien situés, absence de liens explicites entre les intrigues pour guider le lecteur, immersion dans un univers parfois cru, superposition d'intrigues, etc.
Toutefois, peu à peu, les intrigues émergent du creuset des situations, le contexte visible sur lequel le récit prend de la tangibilité. En fait, l'auteur dépose des pièces du casse-tête et laisse le lecteur les assembler au fil de sa lecture; cela peut paraître une lacune, mais c'est aussi une stratégie intéressante qui maintient l'attention assidue du lecteur.
Malgré cette faiblesse, le récit prend son envol; les situations décrites s'emboîtent; les descriptions à prime abord anodines éclairent le flux du récit. Une écriture soignée. L'audace de traiter des thèmes qui marquent en filigrane la socio-culture de l'Algérie, en fait presque le procès : l'esclavage, l'enlèvement des enfants, la pérégrination, l'immigration, la prostitution, l'exploitation à des fins sexuelles, la corruption, la vengeance, la mixité raciale et culturelle, etc.; des épiphénomènes qui ont déchiré, voire détruit et meurtri l'Algérie. Derrière la fragilité persiste la dignité, même chez le plus humble, le plus exclu de la société.
L'auteur se projette dans ce récit quand, en épilogue, il dresse un portrait sévère de l'exil auquel plusieurs Algériens ont été forcés ou contraints. La migration obligée, l'abandon du pays, la coupure des souvenirs, la perte d'une histoire personnelle « condamnes à vivre au présent ».
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clo73
  04 juin 2019
L'avis de Claudia
J'ai reçu ce roman dans le cadre des Explorateurs du polar Lecteurs.com que je remercie vivement car j'ai passé un TRÈS bon moment de lecture !
Je ne connaissais pas du tout cet auteur et je suis ravie d'avoir pu découvrir son écriture et son univers.
Quelle belle surprise avec ce livre passionnant qui m'a fait voyager...
Ça parle de quoi ?
Entre la découverte de plusieurs corps sans vie, membres de la communauté chinoise installée à Oran et la disparitions d'enfants où il serait question de trafics d'êtres humains, le commissaire Faril enquête sur ces deux affaires très tendues et délicates.
Mais qu'alors, sa fiancée Fatou se fait enlever, la tension est à son paroxysme !
Y aurait-il un lien entre l'enlèvement de Fatou et ces deux enquêtes en cours ?
J'ai été happée de suite par ce récit, l'histoire de ces d'enfants abandonnés et emprisonnés, de ces migrants maltraités et exploités, il m'a été impossible de lâcher cette lecture.
Des sujets fortement bien traités et ce, dans une fiction non loin de la réalité !
Une intrigue habilement construite
Une enquête haletante
Une ambiance glaçante
Une intensité crescendo
m'ont complètement séduites et convaincues !
Un tout petit bémol, pour la fin de l'histoire, elle m'a semblé un peu simpliste mais cela n'enlève en rien la réussite de ce polar.
J'espère que j'aurai prochainement l'occasion de découvrir d'autres romans de cet auteur.
Lien : https://leslecturesdeclaudia..
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
FandolFandol   01 mai 2019
En réalité, ces quartiers ne méritaient vraiment pas le qualificatif de "neuf". Car comme la plupart de ces endroits où les immeubles et les maisons sortaient de terre du jour au lendemain, ils passaient directement de l'état de chantier à celui de délabrement total, sans la moindre transition.
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FandolFandol   01 mai 2019
La circulation était à l'image de ce qui se passait dans ce pays : personne ne respectait le Code de la route de peur de céder la priorité à son prochain. Une preuve de faiblesse dans une ville où on jouait à celui ou celle qui exhibait la bagnole la plus chère, la plus puissante. Un concours de bites perpétuel. Il y régnait un chaos que seuls les habitués savaient négocier. Les novices, eux, y laissaient souvent des ailes froissées ou en ressortaient avec des rétroviseurs qui pendouillaient piteusement, arrachés par des camionneurs dédaigneux, perchés dans leurs cabines. Pourtant plusieurs voitures de flics étaient postées en permanence à la sortie des carrefours. Leurs occupants, plus concentrés sur leur smartphones que sur le bordel quotidien ambiant, semblaient avoir d'autres chats à fouetter.
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FandolFandol   01 mai 2019
La jeunesse "dorée" algérienne aimait les grosses cylindrées, quels que fussent les éléments. Dans les villes, les bagnoles les plus luxueuses feulaient sous les coups d'accélérateur pour impressionner les passants. En mer, les jet-skis slalomaient sans précaution entre les baigneurs pour leur en mettre plein les yeux. Le désert devenait une aire de jeux infinie pour l'élite insouciante.
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FandolFandol   01 mai 2019
L'opinion publique paumée avait fini par tout délégitimer : l'école, l'État, le droit. Seule l'autorité religieuse semblait prédominer et ne souffrir ni concurrence ni suspicion. Elle avait doucement investi la sphère publique pour devenir incontournable.
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FandolFandol   01 mai 2019
À l'époque, longtemps après l'indépendance, l'Algérie se reposait toujours le dimanche. Aujourd'hui le week-end, c'est jeudi et vendredi. Mais le samedi restait un jour particulier où l'activité était ralentie. Ce jour demeurait une sorte de prolongement de la fin de semaine officielle, histoire de rester en phase économique avec l'autre rive de la Méditerranée. Le week-end de trois jours était né.
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