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Jacques Van den Heuvel (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070359948
Éditeur : Gallimard (08/01/2009)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Abbeville, 1765. Le chevalier de La Barre est accusé d'avoir profané une statue du Christ. Victime d'un règlement de comptes, condamné sans preuves et au mépris de la loi, le jeune homme est torturé, décapité et brûlé avec, entre les mains, un livre interdit, le Dictionnaire philosophique d'un certain Voltaire... Directement mis en cause dans cette affaire, Voltaire s'insurge et utilise sa meilleure arme pour dénoncer l'injustice : sa plume.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
BazaR
  13 août 2015
Ce petit livre me permet d'appréhender Voltaire quand il enfile un nouveau costume assez tard dans sa vie, celui de redresseur de torts.
Deux affaires sont traitées. Tout d'abord l'affaire Lally. Lieutenant général des comptoirs de l'Inde pendant la guerre de Sept Ans, il dut capituler face aux Anglais. S'étant fait de nombreux ennemis à Pondichéry, il fut accusé de nombreux forfaits. Bien qu'à l'abri en Angleterre, Lally décida de venir se défendre en France. Il fut embastillé, condamné et décapité.
Pire est le cas du chevalier de la Barre. Accusé avec deux de ses amis de n'avoir pas salué une procession et d'avoir profané une statue du Christ à Abbeville, il fut supplicié, condamné, décapité et son corps jeté au bûcher (avec un exemplaire du Dictionnaire Philosophique de Voltaire pour que les flammes soient plus belles).
Voltaire entend parler de ces affaires et se démène par lettres et essais interposés pour démonter l'instruction à charge et obtenir la réhabilitation de ces hommes.
Si je n'écoutais que la douce voix du Cartésien toujours à l'affut en moi, je penserais qu'il n'est pas possible de juger cette affaire car nous n'en entendons qu'un son de cloche, celui de la Défense. Cependant je vais me laisser aller à la partialité et m'insurger comme Voltaire sur les méthodes iniques de l'accusation.
Il est clair que Lally sert avant tout de bouc émissaire pour la perte des Indes. Il faut un coupable. le lieutenant général, largement détesté à Pondichéry, en est un idéal.
Le cas de la Barre est encore plus révoltant. Non seulement l'un de ses ennemis se trouve parmi ses juges, mais encore l'accusation, s'appuyant sur les méthodes éprouvées du tribunal ecclésiastique, aligne les arguments qui feraient rire de nos jours mais qui à l'époque conduisaient à la mort. Les monitoires amènent des individus peu crédibles à venir déposer des rumeurs (« le sieur Alinet dépose avoir ouï dire qu'un nommé Bauvalet avait dit que le sieur d'Étallonde avait dit qu'il avait trouvé… »). La condamnation à avoir la langue tranchée, être pendu puis jeté au feu, est hors de proportion avec le sujet d'accusation : ne pas avoir salué une procession. Voltaire le répète, en aucun endroit sur Terre, en Russie ou chez les Algonquins, on ne condamne aussi durement alors que la condamnation n'est obtenue que par quelques voix d'avance sur l'acquittement.
C'est une désagréable surprise pour moi, qui ne connaît pas très bien ce 18ème siècle, de constater combien l'arbitraire religieux a encore de pouvoir. Mais c'est aussi la confirmation que les Lumières sont bien allumées. Par son action quasi-journalistique et sa ténacité, Voltaire refuse cet arbitraire, le combat, et gagne au final la réhabilitation posthume des condamnés. Il nous montre la voie : il ne faut pas faire une confiance aveugle à la justice d'état, surtout lorsqu'elle est dirigée par la religion. Il faut la contrebalancer par un autre pouvoir, celui de la presse par exemple.
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chartel
  31 octobre 2009
Après l'affaire Calas, Voltaire doit encore affûter sa plume pour combattre l'intolérance, pour un procès qui, indirectement, le concernait. le chevalier de la Barre qui fut supplicié à l'âge de dix-neuf ans pour ne pas avoir salué une procession possédait, en effet, un exemplaire du "Dictionnaire philosophique".
Voltaire use, dans cette affaire, d'un argument qui pourrait intéresser particulièrement les juristes sarkosistes qui s'acharnent à vouloir mettre sur un même plan les auteurs de délits, qu'ils soient de jeunes pré-adolescents impubères ou de vieux bougres cinquantenaires endurcis. Car pour le jeune chevalier, les juges ne tinrent aucun compte de l'âge de l'accusé.
Bien d'autres arguments nourrissent ce pamphlet contre une justice expéditive, partisane et intolérante. Une bonne lecture pour nous rappeler ce qui a pu changer en bien dans nos systèmes judiciaire et politique, mais aussi dans ce qui n'a pas changé, plus de deux-cents ans plus tard : le plaisir de nuire, l'abus de pouvoir, l'intolérance, l'absurdité, la vanité…
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soleil
  24 juillet 2017
Quand un jeune homme, le chevalier de la Barre, est supplicié sous de faux prétextes et pour des actes qui légalement ne méritent pas le sort qui lui est fait, Voltaire prend la plume. Il veut combattre la vindicte populaire, les signes d'une vengeance personnelle au mépris de la loi. Voici donc un dizaine de lettres adressées à M. le comte de Rochefort, à M. d'Etallonde Morival et au roi Frédéric II de Prusse notamment pour dénoncer l'abjecte décision prise à l'égard du chevalier de 19 ans.
Si bien évidemment je n'ai rien à dire sur l'écriture de Voltaire, je regrette toutefois que ces écrits n'aient pas été plus nombreux ou avec des réponses en retour. le format très bref de ces écrits ne rend pas assez compte, à mon avis, du ressenti de Voltaire et par ailleurs je n'ai pas réussi à être touchée par la colère ou l'émoi qu'a dû ressentir l'auteur.
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cvd64
  29 juin 2012
quand la vindicte populaire l'emporte sur la raison
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
BazaRBazaR   12 août 2015
Il faut avouer, monsieur, que s'il y a quelques cas où un monitoire(*) est nécessaire, il y en a beaucoup d'autres où il est très dangereux. Il invite les gens de la lie du peuple à porter des accusations contre les personnes élevées au-dessus d'eux, dont ils sont toujours jaloux. C'est alors un ordre intimé par l’Église de faire le métier infâme de délateur. Vous êtes menacé de l'enfer si vous ne mettez pas votre prochain en péril de sa vie.

("L'affaire du Chevalier de La Barre")

(*) monitoire (cf. Larousse): avertissement public de l'autorité judiciaire ecclésiastique demandant, sous menace de peines canoniques, de lui faire connaître tout ce que l'on pourrait savoir à propos d'un délit.
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BazaRBazaR   10 août 2015
On faisait un crime à Lally de ne s'être pas emparé de ce poste, nommé Chétoupet, avant d'aller à Madras. Tous les maréchaux de France assemblés auraient bien eu de la peine à décider de si loin si on devait assiéger Chétoupet ou non : et on portait cette question à la grand'chambre ! Les accusations étaient si multipliées, qu'il n'était pas possible que, parmi tant de noms indiens, un juge de Paris ne prît souvent une ville pour un homme, et un homme pour une ville.

("L'Affaire Lally")
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BazaRBazaR   10 août 2015
Ce procès était si compliqué, il fallait faire venir tant de témoins, que le prisonnier resta quinze mois à la Bastille, sans être interrogé, et sans savoir devant quel tribunal il devait répondre. C'est là, disaient quelques jurisconsultes, le triste destin des citoyens d'un royaume célèbre par les armes et par les arts, mais qui manque encore de bonnes lois, ou plutôt chez qui les sages lois anciennes sont quelquefois oubliées.

("l'affaire Lally")
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BazaRBazaR   11 août 2015
Quelques autres juges et lui étaient persuadés de la nécessité des supplices dans les affaires les plus graciables ; on eût dit que c'était un plaisir pour eux. Leur maxime était qu'il faut toujours en croire les délateurs plus que les accusés ; et que s'il suffisait de nier, il n'y aurait jamais de coupables. Ils oubliaient cette réponse de l'empereur Julien le philosophe... : " S'il suffisait d'accuser, il n'y aurait jamais d'innocents."

("L'affaire Lally")
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BazaRBazaR   13 août 2015
Les atrocités qui ne se passent point sous nos yeux ne nous touchent guère.
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