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Jacques Darras (Traducteur)
ISBN : 2246404819
Éditeur : Grasset (01/06/1989)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 226 notes)
Résumé :
Walt Whitman, l'homme de l'espace américain, l'homme du surgissement, du déferlement vocal, du souffle porté à sa plus vaste amplitude, cet homme-là se dresse à jamais avec ses cris, ses rages, ses ferveurs. Tant d'énergie brute, tant de puissante naïveté, tant d'intuitions sonores ne cessent d'activer le cœur, d'exalter le corps. C'est la chance d'un bain de houle, avec en plus cette joie singulière, hérétique en poésie, de voguer gaillardement sur de bons sentimen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  19 avril 2014
Vous connaissez ce poète américain, j'en suis presque sûre. "Le Cercle des poètes disparus", ça vous parle ? Que répétait le professeur Keating ? "Ô Capitaine, mon Capitaine !" Eh bien voilà, nous y sommes ! Il s'agissait d'un poème de Whitman dédié à Abraham Lincoln.

Dans ce recueil, cet écrivain du XIXe siècle va surprendre par les thèmes traités. En effet, là où il était bon de faire dans le romantique, le symbolique, le métaphorique, le spirituel, bref, tout ce qui définissait un poème dans la norme, Whitman va s'attaquer au moins noble, au moins pur : le quotidien, le matériel, la chair... le style est plutôt vindicatif. On sent qu'il veut révolutionner la poésie "pompeuse" pour en faire quelque chose de plus moderne. D'entrée de jeu, le ton est donné dans ce petit texte intitulé "Mon Legs" :


A vous, qui que vous soyez, (en baignant de mon
souffle cette feuille-ci, pour qu'elle lève — en la
pressant un moment de mes mains vivantes ;
— Tenez ! sentez à mes poignets comme bat mon

pouls ! comme le sang de mon coeur se gonfle et
se contracte !) Je vous lègue, en tout et pour tout. Moi-même, avec
promesse de ne vous abandonner jamais,
En foi de quoi je signe mon nom.


Provocateur, il précise dans sa "Chanson de l'Universel" :



Viens, me dit la Muse
Chante-moi un chant qu'aucun poète ne m'a encore chanté,
Chante-moi l'universel.
Au coeur de cette vaste terre
Au fond même des grossièretés et des scories
sûrement enseveli dans son coeur,
germe le grain de la perfection.



J'ai découvert très récemment ce poète et j'avoue que ce côté rebelle m'a plu.

Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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zaphod
  02 février 2015
(Garder l'Encre - 9)

Il m'a fallu tellement longtemps pour atteindre ce premier degré sur l'échelle de la sagesse (qui en compte un nombre infini): ne plus m'estimer en fonction de l'opinion des autres, qu'ils soient parents, amis, professeurs, patron ou compagne, ne chercher qu'en moi-même la justification de mes actions et opinions, être mon propre juge moral; alors une rechute me fait toujours de la peine.
Et si je suis honnête, il me faut bien avouer que j'ai décidé de lire Leaves of Grass en partie au moins pour impressionner Zoé. L'idée de m'asseoir à sa table au Garder L'Encre et de sortir négligemment ce bouquin fameux (en VO s'il vous plaît) m'excitait. Je savais qu'elle ne l'avait pas lu, et ce serait bien la première fois que j'échapperais à ce petit regard humide, souriant et chaleureux, mais un brin condescendant qui veut dire "Ah, je suis heureuse que tu aies enfin découvert ce bijou que j'ai lu il y a longtemps, j'envie ton plaisir de le lire pour la première fois".

Et puis, il y a autre chose. Si vous recherchez Walt Whitman sur Internet, vous trouverez une photo de lui assez âgé, avec une barbe blanche hirsute, des sourcils et des cheveux du même acabit, vêtu d'un manteau chaud et coiffé d'un chapeau mi-western mi-randonneur mi-magicien (oui je sais ça fait trois demis), le pourtour des yeux ridé mais le regard clair et bon et serein et profond; et en regardant cette photo, je me suis dit: j'aime ce type. Et puis cette photo me faisait aussi penser à Gandalf, et je me suis demandé: si Gandalf avait écrit de la poésie au lieu de passer son temps dans les complots et les guerres, qu'est-ce que ça aurait donné?
C'est idiot, mais curieusement, cette impression ne m'a pas quitté à la lecture de ce livre. Il y a bien quelque chose de magique dans ces vers, des sortes d'incantation hypnotiques, chamaniques presque, qui m'ont vraiment capturé l'esprit, et me rendaient pénible le retour à la réalité.

Je suis donc entré au Garder l'Encre vendredi vers 19 heures, un petit sourire aux lèvres et mon Walt Whitman sous le bras.
Mais tout ne s'est pas passé comme je l'imaginais.
Pat-le-Flamand était déjà -comme on dit, bien entamé. D'après Roger, il était en train d'écluser des Chimay depuis midi. Il n'avait plus de discours cohérent, et même sa prononciation laissait pour le moins à désirer.

- Hhmmffff chhhh Z't Ptnnnnnn dhgrrr salope!

Ce genre de phrases, c'est tout ce qu'on pouvait tirer de lui au début.
C'est pour vous dire qu'il nous a fallu énormément de patience et de litres de café, à Zoé, Louis et moi, pour lui soutirer son histoire, et apprendre comment il a enfin tenté la conquête de sa directrice (je vous rappelle qu'il était depuis longtemps éperdument amoureux d'elle), et a échoué lamentablement.
J'avais promis de vous raconter cet évènement s'il se produisait; et bien voici ce que j'ai cru en comprendre.

Quand il s'est levé ce matin-là, quelque chose dans l'air de sa chambre, peut-être des effluves de croûtes de pizza refroidie, a dit à Pat-le-Flamand que le grand jour était enfin arrivé.
Mais il a compris aussi qu'il fallait qu'il se donne un peu de courage.
Il s'est versé un whisky, et un whisky en entraînant un autre, et le second en entraînant un troisième, et ainsi de suite jusqu'au fond de la bouteille, il a enfin senti que rien ni personne, ni même Chantal (c'est le prénom de la directrice) ne pouvait lui résister.

Il a donc enfourché son vélo (enfin, disons que lors des deux premières tentatives c'est plutôt le vélo qui l'a enfourché), et est arrivé par miracle et par des chemins détournés en un seul morceau devant la petite fabrique de moutarde.
Il a passé la grille, a pris l'ascenseur jusqu'au quatrième, l'étage de la direction, a traversé le couloir jusqu'à la porte de Chantal, qu'il a ouverte sans frapper.
A ce moment, il s'est aperçu qu'il tenant toujours son vélo à la main. En quelque sorte, le vélo et lui se supportaient l'un l'autre.

- Patrick! Qu'est-ce que vous voulez encore?

- Chhhhhhtalll, jnnn pppppe ppppplll. jtmmmmmmh! Jmmmm ton cul!

- Quoi? Qu'est-ce que vous racontez? Vous avez encore goûté une nouvelle recette de votre invention ou quoi? Je vous avais prévenu de ne plus tenter ce genre d'expérience.

- Chhhtlll, jtmmmmmmh, fzzzz lmrrr. Lssssmwa brsssrrr tes seins!

Et là, Pat a lâché son vélo, et s'est jeté sur Chatal, qui a juste eu le temps de s'écarter, et il s'est effondré par terre.
Cela n'a pas découragé Pat, qui s'imaginant presque parvenu à ses fins, s'est mis à se déshabiller en se tortillant au sol.
Chantal, se souvenant sans doute d'une série vue à la télé, a appuyé sur l'interrupteur de sa lampe de bureau comme si c'était un interphone, en criant "Sécurité! Dans mon bureau immédiatement! Un fou furieux à maîtriser!". Puis réalisant que que la petite entreprise familiale ne disposait pas de service de sécurité, elle a tenté de contourner Pat toujours aux prises avec ses vêtements pour s'échapper dans le couloir.

Voyant son bonheur s'échapper, Pat a réussi à saisir au passage la cheville de Chantal, et s'y est accroché de toutes ses forces, en la couvrant de baisers.
Les hurlements de Chantal ont bientôt attiré d'autres collaborateurs, qui ont eu toutes les peines possibles a dégager sa cheville de l'étreinte de Pat.

Aussitôt libre, elle s'est mise à hurler: "Sortez-moi ce connard d'ici! Si vous approchez encore de moi, j'appelle la police!".

- "Mais chérie, je t'aimeuh, je ne suis rien sans toi!" dit Pat, qui commençait seulement à dessaouler, mais Chantal resta sourde à ses supplications.

Voilà.
Après avoir entendu l'histoire de Pat, on lui a demandé ce qu'il comptait faire.

- Bah, j'ai plus de boulot, la femme de ma vie ne veut pas de moi, et j'ai abandonné mon vélo à l'usine. Je crois que je n'ai plus rien à faire ici. Je vais retourner en Flandre.

(Zoé) Quoi! En Flandre?!

(Louis) Quoi! En Flandre?!

(moi) Quoi! En Flandre?! Pauvre vieux!

Et je crois bien que c'est la dernière fois que nous verrons Pat-le-Flamand au Garder l'Encre.

Tout ça me donne envie de citer ces vers tirés de la fin de Leaves of Grass:

"Good-bye my Fancy!
Farewell dear mate, dear love!
I'm going away, I know not where,
Or to what fortune, or whether I may ever see you again,
So Good-bye my Fancy"

(A suivre)
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vincentf
  21 mars 2011
Longue lecture, des mois dans l'âme d'un homme, qui est plus qu'un homme, qui est l'univers, qui est l'Amérique, écrivant l'épopée de ce pays neuf, immense, infini. La poésie de Whitman est heureuse, et c'est ce qui déconcerte. le poète n'est pas maudit, il est béni. Et il bénit. Il bénit le monde, dans de longues listes qui donnent, brut, le réel au lecteur. Il chante la vie sous ses formes multiples, universelles, immuables et changeantes. Il célèbre la guerre et la paix, l'homme, la femme, le corps, la pensée, Walt Whitman, la démocratie. Il ennuie un peu, car son invention est sans adieu, elle se développe sans cesse, et le temps qui tue est le seul point final du déroulement perpétuel de la poésie totale. Plus personne ne place si haut la poésie, qui est devenue une langue morte.
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Herve-Lionel
  19 décembre 2015
Je crois que c'est Saint Augustin qui demandait qu'on se méfiât de l'homme d'un seul livre. Walt Witman fut pourtant cet homme puisque son recueil de poèmes « Feuilles d'herbe »[Leaves of grass), même s'il ne fut pas son oeuvre unique [Il est moins connu pour Good by my Fancy, Spécimen Days and Collecte...], il reste qu'il est surtout célèbre pour ce recueil de textes souvent remaniés et réédité neuf fois de son vivant, parfois sans l'aide d'un éditeur. On ne sait d'ailleurs pas s'il s'agit de prose ou de poésie, tant sa prosodie emprunte la forme nouvelle pour son époque du vers libre, pourtant le film « Le cercle des poètes disparus » de Peter Weir [1989] a remis à l'honneur un de ses poèmes, écrit à la suite de l'assassinat d'Abraham Lincoln [Oh capitaine, mon capitaine]. Son style est à la fois baroque et les grandes envolées lyriques voisinent avec des banalités étonnantes et quotidiennes. Son écriture passe sans grandes transitions de phrases prétentieuses voire pédantes, à l'usage de mots argotiques, abstraits, voire des néologismes ou des mots créés à partir de langues étrangères ou d'onomatopées, pour repartir en évocations mystiques, usant d'une langue faite d'éléments hétéroclites donnant au lecteur une impression mitigée, déconcertante même, sans réelle différence entre la langue parlée et la langue écrite. C'est un peu comme si l'auteur se sentait grisé par les mots et leur musique. On a voulu en faire le précurseur des symbolistes en ce qu'il a voulu exprimer l'inexprimable puisqu'existe dans sa créativité des correspondances entre le monde matériel et spirituel. On a même été jusqu'à voir en lui l'annonciateur des surréalistes. C'est dire l'importance de cet écrivain qui ne laisse personne indifférent.
On a beaucoup parlé de Witman, et il est vrai qu'il s'agit d'un grand poète américain, autodidacte et humaniste. L'expression peut d'ailleurs surprendre chez un peuple traditionnellement plus attaché à la recherche du profit et à la réussite sociale qu'à la culture et qu'à la poésie dont on sait qu'elles ne rapportent rien ou pas grand chose, mais c'est ainsi! Ce fils de fermier de Long Island s'est très tôt tourné vers l'écriture, comme journaliste d'abord, comme homme de Lettres ensuite. Il reste un écrivain spécifiquement américain qui croit en l'homme, en ses capacités de construire l'avenir dans le respect de la démocratie et la foi dans le bonheur sur terre et l'égalité entre hommes et femmes. Il était en cela tout à fait en phase avec son temps, mais aussi un précurseur notoire.
C'est vrai qu'il a été un auteur controversé, mais il a évoqué l'humanité toute entière, ce qui a fait de lui un poète universel. Il a été un être complexe, comme nous le sommes tous, à la fois poète de la terre, du peuple, célébrant les valeurs physiques, celles du travail, de la vie au grand air et volontairement oublieux des barrières sociales, mais étonnamment moderne et intellectuel. Pour autant son écriture trahit un être angoissé, désespéré parfois ou bizarrement optimiste, mais sans la souffrance et le mélange de sentiments que seule nous inspire la vie, il n'y a pas de création artistique, d'autant que son existence ne fut pas exempte de passions tumultueuses [on a même évoqué l'homosexualité] dont il parla.
En cela, Witman était un être humain, avec ses passions, ses contradiction, ses doutes, ses espoirs et ses découragements. Il fut à la fois un écrivain mythique et mystique en ce sens qu'il parla de la vie sous toute ses formes, évoqua Dieu, source de toute création mais aussi force qui donne l'impulsion à toute l'humanité. Pourtant il n'était pas chrétien, mais célébra l'âme comme intimement liée au corps, aux sens. Il fut un visionnaire, chantre de la liberté et de l'égalité entre les hommes, désireux de voir d'avènement de « l'homme moderne »mais étonnamment individualiste, voire anarchiste parfois, un romantique et un prophète aussi!
Un poète disparu et injustement oublié!
© Hervé GAUTIER - Décembre 2007.
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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rabanne
  31 décembre 2015
Je prends la "voix" du célèbre Walt Whitman en cette veille de nouvel an pour vous clamer : "seize the day" !...
Que 2016 vous soit douce, légère, enrichissante, fructueuse. Et puisse la paix habiter le Coeur de chacun.
Bonne année à venir donc, riche en lecture(s) !!!
Amicalement vôtre et à bientôt,
Anne.
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Citations et extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
micaravatimicaravati   16 février 2014
O Moi ! O la vie !

O moi ! O la vie ! Les questions sur ces sujets qui me hantent,
Les cortèges sans fin d'incroyants, les villes peuplées de sots,
Moi-même qui constamment me fais des reproches, (car qui est plus sot que moi et qui plus incroyant ?)
Les yeux qui vainement réclament la lumière, les buts méprisables, la lutte sans cesse recommencée,
Les pitoyables résultats de tout cela, les foules harassées et sordides que je vois autour de moi,
Les années vides et inutiles de la vie des autres, des autres à qui je suis indissolublement lié,
La question, O moi ! si triste et qui me hante - qu'y a-t-il de bon dans tout cela, O moi, O la vie ?

Réponse:
Que tu es ici - que la vie existe et l'identité,
Que le puissant spectacle se poursuit et que tu peux y apporter tes vers.

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gigi55gigi55   22 juillet 2011
En anglais :
Captain! my Captain! our fearful trip is done;
The ship has weather’d every rack, the prize we sought is won;
The port is near, the bells I hear, the people all exulting,
While follow eyes the steady keel, the vessel grim and daring:
But O heart! heart! heart!
O the bleeding drops of red,
Where on the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.


O Captain! my Captain! rise up and hear the bells;
Rise up—for you the flag is flung—for you the bugle trills;
For you bouquets and ribbon’d wreaths—for you the shores a-crowding;
For you they call, the swaying mass, their eager faces turning;
Here Captain! dear father!
This arm beneath your head;
It is some dream that on the deck,
You’ve fallen cold and dead.

My Captain does not answer, his lips are pale and still;
My father does not feel my arm, he has no pulse nor will;
The ship is anchor’d safe and sound, its voyage closed and done;
From fearful trip, the victor ship, comes in with object won;
Exult, O shores, and ring, O bells!
But I, with mournful tread,
Walk the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.

En français :
O Capitaine! mon Capitaine! fini notre effrayant voyage,
Le bateau a tous écueils franchis, le prix que nous quêtions est gagné,
Proche est le port, j'entends les cloches, tout le monde qui exulte,
En suivant des yeux la ferme carène, l'audacieux et farouche navire ;
Mais ô cœur! Cœur! Cœur!
Oh ! Les gouttes rouges qui lentement tombent
Sur le pont où gît mon Capitaine,
Etendu mort et glacé.

O Capitaine! mon Capitaine! lève-toi et entends les cloches!
Lève-toi - c'est pour toi le drapeau hissé - pour toi le clairon vibrant,
Pour toi bouquets et couronnes enrubannés - pour toi les rives noires de monde,
Toi qu'appelle leur masse mouvante aux faces ardentes tournées vers toi;
Tiens, Capitaine! père chéri!
Je passe mon bras sous ta tête!
C'est quelque rêve que sur le pont,
Tu es étendu mort et glacé.

Mon Capitaine ne répond pas, pâles et immobiles sont ses lèvres,
Mon père ne sent pas mon bras, il n'a ni pulsation ni vouloir,
Le bateau sain et sauf est à l'ancre, sa traversée conclue et finie,
De l'effrayant voyage le bateau rentre vainqueur, but gagné;
O rives, Exultez, et sonnez, ô cloches !
Mais moi d'un pas accablé,
Je foule le pont où gît mon Capitaine,
Etendu mort et glacé.
+ Lire la suite
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patrick75patrick75   05 novembre 2014
M'embarquer à la mer !
Je veux tellement quitter ce sol insupportable,
Tellement quitter l'usante monotonie des rues, des maisons, des trottoirs,
Tellement te quitter terre compactement immuable, oui monter à bord d'un vaisseau,
Lever l'ancre, mettre à la voile, à la voile !

Je veux que désormais la vie soit un grand chant de joie !
Je veux danser, battre des mains, exulter et crier, sauter, bondir en l'air,
me rouler par terre, surtout flotter, flotter !
Car je serai marin du monde partant pour tous les ports
Car je serai bateau ( avez-vous vu mes voiles, déployées au soleil et à l'air ?)
Navire vif cales gonflées d'une précieuse cargaison de paroles et de joie.
+ Lire la suite
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vincentfvincentf   04 novembre 2010
Quand j'eus entendu parler le savant astronome,
Quand les preuves, les calculs, furent alignés en colonnes devant moi,
Quand on m'eut montré les graphiques, les diagrammes, pour les additions, divisions et autres mesures,
Quand de mon banc j'eus entendu le savant astronome finir sa conférence sous les applaudissements de l'auditoire,
J'éprouvai tout à coup inexplicablement une nausée, une lassitude,
Et m'éclipsant sans bruit m'en allai dehors tout seul,
Dans l'air de la nuit humide et mystérieux, et de temps à autre,
Levai les yeux dans un silence total en direction des étoiles.
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   28 mai 2016
CES VERS QUE JE CHANTE AU PRINTEMPS


 N'étais-je pas seul ? non, voici que m'entoure une troupe
 À ma droite les uns, d'autres derrière, puis on me prend les
bras, le cou,
 C'est une foule de plus en plus dense, moi au milieu d'eux
les esprits de mes amis vivants ou morts,
 Et voici qu'en ces lieux écartés je cueille, je donne à la
ronde, je chante,
 Prends pour cadeau la première chose venue que je lance
au premier voisin venu,
 Tiens, ce lilas, avec une branche de pin,
 Tiens, cette mousse, au fond de ma poche, cueillie par mes
propres soins à un chêne vert de Virginie d'où elle pendait en
traîne,
 Tiens, ces œillets, ce laurier, cette poignée de sauge,
 Et ces floraisons d'eau arrachées à fond de gué de l'étang
  (Lieu de notre ultime rencontre à moi et mon ami tendre,
qui est revenu pour ne plus me quitter,
 C'est pourquoi cette tige de jonc, ce calame, ce calumet,
oh ! je le veux dorénavant, sera l'emblème des camarades,
 Jeunes gens faites-en circulation entre vous, ne souffrez
pas qu'on vous le rende !)
 Et ces baguettes de bouleau, ce bouquet de châtaignes,
d'oranges sauvages,
 Ces tiges de groseillier, ces fleurs de prunier, ce cèdre aro-
matique.
 Et moi, toujours allant aux bras d'une nuée pressante de
fantômes,
 Touche ici, montre du doigt là, lance mollement au loin
fleurs ou fruits,
 Disant et donnant à chacun son dû ;
 Bien que me réservant le fruit de ma cueillette aux rives de
l'étang
 Dont je ne ferai jamais don qu'aux amants dont le pouvoir
d'amour égale le mien.

p.146-147
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Vidéo de Walt Whitman
Walt Whitman – Feuilles d'herbe
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