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Jacques Darras (Traducteur)
EAN : 9782246404811
246 pages
Grasset (01/06/1989)
4.11/5   279 notes
Résumé :
Walt Whitman, l'homme de l'espace américain, l'homme du surgissement, du déferlement vocal, du souffle porté à sa plus vaste amplitude, cet homme-là se dresse à jamais avec ses cris, ses rages, ses ferveurs. Tant d'énergie brute, tant de puissante naïveté, tant d'intuitions sonores ne cessent d'activer le cœur, d'exalter le corps. C'est la chance d'un bain de houle, avec en plus cette joie singulière, hérétique en poésie, de voguer gaillardement sur de bons sentimen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
4,11

sur 279 notes
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LydiaB
  19 avril 2014
Vous connaissez ce poète américain, j'en suis presque sûre. "Le Cercle des poètes disparus", ça vous parle ? Que répétait le professeur Keating ? "Ô Capitaine, mon Capitaine !" Eh bien voilà, nous y sommes ! Il s'agissait d'un poème de Whitman dédié à Abraham Lincoln.

Dans ce recueil, cet écrivain du XIXe siècle va surprendre par les thèmes traités. En effet, là où il était bon de faire dans le romantique, le symbolique, le métaphorique, le spirituel, bref, tout ce qui définissait un poème dans la norme, Whitman va s'attaquer au moins noble, au moins pur : le quotidien, le matériel, la chair... le style est plutôt vindicatif. On sent qu'il veut révolutionner la poésie "pompeuse" pour en faire quelque chose de plus moderne. D'entrée de jeu, le ton est donné dans ce petit texte intitulé "Mon Legs" :


A vous, qui que vous soyez, (en baignant de mon
souffle cette feuille-ci, pour qu'elle lève — en la
pressant un moment de mes mains vivantes ;
— Tenez ! sentez à mes poignets comme bat mon

pouls ! comme le sang de mon coeur se gonfle et
se contracte !) Je vous lègue, en tout et pour tout. Moi-même, avec
promesse de ne vous abandonner jamais,
En foi de quoi je signe mon nom.


Provocateur, il précise dans sa "Chanson de l'Universel" :



Viens, me dit la Muse
Chante-moi un chant qu'aucun poète ne m'a encore chanté,
Chante-moi l'universel.
Au coeur de cette vaste terre
Au fond même des grossièretés et des scories
sûrement enseveli dans son coeur,
germe le grain de la perfection.



J'ai découvert très récemment ce poète et j'avoue que ce côté rebelle m'a plu.

Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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deuxmotspassant
  31 octobre 2019
Je découvre Walt Whitman, poète américain. En 1855, il écrit et imprime lui-même « Feuilles d'herbe », un recueil de poèmes qui reste inaperçu dans un premier temps puis s'élève au rang d'écrit de grande influence grâce à Malcolm Cawley.
La poésie de Walt Whitman est considérée par sa modernité, sa clarté, son authenticité. Elle sera reconnue sur la même lignée que celle des plus grands tels que Homère ou encore Shakespeare.
L'auteur sait provoquer, emporter, prendre par le bras et transmettre par son écriture réaliste très terre à terre l'expression de bons sentiments.
Sa vision du monde est admirablement optimiste et joyeuse.
Sa poésie est différente de celle de nos auteurs français, elle respire la nature, le naturel, les feuilles d'herbe
Une belle découverte.
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vincentf
  21 mars 2011
Longue lecture, des mois dans l'âme d'un homme, qui est plus qu'un homme, qui est l'univers, qui est l'Amérique, écrivant l'épopée de ce pays neuf, immense, infini. La poésie de Whitman est heureuse, et c'est ce qui déconcerte. le poète n'est pas maudit, il est béni. Et il bénit. Il bénit le monde, dans de longues listes qui donnent, brut, le réel au lecteur. Il chante la vie sous ses formes multiples, universelles, immuables et changeantes. Il célèbre la guerre et la paix, l'homme, la femme, le corps, la pensée, Walt Whitman, la démocratie. Il ennuie un peu, car son invention est sans adieu, elle se développe sans cesse, et le temps qui tue est le seul point final du déroulement perpétuel de la poésie totale. Plus personne ne place si haut la poésie, qui est devenue une langue morte.
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Herve-Lionel
  19 décembre 2015
Je crois que c'est Saint Augustin qui demandait qu'on se méfiât de l'homme d'un seul livre. Walt Witman fut pourtant cet homme puisque son recueil de poèmes « Feuilles d'herbe »[Leaves of grass), même s'il ne fut pas son oeuvre unique [Il est moins connu pour Good by my Fancy, Spécimen Days and Collecte...], il reste qu'il est surtout célèbre pour ce recueil de textes souvent remaniés et réédité neuf fois de son vivant, parfois sans l'aide d'un éditeur. On ne sait d'ailleurs pas s'il s'agit de prose ou de poésie, tant sa prosodie emprunte la forme nouvelle pour son époque du vers libre, pourtant le film « Le cercle des poètes disparus » de Peter Weir [1989] a remis à l'honneur un de ses poèmes, écrit à la suite de l'assassinat d'Abraham Lincoln [Oh capitaine, mon capitaine]. Son style est à la fois baroque et les grandes envolées lyriques voisinent avec des banalités étonnantes et quotidiennes. Son écriture passe sans grandes transitions de phrases prétentieuses voire pédantes, à l'usage de mots argotiques, abstraits, voire des néologismes ou des mots créés à partir de langues étrangères ou d'onomatopées, pour repartir en évocations mystiques, usant d'une langue faite d'éléments hétéroclites donnant au lecteur une impression mitigée, déconcertante même, sans réelle différence entre la langue parlée et la langue écrite. C'est un peu comme si l'auteur se sentait grisé par les mots et leur musique. On a voulu en faire le précurseur des symbolistes en ce qu'il a voulu exprimer l'inexprimable puisqu'existe dans sa créativité des correspondances entre le monde matériel et spirituel. On a même été jusqu'à voir en lui l'annonciateur des surréalistes. C'est dire l'importance de cet écrivain qui ne laisse personne indifférent.
On a beaucoup parlé de Witman, et il est vrai qu'il s'agit d'un grand poète américain, autodidacte et humaniste. L'expression peut d'ailleurs surprendre chez un peuple traditionnellement plus attaché à la recherche du profit et à la réussite sociale qu'à la culture et qu'à la poésie dont on sait qu'elles ne rapportent rien ou pas grand chose, mais c'est ainsi! Ce fils de fermier de Long Island s'est très tôt tourné vers l'écriture, comme journaliste d'abord, comme homme de Lettres ensuite. Il reste un écrivain spécifiquement américain qui croit en l'homme, en ses capacités de construire l'avenir dans le respect de la démocratie et la foi dans le bonheur sur terre et l'égalité entre hommes et femmes. Il était en cela tout à fait en phase avec son temps, mais aussi un précurseur notoire.
C'est vrai qu'il a été un auteur controversé, mais il a évoqué l'humanité toute entière, ce qui a fait de lui un poète universel. Il a été un être complexe, comme nous le sommes tous, à la fois poète de la terre, du peuple, célébrant les valeurs physiques, celles du travail, de la vie au grand air et volontairement oublieux des barrières sociales, mais étonnamment moderne et intellectuel. Pour autant son écriture trahit un être angoissé, désespéré parfois ou bizarrement optimiste, mais sans la souffrance et le mélange de sentiments que seule nous inspire la vie, il n'y a pas de création artistique, d'autant que son existence ne fut pas exempte de passions tumultueuses [on a même évoqué l'homosexualité] dont il parla.
En cela, Witman était un être humain, avec ses passions, ses contradiction, ses doutes, ses espoirs et ses découragements. Il fut à la fois un écrivain mythique et mystique en ce sens qu'il parla de la vie sous toute ses formes, évoqua Dieu, source de toute création mais aussi force qui donne l'impulsion à toute l'humanité. Pourtant il n'était pas chrétien, mais célébra l'âme comme intimement liée au corps, aux sens. Il fut un visionnaire, chantre de la liberté et de l'égalité entre les hommes, désireux de voir d'avènement de « l'homme moderne »mais étonnamment individualiste, voire anarchiste parfois, un romantique et un prophète aussi!
Un poète disparu et injustement oublié!
© Hervé GAUTIER - Décembre 2007.
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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HenryWar
  27 août 2021
La collection « Les cahiers rouges » de chez Grasset est assez honorable, je trouve, et elle m'a rarement déçu (« jamais », même, à mon souvenir, mais je reste prudent) : c'est qu'elle inclut des textes datés d'une certaine époque où l'éditeur, renommé alors pour ses sélections, ne voulait pas faillir, et où il ne tirait pas avantage d'une réputation depuis longtemps usurpée.
Comme je l'ai déjà exprimé ailleurs, je demeure sceptique quant à lire des traductions d'oeuvres poétiques étrangères : il ne fait aucun doute que la musicalité s'abîme ou du moins s'altère, sans parler de la façon dont les figures s'atténuent en passant dans une autre langue ; et pourtant – suis-je paresseux ? – l'effort qu'il me faudrait accomplir pour lire en version originale et quelle que soit la langue risquerait fort d'amoindrir le plaisir même studieux que j'y prends, de sorte que je ne puis m'y résoudre et en suis d'emblée intimement dissuadé.
Mais Walt Whitman s'imposait à moi tout de même, à ma curiosité et à mon exploration de tout ce qui s'annonce imposant dans la littérature mondiale : ce chantre de l'Amérique avait sa place prioritaire dans la rare poésie étrangère que je désirais découvrir.
Ce Jacques Darras qui l'a traduit dans cette édition m'incite, je dois le dire, à la plus grande circonspection : d'abord, je n'ai rien compris à sa préface que j'ai fini par feuilleter en cherchant l'occasion de tomber sur quelque information utile quant à l'auteur ou l'oeuvre, ce qui n'est pas venu – je me contenterai bientôt de Wikipédia –, et son style est si chinoisement bâti que c'est une importunité de le lire : cela démontre déjà quelque esprit contourné. Ce défaut se retrouve dans la traduction des sections du livre, dont cette édition indique au moins les titres en anglais : je suis loin d'être spécialiste, bien sûr, mais est-ce qu'un plus compétent que moi assurerait que « Song of Myself » peut se traduire par « C'est moi que je célèbre », « Children of Adam » par « Descendance d'Adam » ou encore « Our Old Feuillage » par « Antiquité de notre feuillage » ? J'entends bien que ces modifications, sans doute choisies pour leur élégance, ne constituent que des nuances par rapport à une traduction littérale, mais à quoi bon affiner un texte dont l'auteur a probablement désiré des appellations brutes – c'est alors délibérément en fausser la tournure et l'idée –, et comment s'assurer que le contenu des poèmes n'est pas aussi largement ou partiellement « amélioré » ? Cela me dérange de ne pas être sûr ; c'est une gêne quand, sur les quelques passages anglais qui se trouvent dans un livre, la traduction ne donne pas l'impression d'une grande fidélité (j'y préfère, et de loin, des notes surabondantes de bas de page explicitant les choix de transposition) : on s'interroge de qui l'oeuvre provient le plus au juste, de l'auteur ou du traducteur ; or, c'est Whitman qui m'intéresse, et non M. Darras qui ferait mieux de disparaître derrière plus grand que lui.
Whitman, lui, c'est l'orgueilleux et superbe poète en prose dans toute sa liberté majestueuse : poète des hymnes enthousiastes et des célébrations emphatiques de la nature tout autant que des hommes de l'ordinaire ; poète ambitieux de la peinture d'un pays ardemment adoré ; poète hédoniste aux vastes exacerbations de sensibilité ; amant de toute vie, âme, pensée et corps ; auteur d'une sorte de poésie totale, incluant toutes les variétés du temps, des espaces et des hommes, dans une philosophie qui prône le nécessaire de tout ce qui existe et où la volonté généreuse de « chanter » est ce qui se perçoit avec le plus d'évidence.
Un patriote aussi, qui veut manifestement faire de sa voix les prémices d'une poésie enfin nationale, je veux dire états-unienne (ce fut un grand souci pour les Américains, dans tout le XIXème siècle, de faire que leur nation jeune dispose d'un certain crédit d'un point de vue artistique et littéraire) : cet effort de représentation est patent, voici un auteur qui s'efforce d'être un porte-parole du nouveau monde, et, en dépit de ses défenses régulières, le goût de la gloire s'y dessine, colorant son oeuvre d'un système oecuménique qui tâche à ne pas choisir parmi les luttes (guerre de Sécession) et les États (jamais l'un n'est nommé sans qu'au moins trois ou quatre autres ne soient mentionnés). C'est tout le portrait d'une Amérique puissante, humaine, démocratique, active, visionnaire et volontiers idéalisée, de façon à satisfaire, en flattant, à la vanité d'un peuple plutôt qu'à son propre engagement de vérité, même subjectif. Tout est pardonné à cette nation, justifié par un processus millénaire d'évolution, aucun camp n'est à blâmer ni aucune pratique, et l'avenir des États-Unis sera sans nul doute exemplaire et brillant puisque son présent, déjà fruit d'un passé agglutiné de maintes et riches expériences, les distinguent déjà entre tous.
Ce désir d'ampleur se perçoit jusque dans le style – pour autant que M. Darras ne l'ait pas trop enflé : on lit ces Feuilles avec la même impatience qu'une Bible ou qu'un Ainsi parlait Zarathoustra ; les énumérations superfétatoires s'y succèdent de façon que l'ennui même finit par exhausser les quelques extraits inspirés ; on a conscience tout d'abord des longueurs, des listes interminables et vaines de sensations et d'actions, et puis quelque endormissement vous saisit, une sorte d'effet d'hypnose comme à la lecture de ces classiques dont on vous certifie sans autres explications qu'historiques l'importance et la beauté, et peu à peu vous lisez sans retenir grand-chose qu'une sorte d'atmosphère de végétation et d'humains. Il est le plus souvent impossible d'admirer ces superpositions ampoulées, et cependant tout est formulé avec un soin évident, oui, on peut « valider », sans que cela frappe pourtant l'imagination ou l'esprit. Vraiment, je crois que Whitman, quoique libertaire, quoique homosexuel sans doute, était un Henry Miller mais puritain, et je ne m'en repens pas : son défi de rendre à l'Amérique une dimension spectaculaire et sacrée l'a fait marcher sur le pas stylistique de prédécesseurs convenus, avec leurs lourdeurs obligées, leurs figures imposées, leur jeu d'impatiences aussi indéniables que volontaires. C'est l'inconvénient de se positionner au-dessus des hommes : on fait de la littérature qui ne convient pas à de l'humain, qui ne convient à personne, que des adulateurs exaltent par principe beaucoup plus que par goût.
D'ailleurs : des idées assez rares, malheureusement obscures quand elles sont neuves, embrouillées alors comme des intuitions inabouties qu'il faut soi-même achever, et mêlées d'une sorte de mysticisme lacunaire (ce qui confère toujours une sorte d'aura d'absurdité propre à rendre l'illusion des prophètes), ou banales quand il ne s'agit que de chanter l'amour de la vie et d'énumérer les effets d'une rivière ou d'un charpentier. 600 pages de peu de lumières au fond où – et, chose étonnante, j'y ai continuellement pensé en lisant ce livre, cette réflexion sitôt formée ne m'a presque plus quitté –, s'exhale bien davantage une volonté d'exprimer des choses que, directement, l'expression d'images de choses (Whitman cesse rarement d'indiquer ses intentions, de sorte qu'un individu comme moi enrage de ne pas pouvoir lui répondre : « Cesse donc d'annoncer ce que tu veux faire : fais-le ! »).
Une confiance aveugle en tout, déterminée à ne voir ni Bien ni Mal ou plutôt à admettre sans justification que tout en Amérique est Bien nécessaire, Vie comme Mort ; un détachement vers quelque extase continuelle ; un penchant vers un universalisme béat et laudateur, qui se rassure de l'état des choses par une sorte de fatalisme optimiste ; la démonstration, aussi, d'une capacité de compassion imaginative hors normes ; l'ambition si vaste des génies mais sans les originalités littéraires qui, seules, peuvent susciter l'admiration argumentée des foules ; quelque opportunisme, enfin, à se poser là, à force de déclarations successives et insistantes, comme le fondateur d'une poésie américaine, avec son procédé rusé et par trop méthodique consistant à inclure et à louer au moins une fois ici et là n'importe quel Américain qui le lit : voilà ce qui caractérise, selon moi, ce Whitman au coeur plus vaste qu'audacieux. Il a peut-être vécu à une époque et dans un lieu qui ne lui permettaient pas de dépeindre sa vision des corps libérés et la forme d'immoralité libertaire qui sous-tend toute cette oeuvre, mais il ne faut pas trop le plaindre, aussi, de cette époque et de ce lieu où il eut le bonheur de naître l'un des premiers poètes d'une nation qui se cherchait très avidement des auteurs nationaux, ce à quoi, à ce que je crois, il doit largement sa gloire.
Post-Scriptum : Je confirme après coup les problèmes de traduction de Jacques Darras : à l'heure où je reprends et référence mes listes de vocabulaire notées pendant la lecture, je découvre que presque un mot sur deux que j'ignorais et dont j'ai la curiosité têtue de chercher le sens… n'existe pas dans mon dictionnaire ! Après vérification, il s'agit de mots picards : c'est que M. Darras, qui est picard lui-même, a trouvé astucieux de faire parler son dialecte à Whitman ! Il est heureux, peuchère ! qu'il n'ait pas été de Marseille, con ! La réception du poète en eût été tout autre !
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Citations et extraits (129) Voir plus Ajouter une citation
micaravatimicaravati   16 février 2014
O Moi ! O la vie !

O moi ! O la vie ! Les questions sur ces sujets qui me hantent,
Les cortèges sans fin d'incroyants, les villes peuplées de sots,
Moi-même qui constamment me fais des reproches, (car qui est plus sot que moi et qui plus incroyant ?)
Les yeux qui vainement réclament la lumière, les buts méprisables, la lutte sans cesse recommencée,
Les pitoyables résultats de tout cela, les foules harassées et sordides que je vois autour de moi,
Les années vides et inutiles de la vie des autres, des autres à qui je suis indissolublement lié,
La question, O moi ! si triste et qui me hante - qu'y a-t-il de bon dans tout cela, O moi, O la vie ?

Réponse:
Que tu es ici - que la vie existe et l'identité,
Que le puissant spectacle se poursuit et que tu peux y apporter tes vers.

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gigi55gigi55   22 juillet 2011
En anglais :
Captain! my Captain! our fearful trip is done;
The ship has weather’d every rack, the prize we sought is won;
The port is near, the bells I hear, the people all exulting,
While follow eyes the steady keel, the vessel grim and daring:
But O heart! heart! heart!
O the bleeding drops of red,
Where on the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.


O Captain! my Captain! rise up and hear the bells;
Rise up—for you the flag is flung—for you the bugle trills;
For you bouquets and ribbon’d wreaths—for you the shores a-crowding;
For you they call, the swaying mass, their eager faces turning;
Here Captain! dear father!
This arm beneath your head;
It is some dream that on the deck,
You’ve fallen cold and dead.

My Captain does not answer, his lips are pale and still;
My father does not feel my arm, he has no pulse nor will;
The ship is anchor’d safe and sound, its voyage closed and done;
From fearful trip, the victor ship, comes in with object won;
Exult, O shores, and ring, O bells!
But I, with mournful tread,
Walk the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.

En français :
O Capitaine! mon Capitaine! fini notre effrayant voyage,
Le bateau a tous écueils franchis, le prix que nous quêtions est gagné,
Proche est le port, j'entends les cloches, tout le monde qui exulte,
En suivant des yeux la ferme carène, l'audacieux et farouche navire ;
Mais ô cœur! Cœur! Cœur!
Oh ! Les gouttes rouges qui lentement tombent
Sur le pont où gît mon Capitaine,
Etendu mort et glacé.

O Capitaine! mon Capitaine! lève-toi et entends les cloches!
Lève-toi - c'est pour toi le drapeau hissé - pour toi le clairon vibrant,
Pour toi bouquets et couronnes enrubannés - pour toi les rives noires de monde,
Toi qu'appelle leur masse mouvante aux faces ardentes tournées vers toi;
Tiens, Capitaine! père chéri!
Je passe mon bras sous ta tête!
C'est quelque rêve que sur le pont,
Tu es étendu mort et glacé.

Mon Capitaine ne répond pas, pâles et immobiles sont ses lèvres,
Mon père ne sent pas mon bras, il n'a ni pulsation ni vouloir,
Le bateau sain et sauf est à l'ancre, sa traversée conclue et finie,
De l'effrayant voyage le bateau rentre vainqueur, but gagné;
O rives, Exultez, et sonnez, ô cloches !
Mais moi d'un pas accablé,
Je foule le pont où gît mon Capitaine,
Etendu mort et glacé.
+ Lire la suite
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patrick75patrick75   05 novembre 2014
M'embarquer à la mer !
Je veux tellement quitter ce sol insupportable,
Tellement quitter l'usante monotonie des rues, des maisons, des trottoirs,
Tellement te quitter terre compactement immuable, oui monter à bord d'un vaisseau,
Lever l'ancre, mettre à la voile, à la voile !

Je veux que désormais la vie soit un grand chant de joie !
Je veux danser, battre des mains, exulter et crier, sauter, bondir en l'air,
me rouler par terre, surtout flotter, flotter !
Car je serai marin du monde partant pour tous les ports
Car je serai bateau ( avez-vous vu mes voiles, déployées au soleil et à l'air ?)
Navire vif cales gonflées d'une précieuse cargaison de paroles et de joie.
+ Lire la suite
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vincentfvincentf   04 novembre 2010
Quand j'eus entendu parler le savant astronome,
Quand les preuves, les calculs, furent alignés en colonnes devant moi,
Quand on m'eut montré les graphiques, les diagrammes, pour les additions, divisions et autres mesures,
Quand de mon banc j'eus entendu le savant astronome finir sa conférence sous les applaudissements de l'auditoire,
J'éprouvai tout à coup inexplicablement une nausée, une lassitude,
Et m'éclipsant sans bruit m'en allai dehors tout seul,
Dans l'air de la nuit humide et mystérieux, et de temps à autre,
Levai les yeux dans un silence total en direction des étoiles.
+ Lire la suite
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patrick75patrick75   04 novembre 2014
Votre route, ce n'est pas à moi, mais à vous, à personne d'autre que vous de la parcourir,
A vous et à vous seul, d'y voyager !

C'est tout près, à votre portée,
Peut-être même étiez-vous dessus depuis votre naissance à votre insu,
Peut-être vous attend-elle partout sur l'eau ou sur la terre.

------------------------------------------------------------------------

Et puis tu n'arrêtes pas de me poser des questions et je ne suis pas sourd,
Mais ma réponse est que je n'ai pas de réponse, qu'il faut que tu la trouves pour toi-même.
+ Lire la suite
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Extrait du recueil L'APRÈS-PAYS de Mai der Vang Traduit de l'anglais par Marc Charron
L'APRÈS-PAYS revient sur les traces des Hmong du Laos à travers l'histoire d'une famille de réfugiés. Mai der Vang lève le voile sur la guerre et ses atrocités. Sa poésie résonne avec les chants chamaniques des ancêtres.
«Je n'ai trouvé le titre L'APRÈS-PAYS qu'à la toute fin. J'écrivais toutes ces images, toutes ces descriptions de paysages, et tous ces endroits oubliés, ces lieux de désolation, cette terre tombée en ruine. J'explorais l'idée de l'après-pays dans ses multiples visages. L'après-pays du réfugié qui a dû quitter sa terre natale, et ce qui reste de cette terre. Il y a une sorte d'après-pays propre à ces terres qui ont vécu la guerre. Et il y a bien sûr l'après-pays de l'esprit.» Mai der Vang
Née et élevée à Fresno, en Californie, Mai der Vang est poète et professeure en création littéraire. «Afterland» («L'après-pays»), son premier livre, lui a valu le prix Walt-Whitman en 2016.
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