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Valérie Le Plouhinec (Traducteur)
EAN : 9782749172941
624 pages
Le Cherche midi (02/02/2023)
3.92/5   6 notes
Résumé :
Robert Penn Warren s'entretient avec tous les acteurs du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Un fantastique document à la fois historique et littéraire, signé par le triple lauréat du Prix Pulitzer.

En 1964, Robert Penn Warren lance une série d'interviews des représentants du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Il rencontre Martin Luther King, Malcolm X, James Forman mais aussi les écrivains James Baldwin et Ralph Ellison, sans oub... >Voir plus
Que lire après Au nom des Noirs : États-Unis, 1964, au coeur du mouvement pour les droits civiquesVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
« D'abord on fait tomber les murs, puis on construit les ponts ».

Je connaissais Robert Penn Warren en virtuose du roman – Tous les hommes du roi, le cavalier de la nuit… -, je ne savais pas qu'il avait aussi trempé dans le récit sociétal. C'est chose faite avec la lecture de Au nom des noirs, traduit par Valérie le Plouhinec.

La lutte pour les droits civiques aux États-Unis aura connu plusieurs tournants décisifs, et l'année 1964 en est un avec l'accès des Noirs aux inscriptions sur les listes électorales, véritable tremblement de terre symboliquement égalitaire dans les états du Deep South comme le Mississippi.

Passionné par « le problème noir » comme tous les grands écrivains du Sud et conscient du point de bascule en cours, Penn Warren entreprend un vaste tour d'horizon à 360° des points de vue de l'époque, questionnant leaders engagés, universitaires, politiques, religieux ou simples protagonistes sur la question de la déségrégation.

Mélangeant les interviews, les écrits de l'époque, ses notes et propres réflexions sur la question, il aborde les volets législatifs (plus faciles à voter qu'à mettre en oeuvre), historiques, idéologiques ou stratégiques de la cause.

Mais il met surtout en lumière la grande hétérogénéité du mouvement Noir de l'époque, divisé sur le fond comme sur les formes de la lutte, à l'image d'un Martin Luther King et d'un Malcom X que tout ou presque semble opposer, notamment sur la légitimité de la violence.

« Un Noir qui est victime du système peut-il échapper à la marque d'infamie collective placée sur tous les Noirs de ce pays ? La réponse est non. Eh bien, il en va de même pour la race blanche en Amérique. Individuellement, il est impossible d'échapper au crime collectif ».

Il remonte aux sources, celles de Sambo, la représentation rassurante du « fidèle serviteur noir, courbé, reconnaissant, humble, irresponsable, efféminé, joueur de banjo, servile, souriant, bayant aux corneilles, docile, dépendant, lent, rieur, ami des enfants, puéril, voleur de pastèques, chanteur de gospel, fornicateur impénitent, insouciant, hédoniste (…) le stéréotype rassurant du Nègre pour l'homme blanc du Sud ».

Il évoque le fantasme des liens avec l'Afrique, « aussi loin qu'un rêve » et la nécéssité d'intégrer que ce n'est pas le bon référentiel puisque « l'Américain noir est avant tout Américain ». Une assertion loin d'être partagée par les « Chevaliers blancs du Ku Klux Klan du Royaume souverain du Mississippi ».

Il décrypte la difficulté d'intégrer les Blancs à la lutte des Noirs et d'y trouver leur juste place, qu'ils soient « Dixiecrates », libéraux ou Blancs engagés, victimes de « l'idée jalousement gardée que les Noirs doivent conserver le contrôle, doivent être indépendants, peuvent “accepter“ mais pas “demander“. Ne rien demander du tout ».

Il rappelle l'impact accélérateur de la guerre sur « la déségrégation des forces armées, peut-être un des événements les plus importants qui soient survenus dans ce pays. On dormait avec les gars, on passait le temps avec eux, on mangeait ensemble, et il y en avait qui reconnaissaient franchement et librement qu'ils s'étaient fait des idées fausses ».

Et il est aussi question de rééquilibrage scolaire dans les écoles ségréguées, d'indemnisation des esclavages d'antan, de redistribution des terres ou d'un antisémitisme supposé d'une partie des Noirs américains. Et on y croise aussi Camus ou Montesquieu

Vous l'aurez compris, ce pavé de 600 pages est extrêmement dense et riche, alternant les passages instructifs et passionnants avec d'autres moins digestes pour qui n'est pas un spécialiste du sujet. Un livre pour lequel il faut prendre son temps et savoir passer quelques pages quand la longueur s'installe.

Reste surtout un livre qui, hors contexte et 60 ans plus tard, fait réfléchir et remet en perspective un combat pas toujours bien appréhendé vu d'ailleurs. Avec une dernière citation qui sonne comme évidente et glaçante :

« Je pense que mon frère blanc m'est grandement redevable quand je lui permets de m'accorder mes droits petit à petit. Mes droits m'appartiennent désormais. Il a de la chance que je ne les prenne pas tout d'un coup ».
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En 1964, l'auteur et poète triple lauréat du prix Pulitzer, Robert Penn Warren, part avec un magnétophone interviewer des dirigeants du mouvement des droits civiques. Certains dont honnêtement je n'avais jamais entendu parler auparavant et d'autres connus de tous, comme Malcolm X et Martin Luther King. Il donne voix à toute une génération américaine en étendant son travail à des militants lambda, à des écrivains (James Baldwin, Ralph Ellison), à des hommes d'églises ou à des intellectuels.

La variété et l'étendue des interviews sont une des richesses de ce livre. Robert Penn Warren radiographie tous les courants de pensées. Il met en évidence les points communs et les divergences entre les leaders. On se rend bien compte qu'il n'y avait pas un front uni, que les rivalités étaient nombreuses et que les positions pour faire avancer les droits divergeaient souvent. de plus avec le recul, il est fort intéressant d'entendre ces raisonnement datés de 1964 à la lumière de ce qui s'est passé (ou ne s'est pas passé) les 60 années suivantes.

L'autre richesse de ce livre, c'est la construction surprenante. On est face à un mélange de travail journalistique, de rappels historiques et de réflexions personnelles. Dans ces dernières on retrouve la grandeur littéraire de l'auteur. Tout cela donne un rythme fluctuant et désarçonnant.

Ce livre est une contribution majeure à notre compréhension de la lutte pour les droits civiques, un travail unique, quasi précieux.

Si le sujet vous intéresse, vous ne pouvez absolument pas faire l'impasse sur cette lecture. Mais attention, c'est dense, exigeant, les entretiens sont profonds, parfois philosophiques et on peut se perdre dans la nébuleuse des partis politiques.
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Un essai dense et passionnant sur les années 60 et le mouvement des droits civiques aux Etats Unis.
Robert Penn Warren part avec son magnétophone et va rencontrer des représentants des mouvements des droits civiques : des connus, comme Martin Luther King, Malcolm X, James Forman mais aussi les écrivains James Baldwin et Ralph Ellison, sans oublier de nombreux militants locaux, actifs sur le terrain. Ces entretiens nous sont livrés tels quels et cela en fait la richesse de la lecture, car c'est des réponses spontanées, des réponses et questions sans filtre, parfois.
Six grandes parties mettent en avant un aspect de cette histoire : « le carcan » ; « Journal du Mississippi » ; « Les têtes d'affiche » ; « Leaders à la périphérie » ; « La jeunesse ».
Ce texte nous apporte des points de vues sur la situation des afro-américains et la façon d'obtenir des droits. Certains épisodes sont connus, ' 'autres plus méconnus.
J'ai apprécié ce texte pour ces entretiens mais aussi par les questionnements plus intimes de l'auteur. Auteur dont je vais m'empresser de découvrir ses textes, et d'autres textes dont il y a des références, comme "l' Homme invisible", "pour qui chantes-tu" de Ralph Ellison que Robert Penn Warren évoque.
Ce texte nous montre bien aussi le long combat qui a dû être mené et qui doit toujours être mené, pour l'égalité, et les différents moyens pour y arriver (des scènes terribles jalonnent ce texte mais aussi des scènes plus quotidiennes (des écriteaux d'interdiction aux noirs..). Très documenté, ce livre nous incite à aller encore plus loin dans les lectures (des références romanesques, des personnalités que je ne connaissais pas et dont je vais rechercher d'autres textes). Ce texte aborde beaucoup de sujets, des sujets du quotidien (l'accès à l'école, à certains métiers..), la mise en place difficile de certaines mesures (exemple des noirs qui tentent de s'inscrire sur les listes électorales..), l'intégration, la ségrégation (exemple des premières universités noires, les HBCU (Historically black colleges and universities) établissements d'enseignement supérieur américains, créées avant 1964 avec pour objectif de servir la communauté noire. L'entretien avec le Président noir d'une des HBCU m'a impressionné et quelle ironie quand il se retrouve en justice car une étudiante blanche s'était vu refuser son admission dans son établissement et a fiat un recours en justice (!!)... Il y a aussi des "détails" impressionnants qui jalonnent ce texte, comme ce militant pacifiste du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) qui explique porter une salopette pour faciliter le travail du policier « quand il vous traîne » ou aux changements de comportement du patron d'un hôtel, dans le Sud, qui rompt les politesses en apprenant les motifs du séjour de Warren…
Le récit est aussi émaillé de témoignages sur les intimidations, les assassinats, les lynchages, les incendies d'églises noires ou les crimes impunis.
Je voulais aussi saluer le travail de traduction de Valérie le Plouhinec, qui permet une lecture fluide de ce texte.
Un texte très dense et qui ouvre beaucoup de sujets de réflexion et qui nous questionne encore.
#AunomdesNoirs #NetGalleyFrance
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Comment imaginer un seul instant pouvoir rédiger une chronique sur ce monumental écrit signé Robert Penn Warren ?
Je n'osais m'y atteler. Et pourtant, je suis là, devant vous, ne sachant par quel bout commencer.
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Au nom des noirs n'est pas un roman, il serait plus juste de le qualifier d'essai ou, en tout cas, de travail journalistique endurant.
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En 1964, R. Penn Warren s'est attribué la délicate et impressionnante mission d'interviewer un grand nombre d'activistes noirs oeuvrant pour les droits civiques aux États-Unis : plus ou moins connus du lectorat français, militants reconnus internationalement ou locaux, écrivains, étudiants..., ils ont tous leur mot à dire sur les événements mais surtout sur les changements qui s'opèrent à cette période dans la société américaine.
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Les sujets, extrêmement variés, posent des questions éthiques et philosophiques au lecteur qui ne manquera pas d'approfondir le sujet à l'aide d'internet ou d'autres d'ouvrages. Ce texte n'est en effet qu'une porte d'entrée parmi tant d'autres, même si elle se distingue évidemment par son aspect quasi exhaustif et véritablement monumental.
J'ai aimé devoir me questionner, devoir raisonner et tenter de me faire mon propre avis sur l'intégration (passe-t-elle par les droits de vote, le droit à l'éducation, la mixité dans les écoles, les mêmes chances d'obtenir un travail,...), sur le vote de droits spécifiques aux noirs ou pas, sur le rapport entre les blancs du sud et les noirs, entre les noirs du sud et les noirs du nord,...
J'ai aimé découvrir cette galerie de personnes et les écouter discourir sur leurs méthodes (souvent divergentes), sur leurs avis et sur leurs combats...
La multitude de sujets abordés est presque infinie.
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Bien sûr, tout au long de ses interviews, Penn Warren s'interroge sur les personnalités qui parlent "au nom des noirs" : les noirs ont-ils envie qu'on parle en leur nom ? Certains ne voudraient-ils pas simplement qu'on leur foute la paix ? Et quid de l'utilisation de la violence dans ce combat pour la justice et l'égalité ? Et la jeunesse dans tout ça, elle en pense quoi ?
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Vous l'aurez compris, impossible de tout vous dire sur ce que contient ce mastodonte de 600 pages, tant il renferme d'entrées potentielles à l'exploitation de ce sujet.
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Un ouvrage exigeant, qu'il ne faut pas lâcher tant il est intéressant, mais qui demande une concentration intense. le lecteur aura parfois l'impression de tourner en rond tant certaines questions sont posées et reposées, usées jusqu'à la moelle, mais ce texte vaut le coup d'être lu. Un infime "reproche" que je pourrais lui faire : j'aurais aimé connaître la part de refus d'interviews qu'a essuyé l'auteur, ainsi que la manière dont il s'y est pris pour rencontrer toutes ces personnes, car en tant que Blanc, j'imagine aisément que tous n'ont pas voulu jouer le jeu avec lui...?
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Un ouvrage qui permet de toucher du doigt une infime partie de l'Histoire des États-Unis d'Amérique, de l'Histoire des Afro-américains, et qui donne encore et toujours envie d'essayer de comprendre comment tout cela a pu exister (et parfois, existe toujours hélas...). Comme le dit l'auteur lui-même : « Il s'agit de ma tentative pour comprendre ce que je pouvais comprendre. »
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Ma lâcheté me permet de conclure en vous conseillant de lire les autres chroniques (de @jiemde ou @madame.tapioca notamment, avec qui j'ai fait ce chemin, accompagnée également de @la_page_qui_marque qui nous en parlera sûrement bientôt 😉), bien plus pertinentes que la mienne, à mon avis.
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Merci à Benoît et au Cherche-midi pour ce texte que je vais garder précieusement.
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En 1964, Robert Penn Warren a entrepris un voyage au coeur de l'Amérique, équipé de son magnétophone, pour une série d'entretiens avec des représentants du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis. C'est l'époque où la lutte est intense entre pro et anti-ségrégation, où les manifestations s'enchainent, où les partisans de la lutte violente ou de la non-violence s'opposent. Robert Penn Warren mène un véritable travail d'enquêteur et rencontre Martin Luther King, Malcom X, James Baldwin… (on notera au passage une certaine carence en représentantes féminines, mais Angela Davis, par exemple, si elle était déjà engagée à l'époque n'avait pas encore atteint sa pleine notoriété) pour comprendre les attentes des uns et des autres mais surtout pour analyser l'histoire de l'Amérique et les relations qui se sont construites au fil du temps entre Blancs et Noirs.

Riche, intelligent, puissant, édifiant, passionnant… ce livre mérite un bon nombre de qualificatifs. Cet ouvrage d'un peu plus de 600 pages présente un évident aspect documentaire. Leaders politiques, écrivains, acteurs engagés défilent tout au long des pages et proposent une analyse précise et fine des facteurs qui ont conduit à la ségrégation, de la manière dont est né le mouvement des droits civiques et dont se sont amplifiées les contestations. Mais il met aussi en lumière les divergences d'opinion ainsi que les dissensions qui naissent sur la manière de lutter efficacement et les rivalités entre leaders.

Au-delà de ce travail journalistique, Robert Penn Warren réalise un travail introspectif et s'interroge sur ses propres sentiments, lui qui a été élevé dans le Sud des Etats-Unis, là où la ségrégation était la plus forte. Les interviews deviennent alors des moments d'échanges d'une grande richesse et des supports d'analyse à la fois personnelle et universelle pour l'auteur.

Le livre se construit ainsi autour de 6 grandes parties mettant en avant à chaque fois un aspect de cette histoire : « le carcan » ; « Journal du Mississippi » ; « Les têtes d'affiche » ; « Leaders à la périphérie » ; « La jeunesse » ; « Pour continuer la conversation ». Robert Penn Warren alterne ainsi interviews, analyses, retours historiques, réflexions personnelles ce qui permet aussi de donner un rythme très dynamique au livre. Et de profiter longuement de la plume de cet auteur détenteur de trois Prix Pulitzer.

Durant toute cette lecture reviennent aussi des réminiscences de lectures passées tel que Black Boy de Richard Wright, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur d'Harper Lee ou encore Homme invisible, pour qui chantes-tu de Ralph Ellison que Robert Penn Warren évoque un grand nombre de fois.

C'est un livre dense et exigeant mais qui ouvre les yeux du lecteur sur cette époque charnière ainsi que sur une actualité américaine plus récente, et qui découle directement des liens qui se sont tissés au fil des années, de l'esclavage à la déségrégation. Indispensable.
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critiques presse (1)
LeFigaro
16 février 2023
Ce texte passionnant permet de comprendre ce qui s’est passé avec les Noirs en Amérique. C’est cette période qui vit le début de la déségrégation, et qui marqua l’apparition d’une Amérique contestataire et blessée.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Le Noir qui sort dans le vaste monde et qui y réussit n'est pas seulement ce qu'on appelle un « modèle » pour les jeunes Noirs, un exemple de la volonté de rivaliser avec l'homme anc. Il est aussi, d'une manière plus subtile, plus profonde, un modèle d'un autre genre : une fois la réussite atteinte, il doit se montrer prêt à en affronter les douloureuses conséquences. La phobie de la réussite existe, naturellement, dans le monde des Blancs aussi bien que dans celui des Noirs, mais l'ego du Noir ambitieux peut le rendre, à cet égard, bien plus vulnérable. D'une part, un Noir qui réussit doit se montrer assez fort pour endurer cette jalousie particulière qui est, comme beaucoup le disent eux-mêmes, le corollaire inévitable du succès, et assez solide pour endurer l'isolement spirituel particulier que cela implique. Il peut y avoir aussi une culpabilité d'avoir trahi le père, trahi le clan. Et peut-être pour certains, le sentiment de s'être trahi soi-même – ou du moins, d'avoir trahi le soi noir tel que l'a présumément déterminé la société blanche, le soi lent, stupide, passif, qui n'a jamais été destiné à réussir et qui vivra sa réussite dans l'angoisse d'une vengeance mystique, ineffable. Dans une certaine mesure, un Noir qui a réussi a affronté le risque de remplacer son « moi en tant que Noir » (autrement dit, son « moi en tant qu'échec ») par un « moi en tant qu'homme ». Cet exploit, si confusément qu'il soit perçu par ses pairs, est peut-être le plus grand service qu'il puisse rendre à ces derniers.
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Warren : Toutes les révolutions antérieures – si ceci est une révolution – visaient à liquider une classe ou un régime. Comment définiriez-vous votre but ?
King : Ceci est une révolution pour être admis. Je crois que vous avez raison de dire que les précédentes étaient centrées sur la destruction de quelque chose. Alors que dans celle-ci, le but est que les Noirs entrent dans le courant de la vie américaine. C'est une révolution qui appelle la nation à être à la hauteur de ce qui est déjà là, dans un sens idéaliste.
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Ce que peut faire la société pour soulager les Noirs de leur détresse, ce n'est pas les payer pour le travail accompli : c'est leur fournir du travail à accomplir. La société ne doit rien aux Noirs en tant que Noirs. Mais elle doit à beaucoup de citoyens individuels, qui se trouvent être noirs et qui se trouvent être défavorisés, une chance de travailler – et de travailler à quelque chose d'épanouissant qui bénéficiera à la société dans son ensemble.
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Je m'arrête sur le mot « identité ». C'est un mot crucial. On l'entend rabâcher partout. Une douzaine de questions, mouvantes, aux frontières poreuses, se concentrent sur ce mot, se coagulent autour de ce mot. Aliéné du monde qui l'a engendré et du pays dont il est citoyen, et pourtant cerné par les valeurs de réussite de ce monde et de ce pays, comment l'individu noir peut-il se définir lui-même ? Il y a un extrême, qui est de se retirer le plus entièrement possible de ce monde de Blancs. Il y a l'autre extrême, celui de la « haine de soi » , de la répudiation du moi – et de son propre groupe. Il est clair qu'aucun des deux n'offre de solution heureuse. Cependant, il n'y a pas non plus de solution intermédiaire simple, car l'âme n'opère pas avec cette netteté arithmétique.
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Il ne s'agit pas d'écriteaux dans les toilettes. |I ne s'agit pas de licences de plombiers. Il ne s'agit pas d'un maire évasif. Il ne s'agit pas d'un comité biracial qui traîne les pieds. Il s'agit de la qualité d'un regard. De ce regard qui nie la reconnaissance humaine.
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