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ISBN : 2220063089
Éditeur : Desclée de Brouwer (29/04/2011)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 16 notes)
Résumé :

Au coeur du mystère du mal qui traverse notre monde, comment envisager la beauté ? Et, allant plus loin, comment la dévisager en vérité, sans fuite ni artifice ? A travers une méditation aux confins de l'Occident et de la grande tradition chinoise, François Cheng invite à cette authentique contemplation. Car par-delà la création artistique, la sainteté révèle la beauté de l'âme et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
zenzibar
  02 juillet 2014
Un livre sur la beauté
Le culte du beau, dans l'air du temps, n'est certes pas nouveau ; à la cour des rois de France, au Louvre ou à Versailles, le respect de « l'étiquette », l'adoption de la magnificence du dispendieux apparat, pour tenir son rang, étaient les contreparties des largesses de la monarchie absolue.
Mais aujourd'hui, l'omni présence de l'image, l'efficacité des outils médiatiques de masse donnent un hyper pouvoir universel de tous les instants aux standards de la mode et de la beauté.
Il faut plaire, séduire son futur employeur, le client, l'électeur... Il y a aussi ces « speed dating » où il faut emporter l'affaire en 5 mns pendant lesquelles une veste non griffée à la bonne marque, des rides imparfaitement masquées peuvent être fatales… « game over »..
L'apparence règne en maitre absolu et fait notamment le bonheur du scalpel esthétique. L'enveloppe charnelle est réputée refléter l'intérieur, un esprit sain dans un corps sain. ..
Cette connexion beauté plastique/perfection morale n'est pas non plus nouvelle. Dans la Grêce antique, la statue d'Hermès sur le site d'Olympie de Praxitèle, par exemple, ou les oeuvres de Phidias sont présumées avoir arrêté à cet égard les normes esthétiques. Platon, dans son pétillant Banquet, considère que l'amour physique de deux corps, parfaits d'un point de vue plastique, constitue la première étape vers la perfection spirituelle. On relèvera accessoirement que cet idéal fonctionne dans le cadre de l'homosexualité masculine et la contradiction pour le moins paradoxale avec le cas Socrate, le maitre de Platon et dont Alcibiade chante les louanges dans ce Banquet ; Socrate était, parait-il, très laid. Enfin passons...
Beaucoup plus tard, mais dans le même esprit normatif Kant affirme pour sa part « est beau ce qui plait universellement sans concept ».
En réalité, et en faisant encore référence à Platon, tout se passe comme si nous étions de nouveau enfermés dans sa fameuse caverne où les seules images accessibles, en dépit de leur plasticité parfaite en surface, seraient des ombres d'idoles en 2D incertaines, déformées.., ces simulacres de la complexité de la richesse de la beauté.
La beauté disparait derrière le déluge du numérique, les extravagances d'une Lady Gaga et il n'y a (presque) plus de place pour l'émotion d'un visage comme celui d'Aung San Suu Kyi. C'est Cyrano que l'on assassine lâchement une seconde fois, les honneurs sont inaccessibles sans des traits sur papier glacé.
Et l'appel d'André Breton, « la beauté sera convulsive ou ne sera pas » semble nous parvenir comme la lumière fossile du big bang.
Nous nous sommes éloignés du livre, pas tant que cela, car l'intérêt de cet essai « oeil ouvert et coeur battant » est encore plus marqué en ayant rappelé ce contexte si prégnant. François Cheng nous offre des clés pour s'ouvrir à une autre beauté, la redécouvrir, sans pour autant rompre complètement avec certains standards rappelés.
Ce livre est un vrai bonheur, d'abord au niveau formel. Il s'agit de discours prononcés à l'Académie française et au Collège des Bernardins retranscrits qui n'ont rien… d'académique.
L'auteur parle avec sa sensibilité, dans un style très personnel, bercé de lyrisme. La mise en page est bien faite, les discours dans leur présentation sont fractionnés dans des feuilles aérées qui rendent leur lecture et relecture par séquences plus confortable, un appel sinon à la méditation au moins à la réflexion. de plus, quelques très belles illustrations de peinture chinoise accompagnent le propos.
François Cheng développe une analyse qui constitue, sous un certain angle, un renversement des principes platoniciens ou de l'aphorisme martial du philosophe prussien évoqués précédemment.
Le sage part de l'intériorité de l'être en chantant son unicité, chaque être étant toutefois connecté en un immense réseau par lequel ne cesse de vibrer le souffle de l'infini. C'est cette unicité fondamentale qui est fondatrice de beauté ; chaque être vivant est unique, chaque être humain dispose d'une capacité à la beauté et éprouve un désir de beauté. A cet égard, il n'y a pas une universalité abstraite qui s'imposerait à tous, un quasi impératif esthétique, fort heureusement, serait-on tenté d'ajouter. Il ne s‘agit pas de tomber dans un subjectivisme, simplement d'affirmer que la beauté est une émotion permise par l'unicité, une révélation intérieure. La révélation de la beauté donne sens à la vie, tout particulièrement lorsque l'existence devient harmonie, communion, amour.
Cette beauté permet de transcender les conditions souvent tragiques de l'existence humaine ; à cet effet l'homme doit se mettre dans une position d'accueil pour être à même de rencontrer la beauté.
François Cheng distingue et hiérarchise les différentes beautés. La beauté du non vivant, le minéral naturel et les objets créés par l'homme, est formelle, tandis que celle des êtres vivants est physique.
Au-dessus de ces beautés faciales, la beauté de l'âme constitue l'expression la plus pure de la beauté.
Cette dernière catégorie est réservée aux hommes touchés par un éveil spirituel.
Cet éveil donne aux êtres touchés par cette transcendance une beauté encore plus singulière, plus émouvante, plus durable. C'est cette même beauté qui accompagne les amoureux, la présence de l'être aimé(e) exaltant les capacités à la beauté et à la bonté.
L'artiste à travers sa création permet aussi, comme le vit le sage, d'offrir une lumière et une beauté suprêmes, rencontre du monde sensible appréhendé par la sensibilité de l'artiste et de son propre univers, y compris ses pulsions les plus sombres. L'oeuvre d'art est beauté charnelle et spirituelle. L'âme de l'artiste est à la base de la création au delà de la technicité et du talent. L'auteur ne les cite pas, mais on pourrait évoquer ces fresques souterraines de Lascaux ou des grottes Cosquer et Chauvet qui semblent particulièrement en résonnance avec le propos. Même si les significations de ces oeuvres sont à jamais scellées, la rencontre de la virtuosité artistique absolue et de l'élan spirituel anime à l'évidence ces créations.
Oeil ouvert et coeur battant, c'est l'âme du petit personnage dans cette peinture chinoise. Il ne s'impose pas au premier plan comme dans les tableaux classiques de la tradition occidentale mais il accueille le souffle de la voie, reçoit la beauté qui transporte à son tour l'observateur attentif.
En conclusion, même si le lecteur n'est pas obligé d'adhérer au postulat de l'auteur, pour lequel, fondamentalement, l'univers n'est que beauté et que tout ceci n'est pas le fruit du hasard, cette oeuvre est un magnifique hymne à la beauté, à la croisée de l'occident et de la sagesse d'extrême orient, qui prolonge admirablement les très belles « cinq méditations sur la beauté » du même auteur.
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VanilleBL
  18 septembre 2013
"François Cheng : un coeur qui écoute, une voix qui peint, une main qui caresse, un visage qui contemple et même, à travers les larmes, sourit." On pourrait ajouter à ce délicat portrait esquissé par Antoine Guggenheim dans la préface de l'ouvrage : Francois Cheng, amoureux et écrivain du beau. "Qu'il suffise d'évoquer trois lectures décisives : le Dit de Tian-yi ; le Dialogue ; Cinq Méditations sur la Beauté. Bien sûr, ces trois oeuvres n'enserrent pas (sa) création mais elles en invoquent l'esprit, le souffle et la matière."
"Comment envisager et dévisager la beauté ?", tel est le fil directeur ambitieux et poétique de cette méditation qui s'ouvre sur ce mystère absolu qu'est notre présence au monde – "à première vue, l'univers n'est peuplé que d'un ensemble de figures ; en réalité, il est peuplé d'un ensemble de présences" – et sur ces deux phénomènes extrêmes, ces "mystères dans le mystère" que sont le mal et la beauté. le mal est un mystère "qui nous hante et nous stupéfie", capable qu'il est "d'anéantir l'ordre de la Vie même", un mystère qui par essence nous est incompréhensible mais dont nous faisons douloureusement l'expérience tout au long de notre vie, qu'il s'agisse de calamités naturelles ou d'exactions humaines.
"La beauté, nous savons aussi ce qu'elle est", nous la côtoyons au quotidien, dans chacune des merveilles de la nature, du monde qui nous entoure. Et pourtant, elle reste une énigme, car elle ne semble ni obligatoire, ni évidente : "l'univers n'est pas obligé d'être beau", et pourtant, il l'est. La beauté ne serait-elle donc qu'un "ornement, un surplus, un superflu ?" Non. "Force est de constater qu'elle est essentielle dans la mesure où elle participe du fondement de notre existence et de notre destin."
Face à cela, le défi de l'homme est immense : comment, au cours et au creux de nos existences, laisser réfléchir et envisager la beauté ? Comment lui donner un visage pas seulement dans par la création artistique – "dont le propos n'est pas (tant) de figurer (que) de transfigurer" – mais aussi dans toute la vie même, dans nos actes, dans la recherche de la bonté, de la sainteté, de la vertu ?
Qu'on ne se méprenne pas, il n'y a absolument aucun mysticisme, aucun dogmatisme, aucun prosélytisme dans le propos de François Cheng. Il ne s'agit pas là d'une question de religion ou de foi mais seulement d'une réflexion et d'une attitude accessible à tous, d'une spiritualité oecuménique, d'un être-au-monde universel.
Dans cette tension vers le beau, François Cheng nous invite à marcher "l'oeil ouvert et le coeur battant", et plus précisément à "nous mettre dans une posture d'accueil (…), ménager constamment en nous un espace vide fait d'attente attentive, une ouverture faite d'empathie où nous serons en état de ne plus négliger, de ne plus gaspiller, mais de repérer ce qui advient d'inattendu et d'inespéré."
Mais ne sommes-nous qu'accueil de la beauté ? Sommes-nous condamnés à envisager et dévisager la beauté de l'extérieur, face à elle, enfermés dans notre subjectivité ? L'écrivain franco-chinois nous ouvre une autre perspective, en faisant "un détour par la peinture chinoise". Contrairement à la peinture occidentale où les personnages sont au premier plan et le paysage n'est qu'un décor en arrière-plan, la peinture chinoise, elle, nous fait voir d'immenses paysages avec, semblant complètement perdu dans ce grand tout, un petit personnage. Il faut s'abandonner, se laisser aspirer par le souffle du paysage pour parvenir à s'identifier au tout petit personnage qui, en réalité, est "le point névralgique (du paysage), il est l'oeil éveillé et le coeur battant d'un grand corps." Il est "le pivot autour duquel se déploie le paysage, de sorte que celui-ci peu à peu devient son paysage intérieur." En entrant dans ce qui est plus grand que nous-mêmes, en admettant que "notre destin fait partie d'un destin plus grand que nous", loin d'en être diminués, cela nous grandit : "notre existence n'est plus cette aventure absurde et futile entre deux poussières ; elle jouit d'une perspective ouverte. Dans notre optique, notre regard qui perçoit la beauté et notre coeur qui s'émeut de la beauté donne un sens à ce que l'univers offre comme beauté et, du même coup, l'univers prend sens et nous prenons sens avec lui."
Personne d'autre que Cheng n'aurait pu proposer une méditation aussi éblouissante sur la beauté, aux confins de l'Occident et de la grande tradition chinoise. À partir d'une conférence absolument exceptionnelle donnée dans la cadre du Collège des Bernardins, il nous offre cinquante pages d'une réflexion puissante, à l'écriture lumineuse, subtile et inspirée et nous invite à nous placer dans la posture du petit personnage des peintures chinoises. Ainsi, "on peut admettre que l'homme a été fait, justement, pour être le coeur battant et l'oeil éveillé de l'univers vivant" et que "si nous pouvons penser l'univers, c'est que l'univers pense en nous."
C'est à la fois vertigineux et splendide. Sous la plume de François Cheng, le souffle de l'infini devient signe et sens, résonance dans nos esprits et nos âmes, ouverture à ce qui nous dépasse et nous transfigure. La beauté n'est plus un concept : elle est une rencontre.
Lien : http://www.paroles-et-musiqu..
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brigittelascombe
  04 octobre 2011
"Comment envisager et dévisager la beauté?"
François Cheng, écrivain(Le Dit de Tian-Yi,Le Dialogue,A l'orient de tout et Cinq méditations sur la beauté) et membre de l'Académie française,fait le tour de la question puis pénètre au coeur des symboles de la beauté picturale chinoise pour nous l'expliquer.
Une leçon de vie et de philosophie, d'où à coup sûr, on ressort vertueux!( j'espère!!!)
La première partie relate sa conférence au collège des Bernardins le 5/11/2010.
En résumé, il parle de la beauté(qui à côté du bon et du vrai apparait comme un luxe, voire du superflu) et du mal(en particulier, celui, terrifiant, que les hommes infligent aux autres hommes).
"De présence en présence et entre les présences", se révèle la vérité de la beauté qui provoque en chacun de nous des ressentis profonds charnels et émotionnels. En quête de lumière,la beauté de l'âme "relève de l'éthique et du spirituel".
"Si l'esprit raisonne,l'âme résonne".
François Cheng illustre ses propos de créations chinoises. Il s'agit de sumié, cet art pictural réalisé à l'encre de Chine,véritable exercice de méditation avec relâchement du "ki"(énergie) lors de l'expiration.
Troisième partie:le discours de l'auteur prononcé à l'Académie française en séance publique en 2007.Il y est question de vertu,à prendre au sens originel d' "agir efficace".
Confucius a relié les vertus humaines aux grandes entités de la nature.
Les éléments sont importants,les plantes également.
Partie qui m'a beaucoup intéressée car elle montre la différence de pensée des asiatiques par rapport aux occidentaux.
Les peintres chinois parlent d'emblèmes et demandent au spectateur une lecture au deuxième degré qui permet d'aller au delà de l'objet.
Le bambou symbolise la droiture,l'élévation,le dépassement de soi,l'orchidée:la douceur,la délicatesse et l'harmonie,le prunus:la fierté d'avoir triomphé malgré l'adversité,le lotus, dont les pétales semblent deux mains en prière:la pureté.
Un livre que j'ai trouvé éclairant et très,très intéressant.
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nico6358
  05 mai 2016
Ce recueil de deux discours, inspirés de poésie et agrémentés de reproductions de gravures asiatiques, nous montre l'esprit de François Cheng comme à son habitude sensible et éclairant.
Ses discours sont un exercice de style qu'il semble aborder humblement et honnêtement (on pourrait dire sans filet). Ils nous décrivent la place du beau dans le monde qui nous entoure, et l'air de rien assignent à chacun une raison d'y exister.
Un bel exercice qui témoigne de l'art de vivre enviable que François Cheng, livre après livre, nous transmet.
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LN
  12 janvier 2017
Ce recueil rassemble deux discours, prononcés par François Cheng, le premier lors d'un colloque au Collège des Bernardins le 5 novembre 2010, et le deuxième sur la vertu lors de la séance publique annuelle de 2007 de l'Académie française.
L'auteur est remonté à la source de ce qui le fait palpiter : la beauté, celle qui confère une raison de vivre dans la tourmente et justifie une existence :
"C'est bien grâce à la beauté qu'en dépit de nos conditions tragiques nous nous attachons à la vie. Tant qu'il y aura une aurore qui annonce le jour, un oiseau qui se gonfle de chant, une fleur qui embaume l'air, un visage qui nous émeut, une main qui esquisse un geste de tendresse, nous nous attarderons sur cette terre si souvent dévastée." p. 27
"Comment envisager et dévisager la beauté ?", tel est le fil conducteur de sa réflexion, qu'il s'agisse de la beauté du monde, mais aussi de la beauté du coeur ou de l'âme, les qualités de générosité, d'empathie, de compassion, de miséricorde, de sacrifice au nom de la Vie, d'amour sans conditions... Pour l'auteur, nous nous devons comme le dit Holderlin d'"habiter poétiquement le monde" en prenant conscience de ce qui nous entoure :
"Car la beauté, ce don qui nous est offert sans réserve, est omniprésente. Il faut savoir en capter les plus humbles manifestations. Ces fleurs anonymes qui poussent dans les fentes d'un trottoir, ce rayon de soleil qui soudain fait chanter un vieux mur, ce cheval pensif au milieu d'un pré après la pluie, cet enfant qui offre un caillou coloré à un vieillard sur son banc, ces fragrances et saveurs que la mémoire réveille..." p. 53
L'homme doit être prêt à recevoir la beauté, toujours "oeil ouvert et coeur battant", ses sens toujours à l'affût du moindre détail qui transfigurerait le réel.
Ces discours lumineux sont illustrés par des estampes chinoises, sésame que l'esprit admire et dont il se pénètre pour s'envoler vers l'infini du beau.
Un texte essentiel en ces périodes troublées...
Lien : http://www.lecturissime.com/..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   17 décembre 2014
Grâce à la beauté, le monde n'est nullement un espace neutre, insipide et insignifiant ; l'existence humaine, non plus, n'est nullement un séjour aveugle, sans but ni visée, fermée au devenir et à la possibilité de dépassement. Au contraire, le monde est plein d'attraits et d'appels, plein de signes et de sens. Et notre existence, elle aussi, est chargée de désirs et d'élans, elle va dans un sens et elle a un sens. Déjà en nous-mêmes nous poussons dans un sens, c'est-à-dire, comme je l'ai dit tout à l'heure, nous tendons vers la plénitude de notre présence au monde, à l'instar d'une fleur ou d'un arbre. Et de plus, nous tendons vers d'autres présences de beauté, vers une chance d'ouverture et d'élévation. C'est bien grâce à la beauté qu'en dépit de nos conditions tragiques nous nous attachons à la vie. Tant qu'il y aura une aurore qui annonce le jour, un oiseau qui se gonfle de chant, une fleur qui embaume l'air, un visage qui nous émeut, une main qui esquisse un geste de tendresse, nous nous attarderons sur cette terre si souvent dévastée.
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zenzibarzenzibar   01 juin 2014
Présence donc, cette notion est fondamentale. De présence à présence et entre les présences, lorsque se révèle, et se manifeste la vérité de la beauté, se produit tout un phénomène de perception, de ressenti, d’attirance, d’exaltation et d’adhésion. Si chaque présence est une finitude, en revanche, entre les présences qui ne cessent d’échanger circule le souffle de l’infini.
La beauté par son pouvoir d’attraction contribue à la constitution de l’ensemble de présences en un immense réseau de vie organique où tout se relie et se tient, où chaque unicité prend sens face aux autres unicités et par là prend part au tout. Oui on prend part et on va quelque part cela peut être résumé par un seul mot sens.
Ce mot polysémique est un diamant du vocabulaire français.
Comprimé en une seule syllabe il donne lieu à trois définitions, à savoir sensation, direction et signification. Ces trois définitions marquent en réalité les trois étapes, de notre existence. Et c’est justement à la lumière de la beauté que ces trois définitions acquièrent leur sens plénier.
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zenzibarzenzibar   20 juin 2014
Nous ne sommes pas tous artistes; mais tous nous avons part à la beauté. En réalité, nous sommes tous plus ou moins artistes. Le simple fait de vivre suppose un certain art de vivre.
Nous savons par exemple disposer des fleurs pour égayer notre demeure, dresser l'oreille pour écouter un chant d'oiseau, jouir d'un jardin au printemps ou du coucher du soleil sur la mer. Tout cela est bien.
Toutefois, si nous voulons dépasser les clichés, dépasser l'habitude de réserver la beauté à seulement quelques moments privilégiés, nous devons
apprendre à habiter poétiquement la terre comme l'a proposé le poète Höllderlin. Car la beauté, ce don qui nous est offert sans réserve, est omniprésente. Il faut savoir en capter ies pius humbles manifestations. Ces
fleurs anonymes qui poussent dans les fentes d'un trottoir, ce rayon de soleil qui soudain fait chanter un vieux mur, ce cheval pensif au milieu d'un pré après
la pluie, cet enfant qui offre un caillou coloré à un vieillard sur son banc, ces fragrances et saveurs que la mémoire réveille ...
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zenzibarzenzibar   03 juin 2014
La beauté se révèle donc un élément primordial dans notre quête d'une lumière qui éclairerait notre destin. Ici, quelqu'un serait tenté de m'interrompre, et il aurait raison de le faire, en me disant:
« Ne croyez-vous pas que vous idéalisez trop la beauté? Ne savez-vous pas que chez les hommes la beauté peut être perverse, que, douée de pouvoir de séduction comme elle est, elle peut devenir un instrument de tromperie, de domination, voire de destruction? Ne parle-t-on pas de la beauté du diable? »
À cette question, ma réponse est:
« Quand la beauté trompe, domine ou détruit, est-elle encore belle? N'est-elle pas, en ce cas, la laideur même, la laideur de l'âme qui est à la source de tout mal? »
Il faut donc absolument distinguer l'essence de la beauté et l'usage qu'on peut en faire. Car, encore une fois, l'esprit humain jouissant de la liberté a le pouvoir de tout pervertir. Sans cette distinction entre essence et usage, on confond tout et il n'est plus possible d'avancer d'un seul pas
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PiatkaPiatka   20 décembre 2014
Toujours concernant la beauté physique, celle du visage humain constitue une entité à part. À son propos, n'ayons garde d'oublier de mentionner d'importants facteurs qui y contribuent : regard, sourire, voix, etc., tous attributs qui relèvent déjà de la conquête de l'esprit.
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Videos de François Cheng (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Cheng
Une compilation des émissions « Albatros », par Gil Jouanard, diffusées en 1979 sur France Culture. François Cheng évoque avec passion l'histoire de la poésie chinoise.
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