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Jean-Paul Gratias (Traducteur)
EAN : 9782743610715
324 pages
Éditeur : Payot et Rivages (14/02/2003)
3.53/5   37 notes
Résumé :

Richard Watt, journaliste anglais, vit en exil en Italie avec sa compagne Magda depuis qu’il a fui une Angleterre gouvernée par un Premier ministre « socialiste », en réalité un dictateur.

En effet, Jobling - c’est son nom - se refuse à organiser de nouvelles élections à l’expiration de son mandat. Sa présence à Roccamarittima ayant été signalée aux autorités anglaises par un couple britannique, Watt se retrouve dans une position délicate. E... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
andreas50
  20 mai 2018
Il s'est établi aux environs de Roccamarittima, petit village de la Maremme, région d'Italie aux pied des Monts Métallifères et face à la mer Tyrrhénienne à quelques miles de l'Ile d'Elbe. Il passe ses journées au milieu de ses quelques arpents de vigne malade et de ses oliviers rabougris. le fruit de ses récoltes, vin et huile, suffit à les faire vivre, lui et sa compagne Magda.
Richard Watt et Magda sont Anglais, ex- journalistes, réfugiés. Malgré l'exil et leur dénuement, ils sont relativement heureux sur leur petit lopin de terre acheté avec leurs économies. Une terre aride, un soleil de plomb, une invasion de serpents.
Sans télé, sans radio,il doivent se contenter de la lecture du seul périodique autorisé : " L' English Times. "
Régulièrement, ils montent jusqu'à Roccamarittima, pour boire un verre, parler politique, ou tout simplement causer de tout et de rien avec leurs amis villageois. C'est aussi l'occasion d'avoir des nouvelles de la mère- patrie par le biais des habitants qui regardent la télé, lisent les journaux italiens.
Richard Watt, reconverti dans la viniculture par plaisir ? Avec de migres récoltes dues à la météo et aux maladies de la vigne ? D'autant qu'un retour en Angleterre est plus qu'improbable pour Watt. Que se passe-t-il Outre-Manche ? le pays est tombé sous la coupe d'une dictature de type fasciste. Jobling, politicien démagogue, leader du parti " Nouvel Elan ", a pris les commandes de l' Etat. Dictature veut dire presse , médias muselés. Seul un journal officiel et unique a droit de citer. Les étrangers, principalement les Noirs sont expulsés. La Société se résume à trois classes : les cartes rouges pour la Nomenklatura qui a tous les droits, tous les privilèges ; les cartes blanches pour la classe moyenne, ouvriers, employés percoivent un maigre salaire, des cartes d'alimentation, n'ont aucune liberté, et s'ils osent s'élever contre l'autorité établie, c'est la carte rouge,et, direction camps de travail à perpétuité.
Miliciens et espions à la solde du gouvernement font régner l'ordre et éliminent les éléments indésirables. La dictature anglaise a provoqué l'explosion du Royaume-Uni. Ecosse et Pays de Galles se sont retirés de l'Union. L'Angleterre est au bord du désastre; les autres Etats omposent un blocus économique.
Revenons à Richard Watt. Avant les élections qui ont amené Jobling au pouvoir, il lui avait proposé une interview télévisée qui va ridiculiser le futur Leader.
Bientôt, les journaux sont à la solde du " Nouvel Elan ", et la réaction du quotidien qui emploie Watt ne se fait pas attendre : il est limogé et contraint à l'exil. Jobling ne va pas oublier les critiques, les écrits des dissidents au régime, et sa police secrète se lance à leur recherche.
Il n'est pas rare que des exilés, des intellectuels, des artistes viennent passer des vacances chez Richard et Magda. Parmi ceux-ci, des taupes. Un jour, un couple d'invités signale la présence des deux journalistes en Italie.
Quelques semaines plus tard, Richard Watt, sort drogué d'un coma, dans un compartiment d'un train sur la ligne Douvres-Londres et escorté par une dizaine de membres de la Milice Royale.
Extradé de force d'Italie que va-t-il arriver à Richard Watt ?
Un roman prenant, obsédant, inquiétant ; d'autant que l'on connait l'attirance de Cook pour les univers sombres, déprimants, suicidaires, paranoïaques.
Un grand écrivain de polars, partagé entre génie, excès, faiblesses.
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Zonaires
  01 septembre 2017
Du passé faisons table rase et que l'avenir soit à jamais banni, tel semble être le mot d'ordre récurrent de ce roman d'une autre époque (1970) où un homme, journaliste non aligné, tente d'échapper au rouleau compresseur d'une société devenue totalitaire.
Un homme décidé, mordant, résistant, un homme amoureux, sincère, protecteur et fidèle, un homme instruit des choses du monde, animé par le désir de le parcourir, de regarder, écouter, comprendre. Un homme pris aussi par la nécessité de se mettre à l'abri de ses dérives et qui entreprend de s'installer pacifiquement dans un ailleurs où l'espace ne serait plus consacré qu'aux vertus de l'amour, du travail, de l'amitié et d'une révolte mesurée.
Mais sous le soleil aveuglant de l'Italie où il s'est réfugié, les jours heureux comptent pour rien, la détermination ne suffit pas et les bonnes résolutions volent en éclats quand les limiers de l'ordre nouveau viennent frapper à sa porte pour lui faire payer au prix fort ses engagements passés. L'être humain se transforme dans l'adversité mais plongé au coeur de la machine destructrice, celui-ci ne ferraillera bientôt plus qu'à tâtons, perdu dans l'obscurité d'une humanité déchue. Seule subsistera un temps la rage qu'engendre la dépossession et la volonté de survivre remplacera peu à peu l'exigence de liberté.
Au fil des pages on peut faire l'inventaire des règles qui fondent cet ordre absolu : division en classes, suppression des droits fondamentaux, médias sous tutelle, recours à la délation, milices omnipotentes, camps d'internements, élimination rationnelle des récalcitrants, déportation des étrangers...
Une anticipation qui fait froid dans le dos tant on peut en éprouver la banalisation dans le monde actuel et constater la mise en oeuvre ça et là de tout ou partie de ces conceptions. Un roman éprouvant, parfois insoutenable, mais qui entraîne forcément le lecteur à approfondir la façon dont il se débrouille avec ces affaires-là … avant de s'abandonner au sommeil.
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PolarOides
  24 mars 2019
La première moitié de « Quelque chose de pourri au royaume d'Angleterre » (Robin Cook) est consacrée aux années italiennes de Richard Watt. Cela peut sembler étrange de s'attarder ainsi sur Roccamarittima, ses habitants, la nouvelle vie de fermier du protagoniste. Cet enragé dont la tête a été mise à prix par le nouveau régime est désormais un paysan qui fait des journées de 16 heures et boit son litre de rouge sans ciller. On l'imagine grand et sec, à l'image des ceps de vigne qu'il cultive. Puis, doucement, avec les saisons, il va nous livrer par flash ses souvenirs d'opposant intellectuel et son regard sur l'Angleterre qui sombre dans un fascisme néo-prolétarien. Il compare avec la démocratie italienne. C'est comme s'il avait renforcé sa vigueur intellectuelle par une activité physique et gagné en humanité grâce au contact avec les habitants de ce village qu'il adore et qui l'adorent. Et pourtant, on en vient vite à sentir l'angoisse de l'exilé, sa fragilité. Avec le récit à la première personne, nous sommes en prise directe. Et si tout s'évaporait, si le passé le rattrapait ?
Il y a un énorme travail sur la psychologie de cet intellectuel engagé dans un double contexte d'exil et de répression. le trait d'union entre les deux est un chapitre formidable consacré à l'accueil de deux amis pour les vacances. On y voit tout le « gap » qui sépare Richard et sa femme Magda de ces deux êtres superficiels, sans force intérieure gagnés par les théories du Nouvel Elan.
Car c'est ce qui frappe quand Richard est confronté aux agents du régime. Lui, paysan, la quarantaine, les traits tannés par le soleil, n'est confronté qu'à des êtres médiocres, peu développés, bedonnant et adipeux dans leurs costumes bon marchés. Leur peau est malsaine, leurs cheveux gris sales, gras et clairsemés. Watt résiste, les humilie, leur parle sur un ton qu'ils n'ont jamais entendu, garde même sa capacité d'analyse pour comprendre ce qu'ils faisaient, avant, et pourquoi, ils en son arrivés là. Et pourtant, à chaque fois, il cède. Jusqu'à l'internement, où il vit la répression à l'état brut. Pas la violence physique, mais celle qui met face au néant, à l'absence de perspectives et d'espoir. le temps est aboli, il faut attendre, on est rongé par l'ennui et progressivement, on perd en épaisseur, sur les plans physique et intellectuel. Pas d'exercice, nourriture infecte, lectures mièvres, interdiction d'écrire, pas de procès, personne à qui s'opposer, attente de rien. Les analyses sont moins percutantes. Dépérissement.
Un vrai beau livre, avec un regard très sensible sur ce village italien et ses habitants puis sur l'Angleterre qu'il retrouve, Douvres, les trains, la campagne de son enfance autour de Londres.
Richard Watt n'a pas fait l'unique chose qui lui aurait sauvé la mise, prendre la nationalité italienne.
Les analogies avec Robin Cook sont évidentes. Ils sont issus d'une grande famille bourgeoise avec laquelle ils ont rompu, ils ont quitté l'Angleterre pour le continent et la ville pour la campagne. Une façon de rentrer dans l'intimité et l'univers de cet écrivain si attentif à ces personnages, auquel François Guerif a consacré de belles pages dans « du polar ».

Lien : http://polaroides.blog.lemon..
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marjojo95
  10 mars 2016
Un livre d'anticipation politique où le narrateur, journaliste anglais exilé en Italie, est ramené de force dans une Angleterre devenue fasciste, pour y être
Je concède à ce bouquin une certaine force, notamment dans l'évocation de l'engrenage inexorable qui va progressivement pousser le narrateur dans les rets des fascistes. Il y a une puissance sombre, pessimiste qui se dégage de ce livre, car on sent dès le début l'épée de Damoclès au-dessus de sa tête.
Malheureusement, la puissance du propos est parasitée par un style péniblement verbeux. Les dialogues sonnent complètement faux, les descriptions de l'Italie sur cinq pages sont exaspérantes, les personnages sont à gros traits. Et puis je trouve (mais peut-être suis-je cruelle !) que Cook ne va pas assez loin dans la description de l'horreur que peut vraiment atteindre un régime totalitaire et son système concentrationnaire. C'est effrayant mais ça reste assez policé, Comparé, par exemple, à la République Dominicaine de Vargas Llosa (qui, il est vrai, était réelle!), son Angleterre facho est assez peu crédible. Même si je lui concède de décrire efficacement la façon dont l'esprit et l'humanité s'éteignent dans les geôles de ce genre de système.
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AliceFee
  02 mai 2017
Mlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Quelque Chose de Pourri au Royaume d'Angleterre ?
"Il suffit généralement que le mot Angleterre figure dans le titre pour que je sois perdue. En voilà un nouvel exemple."
Dites-nous en un peu plus sur son histoire...
"Richard Watt, ancien journaliste politique, a perdu son emploi après avoir ridiculisé le nouveau premier ministre Jobling aux tendances dictatoriales. Il s'est installé depuis en Italie avec sa compagne, regardant sombrer son pays de loin, à moins que Jobling n'est la rancoeur tenace..."
Mais que s'est-il exactement passé entre vous?
"J'aime beaucoup ce genre de livre même si je suis à peu près sûre qu'il ne fait pas autant réfléchir le lecteur que ce qu'on pourrait penser. À mon avis, chacun y trouvera la confirmation de ce qu'il veut croire et passera à côté des indices qui tendent à prouver le contraire, moi y compris certainement. Malgré tout, dans cette époque d'incertitude, il n'est pas inintéressant de se pencher sur cette fiction des années 70, mais toujours tristement actuelle, dépeignant une Angleterre basculant dans le totalitarisme. Ce que j'ai regretté en revanche, ce sont les longueurs et les langueurs des cents premières pages durant lesquelles je me suis plutôt ennuyée. Mais passé ce cap, pas de doute, on peut difficilement abandonné le héros avant de savoir enfin à quelle sauce il sera mangé, même si plus l'histoire avance, plus l'impact est difficile à supporter pour moi."
Et comment cela s'est-il fini?
"L'auteur nous explique que sans espoir, l'homme n'est rien, ce en quoi je suis on ne peut plus d'accord avec lui et du coup, franchement, je ne comprends pas bien cette fin qui me pousserait plutôt, finalement, à déconseiller cette lecture."
Lien : http://booksaremywonderland...
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
andreas50andreas50   20 mai 2018
Je ne suis même pas sûr que ma carrière journalistique tout entière n'ait pas été inspirée par ma haine pour cet homme à la voix banale faussement rassurante, son habitude de présenter son profil à la caméra de télévision, la façon dont il repoussait en arrière ses cheveux épais et grisonnants du geste délibéré qui trahit un esprit médiocre ; par le large sourire qui révélait ses dents gâtées pour tenter de détourner l'attention de ses yeux méchants noyés dans la graisse avoisinante et dont le regard devenait fuyant quand il énonçait un sophisme visqueux et hors sujet ; par son infatigable insistance à mettre en avant ses origines prolétariennes que la réalité des faits démentait formellement ; mais, plus que tout, peut-être, je haïssais son aisance naturelle à proférer un mensonge stupéfiant avec une gravité qui ne semblait pas feinte et dont seul est capable un homme qui croit lui-même plus qu'à moitié audit mensonge.
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RenodRenod   01 juin 2017
Et en dépit de tout, de ma peur constante, de mes désillusions passées, de mes combats, je n'ai pas envie de mourir. Je veux voir encore un été et beaucoup d'autres automnes, ma saison préférée ici, quand les grandes tempêtes se préparent et s'ébrouent comme des géants derrière les montagnes avant de fondre sur nos terres, courbant les arbres vers la maison, jetant des masses de pluie et de feuilles mortes contre la fenêtre de la cuisine où brûle le premier feu de hêtre et de chêne tandis que Magda nourrit les chiens et les deux chats et pose sur la table la théière et le pot de miel offert par un voisin. Je veux comprendre bien mieux encore toutes ces choses simples, apprendre à aimer davantage, et au bout du compte me dresser contre des monstres tels que Jobling, qui écrivent le nom de la mort dans les marges de toutes ces pages, et les renverser.
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rkhettaouirkhettaoui   16 février 2013
Les jeunes font des révolutions, ou pensent les faire ; en réalité, ils sont, à chaque fois, exploités par des vieux renards qui les manipulent. Les jeunes Britanniques ont cru mener une révolution : ce qu’ils sont effectivement parvenus à faire, c’est déstabiliser l’ordre établi, donnant ainsi à Jobling l’occasion de prendre le pouvoir et de gouverner par ordonnances.
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rkhettaouirkhettaoui   16 février 2013
Vivre à la ferme n’est pas une détente. La situation a évolué de telle manière que nous sommes tous les deux contraints de l’exploiter pour gagner notre vie, et c’est un rude travail. Notre terre doit non seulement nous fournir une quantité de vin et d’huile suffisante pour subsister toute l’année, mais aussi pour nous assurer des revenus, car nous vendons une partie de notre production.
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rkhettaouirkhettaoui   16 février 2013
À mon âge, changer de mode de vie est déjà pénible ; quand il change pour empirer, comme l’impose le Nouvel Élan, c’est intolérable. Par nature, je suis porté au pessimisme. Je n’ai jamais cru au progrès, qui est impossible dans le cadre de n’importe quel système politique, de droite ou de gauche, de répartition des pouvoirs. Ces systèmes exercent toujours leur pression sur la société pour qu’elle demeure ce qu’elle est ou, si cela est impossible, pour qu’elle soit encore plus immuable, c’est-à-dire répressive.
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Video de Robin Cook (II) (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robin Cook (II)
Bande-annonce de "On ne meurt que deux fois" de Jacques Deray avec Michel Serrault, Charlotte Rampling.
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