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ISBN : 2752908121
Éditeur : Libretto (03/07/2012)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 102 notes)
Résumé :
Les lecteurs de langue française (malgré Fritz Lang qui en tira l'un de ses plus beaux films) ont ignoré pendant près d'un siècle ce roman insolite, publié en 1898 et salué d'enthousiasme par Thomas Hardy. Ce récit de brume et de mystère - dont on livre ici la première traduction intégrale - est aujourd'hui considéré, aux côtés de "L'Ile au Trésor", comme le classique par excellence du roman d'aventures d'expression anglaise.
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  23 février 2017
Il y a quelques écrivains qui ne sont connus pratiquement que pour un seul livre. Soit qu'ils n'en aient écrit qu'un, soit qu'il s'agisse du seul trait de génie d'une carrière sans autre relief. Avec Falkner c'est un peu des deux : il n'a pas écrit beaucoup, et sur ses trois livres un seul fut promis à une grande renommée : ‘Moonfleet'. Il sera même adapté par Fritz Lang, même si l'histoire du film n'a qu'un lointain rapport avec le livre.
Première particularité, rare pour un livre de la fin du XIXème, il peut être lu aussi bien par les enfants que par les adultes. Car le héros est un enfant, mais il grandit en compagnie d'adultes. Quand l'histoire commence, John Tranchard est orphelin et a treize ou quatorze ans. Dans le petit village anglais où il vit, tout le monde ou presque tire sa subsistance de la contrebande. Depuis sont auberge à l'apparence innocente, l'homme qui l'a recueilli, Elzevir Block dirige le trafic. C'est un homme d'honneur, droit et juste.
Le problème c'est que dans le « presque », il y a la jeune fille que John aime, Grace, intelligente et douce. Son père, le magistrat local, est l'homme le plus haï du pays : il a juré de venir à bout des trafics. Au cours d'une rencontre, il a de sa propre main tué le fils adolescent d'Elzevir Block, qui depuis attend l'heure de sa vengeance… Qui finit par arriver un jour. Mais, alors que lui et John sont poursuivis et traqués dans tout le compté, un hasard les mets sur la piste d'un ancien trésor maudit, une perle de grande valeur volé au roi Charles Ier…
Le style, vif et cru, rend bien les pensées d'un adolescent éveillé et habitué à se débrouiller par lui-même. L'écriture de Falkner est belle, puissante et évocatrice. Certaines scènes sont véritablement magnifiques, notamment l'enterrement du père de Grace. L'homme avec lequel elle a toujours vécu, son unique famille, est mort. Seule devant l'église avec le cercueil, elle réalise que les villageois qui l'entourent ne sont pas venus pour l'accompagner à sa dernière demeure, mais pour se moquer de celui qu'ils haïssaient…
Les aventures de John et de son père adoptif sont prenantes et riches en rebondissements. Mais le ton est réaliste, et même les passages les plus durs sonnent vrais. Pendant des années ils devront errer, loin des rivages de la belle Angleterre…
Je regrette que Falkner n'ait pas écrit plus… Mais je n'ai jamais osé lire ses deux autres livres, de peur d'être déçu après ‘Moonfleet' !
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Erik35
  17 avril 2017
SI D'AVENTURE EN AVENTURE...
MOONFLEET !!!
Voilà bien un nom qui claque comme un drapeau hissé en plein vent, comme un cri de guerre ou encore comme une vergue qui claque tandis que les marins hissent la grand voile !
Mais, Moonfleet, c'est quoi, précisément ? Ou bien qui, peut-être ? Ou encore, où est-ce ? Car ce nom autour duquel se rattache tout un roman est, assurément, le principal personnage de ce beau, très beau roman d'aventure. Et pour autant, Moonfleet est bien un lieu, non un être humain -mais comme il est cependant vivant, ce lieu, et hypnotique, comme il se demeure aussi tel une ancre posé en pleine terre, vers où tout semble devoir se tendre, agir, vivre, naître ou renaître. Aimer...
Moonfleet est donc un simple village, un village en souffrance, même, meurtri par une malédiction vieille d'un siècle, son nom même étant irrémédiablement lié à la famille noble, ainsi que nous l'explique dès la première page le narrateur :
"Quand j'étais petit, je croyais qu'on appelait ce lieu Moonfleet parce que, au plus beau de l'été comme pendant les gelées d'hiver, lorsque la nuit était tranquille, la lagune étincelait au clair de lune ; mais je devais apprendre par la suite que ce nom était en réalité une abréviation de «Mohune-Fleet », du nom de Mohune, qui avaient été jadis seigneurs de toutes ces terres."
Et notre narrateur de poursuivre immédiatement, afin que l'essentiel des présentations soient faites :
" Je m'appelle John Trenchard, et j'avais quinze ans lorsque débuta cette histoire."
Rapide, efficace, sans littérature ni digression inutiles ! C'est ainsi que le jeune John Trenchard,- même si c'est au crépuscule de son existence qu'il couche les souvenirs que nous découvrons, émerveillés comme un gosse devant la devanture des Galeries Lafayette en pleines fêtes de Noël -, nous entraîne dans des aventures toutes plus énergiques, rocambolesques, incroyables, enivrantes (etc) les unes que les autres ! Car tout y est de ce qui se doit de composer un récit d'aventure, plus ou moins maritime puisque la majeure partie de l'ouvrage se déroule à terre, dans les environs proches de ce minuscule village, peu à peu en train de péricliter.
Jugez-en un peu : Des contrebandiers trafiquant essentiellement de l'alcool et du bon, un bourgeois, juge de paix impitoyable et intransigeant, nouvellement installé dans l'ancien manoir, aussi riche et avare qu'il est le diable en personne. Cet homme, semblable à un monstre sous couvert du droit, est cependant le père d'une jeune fille adorable, généreuse et douce -dont notre jeune héros ne manque évidemment pas d'être amoureux -. D'ailleurs, ce jeune homme est, comme il se doit, orphelin, pauvre et élevé par une tante acariâtre, cagote et sans la moindre douceur. On y croise un sacristain aussi débrouillard que délicieusement pêcheur (mais toujours du côté de la cause juste à défaut de celle de l'implacable Justice), un fier tavernier, taiseux mais brave et bon, venant de perdre son fils unique sous les balles du richard déjà décrit. Il ne manque évidemment une histoire de malédiction - celle pesant sur la famille Mohune, depuis que son dernier représentant a trahi tout sens de l'honneur en retournant sa veste à plusieurs reprises -. En sus de cette malédiction, il ne pouvait manquer la présence d'un fantôme - celui de cet homme, mort un siècle auparavant, le Colonel John Mohune, au terrible surnom de Barbe Noire ! -, même si l'on se demande parfois si ce fantôme ne sert pas invariablement les intérêts des contrebandiers...
... Sans oublier, bien sur, l'incroyable trésor ! Lui-même maudit, puisque viscéralement lié à l'histoire du fameux Colonel Mohune, il sera une sorte de fil rouge tout au long de cette aventureuse histoire. C'est pour lui que notre jeune intrépide bâtira l'essentiel de son existence, c'est à cause de lui qu'il se retrouvera à maintes reprises dans des postures allant du plus fâcheux au franchement dramatique, qu'il sera à deux doigts d'y laisser sa santé et qu'il y laissera même certaines des plus belles années de sa jeune existence...
Tout ces éléments, constitutifs d'un grand roman d'aventure et de quête, se trouvent dans ces quelques deux-cent soixante-dix pages. Trop, penserez-vous ? Non pas ! Car c'est bien là le génie de cet auteur méconnu chez nous, ce John Meade Falkner à qui la destinée ne permis pas d'écrire plus de trois romans, les deux précédents étant dans une veine plus fantastique, le quatrième qu'il était sur le point d'achever s'étant perdu dans un train... Oui, c'est son génie que d'avoir pu à se point faire siennes les théories romanesques du grand Robert-Louis Stevenson et de son Île au trésor, car bien loin de sembler redondant ou par trop attendu, les pages défilent au rythme des aventures, on vibre pour ce jeune homme qui, plus que d'être un insupportable garnement, semble le jouet d'un destin aussi contraire qu'injuste. Et il serait par ailleurs bien inopportun de songer que la leçon qui nous est donnée là est celle, factice, du droit et de l'ordre - après tout, on sent bien que l'auteur se place délibérément du côté des contrebandiers contre la loi d'airain de la Justice du Roi et de ses représentants, et même s'il fait payer très cher leur liberté presque anarchisante à ces hommes de rien et de beaucoup à la fois - mais, sans y inscrire une morale absolument chrétienne, la bonté, la générosité et l'amour y sont mis en exergue, de même qu'est régulièrement rappelé, en prenant pour source le Y du blason des infortunés et maudits Mohune, que le choix peut toujours se faire entre la voie courte, faible et facile de l'existence - mais que ce choix se paie toujours tôt ou tard au centuple - et la voie plus longue, plus aride, difficultueuse qui mène à la véritable estime de soi et, partant, à l'amour des autres.
Une belle, très belle leçon de vie, contée magistralement et, pour cette fois, pour un public jeune ou moins jeune, un fabuleux récit d'aventure dans lequel on se plonge comme dans une sorte de félicité enfantine retrouvée. Un peu comme s'il nous était donné de redécouvrir, avec ce regard de nos sept ou huit ans et pour la première fois, ces bons vieux films d'aventure et de chasse au trésor dont le cinéma américain des années 50 fut si prodigue, ou, pour les plus jeunes, de se souvenir de la première de "Pirates des Caraïbes"... Ces instants sont rares, gardons-les précautionneusement, ceux-là sont nos vrais trésors.
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kathy
  26 avril 2013
John Trenchard un jeune orphelin de 15 ans vit dans le petit village de Moonfleet, dans le Dorset du 18ème siècle, en compagnie de sa tante sévère, peu encline à l'affection.
L'endroit est renommé pour les nombreux naufrages lors des fortes tempêtes qui ravagent la côté. le jeune garçon est fasciné par la légende de Barbe-Noire dont le vrai nom était Mohune, appartenant aux fondateurs de Moonfleet. le pirate y aurait caché un trésor que John aimerait retrouver…
Un vieux pêcheur ayant perdu son fils se prend d'affection pour le garçon et l'introduit dans la bande des contrebandiers du village. Trenchard et Elzevir Block deviennent une famille l'un pour l'autre et cette affection entraînera de terribles répercussions…
Bien que destiné à la jeunesse, ce roman, dans lequel flotte un parfum de mystère, n'est pas sans rappeler les éléments classiques du 19° siècle. Une époque où les écrivains accordaient un grande importance aux orphelins, ceux-ci semblant prédisposés à être des héros littéraires (Oliver Twist, David Copperfield, Jim Hawkins dans l'Ile au Trésor,… )
J.M. Falkner nous propose dans ce roman, à la fois de l'aventure, mais aussi des sentiments et exploits virils, tels que l'amitié, l'amour filial, l'honneur, le courage, le sens du sacrifice.
Un roman d'aventure à la fois entraînant, inquiétant et dépaysant.
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Arakasi
  03 août 2012
Dans la crique embrumée de Moonfleet, où sévissait quelques décennies auparavant le terrible Barbe-Noire (aussi curieux que cela puisse sembler : aucun rapport avec le célèbre pirate du même nom), contrebandiers et agents de la Couronne se tirent mutuellement la queue. Assis sur une tombe face à l'océan, le jeune John Trenchard rêve du jour où lui aussi pourra prendre la mer, découvrir de nouveaux horizons et déterrer de mystérieux trésors. Vient le jour où ses fantasmes se réalisent enfin, mais pas tout à fait sous la forme qu'il avait imaginée. Coups de feu dans la nuit, fuite sur des falaises vertigineuses, grottes perdues, diamants enfouis, tempêtes rugissantes… Voici le jeune garçon entraîné dans la plus trépidante, et accessoirement la plus périlleuse, des aventures qui entraînera John loin, très loin, de son cher Moonfleet et de la jolie Grace Maskew qu'il rêve d'épouser un jour.
Amateurs de romans d'aventures, bousculez-vous au portillon ! Il y a tout dans « Moonfleet » pour vous plaire : des contrebandiers, de la bagarre, des morts, du sang, des trésors, des naufrages, de l'amour… Mais de l'amitié surtout ! Celle, touchante et profonde, qui lie le narrateur et Elzevir Block, un vieux contrebandier aux épaules de taureau et au coeur trop tendre, qui prend sous son aile le jeune garçon et suera sang et eau pour le protéger des multiples dangers qui croiseront leur route. C'est dans l'histoire de leur amitié que le roman prend toute son ampleur et dépasse le simple récit d'aventures pour toucher et émouvoir.
En conclusion : une très agréable lecture que je recommande chaleureusement, surtout aux amateurs d'aventures maritimes.
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robiouane
  29 décembre 2012
Moonfleet, c'est un village de pêcheurs et de contrebandiers où vit John, un adolescent préoccupé par le souvenir de Barbe Noire, un brigand du temps passé, dont les mauvaises actions hantent encore les esprits et peut-etre le village...
Quel beau roman d'aventures. J'ai été emportée, d'abord par la beauté du texte - car la traduction semble bien rendre compte de sa forme sobre, élégante et précise -, ensuite par le récit lui même. Son cadre est somptueusement planté, très romantique - la mort, le cimetière, les falaises, les landes désertes...-, les personnages profonds, droits, mais sujets aux erreurs donc très humains (Falkner raconte comment un homme et un jeune garçon s'élisent mutuellement comme père et fils), le point de vue moral fort mais pas manichéen... et les situations inattendues, très visuelles et surprenantes.
Mais ce texte est avant toutes choses un livre d'aventures puissant, car ses éléments s'imbriquent avec évidence: ce récit est un tout qui s'impose de lui-même.
J'ai toujours eu un faibles pour les histoires de marins, mais alors là, quel bouquin.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   15 avril 2017
Barbe-Noire était un Mohune, mort depuis plus d'un siècle. On l'avait enterré dans la crypte, sous l'église, avec les autres membres de sa famille, mais il ne parvenait pas à y trouver le repos. Selon les uns, parce qu'il était inlassablement en quête d'un trésor perdu ; selon les autres, à cause de tout le mal qu'il avait fait durant sa vie. Si cette dernière explication était la bonne, il avait dû être particulièrement épouvantable, car d'autres Mohune, décédés avant ou après lui, avaient été suffisamment malfaisants pour soutenir avantageusement la comparaison avec n'importe qui, que ce fût dans leur caveau ou ailleurs. On racontait que, pendant les sombres nuits d'hiver, on apercevait parfois Barbe-Noire dans le cimetière, fouillant le sol à la lueur d'une antique lanterne, à la recherche d'un trésor. Et ceux qui prétendaient tout savoir le décrivaient comme un colosse au visage cuivré, avec une grande barbe noire et des yeux tellement cruels que quiconque croisait son regard, ne fût-ce qu'un instant, mourait dans le courant de l'année. Que ce fût vrai ou non, la plupart des habitants de Moonfleet auraient cent fois préféré faire un détour quatre lieues plutôt que d'approcher du cimetière une fois la nuit tombée. Et ce matin d'été où l'on trouva Simplet Jones, un pauvre garçon à l'esprit un peu faible, mort dans l'herbe, personne ne douta une seconde qu'il avait rencontré Barbe-Noire durant la nuit.
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NanoNano   18 juillet 2012
Barbe-Noire était un Mohune, mort depuis plus d'un siècle. On l'avait enterré dans la crypte, sous l'église, avec les autres membres de sa famille, mais il ne parvenait pas à y trouver le repos. Selon les uns, parce qu'il était inlassablement en quête d'un trésor perdu ; selon les autres, à cause de tout le mal qu'il avait fait durant sa vie. Si cette dernière explication était la bonne, il avait dû être particulièrement épouvantable, car d'autres Mohune, décédés avant ou après lui, avaient été suffisamment malfaisants pour soutenir avantageusement la comparaison avec n'importe qui, que ce fût dans leur caveau ou ailleurs. On racontait que, pendant les sombres nuits d'hiver, on apercevait parfois Barbe-Noire dans le cimetière, fouillant le sol à la lueur d'une antique lanterne, à la recherche d'un trésor. Et ceux qui prétendaient tout savoir le décrivaient comme un colosse au visage cuivré, avec une grande barbe noire et des yeux tellement cruels que quiconque croisait son regard, ne fût-ce qu'un instant, mourait dans le courant de l'année. Que ce fût vrai ou non, la plupart des habitants de Moonfleet auraient cent fois préféré faire un détour quatre lieues plutôt que d'approcher du cimetière une fois la nuit tombée. Et ce matin d'été où l'on trouva Simplet Jones, un pauvre garçon à l'esprit un peu faible, mort dans l'herbe, personne ne douta une seconde qu'il avait rencontré Barbe-Noire durant la nuit.
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Erik35Erik35   17 avril 2017
Nul ne descendait plus ces marches à présent, car non seulement des gaz très toxiques avaient envahi le fond des puits, mais on racontait aussi que des démons et autres esprits malins se cachaient dans les étroits passages. Quelqu'un de compétent en la matière m'a dit que lorsque saint Aldhelm vint pour la première fois à Purbeck, il banni les anciens dieux païens au plus profond des galeries. Le pire de toute la troupe était, paraît-il, un certain démon nommé Mandrive, qui veillait sur les plus beaux marbres noirs. C'est pourquoi ce marbre ne pouvait être utilisé que dans les églises ou pour les tombeaux, car le Mandrive avait le pouvoir d'étrangler quiconque aurait taillé ce marbre dans un autre dessein.
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Erik35Erik35   16 avril 2017
C'est alors qu'à ma grande surprise Elzevir prit la parole :

- C'est un brave garçon, dit-il, et je voudrais qu'il soit mon fils. Il a l'âge de David et il fera plus tard un bon marin.

C'était des mots tout simples, mais qui me réchauffèrent le cœur ; car Elzevir semblait penser ce qu'il disait, et je commençais à l'aimer en dépit de sa sévérité. Et puis j'étais désolé du chagrin qu'il avait pour son fils. Je fus si ému par ses paroles que pendant un moment j'eus envie de sauter sur mes pieds et de lui révéler que j'étais couché là et que je l'aimais bien, mais je me ravisai et me tins coi.
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natlitounatlitou   20 août 2013
- Mon garçon, dit-il, j'ai vu des hommes risquer leur vie pour bien des raisons : pour l'or, ou l'amour, ou la haine - mais jamais je n'en ai vu jouer avec la mort pour le simple plaisir d'aller retrouver un arbre, un ruisseau ou des pierres. Et quand les hommes racontent qu'ils aiment un endroit ou une ville, tu peux être sûr que ce n'est pas l'endroit qu'ils aiment, mais quelqu'un qui y vit. Ou bien ils ont aimé quelqu'un autrefois, dont ils veulent retrouver le souvenir.
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Bande annonce (VO) de la série Moonfleet, adaptation du roman de John Meade Falkner
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