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François Ewald (Directeur de publication)Alessandro Fontana (Directeur de publication)Jacques Lagrange (Éditeur scientifique)
EAN : 9782020307697
416 pages
Éditeur : Gallimard (21/10/2003)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :

Le cours de l’année 1973/1974 marque une rupture dans la démarche intellectuelle de Michel Foucault. D’un côté, il continue le travail commencé avec l’Histoire de la folie, les procédures, concepts qui font apparaître l’objet « folie », mais de l’autre il rompt avec ses problématiques anciennes : il s’intéresse de plus en plus aux stratégies (plutôt qu’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
aaahhh
  22 août 2012
Ce n'est pas facile de lire Michel Foucault. Sa pensée est dense et complexe, et elle demande un réel effort de réflexion. Mais quand on fait cet effort, la richesse et l'intelligence de sa théorisation est une réelle récompense intellectuelle!
"Le pouvoir psychiatrique" regroupe les cours qu'il a donné au collège de France en 1973 et en 1974 sur le thème de l'histoire et du sens de la psychiatrie. de Pinel à Charcot, le philosophe se propose à travers une généalogie du savoir et du pouvoir psychiatrique, d'exposer son hypothèse selon laquelle la psychiatrie ne serait pas née comme conséquence d'un nouveau progrès dans la connaissance sur la folie mais suite à la mise en place de dispositifs disciplinaires organisant le régime imposé à la folie.
Michel Foucault entend le pouvoir psychiatrique comme l'une des branches du pouvoir disciplinaire (au même titre que la prison), qu'il a beaucoup étudié et qui est au centre de nombre de ses recherches; car pour le philosophe, le savoir dont se prévalent les scientifiques et les experts de toutes sortes, dont les psychiatres, ouvre toujours sur une relation de pouvoir. Les individus, ici les fous, sont donc dans cette optiques des individus assujettis à une discipline.
L'idée centrale de cet ouvrage foucaldien est bien sûr que cette discipline, qui se joue d'abord dans un lieu clos (ici l'asile), se dissémine dans toute la société. Dès lors apparaît ce que l'auteur appelle l'« effet psy », c'est à dire une médicalisation de l'existence, l'obsession de la norme et de la normalité qui préside dans nos sociétés contemporaines.
Je dois avouer qu'il m'a fallut m'accrocher pour terminer cet ouvrage et que j'ai dû prendre des notes tout du long pour organiser ma pensée et être bien sure de comprendre tout à fait celle du maître. Et encore, je suis absolument certaine de n'en avoir pas saisi la moitié, mais je peux néanmoins dire que ce que j'ai compris et ce que j'ai pu apercevoir des profondeurs de la réflexion du philosophe m'a vraiment beaucoup intéressé et m'a semblé être d'une richesse peu commune!
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
hupomnematahupomnemata   31 août 2012
Aveu extrême que l'on arrache, au fond, sur le thème et à partir de cette affirmation que si l'on dit la folie, l'on s'en débarrasse. Et c'est là que joue, dans la technique de l'interrogatoire psychiatrique, la double analogie avec, à la fois, l'aveu religieux et la crise médicale : l'aveu religieux aide au pardon, l'expectoration, l'excrétion dans la crise médicale fait sortir la substance morbifique. Au point de convergence ou, si vous voulez, dans une espèce d'oscillation entre l'aveu qui fait pardonner et l'expectoration qui chasse la maladie, l'aveu extrême de la folie, c'est - assurent les psychiatress de cette époque-là et sans doute bien d'autres encore actuellement -, c'est finalement ce à partir de quoi l'individu pourra s'affranchir de sa folie. "Je t'affranchirai de ta folie, à la condition que tu m'avoues ta folie", c'est-à-dire : "donne-moi les raisons pour lesquelles je t'enferme; donne-moi effectivement les raisons pour lesquelles je te prive de ta liberté, et, à ce moment-là, je te libérerai de ta folie. Le mouvement par lequel tu guériras de ta folie est celui par lequel je me garantirai que ce que je fais est bien un acte médical." Tel est cet enchevêtrement entre le pouvoir du médecin et l'extorsion de l'aveu chez le malade qui constitue, je crois, le point absolument central de la technique de l'interrogetoire psychiatrique.
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aaahhhaaahhh   13 mai 2012
Le pouvoir disciplinaire a cette double propriété d'être anomisant, c'est-à-dire de mettre toujours à l'écart un certain nombre d'individus, de faire apparaître de l'anomie, de l'irréductible, et d'être toujours normalisant, d'inventer toujours de nouveaux systèmes récupérateurs, de toujours rétablir la règle. C'est un perpétuel travail de la norme dans l'anomie qui caractérise les systèmes disciplinaires.
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aaahhhaaahhh   13 mai 2012
Ce qui a donné naissance aux sciences de l'homme, ça a été précisément l'irruption, la présence ou l'insistance de ces problèmes tactiques posés par la nécessité de distribuer les forces de travail en fonction des nécessités de l'économie qui se développait alors.
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Videos de Michel Foucault (69) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Foucault
Michel Foucault et Arlette Farge : Le désordre des familles (1983 / Les lundis de l’Histoire). Diffusion sur France Culture le 10 janvier 1983. Par Roger Chartier. Photographie : Michel Foucault vers 1980. © Jerry Bauer/Opale/Leemage et Arlette Farge/DR. Avec Michel Foucault, Arlette Farge, Michelle Perrot et André Béjin. Cette émission était l’occasion d’un débat autour du livre de Michel Foucault et Arlette Farge, "Le Désordre des familles. Lettres de cachet des Archives de la Bastille au XVIIIe siècle". Présentation du livre par les éditions Gallimard : « Les idées reçues ont le cuir dur : la lettre de cachet, sous l'Ancien Régime, passe aujourd'hui encore pour l'exemple même du bon plaisir royal servant à enfermer nobles infidèles ou grands vassaux désobligeants. Symbole de l'arbitraire, elle serait un acte public cherchant à éliminer l'ennemi du pouvoir sans autre forme de procès – au point que l'histoire a fait d'elle le symbole de la prise de la Bastille. Mais de la mémoire se sont enfuies les innombrables lettres servant à tout autre chose qu'aux affaires d'État. Il ya celles pour affaire de police, instrument le plus simple pour enfermer discrètement et secrètement la forte tête qui crée du désordre dans l'atelier, mais aussi les prostituées, les voleurs à la tire, les filous ou les comédiens – tout un monde de migrants, mouvant, fugitif. Plus encore, il y a les lettres de famille, lorsque le comportement d'un conjoint ou d'un fils paraît troubler l'ordre intime dont la tranquillité participe à l'ordre public. Arlette Farge et Michel Foucault nous proposent une lecture différente des Archives de la Bastille : où l'on n'avait voulu voir que la colère du souverain, ils dévoilent les passions d'un menu peuple ; où l'on était obnubilé par l'ordre monarchique, ils discernent, entre parents et enfants, dans les disputes des ménages, la trame fine de la vie privée et le désordre des familles. »
Source : France Culture
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Dans la catégorie : Troubles psychiatriquesVoir plus
>Maladies>Maladies du système nerveux. Troubles psychiques>Troubles psychiatriques (235)
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