AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9791025104613
272 pages
Éditeur : French Pulp Éditions (10/01/2019)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Eric, quasiment à la rue avec une femme sur le point d'accoucher, n'a plus de travail.
Il n'a qu'une seule solution pour s'en sortir : quitter la ville pour rejoindre la scierie familiale, perdue en pleine ligne bleue des Vosges.
Un retour aux sources compliqué quand on n'a pas vu les siens depuis des années.
Il y a ça, et surtout les secrets de famille, sans compter les magouilles du frère aîné qui règne en véritable tyran sur le domaine.
... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  23 février 2019
Qui a dit qu'il ne se passait rien dans les campagnes d'ici et d'ailleurs ? Décidément le polar rural qui dépote à le vent en poupe ... après les malfrats de père en fils des Appalaches ( Bull Mountain, Brian Panovich ), après les voyous loosers déglingos du fin fond de l'Ardèche ( Ma Vie sera pire que la tienne, Williams Exbrayat ) ou encore après le déchirant Gus des Cévennes ( Grossir le ciel, Franck Bouysse ) ... voici la famille autarcique des Vosges qui vit sous la coupe d'une brute épaisse, une famille aux moeurs primitives, sauvages, sordides, une famille dans laquelle on vous nettoie au jet d'eau froide devant tout le monde , où un oncle tripote ouvertement à table sa nièce sans que personne n'ose réagir. Affreux, sales et méchants, mais pas que.
A côté du personnage monolithique du frère tyran, l'auteur fait émerger des personnages intéressants et nettement plus complexes : la mère, un bloc polaire beaucoup trop taiseux pour n'avoir rien à cacher ; la belle-fille Elise, dopée par sa grossesse puis maternité, l'élément perturbateur qui va tout faire exploser ; Ludovic, le neveu révolté qui veut apprendre, lire, faire des études.
Gilbert Gallerne a un vrai talent pour créer une ambiance lourde, poisseuse en mode huis clos oppressant, sa plume est précise et sèche, efficace pour servir le propos. le scénario est implacable; dès les premières pages, on sent bien que l'office du tourisme des Vosges ne va pas plussoyer, mais qu'importe l'auteur nous emmène dans des recoins de l'intrigue qu'on n'avait point soupçonné.
Bravo aux éditions French Pulp qui publie des polars / romans noirs qui ont du chien, du culot, de la singularité et du peps !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          753
paulmaugendre
  24 février 2019
Il suffit de traverser la rue pour trouver du travail, qu'il a dit, l'homme aux piques plus nocives que le frelon asiatique.
Alors Eric, informaticien au chômage, et sa femme Elise, employée dans une boutique de chaussures, renvoyée par son patron parce qu'elle est enceinte, peut-être n'avait-il pas trouvé chaussure à son pied, ont décidé de quitter Annecy pour se rendre dans les Vosges. Mais retrouver sa famille vingt ans après l'avoir quittée, pour Eric c'est comme un espoir de repartir d'un bon pied à défaut d'une bonne main.
Suite à un accident à l'âge de cinq ans à la scierie familiale, il avait été envoyé chez une tante qui l'avait élevé et servait également de famille d'accueil. C'est là qu'il a rencontré Elise, une enfant de la DASS. Vingt-cinq ans, une prothèse à la place d'une main perdue dans un accident, Eric n'a guère de débouché et c'est pourquoi il revient dans ce coin des Vosges, près de Saint-Dié, perdu dans la nature et la scierie ne tourne qu'au ralenti.
Il retrouve la tribu avec appréhension. Et il faut avouer qu'il arrive un peu comme un chien dans un jeu de quilles. Eléonore, sa mère lui affirme qu'il a fait un mauvais choix en revenant, mais de toute façon s'il ne l'a pas vue depuis l'âge de ses cinq ans et son accident à la scierie, c'est un peu sa faute.
Eléonore, c'est la matriarche mais elle n'a pas réussi à dresser Léo, le lion, son frère aîné, dix ans de plus que lui, marié avec Rose-Marie et père de quatre enfants dont Bernard, qui est un peu le chef de bande des gamins. Michel, son autre frère, fait ce que Léo commande. C'est un être frustre marié avec Annabelle, et ils ont trois gamins dont Ludovic et Solange. Enfin Marcel, son oncle qui ne sait pas parler. Il couine, il glapit, il végète et est considéré comme le simplet de la famille. Pourtant il en aurait des choses à dire, Marcel, qui s'accroche comme un pantin à la grille d'entrée, pour voir au-delà, mais rien ni personne ne passe.
Léo s'érige en maître incontesté de la scierie. Il décide pour tout le monde, impose sa loi et éventuellement exerce le droit de cuissage. Comme les tyranneaux du temps jadis. A croire que le temps s'est arrêté à la scierie. D'ailleurs la scie ne tourne plus guère, juste pour faire du bruit. Pourtant la famille ne manque de rien, et Léo possède même une Peugeot 607 qu'il remise dans l'un des bâtiments. Parfois ils sortent ensemble le soir, Michel et lui, pour aller Dieu, ou le Diable, sait où. Eric se rend à Saint-Dié, effectue une petite visite à madame Paule Emploi, il rédige des CV, des lettres, mais rien n'y fait, il ne reçoit aucune proposition d'emploi.
L'ambiance dans la scierie est lourde, délétère, et Elise souhaite repartir, mais sans argent comment survivre. Et puis l'enfant frappe à la porte et c'est Eléonore qui procède à l'accouchement, comme pour les autres femmes de la famille. Heureusement Elise trouve en Annabelle une complice ainsi qu'avec Ludovic. Mais Annabelle possède elle aussi un fil à la patte. Quant à Ludovic, contrairement à son cousin Bernard, c'est un enfant calme, qui aime lire, souhaite pourvoir prolonger ses études. Léo l'oblige à manquer parfois l'école, pour aider à la scierie, mais il se demande bien pourquoi, car il n'y a que peu de travail. C'est le dédain et la jalousie qui guident Léo.
Chaque famille possède son habitation, en bois, et les dépendances se dressent tout autour d'une cour centrale, donnant l'impression d'un village de western. Afin de justifier son appartenance à la famille Eric est sollicité, avec autorité, par Léo à participer à une des virées nocturnes. le côté obscur des rentrées financières.

Le lecteur entre de plain pied dans une ambiance qui ne sera pas sans lui rappeler quelques romans de Pierre Pelot. le décor, les forêts vosgiennes, un lieu quasi abandonné en pleine nature; les personnages, des hommes âpres, durs, avec un chef de famille qui s'érige en dictateur sans scrupule, imposant sa loi par tous les moyens, une véritable brute qui aime broyer ceux qui sont sous sa coupe. On pourrait également évoquer Jim Thompson dans certains de ses romans âpres et durs.
Mais peu à peu, l'histoire bifurque, et le lecteur se lance sur la route, à pleine vitesse, s'arrête à une aire de parking et assiste à des actes illégaux. Puis c'est le début d'une lente décomposition familiale qui explose dans un cataclysme que l'on pouvait pressentir tout en le redoutant. Pourtant un jour à Saint-Dié, une sorcière l'avait lu dans les lignes de la main d'Elise, mais peut-on croire une vieille femme un peu folle.
Véritable roman noir, violent parfois, qui malgré la nature environnante ne joue pas dans le thème bucolique (ce serait plutôt Bu, alcoolique) Mauvaise main conte l'histoire d'un homme qui abandonné recherche avec espoir une famille à laquelle se raccrocher. Si au départ on apprend pourquoi il possède une prothèse plastique, les conditions dans lesquelles il a perdu sa main sont peu à peu dévoilées, même si au cours du prologue certains éléments sont mis en place.
Un roman qui s'articule autour de la famille, l'explore, la dissèque, l'analyse, les parts d'ombres étant mises au jour avec subtilité et sans concession. Pourtant il existe quelques scènes où l'humour se fraie une petite place, mais un humour pathétique comme la scène au cours de laquelle Marcel, qui ne se lave jamais, est nettoyé à l'aide d'un jet d'eau dans la cour devant la tribu réunie.

Lien : http://leslecturesdelonclepa..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          51
flolabbe
  23 avril 2019
Eric est au chômage, sa femme Elise est enceinte. En grande difficulté financière, le couple n'a pas d'autre solution que de trouver refuge dans la famille du jeune homme, qui tient une scierie dans les Vosges.
L'accueil n'est pas des plus chaleureux. Il y a là Eléonore, la mère d'Eric qui l'a confié à sa soeur à l'âge de 12 ans pour que cette dernière l'élève. Marcel, 56 ans, est l'oncle d'Eric, un personnage inquiétant, qui observe, ne s'exprime que par bribes incompréhensibles.
Les deux frères d'Eric, Léo et Michel ont pris les rennes de la scierie et sont tous les deux mariés, le premier avec Rose-Marie, femme peu aimable avec le jeune couple. Michel est marié à Annabelle, qui va se lier d'amitié avec Elise. Il y a aussi les enfants des deux couples qui observent la venue de cet oncle, Eric, porteur d'une prothèse à la main et qu'ils n'ont jamais vu.
Elise va observer, découvrir le fonctionnement de ce clan dans lequel son mari tente de s'intégrer. Et progressivement les événements vont prendre une tournure angoissante.
Gilbert Gallerne signe un roman noir très prenant, à coup de chapitres courts au terme desquels la tension va crescendo. le premier chapitre donne d'emblée le ton du roman, en décrivant une scène terrible tirée de l'enfance d'Eric.
C'est finalement Elise, le personnage principal de ce roman, celle qui va observer, ressentir, entendre, réfléchir, analyser et ce personnage féminin est vraiment très réussi.
L'atmosphère est pesante, la tension en augmentation perpétuelle ; nous sommes dans un quasi huis-clos. Les scènes qui se déroulent à l'extérieur du territoire familial sont peu nombreuses. La violence est omniprésente, sourde ou affirmée, qu'elle soit verbale, physique, sexuelle mais le roman se lit très bien car Gilbert Gallerne n'est jamais dans la surenchère.
L'écriture de l'auteur est précise, très visuelle et je n'ai pu m'empêcher de me rappeler certains films vus dans ma jeunesse, comme “Les granges brûlées” de Jean Chapot ou bien encore “La veuve Couderc”, pour l'ambiance rurale dramatique.
Un vrai coup de coeur que je vous invite à découvrir !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
melaniejarnet
  05 juin 2019
Retour aux sources.
Après avoir perdu son travail Éric est obligé de retourner vivre chez sa famille , propriétaire d'une scierie.
Lui qui a quitté cet endroit il y a 20 ans après un accident qui lui a coûté sa main n'a pourtant pas d'autre choix, Élise, sa femme, est enceinte et il ne peut prendre le risque de se retrouver à la rue.
Mais ce retour aux sources va se transformer en cauchemar.
Il y a quelques mois j'ai découvert la plume de Gilbert Gallerne grâce à son roman "Sous terre personne ne vous entend crier", roman que j'avais beaucoup aimé. Donc quand j'ai eu la surprise de recevoir ce livre j'étais plus que ravie .
J'avais hâte de m'y plonger et je peux dire que je ne suis pas déçue, loin de là.
Avec ce roman , Gilbert Gallerne nous entraîne dans une France profonde , là où certaines personnes se laissent aller à régner en maître sur les autres car ils savent qu'ils ne risquent rien .
Léo, le grand frère d'Éric est de ceux là. Il règne sur la famille , marquant de son emprise tous ceux qui l'entourent. Et malheur à celui ou celle qui aurait l'outrecuidance de lui tenir tête. Quand il veut quelque chose il le prend .
Et il voit d'un très mauvais oeil le retour de son frère.
Quand Eric arrive il cherche à se rapprocher de ses proches , à combler les vingt années perdues loin d'eux mais il va très vite se rendre compte qu'il n'est pas vraiment le bienvenu.
Certains non-dits faussent leur relation .
Et son retour va venir bouleverser l'ordre établi. Et cela ne sera pas sans conséquences.
Que dire si ce n'est que ce récit nous happe dès les premières lignes . On se retrouve pris au piège de cette histoire qui nous plonge dans un univers glauque, violent , où la loi du plus fort règne en maître et où se taire est nécessaire pour survivre.
Tout comme Élise , le lecteur se retrouve témoin de choses abjects , des comportement déviants de ceux qui veulent à tout prix imposer leur autorité. À mesure que l'on découvre ce qu'il se passe vraiment dans cette scierie familiale on comprend que tout ne pourra finir que d'une seule façon, dans la violence car ici la violence est prégnante qu'elle soit physique ou psychologique, elle pèse de tout son poids sur les personnages pour les réduire à néant ou bien les ériger en maîtres.
Une violence nourrie de secrets , de rancunes et de non-dits.
Ce roman je l'ai dévoré , lu en trois heures à peine tant je ne pouvais le reposer. Tel les personnages je ne pouvais m'échapper avant d'arriver au dénouement final.
Un roman glaçant et fascinant à la fois.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
nathf
  18 novembre 2019
Eric et sa femme Elise, enceinte, sont quasiment à la rue.
Ils n'ont d'autre choix que de retourner dans la scierie familiale perdue dans les Vosges. Scierie qu'Eric a quittée depuis 20 ans.
Les retrouvailles vont s'avérer plus que compliquées.....
Tout d'abord ne vous fiez pas à la couverture qui, selon moi, ne reflète pas la qualité du roman.
Dans la famille frappadingue, je demande.....le choix est cornélien !
Entre une matriarche acariâtre, un frère aîné tyrannique et alcoolique qui magouille avec son frère, un oncle maltraité, des épouses soumises et une tripotée d'enfants, il ne sera pas facile pour le jeune couple de s'intégrer dans ce clan primitif. Sans compter qu'Elise a du caractère.
Gilbert Gallerne a créé une ambiance lourde et oppressante avec ce huis-clos que vous ne pourrez lâcher.
La tension augmente au fil des pages et les secrets se dévoilent peu à peu.
Malgré une violence omniprésente, tant physique que psychologique, l'auteur ne surenchérit pas et reste mesuré.
Il met le doigt sur les difficultés économiques de cette France profonde et rurale et sur la noirceur de l'âme humaine qui peut se révéler redoutable.
Inutile d'en dire trop, je ne peux que vous conseiller cet excellent roman noir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          32
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
flolabbeflolabbe   02 mai 2019
Léo et Michel ont monopolisé la conversation, ce dernier généralement pour approuver ce que dit son aîné. Les femmes n’ouvrent la bouche que pour manger. Annabelle jette de temps à autre des regards circonspects à son beau-frère. De ce qu’Élise fera ce soir dépendra son futur statut. Elle demeure à sa place. Finit son assiette. Michel se tourne vers la table des enfants et interpelle sa fille pour l’envoyer aider sa grand-mère.
L’adolescente proteste qu’elle n’a pas terminé, mais son père la fait taire et elle se lève pour se diriger vers la cuisine en traînant les pieds. Élise se demande combien de temps elle restera à la scierie. Que peut-elle envisager d’autre ? Des études ? Ou bien est-elle condamnée à demeurer Ici pour torcher les plus petits tandis que les hommes débitent le bois, jusqu’à ce qu’un voisin vienne la chercher comme une pièce de bétail ? Élise n’est là que depuis quelques heures, mais déjà elle n’en peut plus. Elle jette un regard vers Éric, ses yeux lui mangent le visage. Il fixe ses frères, sa mère, avec une avidité qui l’effraye.Il parlait rarement de sa famille, qu’l avait depuis longtemps rayée de sa vie. Le destin qui s’acharne sur eux et le contraint à revenir ici s’apprête-t-il à lui jouer un nouveau mauvais tour ? Élise a l’impression de se trouver plongée dans une de ces romanes qu’elle lit à l’occasion. Sauf qu’il n’y a pas de château, pas de bel aristocrate ténébreux. Juste une scierie au bord de la ruine, et une famille qui n’a pas voulu d’Éric autrefois et ne semble pas davantage désireuse de l’accueillir aujourd’hui.
Éléonore revient avec un plat chargé de viande et Élise oublie ses soucis pour ne plus penser qu’à la faim qui la tenaille. Solange suit, portant une marmite d’où monte une bonne odeur de chou. Elle la pose sur la table.
Voilà ! dit Michel. C’était pas dur ! Tu peux aider, tout de même ! T’es presque une adulte maintenant !
Presque une adulte, tu parles ! intervient Léo en saisissant sa nièce par la taille. C’est déjà une vraie petite femme ! Regarde ça : elle a des nichons !
Et il referme les doigts sur la poitrine de Solange. La gamine se tortille pour échapper à son étreinte. Elise ouvre de grands yeux. Pétrifiée. Tout le monde s’est figé et fixe la scène. Il n’y a plus que Solange qui se débat et son oncle qui lutte pour garder son emprise.
Lâche-la !
Le cri jaillit de la table des enfants. Ludovic bondit au secours de sa soeur en renversant sa chaise. Il saisit le bras de Léo mais celui-i tient bon, amusé par les efforts de sa nièce. Léo repousse l’adolescent d’un revers de coude et, gloussant, il écrase le sein de Solange qui gémit.
C’est du ferme, dis donc !
Il est le seul à rire. Élise agrippe la table, se tourne vers Éric. Son mari a reculé sur sa chaise, dépassé par cette violence. Personne ne bouge. Ludovic se dresse seul contre son oncle. Bernard, le fils de Léo, fait mine de se lever à son tour pour secourir son père. Elise regarde les autres. Pourquoi demeurent-ils tous à leur place, laissant Ludovic se débrouiller ? pourquoi Michel se contente-t-il d’arborer un sourire niais devant son frère qui tripote sa fille, comme si la scène n’avait pas d’importance ? Pourquoi Annabelle reste-t-elle clouée sur sa chaise, la bouche ouverte sur une protestation qui ne vient pas ? Elise se tourne pour dégager son ventre de sous la table et prend appui pour se lever.
- Ça suffit ! Lâche-là !
L’ordre a tonné de l’autre bout de la pièce. Éléonore fixe son fils. Léo la défie du regard avant de pivoter vers Solange, toujours prisonnière, puis vers Ludovic qui tire sur son bras sans succès. Il demeure ainsi trois longues secondes. Il finit par relâcher la gamine. Elle recule en trébuchant, le rouge aux joues et les larmes aux yeux. A peine Solange écartée, Léo attrape Ludovic par le col. Il contraint l’adolescent à s’abaisser jusqu’à ce que leurs visages se frôlent.
- Et toi, petit con, me parle plus jamais comme ça. Quand tu seras un homme, on verra. D’ici là, reste à ta place !
Il le rejette. Ludovic lutte pour conserver son équilibre, le défiant toujours du regard. Léo se raidit.
- Ludo ! Ça suffit ! Va t’asseoir.
L’enfant fixe sa mère sans comprendre, ce qui lui fournit une excuse pour détourner les yeux et rompre le duel qui l’opposait à son oncle. Mâchoires crispées, contenant des larmes de rage et d’humiliation, il regagne sa place.
- Bon, dit Éléonore. L’incident est clos. Qui veut du chou ?
- Commence par Élise, dit Léo en regardant sa belle-soeur. Je crois qu’elle a tellement faim qu’elle a failli se lever
Élise prend conscience que ses phalanges sont toujours crispées sur le rebord de la table. Elle se relâche, sans cesser de fixer Léo. Elle perçoit de l’amusement dans ses yeux, mais cela ne la rassure pas. Annabelle prend son assiette et la tend à Éléonore.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
ChezLoChezLo   09 avril 2019
Elle se lève, tandis qu'il disparaît dans la nuit. Un volet claque. Elle ouvre. Lutte contre une rafale qui veut la refouler au milieu de la pièce. Le deuxième battant se rabat. Elle enclenche les targettes. Se sent tout de suite mieux. Elle passe à la fenêtre suivante, derrière laquelle son mari s'escrime. Même de l'extérieur, il a du mal à combattre les éléments. Ils y parviennent finalement. une brève accalmie leur permet de fermer ceux de la chambre presque sans effort. Eric rentre. Trempé. il jure en constatant que son meilleur pantalon, il n'en a que deux, ressemble maintenant à une serpillère.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
ChezLoChezLo   09 avril 2019
La lame vrombissait comme un essaim de guêpes en colère. Personne pour le chasser. Il avança. Chercha du regard un morceau de bois à lui offrir. Les appels de sa mère se rapprochaient. Si elle le trouvait ici, il serait bon pour une fessée. Il devait se dépêcher. Là ! Près de l'établi, quelques planches. Une petite ferait l'affaire. Il se penchait sur le bois abandonné quand on le saisit sous les aisselles. Il serra les dents dans l'anticipation de l'impact sur ses fesses. Il n'y eut pas de claque. On le projeta en l'air, droit sur la lame qui hurlait sa faim.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
rkhettaouirkhettaoui   27 septembre 2019
Marcel connaît des choses que tous ignorent. Tout le monde le croit idiot. Ils se trompent. Il voit tout. Il ne dit rien. Pas plus bête qu’eux. Les trois frères se sont retrouvés chez Léo et il les a suivis. Les bouteilles ont commencé à tourner autour de la table. Whisky, pastis, vin blanc parce qu’il fallait le finir, vin rouge parce qu’il fallait le goûter… Marcel ne touche à rien. Il ne boit plus depuis… Il veut oublier ce soir-là, mais l’événement lui revient en force à chaque fois qu’il croit y être parvenu. Le réveille au milieu de la nuit, hurlant et trempé de sueur. Après tout ce temps, il pourrait espérer le droit à l’oubli, au pardon, mais il ne se pardonne pas. Et il ne veut pas recommencer. L’alcool, c’est fini pour lui. Même si, après des décennies, il aimerait y puiser l’absolution qui le fuit.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   10 décembre 2019
Tous les problèmes viennent d’elle. Éric n’est qu’une chiffe molle qui se met à plat ventre dès que sa femme claque des doigts, et il le tient depuis leur dernière expédition : ce crétin épluche les journaux, en quête de l’article racontant qu’on a retrouvé un homme tué par balle… Il crève de trouille à l’idée que les gendarmes viennent le chercher.
Commenter  J’apprécie          10
autres livres classés : vosgesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quiz sur le livre "Teddy est revenu" de Gilbert Gallerne.

Que reçoit Laura au début de l'histoire ?

un bouquet de fleur
une lettre
un ours en peluche

10 questions
5 lecteurs ont répondu
Thème : Teddy est revenu de Gilbert GallerneCréer un quiz sur ce livre