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EAN : 9782070364367
147 pages
Éditeur : Gallimard (06/09/1973)
3.52/5   188 notes
Résumé :
Paludes, ou la semaine au jour le jour d'un littérateur en mal de voyage. Dans le microcosme étrangement fidèle que nous restitue le récit d'André Gide, domine la figure de Tityre, berger de tous les temps, habitant des marécages où fourmille une vie insolite. Mais quel est au juste ce Tityre, qui se nourrit de vers de vase, faute de pêches plus consistantes? Richard, peut-être, l'orphelin besogneux par nécessité et pauvre par vertu, dévoué jusqu'à épouser une femme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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memma
  29 novembre 2016
Paludes est une sorte de pochade que Gide a écrit très jeune. Il prend partie contre la forme romanesque classique (comme le disent mieux que moi Estella et Lecassin) ; il y caricature les cercles de littérateurs ; mais surtout, il s'amuse.
Le narrateur a comme particularité récurrente d'être en train d'écrire Paludes ou plutôt de le dire sans arrêt (Qu'est-ce que tu fais ? J'écris Paludes). Paludes - le roman qui s'écrit - est entièrement parodique ; il met en scène Tityre, personnage de la première bucolique de Virgile ; celui-ci vit près d'un marécage, comme l'indique le nom de l'oeuvre, issu du latin « palus, paludis » qui signifie « marais ». Il s'y ennuie beaucoup, comme le Tityre des Bucoliques, qui au fond est condamné à vivre sans cesse sous son hêtre.
En réalité, Tityre ne fait pas grand chose et le narrateur non plus : à ce titre le comique de répétition fonctionne à peu près comme dans le début de Belle du Seigneur où le fonctionnaire de la SDN se met au travail cérémonieusement tous les matins sans jamais rien faire. L'un est condamné à son retrait pastoral ; l'autre passe sa vie à des échanges mondains et littéraires tout à fait creux. Lors d'une réception, par exemple, il rencontre un ami qui évoque le proverbe latin « Numero deus impare gaudet » (qui signifie : le dieu aime le nombre impair) en le traduisant par « Le numéro deux se réjouit d'être impair ».
Ce roman était le roman fétiche de ma famille. Ma mère s'étouffait de rire en le lisant et nous poursuivait pour nous en relire des bouts. La séquence : « qu'est-ce que tu fais / j'écris Paludes » était devenu chez nous une sorte de scie.
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lecassin
  16 août 2012
A l'époque où Zola vient de terminer (1893) son oeuvre majeure, « Les Rougon Macquart », le jeune André Gide - il a vingt-cinq ans - regimbe contre cette littérature réaliste, naturaliste, qui lui semble stérile, soutenue qu'elle est par des cercles littéraires sclérosés.
« Paludes », c'est l'illustration de cette stagnation portée par l'histoire d'un personnage sans nom qui raconte sa volonté d'écrire un livre : il écrit, visite ses amis, se rend à des réunions de littérateurs, s'efforce de travailler, s'efforce d'agir, mieux, s'efforce de vivre, mais finalement n'y parvient pas ; il veut mais ne peut pas…
Écrit sous la forme d'un journal intime, « Paludes », est une satire, que l'auteur, lui même n'hésitera pas à qualifier de sotie, de la littérature de la fin du XIX ème siècle; et qui laisse entrevoir ce que seront les oeuvres futures d'un auteur qui refusera souvent les voies toutes tracées.
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estella
  29 mars 2010
"Tiens, tu travailles ?
Je répondis : "J'écris Paludes."
- Qu'est-ce que c'est ? - Un livre.
- Pour moi ? - Non.
- Trop savant ? - Ennuyeux.
- Pourquoi l'écrire alors ? - Sinon qui l'écrirait ?"
Alors qu'on attend des premières lignes qu'elles nous renseignent sur ce que l'on s'apprête à lire, celles de Paludes laissent dubitatif. Paludes est un des premiers textes de Gide, dans lequel l'auteur tire un trait définitif sur ses premières expériences symbolistes (Poésies d'André Walter par exemple) et trace l'esquisse de ce que tout lecteur connaît à présent sous le nom de sotie gidienne.
Paludes, c'est l'histoire d'un écrivain oisif, évoluant dans les cénacles fin de siècle, tentant d'écrire un livre, Paludes, qui ne viendra jamais.
Paludes, c'est une satire du roman du dix-neuvième siècle, c'est un conte philosophique sur la contingence, c'est une lutte contre le roman réaliste et naturaliste qui hante la conscience du jeune Gide.
Paludes, c'est l'histoire d'un livre à venir, pour reprendre le mot de Blanchot, qui aurait très bien pu dire à propos de Paludes, ceux-ci, en réalité destinés à Beckett :
"Peut-être ne sommes-nous pas en présence d'un livre, mais peut-être s'agit-il de bien plus que d'un livre de l'approche pure du mouvement d'où viennent tous les livres ; de ce point originel où sans doute l'oeuvre se perd, qui toujours ruine l'oeuvre, qui en elle restaure le désoeuvrement sans fin, mais avec lequel il lui faut aussi entretenir un rapport toujours plus initial, sous peine de n'être rien."
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JimmyCz
  17 décembre 2017

Commentaire qui s'inscrit dans le cadre d'une relecture. Toujours jubilatoire ce roman de jeunesse de Gide qui se veut à la fois critique du roman naturaliste ou réaliste et à la fois un questionnement philosophique sur la place de l'auteur puis de l'homme.
Paludes c'est le nom d'un écrit du personnage principal, c'est le questionnement situationnel de chaque action, situation et responsabilité. Agir est ce de la responsabilité de la personne ? Ecrire qu'on va agir est ce s'engager ? Agissons nous lorsque l'on ne fait qu'exister ? Exister est ce une suite d'actions ?
Magnifiquement écrit avec un style maîtrisé au point de donner des complexes à l'écrivain amateur que nous sommes (il avait 24 ans) Paludes trouve son héritage philosophique chez Kierkegaard, Descartes et Spinoza.
Souvent moqué, critiqué pour son immaturité ce fut surtout un grand coup de pied dans le monde littéraire et dans le monde philosophique. Une oeuvre importante.
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vincentf
  22 octobre 2011
Etrange méta-roman de l'inaction. Que fait le narrateur ? Il écrit Paludes, le roman qu'on lit, l'histoire d'un homme seul dans une tour (celle d'ivoire de l'écrivain sans doute) qui regarde les marais et pêche des vers de terre. Mais ce que l'on lit est autre chose. L'écrivain est sans cesse interrompu. Il croise plein de littérateurs tous plus ridicules les uns que les autres. Il part en voyage, pensant que ça changerait sa trop monotone vie, mais le voyage, sous la pluie, tourne court. Il note dans un agenda son programme du jour, et ne le respecte jamais. Il écrit des pensées. Il souffre de la banalité de sa vie et de l'incompréhension des autres. Il raconte des aventures de chasse. Bref, le roman s'enlise, comme un marais (ou, pour faire plus littéraire, un palude), il est le récit d'un échec, sur un ton tantôt enjoué tantôt pathétique, petite bizarrerie sans ambition, petite incursion dans la modernité, quête inassouvie.
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Fabinou7Fabinou7   03 mars 2021
“Toutes les carrières sans profit pour soi sont horribles, – celles qui ne rapportent que de l'argent – et si peu qu'il faut recommencer sans cesse. Quelles stagnations ! Au moment de la mort qu'auront-ils fait ?”
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MaissamBMaissamB   12 avril 2017
Nous avons dormi à son ombre ; nous avons travaillé, dansé, baisé, pensé à son ombre; - parfois, tant la splendeur de l'aurore était grande, nous avons cru pouvoir nous échapper au matin ; nous avons voulu l'oublier ; nous nous sommes glissés, comme des voleurs sous du chaume, non pour entrer, nous, mais pour sortir - subrepticement - et nous avons couru vers la plaine. Et le toit courait après nous.
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charlit21charlit21   14 juin 2021
- Ou d'aller encore une fois, ô forêt pleine de mystère, - jusqu'à ce lieu que je connais, où, dans une eau morte et brunie, trempent et s'amollissent encore les feuilles des ans passés, les feuilles des printemps adorables.
C'est là que se reposent le mieux mes résolutions inutiles, et que se réduit à la fin, à peu de chose, ma pensée.
P. 151
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lecassinlecassin   16 août 2012
Il y a des choses que l'on recommence chaque jour, simplement parce qu'on n'a rien de mieux à faire
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lecassinlecassin   16 août 2012
Quand un philosophe vous répond, on ne comprend plus du tout ce qu'on lui avait demandé.
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Videos de André Gide (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Gide
"André Gide parmi nous", par Henri Queffélec : première diffusion sur France Culture le 26 décembre 1969. Photographie : André Gide (1869-1951), écrivain français, et le masque de Giacomo Leopardi, rue Vaneau, à Paris. © Laure Albin Guillot / Roger-Viollet. Dans cette conférence, Henri Queffélec nous parle, entre autres choses, de l’influence de Gide sur la jeunesse - influence plus intellectuelle que littéraire -, sa brouille avec Claudel, son retour d’URSS et les retouches qui s’en suivirent…. « Beaucoup de choses à dire aux jeunes gens trop nerveux ou trop indociles »…
Source : France Culture
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