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ISBN : 9791025604090
Éditeur : Editions Thélème (22/11/2018)
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Note moyenne : 3.73/5 (sur 134 notes)
Résumé :
[LIVRE AUDIO]

La jeunesse provençale de Giono, entre une mère repasseuse et un père cordonnier, est forcément solaire, musicale, saturée de parfums, de portraits, de tableaux...
Dans ces souvenirs parus en 1932, les simples deviennent des héros, les animaux voisinent avec les anges et la nature se gorge de mythes.
Transcrite dans la langue du bonheur, voici la genèse d'un très grand écrivain.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  01 février 2013
"C'est ma vie intérieure que j'ai voulu décrire dans Jean le Bleu. Cette vie qui était essentiellement magique. Je ne pouvais pas la raconter autrement qu'en créant autour de moi les personnages qui n'existaient pas dans la réalité, mais qui étaient les personnages magiques de mon enfance". Tel est le commentaire de Jean Giono, lui même, au sujet de « Jean le bleu »…
« Jean le bleu », un ouvrage plus où moins autobiographique, donc, publié en 1932 où l'auteur nous invite dans son enfance à Manosque dans la grande maison qui voit s'activer sa mère Pauline, la blanchisseuse et son père, cordonnier.
Du général - une chronique de la vie d'un bourg de Provence au début du vingtième siècle – au particulier – le parcours initiatique d'un jeune garçon - , une évocation qui prend fin au moment du départ pour la guerre de 14.
Finalement, un roman ou l'on retrouve les plantes, les arbres, la terre, des hommes, des collines, des femmes, de la douleur, de la douceur… Bref, tout l'univers de Jean Giono.
Même si ce « Jean le bleu » n'est pas l'ouvrage à choisir pour découvrir la prose de Jean Giono, du fait d'une structure quelque peu particulière, il reste un régal pour les « initiés »…Marcel Pagnol ne s'y trompa pas, qui en adapta au cinéma un épisode pour « La femme du boulanger ».

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zabeth55
  23 janvier 2015
Jean Giono se raconte.
Son enfance, son père cordonnier, sa mère repasseuse.
Son talent et sa simplicité font qu'on voit réellement les lieux, les rues, les maisons, les paysages….
qu'on sent les odeurs, les bonnes, de violettes, de genêt, de lavande…. Mais les mauvaises aussi, de fumier, de pus….
qu'on entend parler tous ces personnages si typiques, l'homme noir, la mexicaine, les deux musiciens, la femme du boulanger (qui inspira Pagnol)…….
Une enfance entourée de gens plutôt proches de la misère, mais où règnent l'entraide et une sincère convivialité.
Et puis son père, si plein d'humanité.
Avec ce retour dans le temps, j'ai été pleine de douceur et de nostalgie.
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filippo
  29 avril 2017
Jean le bleu est un livre à part dans la prolifique oeuvre de Jean Giono. Est-ce un roman ou une autobiographie ? Jean Giono évoque les moments dorés de sa jeunesse à Manosque et en invente d'autres. le père de Jean Giono, cordonnier et immigré Italien tient une place importante. Son image imprègne le livre. C'est le bon samaritain, le guérisseur, le magicien , le protecteur… Celui qui cache dans sa maison un anarchiste en fuite, celui qui sauve un enfant battu… Giono avait envisagé un moment de nommer son livre « le lait de l'oiseau » ou « mon père ce héros ». La mère est plus absente dans l'ouvrage. Elle apparaît peu. Giono était véritablement fasciné par son père et la bonté qui rayonnait de lui. Giono évoque aussi l'homme en noir, le prêtre qui amène des livres, les musiciens itinérants qui lui ont fait découvrir Bach et Haydn. Son séjour à Corbière dans une famille de bergers où il passa trois mois en convalescence. Ses premiers jours au comptoir de l'escompte, la banque où il travailla toute sa vie. le livre se termine par la perte de son grand ami d'enfance « Louis David » tué en 1915, à la guerre. Giono en fut meurtri profondément. Louis David était son double. Et qui est ce Jean le bleu ? C'est Jean Giono lui même. L'enfant poète aux yeux bleus. le rêveur et le bleu du rêve aussi. Incontestablement, ce livre réserve quelques trésors.
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Fandol
  13 septembre 2017
Ce n'est pas le livre le plus connu de Jean Giono mais Jean le Bleu est un récit très important car il concerne tout simplement l'enfance et l'adolescence de l'auteur, dans sa bonne ville de Manosque (Alpes de Haute-Provence).
Il égrène ses souvenirs avec sa mère, Pauline, qui tient un atelier de repassage au rez-de-chaussée, aidée par deux ouvrières, et son père, au troisième étage, qui est cordonnier.
Très croyante, sa mère l'a inscrit à l'école des soeurs et il se souvient de Louisa, « lisse, douce et blanche comme une dragée » qui le conduisait… Il y eut une Louisa seconde qui menait aussi « le beau petit garçon » à l'école mais Giono précise aussitôt qu'il n'avait de beau que l'habit : « j'avais une ingrate figure allongée et maigre où se voyaient seuls des yeux tendres. »
Tout au long du livre, il nous gratifie de somptueuses descriptions que ce soit en parlant des gens, des rues de sa ville ou des paysages. Il tient aussi à expliquer pourquoi sa mère l'a mis à l'école couventine… pour les clients : « Mais, à cette époque, pour être sûr de marcher sur du cuir, il fallait être de la « haute ». On lui avait gentiment mis le marché en main. » Il fait preuve ensuite d'un bel humour sur Dieu et la religion.
Une nuit, arrive un homme qui vient se réfugier chez eux après avoir échappé aux gendarmes et l'on comprend que son père n'hésite pas à s'engager pour soutenir ceux dont les idées déplaisent. Il élève aussi des oiseaux dans cinq cages mais surtout, il cherche un jardin car : « La tranquillité, on ne l'avait qu'en partant de cette maison. »
Tout au long de son enfance, Jean Giono fait de nombreuses rencontres, vit au contact des animaux très présents un peu partout dans ce centre-ville, ce qui est difficilement imaginable aujourd'hui. Dans la petite cour, derrière sa maison, on élève des moutons puis des cochons.
Dans cette atmosphère trop confinée, la santé du petit Giono n'est pas brillante. Aussi, il est confié quelque temps au berger Massot qui l'emmène à Corbières, village possédant les meilleures aires de vannage. Là-bas, Mme Massot l'appelle « mon perdreau ». Il reprend des forces mais assiste aussi à des scènes assez violentes et découvre un peu plus « l'odeur des femmes ».
Un homme lui donne L'Iliade à lire et il aime bien Anne à qui il ne peut dire au revoir lorsqu'il revient à Manosque où l'hiver est terrible. C'est quand il travaille dans une banque avec une livrée bleue qu'on le nomme Jean le Bleu. Son père lui confie alors : « Si, quand tu seras un homme, tu connais ces deux choses : la poésie et la science d'éteindre les plaies, alors tu seras un homme. »
Presque adulte maintenant, avec Marie-Jeanne il apprend à faire l'amour et se lie d'amitié avec Louis David. Hélas, on entre dans l'année 1914 sans s'en apercevoir : « Les hommes trop nourris avaient oublié leurs génitoires ; ils faisaient l'amour avec du pétrole et des phosphates, des choses sans hanches ; ça leur donnait envie de sang. »
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hexagone
  11 janvier 2011
Ce n'est pas ma première rencontre avec Jean Giono. J'ai déjà lu sa trilogie et j'avais été plus que charmé par le ton, le style Giono. Avec Jean le Bleu c'est d'une autre paire de manches dont il s'agit. Evoquant ses souvenirs d'enfance, mêlant autobiographie, roman, onirisme, divagations littéraires, Giono nous emmène sur des itinéraires dont les sentiers sont bordés de rêves, de contes fabuleux.
Dans ce livre, il dépeint son enfance, l'atelier de sa mère, celui sous les toits de son père cordonnier et les paysages de collines de sa Provence. Son expérience de la vie dans une Provence qui recèle des mystères et des trésors. Ce qui surprend c'est l'apparition de personnages farfelus, fantasques comme ces deux musiciens, ce Gonzales, Franscech et les filles de son enfance. Ces personnages semblent sortis tout droit des rêves que Giono fit enfant. Il les mêle habilement à son autobiographie. Les pages consacrées aux femmes sont empreintes de poésie et de volupté. Celles consacrées au travail de la terre sont fidèles à ce qu'il a pu écrire dans d'autres livres. Enfin les pages, peu nombreuses, de dialogues avec son père sont sublimes d'espoir et de morale. On sent que pour Giono son père a revêtu un importance capitale. Sa mère semble être plus en retrait.
Ce que j'aime dans l'oeuvre de Giono, c'est son humanisme au sens premier du terme, la confiance et l'espoir qu'il place en l'homme. " Rien ne peut être mis en balance avec le coeur d'un homme " lui dit son père arrivé au terme de sa vie. Giono semble avoir fait devise de cette phrase. Il écrit des pages belles comme un évangile, bonnes comme un bon pain. A ce niveau ce n'est plus de l'écriture, c'est de l'art. Un talent que rien ne gâche et qui à son tour insuffle une note d'espoir.
Il me faut cependant mettre un bémol à cette dithyrambe. Effectivement, certaines pages sont difficiles à cerner par le style employé, on ne comprend pas bien où veut nous emmener l'auteur. Certaines longueurs viennent briser le rythme de la lecture et rendent au final ce livre peu abordable pour découvrir Giono.
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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
aleatoirealeatoire   31 décembre 2015
Je te regarde Franchesc, je regarde ce visage de mort qui lentement à travers les chairs monte. Déjà sous ta peau transparente il est là, avec ses os. La lumière de ton front s'éteint ; tes cheveux de laine blanche s'aplatissent comme des herbes mûres, ta peau sans gloire sue la sueur rousse des vieillards. Dans toi il n'y a déjà plus d'homme, il n'y a plus que la matière de cent sauterelles neuves, de dix lézards, de trois serpents, d'un beau rectangle d'herbe drue et peut-être le coeur d'un arbre. Je me penche sur toi comme sur le reflet d'un miroir.
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AdrienneAdrienne   26 septembre 2015
Je te sens dans mon coeur, mais je sais que j'aurais la paix si je pouvais te voir là, sur le fauteuil en train de fumer ta pipe.

Si encore tu étais mort pour des choses honorables: si tu t'étais battu pour des femmes ou en allant chercher la pâture de tes petits. Mais non, d'abord on t'a trompé et puis on t'a tué à la guerre.

Qu'est-ce que tu veux que j'en fasse de cette France que tu as, paraît-il, aidé à conserver, comme moi? Qu'est-ce que tu veux que nous en fassions, nous qui avons perdu tous nos amis? Ah! S'il fallait défendre des rivières, des collines, des montagnes, des ciels, des vents, des pluies, je dirais: "D'accord, c'est notre travail. Battons-nous, tout notre bonheur est là." Non, nous avons défendu le faux nom de tout ça. Moi, quand je vois une rivière, je dis "rivière"; quand je vois un arbre, je dis "arbre"; je ne dis jamais "France". Ça n'existe pas.

Ah! Comme je donnerais tout entier ce faux nom pour qu'un seul de ceux qui sont morts, le plus simple, le plus humble, vive. Rien ne peut être mis en balance avec le coeur d'un homme.
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MaliseMalise   02 janvier 2014
Il y a une chose qui est tout le tragique de la vie. Oui, de la vie, c'est que nous ne sommes que des moitiés. Depuis qu'on a commencé à bâtir des maisons et des villes, à inventer la roue, on n'a pas avancé d'un pas vers le bonheur. On est toujours des moitiés. Tant qu'on invente dans la mécanique et pas dans l'amour on n'aura pas le bonheur.
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TipeeTipee   05 mars 2018
C’était une agréable dame des champs, très laide ; avec tant de bonté dans son œil crevé, tant de bonté dans son œil vivant, tant de bonté dans sa moustache, dans son nez priseur, dans ses joues décollées, dans sa bouche aux lèvres noires qu’elle en était effroyablement laide. C’était une laideur faite de tout ce sacrifice, de tout ce martyre qui est la vraie bonté. Sur la photographie que je vis à la chambre et où elle tenait à pleine main l’index du berger Massot habillé de noce, elle était belle et fraîche et comme gonflée d’une vénusté naïve. Il avait fallu peu à peu briser, brûler, tordre, pétrir ces chairs, se faire crever l’œil, se déhancher ; se cuire au four de la bonté comme la brique ou le pot, ne plus penser qu’à ce petit fruit rouge du cœur.
Elle avait pleinement réussi en tout ça.
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Lisette2611Lisette2611   02 janvier 2014
Il n’a rien cassé, rien déchiré en moi, rien étouffé, rien effacé de son doigt mouillé de salive. Avec une prescience d’insecte il a donné à la petite larve que j’étais les remèdes ; un jour ça, un autre jour ça ; il m’a chargé de plantes, d’arbres, de terre, d’hommes, de collines, de femmes, de douleur, de bonté, d’orgueil, tout ça en remède, tout ça en provisions, tout ça en prévision de ce qui aurait pu être une plaie. Il a donné le bon pansement à l’avance pour ce qui aurait pu être une plaie, pour ce qui, grâce à lui, est devenu dans moi un immense soleil.
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Videos de Jean Giono (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Giono
Isabelle Carré, auteure du magnifique roman "Les Rêveurs", nous parle de sa lecture du roman de Jean Giono, "Que ma joie demeure".
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Biographie des écrivains (238)
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