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EAN : 9782070328178
201 pages
Éditeur : Gallimard (11/05/1994)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 81 notes)
Résumé :
" Un des caractères particuliers du monde moderne, c'est la scission qu'on y remarque entre l'Orient et l'Occident. [...] Il peut y avoir une sorte d'équivalence entre des civilisations de formes très différentes, dès lors qu'elles reposent toutes sur les mêmes principes fondamentaux, dont elles représentent seulement des applications conditionnées par des circonstances variées. Tel est le cas de toutes les civilisations que nous pouvons appeler normales, ou encore ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
CaciliaAbahel
  19 octobre 2017
Comme le souligne le jeune essayiste Koya Al' Gaad, voici ce que l'on peut tirer des premiers thèmes abordés dans ce livre : "Nous sommes dans une époque où ce que l'on crée nous survit, au contraire de notre mode de civilisation antérieur basé sur l'éphémère. Nous sommes passés d'informations transmises oralement, qui avaient la possibilité d'être intégrées et retransmises personnellement, à une information gravée, écrite et immuable. Nous sommes passés de constructions, outils et supports d'information faits de matériaux éphémères (bois, tressages, ocres, terres...), à d'autres faits en matériaux qui survivent à plusieurs de nos générations.
Ce qu'il en coûte est de vivre avec des souvenirs, des valeurs, des idéaux qui ne sont pas les nôtres. Avec la grande difficulté d'accéder à notre propre être intérieur, noyés sous la masse d'informations qui tournent depuis des millénaires... nous ne sommes plus au centre de notre existence, mais au centre des vestiges de cette humanité dépassée par ce qu'elle a pu et pourra créer.
Bien que notre civilisation ait fait hiérarchie entre être, le moment présent, et comprendre, l'anticipation, elle est toujours en recherche de cette harmonie. Seulement elle se sert, pour le régler, du même mode de pensée que celui avec lequel elle a créé le problème.
Ainsi, naît une morale qui atteint la qualité d'être de chacun, où aucun n'est réellement libre ou laisse réellement ceux qui l'entourent libres. Nous nous accablons de ce poids des vestiges, plus ou moins personnels.
Un point reste tout de même rassurant: bien que l'humanité patauge encore à trouver le bon équilibre, comme aujourd'hui en faisant utilisation éphémère avec matériaux durables, la balance semble moins tanguer. L'obligation actuelle de stabilité vient se mêler à l'aspiration de plus en plus commune d'un mode de vie humain éveillé, attentif, et qui souhaite élargir sa perception sans pour autant laisser son champ d'action créer disharmonie.
Commençons par être, pour ensuite chercher à comprendre ce que l'on a observé. Non pas ce que l'on a imaginé, parce que l'on n'a pas été."
À vous d'écrire la suite ;) René Guénon, la Crise du Monde Moderne : un bouquin que je conseille vivement.
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Laurentius_Nikolaos
  01 février 2017
La porte d'entrée de l'oeuvre de René Guénon, un livre court et simple, qui est une bonne introduction à sa critique des temps modernes. le recueil posthume "Le rêgne de la quantité" l'approfondit.
C'est une vision qui peut choquer, on peut ne pas adhérer (cf doctrine cyclique des 4 âges, la Renaissance est vue comme une décadence etc.) mais le mérite de l'ouvrage est double : d'une part, il permet d'appréhender la vue "traditionnelle", d'autre part, il dénonce dès 1927 les abus de notre modernité (individualisme, materialisme etc.)
Intéressant de lire notamment qu'il mentionne déjà à cette époque le désastre écologique comme conséquence de l'industrialisation et cause potentielle de la disparition de notre civilisation. (cf "Les troubles insoupçonnés [que ces inventions] provoquent dans l'ambiance terrestre.")
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azedidine
  08 août 2018
"Donc, si l'on dit que le monde moderne subit une crise, ce que l'on entend par là le plus habituellement, c'est qu'il est parvenu à un point critique, ou, en d'autres termes, qu'une transformation plus ou moins profonde est imminente, qu'un changement d'orientation devra inévitablement se produire à brève échéance, de gré ou de force, d'une façon plus ou moins brusque, avec ou sans catastrophe."
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clementgrosse
  09 janvier 2020
Une longue énumération des signes de décadence relatifs à l'avènement du kali yuga ou "âge noir". La démonstration est moyennement efficace ( on peut trouver des signes d'absolument tout lorsque on porte son analyse sur un sujet aussi vaste que "la civilisation") et on a du mal à comprendre pourquoi René Guénon jouit d'une telle réputation "d'ésotériste sérieux". Esotériste idéal pour tout jeune réactionnaire fainéant qui souhaite une lecture "clé en main" pour alimenter son idéologie, la lecture de cet ouvrage s'avère décevante si tôt poussés les premiers poils au zizi.
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lerital31
  07 août 2013
Critique sans concession de la civilisation occidentale moderne. Intéressant pour comprendre les bases du fonctionnement des sociétés traditionnelles.
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Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   15 novembre 2017
Les prétendus « bienfaits » de ce qu’on est convenu d’appeler le « progrès », et qu’on pourrait en effet consentir à désigner ainsi si l’on prenait soin de bien spécifier qu’il ne s’agit que d’un progrès tout matériel, ces « bienfaits » tant vantés ne sont-ils pas en grande partie illusoires ? Les hommes de notre époque prétendent par là accroître leur « bien-être » ; nous pensons, pour notre part, que le but qu’ils se proposent ainsi, même s’il était atteint réellement, ne vaut pas qu’on y consacre tant d’efforts ; mais, de plus, il nous semble très contestable qu’il soit atteint. Tout d’abord, il faudrait tenir compte du fait que tous les hommes n’ont pas les mêmes goûts ni les mêmes besoins, qu’il en est encore malgré tout qui voudraient échapper à l’agitation moderne, à la folie de la vitesse, et qui ne le peuvent plus ; osera-t-on soutenir que, pour ceux-là, ce soit un « bienfait » que de leur imposer ce qui est le plus contraire à leur nature ?

On dira que ces hommes sont peu nombreux aujourd’hui, et on se croira autorisé par là à les tenir pour quantité négligeable ; là comme dans le domaine politique, la majorité s’arroge le droit d’écraser les minorités, qui, à ses yeux, ont évidemment tort d’exister, puisque cette existence même va à l’encontre de la manie « égalitaire » de l’uniformité. Mais, si l’on considère l’ensemble de l’humanité au lieu de se borner au monde occidental, la question change d’aspect : la majorité de tout à l’heure ne va-t-elle pas devenir une minorité ? Aussi n’est-ce plus le même argument qu’on fait valoir dans ce cas, et, par une étrange contradiction, c’est au nom de leur « supériorité » que ces « égalitaires » veulent imposer leur civilisation au reste du monde, et qu’ils vont porter le trouble chez des gens qui ne leur demandaient rien ; et, comme cette « supériorité » n’existe qu’au point de vue matériel, il est tout naturel qu’elle s’impose par les moyens les plus brutaux.

Qu’on ne s’y méprenne pas d’ailleurs : si le grand public admet de bonne foi ces prétextes de « civilisation », il en est certains pour qui ce n’est qu’une simple hypocrisie « moraliste », un masque de l’esprit de conquête et des intérêts économiques ; mais quelle singulière époque que celle où tant d’hommes se laissent persuader qu’on fait le bonheur d’un peuple en l’asservissant, en lui enlevant ce qu’il a de plus précieux, c’est-à-dire sa propre civilisation, en l’obligeant à adopter des mœurs et des institutions qui sont faites pour une autre race, et en l’astreignant aux travaux les plus pénibles pour lui faire acquérir des choses qui lui sont de la plus parfaite inutilité ! (pp. 159-160)
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enkidu_enkidu_   15 novembre 2017
Ce à quoi le monde moderne a appliqué toutes ses forces, même quand il a prétendu faire de la science à sa façon, ce n’est en réalité rien d’autre que le développement de l’industrie et du « machinisme » ; et, en voulant ainsi dominer la matière et la ployer à leur usage, les hommes n’ont réussi qu’à s’en faire les esclaves, comme nous le disions au début : non seulement ils ont borné leurs ambitions intellectuelles, s’il est encore permis de se servir de ce mot en pareil cas, à inventer et à construire des machines, mais ils ont fini par devenir véritablement machines eux-mêmes. En effet, la « spécialisation », si vantée par certains sociologues sous le nom de « division du travail », ne s’est pas imposée seulement aux savants, mais aussi aux techniciens et même aux ouvriers, et, pour ces derniers, tout travail intelligent est par là rendu impossible ; bien différents des artisans d’autrefois, ils ne sont plus que les serviteurs des machines, ils font pour ainsi dire corps avec elles ; ils doivent répéter sans cesse, d’une façon toute mécanique, certains mouvements déterminés, toujours les mêmes, et toujours accomplis de la même façon, afin d’éviter la moindre perte de temps ; ainsi le veulent du moins les méthodes américaines qui sont regardées comme représentant le plus haut degré du « progrès ». En effet, il s’agit uniquement de produire le plus possible ; on se soucie peu de la qualité, c’est la quantité seule qui importe ; nous revenons une fois de plus à la même constatation que nous avons déjà faite en d’autres domaines : la civilisation moderne est vraiment ce qu’on peut appeler une civilisation quantitative, ce qui n’est qu’une autre façon de dire qu’elle est une civilisation matérielle.

Si l’on veut se convaincre encore davantage de cette vérité, on n’a qu’à voir le rôle immense que jouent aujourd’hui, dans l’existence des peuples comme dans celle des individus, les éléments d’ordre économique : industrie, commerce, finances, il semble qu’il n’y ait que cela qui compte, ce qui s’accorde avec le fait déjà signalé que la seule distinction sociale qui ait subsisté est celle qui se fonde sur la richesse matérielle. (pp. 152-153)
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jeanlouisrjeanlouisr   14 février 2020
 Cependant, plaçons-nous pour un instant au point de vue de ceux qui mettent leur idéal dans le «bien-être» matériel, et qui, à ce titre, se réjouissent de toutes les améliorations apportées à l’existence par le «progrès » moderne; sont-ils bien sûrs de n’être pas dupes? Est-il vrai que les hommes soient plus heureux aujourd’hui qu’autrefois, parce qu’ils disposent de moyens de communication plus rapides ou d’autres choses de ce genre, parce qu’ils ont une vie plus agitée et plus compliquée ! Il nous semble que c’est tout le contraire: le déséquilibre ne peut être la condition d’un véritable bonheur; d’ailleurs, plus un homme a de besoins, plus il risque de manquer de quelque chose, et par conséquent d’être malheureux; la civilisation moderne vise à multiplier les besoins artificiels, et, comme nous le disions déjà plus haut, elle créera toujours plus de besoins qu’elle n’en pourra satisfaire, car, une fois qu’on s’est engagé dans cette voie, il est bien difficile de s’y arrêter, et il n’y a même aucune raison de s’arrêter à un point déterminé. Les hommes ne pouvaient éprouver aucune souffrance d’être privés de choses qui n’existaient pas et auxquelles ils n’avaient jamais songé; maintenant, au contraire, ils souffrent forcément si ces choses leur font défaut, puisqu’ils se sont habitués à les regarder comme nécessaires, et que, en fait, elles leur sont vraiment devenues nécessaires. Aussi s’efforcent-ils, par tous les moyens, d’acquérir ce qui peut leur procurer toutes les satisfactions matérielles, les seules qu’ils soient capables d’apprécier: il ne s’agit que de «gagner de l’argent», parce que c’est là ce qui permet d’obtenir ces choses, et plus on en a, plus on veut en avoir encore, parce qu’on se découvre sans cesse des besoins nouveaux; et cette passion devient l’unique but de toute la vie. 
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jeanlouisrjeanlouisr   09 janvier 2019
Ces restes de spiritualité, c'est seulement, pour tout ce qui est proprement occidental, dans l'ordre religieux qu'il est possible de les trouver ; mais nous avons déjà dit combien la religion est aujourd'hui amoindrie, combien ses fidèles eux-mêmes s'en font une conception étroite et médiocre, et à quel point on en a éliminé l'intellectualité, qui ne fait qu'un avec la vraie spiritualité ; dans ces conditions, si certaines possibilités demeurent encore, ce n'est guère qu'à l'état latent, et, dans le présent, leur rôle effectif se réduit à bien peu de chose. Il n'en faut pas moins admirer la vitalité d'une tradition religieuse qui, même ainsi résorbée dans une sorte de virtualité, persiste en dépit de tous les efforts qui ont été tentés depuis plusieurs siècles pour l'étouffer et l'anéantir ; et, si l'on savait réfléchir, on verrait qu'il y a dans cette résistance quelque chose qui implique une puissance "non-humaine", encore une fois, cette tradition n'appartient pas au monde moderne, elle n'est pas un de ses éléments constitutifs, elle est le contraire même de ses tendances et de ses aspirations. Cela, il faut le dire franchement, et ne pas chercher de vaines conciliations : entre l'esprit religieux, au vrai sens de ce mot, et l'esprit moderne, il ne peut y avoir qu'antagonisme ; toute compromission ne peut qu'affaiblir le premier et profiter au second, dont l'hostilité ne sera pas pour cela désarmée, car il ne peut vouloir que la destruction complète de tout ce qui, dans l'humanité, reflète une réalité supérieure à l'humanité.
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jeanlouisrjeanlouisr   22 janvier 2019
Rien ni personne n’est plus à la place où il devrait être normalement ; les hommes ne reconnaissent plus aucune autorité effective dans l’ordre spirituel, aucun pouvoir légitime dans l’ordre temporel ; les "profanes" se permettent de discuter des choses sacrées, d’en contester le caractère et jusqu’à l’existence même ; c’est l’inférieur qui juge le supérieur, l’ignorance qui impose des bornes à la sagesse, l’erreur qui prend le pas sur la vérité, l’humain qui se substitue au divin, la terre qui l’emporte sur le ciel, l’individu qui se fait la mesure de toutes choses et prétend dicter à l’univers des lois tirées tout entières de sa propre raison relative et faillible. « Malheur à vous, guides aveugles », est-il dit dans l’Évangile ; aujourd’hui, on ne voit en effet partout que des aveugles qui conduisent d’autres aveugles, et qui, s’ils ne sont arrêtés à temps, les mèneront fatalement à l’abîme où ils périront avec eux.
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Vidéo de René Guénon
Érik Sablé - René Guénon, le visage de l'éternité .Érik Sablé vous présente son ouvrage "René Guénon, le visage de l'éternité" aux éditions Points. http://www.mollat.com/livres/sable-erik-rene-guenon-passion-eternite-9782757828571.html Notes de Musique : 1-17 Schubert_ Moments Musicaux, Op. 94, d'780 - 6. Allegretto
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