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EAN : 9782020232135
301 pages
Seuil (01/01/1998)

Note moyenne : /5 (sur 0 notes)
Résumé :
Jelena est Serbe. Mariana, Croate. Cela fait maintenant deux mois qu'elles vivent dans ce couloir, sur un tas de couvertures. Dehors, le bombardement de Vukovar fait rage. Sur la ligne de front, un bouilleur de cru a installé son alambic. Au milieu du vacarme, il surveille du coin de l’œil la fabrication de l'alcool. Est-il fou ou simplement indifférent ?
Jean Hatzfeld s'interroge. Pendant deux ans, il a sillonné l'ex-Yougoslavie en guerre, avant d'être touch... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Nicolas9
  22 août 2016
J'ai lu ce livre passionnant juste avant d'avoir droit au briefing d'une ONG réputée sur la situation locale. J'avoue que j'en ai appris beaucoup plus avec le compte-rendu de guerre de Jean Hatzfeld.
Le journaliste de Libération a vécu 1991-1992 de l'intérieur et cela se sent. Il n'a pas pu inventer ce qu'il écrit.
En outre, il a le don de percevoir les ambiances des bords de Save et de Miljacka ce qui permet au lecteur de ressentir la beauté de la vie humaine au milieu de la haine et des massacres. Rien qu'à l'écrire, j'en éprouve des frissons 14 ans après avoir lu le livre...
Ce road trip au milieu du "suicide d'une nation" - autrefois fière et désormais morcelée en petits états pauvres et corrompus en voie de tiers-mondisation - vaut tous les livres de géopolitique pour comprendre ce qu'il s'est réellement passé à 1h50 de vol de Paris.
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moravia
  17 mars 2013
J'ai commencé à lire Jean hatzfeld par ce livre au moment de sa sortie.
Je n'ai plus quitté cet auteur , lisant tous ses ouvrages. Albert Londres fut une référence, Hatzfeld doit le devenir.
Il fait des livres vivants, proche du réel, qui m'enchante chaque fois.
Commencez par celui ci, et bonne route...
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Namasthune
  11 novembre 2020
peu d'explications sur les raisons du conflit, difficile à lire, multiples histoires sans vraiment de liens entres elles
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Acerola13Acerola13   28 juin 2022
Pendant trois mois, sans interruption, des centaines de canons serbes ont pilonné Vukovar, au rythme infernal de cinq mille obus par jour en périodes de pointe. A la fin de ce bombardement, des étudiants plasticiens, un archéologue de renom, un militant écologiste et un office de tourisme perpétuent sur ces ruines un délire identique, paranoïaque, serbe ; et ce couple d'amis s'y laisse prendre avec bonhomie. Les Serbes sont des gens curieux, ami caux, hospitaliers, "braves", dirait-on, au sens à la fois sympathique et péjoratif du terme. Leur folie, à la hauteur de leur aveuglement, les plonge dans la fantasmagorie au quart de tour. A la seule mention des Croates, des Musulmans ou des Albanais, ils se perdent dans une spirale sanguinaire, suicidaire, barbare. Autant les intellectuels musulmans font preuve de dignité, autant la plupart de leurs homologues serbes - pas seulement ceux de Serbie - se signalent par leur soumission.
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Acerola13Acerola13   28 juin 2022
Au Liban, j'avais compris que de tueries en destructions la guerre échappait peu à peu à la logique politique et au bon sens populaire. Plus tard la folie rwandaise va illustrer plus spectaculairement cette constatation. Au-delà d'un degré de violence, la guerre vit dans une sorte d'autarcie mentale.
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Acerola13Acerola13   07 mai 2022
Les nuits de lune, les rues dévastées de Sarajevo retrouvent une quiétude. Comme si le génie de la vallée, profitant de l'assoupissement du soleil, des gens ou des miliciens, loin de tout regard, rejouait un peu son rôle d'antan. Des arbres qui ne paraissent pas ébranchés veillent sur les allées d'un parc. Des épaves retrouvent le modelé de voitures intactes garées à la va-vite sur un trottoir, entre des vitrines de boutiques, sur lesquelles ne se devinent pas les rafistolages en feuilles de plastique. Un immeuble longiligne et altier redevient un siège social. Dans un square dallé de béton granitique, ces silhouettes assises sur des bacs où poussent des œillets sont peut-être des ménagères lasses, ou un petit clan de routards. Le vieil hôtel Bristol regarde par-dessus la rivière. Ombres d'avant la guerre, elles se racontent leurs souvenirs.
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Acerola13Acerola13   28 juin 2022
Par la suite je suis souvent retourné à Belgrade, avant et après la chute de Vukovar, avant et après le début de l'attaque de Sarajevo, lorsque les flots de centaines de milliers de réfugiés remplissaient les bennes des camions sur les routes, et que l'on découvrait les premiers charniers, parfois à moins de quatre-vingts kilomètres de la capitale serbe, en pleine campagne de nettoyage ethnique. Mais si Belgrade apparaît toujours anxieuse de la mobilisation de ses garçons pour le front, surpeuplée des de Bosnie ou de Croatie - Serbes, Musulmans ou Croates, dont les enfants ne peuvent plus à aller à l'école ensemble, elle ne se montre jamais enfiévrée, troublée ou agressive. La seule fois où les jeunes s'expriment violemment sur la guerre, c'est pour protester contre l'arrestation de Vuk Draksovic, un intellectuel exalté et sectaire. Cette figure de proue de l'opposition couvée par l'intelligentsia française doit sa notoriété en Serbie à des écrits nationalistes inspirés d'une politique royaliste et à la garde serbe, la première bande de miliciens à faire le coup de feu en Croatie, dont il fut le gourou mystique. Jamais Belgrade - et en cela elle n'appartient pas à l'Europe occidentale - ne s'est manifestée en tant que capitale d'un pays en guerre.
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Acerola13Acerola13   28 juin 2022
La limite entre l'acceptable et l'inacceptable, le tolérable et l'intolérable, n'est pas dans le visage décharné du prisonnier, ses jambes osseuses, son regard hors du temps, ses dents déchaussées. C'est le paysage du camp qui fait la différence, le nom lui même, son décorum dans des hangars, ses barbelés et ses miradors, son apparence improvisée, ses résonances historiques. Par une bizarrerie de l'imagination, le contenant choque plus que le contenu.
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Videos de Jean Hatzfeld (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Hatzfeld
Table ronde proposée par le Monde Avec Florence AUBENAS, grand reporter au journal le Monde, Javier CERCAS, auteur, Jean HATZFELD, journaliste et écrivain, Franck NOUCHI, journaliste au Monde
Florence Aubenas, Javier Cercas, Jean Hatzfeld, tous les trois ont cherché, par le biais de l'écriture, à décrire la réalité. Parfois, en s'en tenant à cette dernière, d'autre fois en imaginant des romans sans fiction mais saturés de fiction. Sans parler de pures fictions, qui, toujours, s'inscrivent dans une réalité très forte. Qu'il s'agisse d'Enric Marco, le personnage central de L'Imposteur ou de Thomassin, celui de L'inconnnu de la Poste, la question est toujours la même : quel rapport un héros littéraire entretient-il avec son auteur ? Ces trois écrivains, par ailleurs journalistes (ou chroniqueurs dans le cas de Cercas) font-ils leurs la célèbre maxime de « L'homme qui tua Liberty Valance », le chef d'oeuvre de John Ford : « Quand la légende dépasse la réalité, on imprime la légende » ?
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>Histoire de l'Europe>Histoire des Pays de l'Est>Yougoslavie (ex-) (Histoire) (18)
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