AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2757803999
Éditeur : Points (27/12/2006)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 107 notes)
Résumé :
Porté à l’écran par le cinéaste Claude Jutra, Kamouraska est considéré à juste titre comme l’un des chefs-d’œuvre de la littérature québécoise.
Dans la vieille ville de Québec, au milieu du XXe siècle, Mme Rolland accompagne son mari dans les derniers moments de sa vie. Et tandis qu’elle guette le souffle ultime de celui avec qui elle a vieilli, “attentive au moindre mouvement de la mort”, lui reviennent en rafales des souvenirs de sa jeunesse tumultueuse, de... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Gabriel_Oak
  08 juillet 2014
Une descente hallucinée dans la conscience d'une femme torturée par l'amour et le ressentiment. Madame d'Aulnières, au chevet de son second époux agonisant, se remémore son passé. La vie dans son village, son premier mariage avec un homme antipathique, grossier et violent, sa rencontre avec l'homme qui deviendra son amant, la catastrophe, la chute, le cauchemar.
Malgré une trame qui peut sembler assez classique, Anne Hébert a su construire un récit dont la forme est surprenante. le lecteur est appelé à reconstituer les lambeaux d'une narration fiévreuse, offerte par bribes, à travers la confusion profonde du personnage. le son de la pluie ou d'un attelage de chevaux, la vue d'une silhouette dans l'ombre, la présence latente de la mort autour d'elle, tout et n'importe quoi sert de déclencheur pour ramener cette femme tourmentée dans le tumulte de son histoire avortée.
L'écriture est incisive, l'émotion passe de la tendresse à la colère, de la passion à la froideur la plus noire. Bien que l'histoire racontée se déroule en 1839, Kamouraska n'est pas un roman historique. Il s'agit plutôt d'un contexte servant le propos et lui donnant sa couleur particulière. le drame qui s'y cache demeure, somme toute, intemporel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          370
AquinER
  22 avril 2013
Elisabeth veille son second mari qui se meurt. Cette veillée lui rappelle la mort de son premier mari qui n'avait rien de naturelle. Dans une série de flashbacks qui se chevauchent, on apprend les circonstances de la mort d'Antoine Tassy, seigneur de Kamouraska : un meurtre passionnel qui taraude à jamais la souffreteuse Elisabeth, éperdue d'un amour adultère. Nous sommes au Québec de 1839. Dehors, la neige. du sang sur la neige.
Le lire à petites doses, le savourer plutôt que le dévorer, voilà la façon d'ingurgiter Kamouraska, un roman à la Jane Austen, mais sans raison (ou presque), que du sentiment, voire de la passion dévorante. Une écriture poétique rythmée par la folie et le délire. Des chapitres courts, des phrases souvent sans verbe. le grand classique d'Anne Hébert prend parfois l'air d'un long poème en prose. Georges Sand et Alfred de Musset auraient probablement aimé.
Commenter  J’apprécie          152
nathalie_MarketMarcel
  28 juin 2018
Le premier chapitre nous dit tout. Madame Rolland laisse ses souvenirs aller pendant que son mari, malade, s'éteint doucement. Il s'agit de son second mariage. Elle a été accusée d'avoir tué son premier époux, en complicité avec son amant. L'accusation n'a pas été jusqu'au bout. Elle est libre, innocente, respectable, parfaite. Mais les souvenirs sont bouillants.
Lors d'une longue nuit d'insomnie, elle entreprend de tout se rappeler : son enfance, encadrée par sa mère et trois tantes très pieuses, son mariage avec Antoine Tassy, seigneur de Kamouraska, ivrogne, coureur et aux idées suicidaires, son refuge auprès des femmes de sa famille et sa rencontre avec le sombre et beau docteur Nelson. Et la suite, la terrible suite, le tumulte des sentiments.
Madame Rolland est couchée sur un lit et se souvient. Elle revit aussi les événements du passé, comme des reconstitutions judiciaires, où chaque acte et chaque parole peut influer dans un sens ou dans un autre. Elle entend les dépositions des témoins. Elle se faufile mentalement dans les événements auxquels elle n'a pas assisté. Elle mélange quelquefois ces temporalités, dans une confusion mentale terrible, se raccrochant à des souvenirs précis, des images, des gestes pour conserver une apparence d'honnête femme.
Hébert dresse un portrait du Québec des années 1840, très corsetées, où les femmes ne sont pas laissées seules avec un homme, où elles enchaînent les maternités docilement et où les protestants anglophones ne sont pas très aimés. Il y a aussi ce mystérieux (enfin, mystérieux pour moi, française) « seigneur de Kamouraska » qui évoque un lieu lointain, inaccessible, perdu dans la neige et la glace. En réalité, il y a un manoir, une église et un village, mais ce nom porte un imaginaire de danger et de bout du monde. Il s'agit aussi du portrait d'une femme, écrasée par ses actes, par ses souvenirs, par ses sentiments, contradictoires et puissants.
Ce n'est pas un livre qui se donne aisément. L'entremêlement des années qui exprime si bien la confusion mentale de l'héroïne, broyée par les événements, qui se raccroche à ce qu'elle peut pour ne pas sombrer dans la folie, peut perturber le lecteur. Il convient d'être attentif aux sauts d'une époque à l'autre. Les témoins, les servantes, les tantes, les enfants défilent à la barre, devant la mémoire de la pauvre madame Rolland, se débattant mentalement comme elle peut contre l'accusation.
Un roman très prenant, envoûtant même. Je le relirais certainement, car je suis allée beaucoup trop vite et j'ai dû passer plein de belles choses. En effet, la langue d'Hébert contient de nombreuses trouvailles pour traduire les émotions humaines, les émotions tues, étouffées, cachées, qui se libèrent lors d'accès honteux.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          81
Maxie
  14 août 2016
Alors que son second mari est sur son lit de mort, Elisabeth d'Aulnières se remémore son passé avec angoisse : son enfance avec une mère veuve très tôt, son adolescence auprès de ses tantes, son premier mariage avec un homme brutal et la mort violente de celui-ci. le style de narration est particulier, on passe du témoignage direct à des passages à la troisième personne, avec davantage de recul, et on passe du présent au passé de manière parfois déconcertante. Mais au final, on est fermement attaché à ce récit (basé sur des faits réels) qu'on suit sans trop de difficulté, et avec un résultat plutôt plaisant malgré une atmosphère assez lourde. En bref, une lecture pas si facile, mais qui en vaut la peine.
Commenter  J’apprécie          92
KATE92
  08 mai 2012
Deuxième livre de cette auteure, deuxième déception : je n'arrive pas à poursuivre... Je capitule !
Commenter  J’apprécie          121
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Madame_litMadame_lit   27 septembre 2015
L'apaisement qui suit l'amour. Son épuisement. Nous refusons encore d'ouvrir les yeux. Dans un chuchotement d'alcôve nous discutons de la mort d'Antoine. Nous en arrivons là tout naturellement. Nos deux corps à peine reposés après l'amour fou. Tout comme si cet instant paisible, cette trêve ne nous était accordée que pour déboucher sur une frénésie plus violente encore. Tout comme si le meurtre d'Antoine n'était que pour nous que le prolongement suprême de l'amour.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
isallysunisallysun   18 mars 2013
Dehors, l'immensité de la neige, à perte de vue. Cette espèce de vapeur blanche, épaisse, s'élevant des champs, de la route, du fleuve, de partout où le vent peut soulever la neige en rafales. La poudrerie efface les pistes et les routes. La pensée de l'anse de Kamouraska, en vrille dans ma tête. La vibration de cette pensée faisant son chemin dans ma tête. La résistance de mes os.
Commenter  J’apprécie          80
AquinERAquinER   15 avril 2013
Votre mari se meurt dans une des chambres du premier, et vous feignez de dormir, étendue sur le lit de l'institutrice de vos enfants. Vous entendez des voix, madame Rolland. Vous jouez à entendre des voix. Vous avez des hallucinations. Avez-vous donc tant besoin de distractions qu'il vous faut aller chercher, au plus creux des ténèbres, les fantômes de votre jeunesse ?
Commenter  J’apprécie          80
AquinERAquinER   16 avril 2013
The Queen ! Toujours the Queen ! C'est à mourir de rire. Qu'est-ce que cela peut bien lui faire à Victoria-au-delà-des-mers qu'on commettre l'adultère et le meurtre sur les quelques arpents de neige cédés à l'Angleterre par la France ?
Commenter  J’apprécie          130
isallysunisallysun   18 mars 2013
Rivière-Ouelle. Me raccrocher à ce nom de village, comme à une bouée. (Le dernier village avant Kamouraska.) Tenter de faire durer le temps (cinq ou six milles avant Kamouraska). Étirer le plus possible les premières syllabes fermées de ri-vi-, les laisser s'ouvrir en è-re. Essayer en vain de retenir Ouelle, ce nom liquide qui s'enroule et fuit, se perd dans la mousse, pareil à une source. Bientôt les sonorités rocailleuses et vertes de Kamouraska vont s'entrechoquer, les unes contre les autres. Ce vieux nom algonquin; il y a jonc au bord de l'eau. Kamouraska!
Je joue avec les syllabes. Je les frappe très fort, les unes contre les autres. Couvrir toutes les voix humaines qui pourraient monter et m'attaquer en foule. Dresser un fracas de syllabes rudes et sonores. M'en faire un bouclier de pierre. Une fronde élastique et dure. Kamouraska! Kamouraska! Il y a jonc au bord de l'eau! Aïe! les voix du bas du fleuve montent à l'assaut. Parlent toutes à la fois! Les abeilles! Toujours les abeilles! Les habitants du bas du fleuve, en rangs serrés, suivent, décrivent et dénoncent, à voix de plus en plus précises et hautes, le passage d'un jeune étranger, dans son extraordinaire traîneau noir, tiré par un non moins extraordinaire cheval noir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Anne Hébert (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anne Hébert
Le tombeau des rois, Anne Hébert lu par Anne Hébert
autres livres classés : dualismeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Littérature québécoise

Quel est le titre du premier roman canadien-français?

Les anciens canadiens
La terre paternelle
Les rapaillages
L'influence d'un livre
Maria Chapdelaine

18 questions
137 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature québécoise , québec , québécoisCréer un quiz sur ce livre
.. ..