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EAN : 9782869598614
218 pages
Arléa (04/06/2009)
3.9/5   34 notes
Résumé :

Marseille, Bilbao, Montevideo, Buenos Aires... 1927, Albert Londres s'embarque pour l'Argentine et mène l'enquête sur la traite des Franchuchas, les Blanches made in France. Tenace, le journaliste arpente les trottoirs de Buenos Aires, interrogeant et suivant dans leurs " activités " maquereaux, filles et policiers, plongeant dans le folklore de Victor le Victorîeux, de Vacabana dit le Maure, des Créolos et des Polaks. Derriè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
gill
  27 février 2019
Si le rideau se lève à Paris, c'est pourtant à quinze mille kilomètres de là que va se jouer le drame.
Albert Londres est allé au bagne.
Il a fouillé Biribi.
Il a pénétré dans les maisons de fous.
Il n'est pas à court d'histoires.
Il est revenu de Buenos-Aires pour raconter celle-là.
Le journaliste du "Petit Parisien, pour cette nouvelle enquête, s'est transporté de la terrasse du "Batifol", un bar du faubourg Saint-Denis, jusqu'au coeur de Buenos-Aires en Républica Argentina.
Il s'est embarqué sur un vapeur français de quinze mille tonneaux, le "Malte" appartenant à la flotte des Chargeurs Réunis.
Il s'est mis à la remorque de Lucien Carlet, qui voyage avec la Galline ...
La traite des blanches, le sujet semble tragique !
Tintin chez les maquereaux, la rencontre n'est pas banale !
"Le chemin de Buenos-Aires" est un livre déroutant.
D'abord, il est écrit d'un style enlevé, presque narquois.
La lecture de l'ouvrage est un véritable plaisir : les personnages y sont atypiques et hauts en couleur, les descriptions y sont originales et évocatrices.
Et, la plume du journaliste s'y révèle celle d'un véritable écrivain.
Mais le lecteur que je suis, perclus de morale, épris de liberté, amoureux de l'autre sexe et quelque peu féministe, s'est trouvé désastibilisé durant toute sa lecture.
Seules, les dernières lignes du livre, m'ont fait retrouver confiance dans le propos d'Albert Londres.
La clé de l'ouvrage s'y trouve.
Une fois de plus, le journaliste a tenu parole.
Une fois de plus, il a fait parfaitement fait son métier, qui n'est "pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, mais de porter la plume dans la plaie".
Foin de la belle morale !
Il a extirpé de la misère sa vérité, et en a dégagé une responsabilité.
Il est des livres qui sont à lire jusqu'à leur dernier mot.
Celui-là, splendide et pittoresque, en est ...

.
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kielosa
  29 juillet 2017
Imaginez que vous seriez obligé à choisir un seul auteur pour une évasion vers le plus de destinations possibles ? Je crois que le nom du journaliste français Albert Londres (1884-1932) s'imposerait incontestablement . En un quart de siècle il a fait le tour complet du monde ou presque : Buenos Aires, Cayenne, Constantinople, Dakar, Delhi, Jérusalem, La Mecque, Moscou, Prague, Saigon, Shanghai, Sofia, Tokyo, Trieste, Varsovie....ne sont que quelques noms d'escale. et après le nom de chaque ville, je pourrais ajouter au moins un titre d'ouvrage. Heureusement pour le monde et les lecteurs que ce voyageur infatigable ne s'est pas contenté de son premier job, comptable à Lyon !
Mais, malheureusement, pour nous et contrairement à un des titres de ses nombreux livres "Le juif errant est arrivé", il est mort beaucoup trop tôt, à l'âge de 47 ans. Il était, après 26 ans d'efforts, loin d'être arrivé à bout et il nous a laissé orphelins juste à une époque de grands troubles : les années 1930. Car ce journaliste engagé était ce que l'on pourrait qualifier de conscience de l'univers, si je puis dire. Puisqu'en effet, il ne se contentait pas à nous relater ses constantes pérégrinations, son but était bel et bien de dénoncer de graves injustices, telles les excès du colonialisme et tout genre de travail forcé.
Il était, en fait, bien longtemps avant que le terme n''apparaisse, journaliste d'investigation ! Je ne peux m'empêcher de répéter son fameux bon mot, souvent cité, car il résume parfaitement son engagement et ambition :"Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie." Cette phrase extraite de son ouvrage sur la traite des noirs "Terre d'ébène" , a été le point de départ pour nombre de journalistes et reporters sérieux qui se sont lancés dans ses traces. Pas surprenant dès lors qu'un an après sa mort tragique au champs d'honneur, en 1933, le prestigieux Prix Albert-Londres fût créé pour récompenser, chaque année, le meilleur reporter de la presse ecrite, doublé, depuis une trentaine d'années, par le prix du meilleur reporter de l'audiovisuel. Parmi les illustres lauréats je me limite à mentionner : Jean Lartégui, Marcel Niedergang, François Debré, Marion van Renterghem (connue pour son "Angela Merkel, l'ovni politique") et bien sûr la célèbre et courageuse Anne Nivat.
Le premier ouvrage que j'ai lu de lui a été "Le Chemin de Buenos Aires" sur la traite des Blanches, les "Franchuchas" ou prostituées françaises, envoyées par des gangs et souteneurs, sous toutes sortes de prétextes fallacieux, en Argentine, où pour les gauchos il n'y avait pas assez de femmes au début du siècle dernier. Ayant lu sur cette problématique l'excellent livre de base du professeur d'Ohio, Donna J. Guy, "Sex and Danger in Buenos Aires : Prostitution, Family and Nation in Argentina" la grande spécialiste de ce pays d'Amérique Latine, ce premier livre était pour moi comme un test pour juger la valeur d'un reportage de lui effectué en 1927 sur ce thème. le Nom d'Albert Londres m'était connu. bien entendu, mais je craignais que ses reportages étaient datés et n'offraient actuellement plus grand intérêt. Crainte totalement injustifiée ! Pour prendre l'exemple du trafic des françaises et autres européennes en esclavage sexuel à BA, son oeuvre complète, de façon vive, celui très académique de Mrs. Guy. Livre à succès en Europe, mais amèrement critiqué par la presse argentine qui estimait que notre reporter s'était montré trop indulgent à l'égard des proxénètes français, comme Victor le Victorieux ou Vacabana, surnommé le Maure. Accusation farfelue contredite par le dernier chapitre du livre, intitulé "La responsabilité est sur nous". Car le but de son auteur était d'alarmer les autorités afin que cette soumission et abus scandaleux des femmes cessent. Et d'ajouter :"À la base de la prostitution de la femme il y a la faim". et l'appel : "Surveillez les bateaux. Emprisonnez les ruffians." Qu'il avait rencontré ces maquereaux, va de soi, comme il sied à un bon journaliste d'investigation, d'autant plus que les autorités argentines se méfiaient de lui et n'offraient strictement aucune assistance.
Fort de mon expérience positive, je me suis mis à lire de lui "L'equipée de Gabriele d'Annunzio", puisque ce dramaturge et poète italien m'intriguait par son occupation, comme général nationaliste à la fin de la première guerre mondiale, de la ville croate de Rijeka, où il proclama l'État libre de Fiume.
Mon avis favorable d'Albert Londres s'y trouvait tellement bien confirmé, que je me suis mis à me procurer ces ouvrages systématiquement, jusqu'à je procède à l'achat de ses "Oeuvres complètes" , paru en 2007 et dont les quelques 900 pages sont merveilleusement introduites par Pierre Assouline. Je profite de l'occasion pour remercier la maison d'édition Arléa, qui est aussi 'responsable' de la divulgation de pratiquement tous ses livres en pockets à des prix démocratiques.
Le même Pierre Assouline a écrit une excellente biographie : "Albert Londres : Vie et mort d'un grand reporter, 1884-1932". de même que Luc Révillon "Albert Londres, Prince des Reporters". Sa fille, Florisse Albert-Londres, a finalement publié son témoignage émouvant sous le simple titre de :"Mon père", que je n'ai pas (encore) lu. Sur sa mort tragique dans des circonstances bizarres à la suite de l'incendie et naufrage du paquebot George Philippar au large de la Côte de Somalie, il convient de signaler 2 ouvrages : de Régis Debray "Sûr la Mort d'Albert Londres" et de Bernard Cahier "Albert Londres, Terminus Gardafui : Dernière enquête, dernier voyage".
Ne vous laissez surtout pas induire en erreur par la couverture un tantinet style carte postale érotique d'antan, qui couvre malheureusement bien le triste sujet et ne croyez pas qu'il s'agit d'une oeuvre porno soft. Je recommande donc cet ouvrage, qui malgré ses 90 ans, n'a rien perdu de son actualité, si l'on pense à toutes ces femmes principalement de l'est et du sud qui vivent aujourd'hui, hélas, le même calvaire que les 'Franchuchas', il y a un siècle, à Buenos Aires.
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Malaura
  16 juillet 2011
En 1927, Albert Londres décide d'écrire sur la traite des Blanches; un grand reportage écrit non pas comme un article journalistique mais comme un livre qui relate par le menu, ses contacts avec des proxénètes parisiens, ses relations dans le réseau des maquereaux et jusqu'à son voyage à Bueno-Aires en Argentine à la rencontre de ces femmes, ces "franchuchas" qu'on dit "de petite vertu" mais qui n'ont hélas jamais eu d'autre choix pour vivre que celui de se prostituer.
Si le livre a rencontré un vif succès auprès du public lors de sa parution, c'est qu'Albert Londres, avec sa faconde naturelle, sa volubilité enjouée et entraînante, a agrémenté son propos d'une bonne dose d'humour et d'ironie mordante, tout en réalisant un reportage tout ce qu'il y a de plus sérieux sur la traite des Blanches.
Le père du journalisme moderne pointe les causes majeures du problème : le chômage et la misère.
Sa volonté est d'interpeller ses congénères et exhorter notre société à assumer ses responsabilités pour pallier à la pauvreté qui conduit inévitablement à la prostitution.
Peu de choses ont hélas changé de nos jours de part le monde..mêmes causes, mêmes conséquences...
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Babelcoyo
  21 décembre 2020
Ah, Albert Londres, quelle plume, quel style revigorant ! Les amateurs d'Audiard s'en délecteront inévitablement, de ce langage début de siècle, de cet oeil qui voit tout, de cet esprit sémillant et ces images truculentes. L'auteur en fait probablement trop (mais l'époque s'y prêtait probablement davantage), il en rajoute certainement, peut-être se caricature-t-il lui-même (sa notoriété étant déjà établie lorsqu'il entreprend ce rigoureux reportage), mais son obstination et sa bonhommie forcent incontestablement l'admiration. Cet homme eut le don de rendre belles les choses les plus vilaines, et c'est certainement la marque d'un profond humanisme à ce point viscéral qu'il vous réconcilie avec les êtres les plus minables d'apparence. On bute sur quelques expressions passées, sur quelque vocabulaire qu'on ne retrouve plus que dans le Littré, mais passés ces petits obstacles, on sourit, on rit même ! Sans compter qu'Albert Londres décortique si bien cette ancienne filière de la prostitution (de petites françaises vers l'Argentine) que son récit résonne toujours formidablement avec notre actualité (en cent ans, on n'a toujours pas concrètement résolu la question du proxénétisme, tout juste avons nous déplacé le problème vers d'autres pays). Assurément l'un des ouvrages les plus drôles et les plus réussis de ce reporter au long cours. C'est dire s'il faut lire les aventures de ce Tintin au pays des Créolos !
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SZRAMOWO
  23 novembre 2014
C'est en 1927 que, pour la première fois, Albert Londres va concevoir une enquête comme un livre, et non comme une suite d'articles réunis.
Quittant la France incognito pour l'Argentine, il se lance dans une minutieuse enquête sur la « traite des Blanches », prostituées venues d'Europe pour arpenter les trottoirs d'Amérique du Sud.
Après avoir recueilli des renseignements auprès de proxénètes du milieu parisien, il se heurtera à de nombreuses difficultés pour pénétrer celui de Buenos Aires.
Il viendra cependant à bout de ses difficultés grâce à ses contacts dans la communauté française de Buenos Aires, qui compte alors un nombre appréciable de maquereaux et de filles.
Dans le chemin de Buenos Aires, Albert Londres nous décrit leur mode de vie et leurs codes au cours des vingt-quatre chapitres de ce livre, qui sera salué par la critique et connaîtra un franc succès, et de nombreuses rééditions.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
pierre31pierre31   22 mai 2019
– Alors, Victor, vous trouvez l'autruche dans une tôle d'abatage à deux thunes au lieu de cinq...
– Et quarante-quatre sous la thune à cette époque! Vous pensez ce qui se passa. Toutefois, je ne la tuai pas. Nos femmes sont des machines à sous. On ne casse pas sa machine à sous, on se contente, parfois, de la secouer un peu nerveusement. Et je lui dis: Puisque tu es là, reste là. Au fond tu ne valais pas mieux. Tu n'étais pas faite pour voyager en première classe. Tous les samedis je viendrai chercher la paye. Si tu bronches je donnerai ton cœur à manger aux condors de la Cordillère!
La paye n'était pas bonne. Mademoiselle s'offrait des liqueurs de marque avec son gain. C'était une vicieuse!
Un cheval vicieux, on le réforme au régiment. Dans nos rangs, une femme, c'est comme un cheval. Si elle rue après dressage, il convient de s'en débarrasser.
Je décidai de la vendre.
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pierre31pierre31   22 mai 2019
Mon intérêt avant tout. Pour gagner ses bonnes grâces je la promenai dans Buenos-Aires. Je l'amenai au jardin d'acclimatation. Là tout failli casser. Ce fut de ma faute. Je ne pus m'empêcher de lui dire: – Tiens! regarde-toi, quand nous fûmes devant la girafe. Elle jeta son ombrelle dans l'enclos du zèbre et partit en me traitant de maquereau.
Je fus contraint, le soir même, de lui re-pocher les deux yeux.
Il fallait la soustraire, au plus tôt, aux fantaisies de sa nature. Nous prîmes le train pour Mendoza.
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gillgill   27 février 2019
Seuls les poètes et les caftanes* savent créer de jolis mots.
Pourquoi l'Académie Française n'a-t-elle reçu, jusqu'ici, que les poètes ?

*caftane, mot dont les Argentins se servent pour désigner les hommes qui vivent des femmes
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SZRAMOWOSZRAMOWO   21 novembre 2014
Une demi-femme. Cinquante pour cent pour le collègue et cinquante pour cent pour moi. C'est comme pour la grande loterie, quand on n'est pas riche, on se divise. C'était la Rita, une des seins à mettre à genoux devant, une allure d'écuyère à cheval. On n'en voit plus comme celle-la ! Elle était trop chère pour un seul. Il fallait la loger selon son rang, l'habiller d'après ses mérites.
La Rita ? Vous vous souvenez d'elle, vous autres, elle a fait la fortune de quatre ; Gaston, Bob, le petit Lou-Lou et un peu la mienne. Un peu la mienne parce que Lou-Lou un an plus tard m'a racheté mes cinquante pour cent !
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RusenRusen   19 septembre 2017
A cette heure-là, j'étais assis boulevard Montmartre, à la terrasse non plus d'un bar, mais d'un établissement cardinal appelé Mazarin. Je n'étais point seul. Le chef de la police des mœurs à la Sûreté générale était avec moi. Je l'avoue. Quand il s'agit de trouver mon foin je mange à tous les râteliers.
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La Bpi accueille Caroline Hayek (en direct depuis Beyrouth), lauréate 2021 du prix Albert Londres (presse écrite) pour ses reportages à Beyrouth après l'explosion qui a dévasté la ville en août 2020. Caroline Hayek est journaliste, depuis 2014, pour L'Orient – le Jour, le quotidien francophone libanais. Elle est également correspondante pour le magazine L'Express et chroniqueuse pour La Première (RTBF).
Retrouvez l'entretien avec Caroline Hayek sur notre dossier "Paroles de journalistes" : https://balises.bpi.fr/caroline-hayek/
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