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ISBN : 2355846391
Éditeur : Sonatine (12/10/2017)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Alors qu’il fait des recherches généalogiques sur ses ancêtres écossais, Graeme Macrae Burnet découvre des archives relatives à une étrange affaire. En 1869, Roderick Macrae, dix-sept ans, a été arrêté après un triple assassinat dans un village isolé des Highlands. Dans un document écrit, le jeune homme relate sa vie et ses meurtres, sans jamais donner le moindre détail sur ses mobiles. Hormis ce récit, aucune preuve tangible de sa culpabilité n’a été trouvée. Était... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  15 novembre 2017
Ici ou là, j'ai lu quelques reproches adressés à l'auteur qui a malicieusement emberlificoté ses lecteurs en s'inventant un lien de parenté avec le personnage principal, Roderick Macrae. Sonatine a certainement dû beaucoup s'amuser également en collant une étiquette « thriller » sur L'accusé du Ross-Shire ! Mais qui aurait acheté un livre intitulé "La vie des paysans dans les Highlands au XIXème siècle" ? C'est pourtant l'un des thèmes principaux, assorti de crimes, de ce roman qui rencontre un succès bien mérité.
1869 : Roderick Macrae, armé d'un louchet et d'un hoyau, tue plusieurs personnes. Emprisonné, il raconte son existence dans la misérable ferme familiale, dans un document qui décrit l'injustice des conditions féodales sous lesquelles le highlander perpétue son dur labeur, réduit en esclavage par un cruel système de prêt de lopins de terre dont il tire à peine de quoi vivre.
Tout se gâte (encore plus) pour les Macrae lorsque Lachlan le Large, brusquement entiché de réglementation, accède aux fonctions de constable. Il se jette dans ce rôle avec la ferveur d'un renard dans un poulailler, visite, contrôle, relève des irrégularités, inflige des amendes, mélange le droit local avec le droit de cuissage, tient sous sa tyrannie des pauvres gens, prêts à travailler gratuitement pour lui en contrepartie d'une fausse promesse de clémence. Ceux qui s'opposent à lui voient leur bail modifié quand ils ne sont pas expulsés de leurs terres.
Dans ce contexte social inhumain, les policiers, avocats, jurés, experts psychiatres ou médecins légistes doivent déterminer à grand renfort de rapports et interrogatoires, si Roderick est un individu qui s'est révolté contre l'acharnement du pouvoir en place, s'il appartient à la « classe criminelle », ou s'il est fou. L'enjeu du procès n'est donc pas tant d'établir les faits que le contenu de l'esprit du coupable. Bon courage aux lecteurs pour forger leur opinion, car Graeme Macrae Burnet est décidément très malin !
Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un roman très brillant, intelligent, original, très documenté, qui permet de découvrir l'Ecosse du XIXème siècle, les spécificités de son système judiciaire, et surtout de lire de savoureuses pages sur les débuts de la criminologie et de la psychiatrie, lorsque les médecins cherchaient dans la forme des lobes des oreilles ou du nez, à reconnaître un assassin héréditaire appartenant à l'engeance criminelle.
Il ne me reste plus qu'à saluer le travail de traduction effectué par Julie Sibony, qui a, grâce à un choix de mots appropriés dûs sans aucun doute à des recherches ardues, restitué la langue, les expressions, le vocabulaire paysan en usage dans les années 1860. Une très belle réussite !
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kielosa
  09 septembre 2017
Chaque année, "Vrij Nederland" (Pays-Bas libres), un mensuel d'opinion, publie son "Guide de suspense". Une publication que tous les amateurs de thrillers en Hollande et en Flandre attendent avec impatience, car c'est quasi une référence en or des nouvelles apparitions dans ce domaine spécifique : un comité d'auteurs et de critiques professionnels du genre analysent pendant tout un an tout ce qui paraît, selon des critères archi rigoureux avec un système bien précis d'étoiles (de 0 à 5) et un lauréat de l'année . Comme pour beaucoup d'autres lecteurs mordus, c'est un peu ma bible.
Ainsi, le 38ème guide annuel vient d'être diffusé : Analyses d'exactement 618 ouvrages, seulement 8 cinq étoiles et le gagnant de 2017 est l'Écossais Graeme Macrae Burnet avec : "L'Accusé du Ross-Shire". À titre de comparaison, je mentionne les lauréats des 5 années précédentes avec entre parenthèses le nombre de critiques sur Babelio : 2016, Nick Pizzolatto "Galveston" (32 ) ; 2015, Paula Hawkins "La fille du train" (922) ; 2014, Robert Harris "D., L'affaire Dreyfus révisée" (25) ; 2013, John le Carré "Une vérité si délicate" (14) et 2012, Arnaldur Indriđason "La muraille de lave" (104). Parmi les 5 étoiles de la cuvée 2017, signalons : Daniel Cole, Tony Schumacher, Anders Roslund et Börge Hellström - mort d'un cancer en février dernier - Stefan Thunberg et Sharon Bolton, connue en France pour son "Sous emprises".
Mais comment ce jury professionnel motive-t-il sa sélection ?
L'argument déterminant est la construction originale de l'ouvrage, baptisé par le jury de "thriller dossier". En effet, à la base figurent des documents historiques, des déclarations et des rapports, qui constituent ensemble un dossier relatif à une affaire criminelle de 1869. Un adolescent de 17 ans, Roderick - Roddy - Macrae reconnaît avoir commis un triple meurtre dans un bled isolé en Écosse occidentale. Dans sa commune. Roddy est considéré comme bizarre, tandis que son instituteur, en revanche, le qualifie de "le plus intelligent garçon de sa classe". En attendant son procès, en prison à Inverness, Rody note le comment et surtout le pourquoi de son geste. Cette déclaration volontaire forme un des documents-clés du dossier, ensemble avec une évaluation psychiatrique de son état mental et une compilation de coupures de presse se référant à son procès.
Le jury hollandais n'est pas le seul à avoir été impressionné par l'ouvrage, puisqu'il était déjà lauréat du prestigieux Prix Booker pour fiction, le prix littéraire incontestablement n° 1 au Royaume-Uni.
Les lecteurs friands d'évasion et de dépaysement seront gâtés, car l'histoire se situe à Culduie, sur la péninsule d'Applecross, dans les Highlands écossais. Je me souviens d'avoir emprunté l'unique route dangereuse menant au village d'Applecross, fermée d'ailleurs en hiver. L'approvisionnement des quelque 550 habitants se faisant alors par mer. Autre particularité de l'endroit, le hameau ne compte qu'une rue, appelée "The Street" d'où l'on voit au loin l'archipel des Îles Hébrides Intérieures.
Graeme Macrae Burnet, qui a étudié la littérature à l'université de Glasgow, a été professeur en France, en République tchèque et en Pologne. En 2013, Il a publié son premier thriller " The Disappearance of Adele Bedeau" (La disparition d'Adèle Bedeau) - situé à Saint-Louis en France - et cette année, tout récemment d'ailleurs, il en a sorti une suite sous le titre "The Accident on the A35" (L'accident sur la route A35).
Je termine cette chronique par la réponse de l'auteur à un journaliste du "Irish Times", qui lui avait demandé ce que ses livres lui avaient appris, : "Avant de publier mon premier livre, je pensais que j'étais complètement normal". Apparemment écrire des thrillers n'est pas sans danger pour son équilibre mental !
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AgatheDumaurier
  20 octobre 2017
Moi, naïve, je crois ce qu'on me dit. Alors, quand l'auteur me déclare en préface qu'il a déterré cette affaire de meurtre en faisant des recherches sur son arrière-grand-père en Ecosse, j'ai confiance...Et puis quand même, au bout de quelques pages, je comprends : c'est un fake ! C'est du reconstitué fait main !! Bon, je suis un peu déçue de comprendre que l'auteur est à la fois, le jeune homme, le psychiatre, l'avocat etc...Mais je continue, parce que c'est diablement intéressant et bien fait.
Voilà les pièces du dossier, mesdames, messieurs. Un très jeune homme, Roderick Macrae, dix-sept ans, est accusé d'un triple assassinat ...On ne sait pas encore clairement sur qui. Nous accédons dans le livre à diverses dépositions de témoins (voisins, prêtre, instituteur), et surtout au récit des événements et de ses circonstances par le ci-devant Roddy Macrae, supposément pourtant un paysan attardé et illettré. Nous avons ensuite les rapports médicaux (psychiatre) et le procès.
Grâce à cette construction très habile, Graeme Macrae Burnet fait le tour d'un système social inique, où tout est fait, bien sûr, pour écraser le faible, le travailleur. L'Ecosse du XIXème siècle fonctionne de façon médiévale. Les terres sont attribuées à des paysans, mais appartiennent au seigneur. Les paysans sont "managés" à divers niveaux, dont le plus pervers est l'élection de l'un d'entre eux pour surveiller tous les autres, les dénoncer et les punir. Evidemment, dans de telles conditions, le drame couve. Roddy Macrae est un enfant compliqué- orphelin de mère, père violent, taiseux, idiot- et qui doit se soumettre à des diktats religieux et sociaux qui insultent son intelligence. L'intelligence a par ailleurs été cultivée par l'instituteur, et constitue dans ce cas une bombe à retardement. Car on peut faire ce que l'on veut, mais 1869, ce n'est pas le Moyen-Age, et les esprits ont changé...De même que dans le livre d'Anna Hope, La Salle de Bal, nous voyons par ailleurs comment la science-la médecine-participe activement et paradoxalement à maintenir la société dans son jus le plus conservateur, cherchant à enfermer et éliminer tout élément perturbateur (les fous lobotomisés remplacent les pendus...)
Je suis loin d'avoir abordé tous les thèmes du livre, tous les personnages, toutes les attitudes scandaleuses (et fort d'actualité d'ailleurs, nihil novi sub sole) qui font le foisonnement du récit. le livre est vraiment intéressant, original, et écrit d'une manière à rendre addict n'importe quel lectrice-lecteur.
Je le recommande donc vivement, et remercie les éditions Sonatine et l'opération Masse Critique pour ce cadeau de grande qualité !
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Fleitour
  18 octobre 2017
Un livre glaçant de bout en bout, où le cynisme rejoint le sordide, où les mots comme la parole sont confisqués au profit des puissants.
Les paroles se dérobent , tous les acteurs, et tous les fermiers obéissent à une terrible omerta, le silence du vieux, trop lisible, ne laisse filtrer aucune lueur, Roderick Macrae lui même se retranchera parfois dans le silence.

Si un livre peut changer votre vie, celui-ci est de ceux, capable de vous désespérer de l'humanité, de la religion, de la justice et de votre père. Alors autant le lire d'une traite (avec un seul r).
Comme un bernicle sur son rocher, ce roman policier, plus proche du thriller, à l'intrigue diabolique et inventive, au suspense omniprésent ne vous lâchera plus.

Ce coup de maître d'entrée, est à saluer, l'auteur vous invite à lire, un récit écrit par un détenu qui raconte les meurtres qu'il a commis. Un récit écrit en 1869 et retrouvé dans les archive d'Inverness !
C'est parti il nous tient en laisse comme un épagneul un peu fou. de dépositions, en comptes-rendus d'audience Graeme Macrae Burnet tisse sa toile.
Pris dans la nasse, au plus prêt des acteurs, frustres mais si crédibles, cette longue lecture éveillera en vous de douloureux questionnements. La honte s'insinue dans la famille Macrae, quand l'arrogance s'affiche dans le clan Mackensie.

La religion représentée par M Galbraith est une injure au bon sens et au simple devoir de compassion. le révérend est un cynique douteux, incapable du moindre signe de sympathie, il affirme au contraire, que si votre femme est morte c'est de votre faute ; ce qui donne en langage sacerdotal, et onctueux, ; "Je lui ai rappelé que les tribulations de cette existence, nous échoyait en juste rétribution de nos péchés et qu'il devait les accepter comme telles", ainsi s'exprimait page 267, le révérend au décès de la maman du prévenu, Roderick et de son père John.

Mais qui est le père, de l'enfant né ce jour où sa maman meurt en couche ?
La maman est qualifiée de frivole et d'hypocrite, par le révérend Galbraith.

Quant à la féodalité, qui règne alors en Écosse, celle-ci est omniprésente. Propriétaire de territoires très étendus, jusqu'aux plages, son pouvoir s'exerce par son représentant, le Constable, Lachlan le Large, le clan Mackensie, qui conjugue cynisme et humiliation., le régisseur, rappelait, au cours de l'entrevue demandée par John Macrae, page 127 que " par bonté le bail est encore prolongé" !
Dans ce village isolé des Highlands, les meurtres perpétrés chez le constable Lachlan le Large, déclenche un procès hors norme, où chacun est là pour défendre une thèse propre à son camp.
L'église avec le révérend Galbraith, les propriétaires terriens représentés par les victimes, les fermiers soumis au labeur et à une loi, où chacun doit rester à sa place, ces clans vont s'affronter au cours des enquêtes menées par les avocats.
Un mot me revient, que l'on trouve prononcé par le révérend, « tribulations », que cache t-il réellement ? Alors que Jetta la soeur adorée de Roderick, est bien enceinte, son père John déclarera plus tard qu'il ne la connaît pas.
Lui Roderick connaît le père, de l'enfant, il l'a surpris ; Au lieu de quoi "celui-ci m'attrapa par la nuque, colla son visage contre le mien" et me dit : "quand tu seras grand tu comprendras qu'un homme doit satisfaire ses besoins quelques part". P 83
"Surtout maintenant que ta chère mère n'est plus parmi nous". Lâcha le constable Lachlan.
Il laissa alors échapper un rire sonore et partit.
Dans son cahier, après la mort de sa mère il écrira page 41 : "Je méditais le sermon de Monsieur Galbraith et résolus à cet instant, avec la terre grise sous mes pas, que lorsque l'occasion se présenterait, je deviendrais le rédempteur de mon père".  et plus loin "je crois que Monsieur Galbraith était très satisfait de la mort de ma mère, car elle corroborait la doctrine professée".

L'étroite relation qui relie le lord Middleton, et le révérend ne doit pas être rompue. Aucune requête n'est acceptable si elle s'oppose au constable, aucun délit de Laclan le Large du clan Mackensie, ne peux lui être imputé, les tribulations des femmes, portent la honte, quand elles tombent enceintes.
Quelle magnifique fresque de l' Écosse du XIXe siècle, si mal connue, on est bousculé interloqué, par les interventions de la défense, par les dépositions des uns et des autres. Quelle signification doit-on donner à ces meurtres, sont-ils une vengeance, l'oeuvre d'un illuminé ?
La clé de l'énigme n'est pas donnée me semble-t-il, il faut la forger,reprendre le récit de chacun, reprendre la chronologie des faits, nul doute que cette lettre envoyée la veille du meurtre, est le déclencheur du désastre, lettre à laquelle le révérend ne répond que par une pirouette insipide et insultante « prions ».
Merci aux éditions Sonatine de cet ouvrage si remarquable, merci Masse Critique de ce choix si judicieux.
On retrouve des points communs, entre cet ouvrage de Graeme Macrae Burnet, et L'île du Serment de Peter May.

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Under_The_Moon
  23 septembre 2017
Un triple meurtre dans les Highlands au XIXeme siècle. le roman s'ouvre sur la confession de Roderick Macrae (un soit-disant héritage qu'aurait léger le personnage au narrateur/auteur).
Puis viennent les avis des scientifiques, docteurs en psychologie criminelle et autres experts. Et enfin les trois jours de procès puis le verdict.
Avant de donner mon avis, une conclusion s'impose : bien joué !
Gramae Macrae Burnet à vraiment bien joué avec ce roman, que ce soit avec ses personnages ou ses lecteurs !
Tout d'abord il y a cette ouverture assez lente qui, si on s'y laisse prendre, s'inscrit assez bien dans la tradition du 'storytelling' gaélique. La seconde partie est plus intellectuelle, plus structurée. Et c'est là que je me suis demandé.... "Mais de qui se moque-t-il?!!" S'il est vrai que l'intrigue peut perdre le lecteur par sa vraisemblance, lorsqu'on s'est déjà confronté au post-modernisme avec Paul Auster notamment, difficile de ne pas apprécier ce jeu de piste !
Pour apprécier ce roman, il faut accepter l'idée de se laisser porter par lui et ne pas trop en attendre d'emblée car il résiste à toute tentative de définition ou à tout type d'étiquette. Ce n'est ni un thriller, ni un roman policier, ni un roman historique, ni une biographie, ni un pamphlet ou un étendard pour un Gaelic revival.
Bien sûr, au-delà de ce jeu narratif, certains motifs semblent ressortir malgré l'auteur. Par exemple le sentiment de malaise de l'adolescent différent - à la Holden Caufield de J.D.Salinger. Ou encore la dérision dont l'auteur fait preuve face à toutes ces sciences et spécialistes en tout genre. Chacun d'eux est sans cesse dépassé par un nouveau, et au final : personne n'a la réponse !
Avant de conclure ce billet, je tiens à saluer le superbe travail de traduction de Julie Sidony qui a su rendre le récit parfaitement fluide. D'autant que le langage et l'élocution des personnages à une grande importance dans ce roman.
Les traducteurs sont souvent fustigés à tort : le fameux traduire c'est trahir. Facile à dire, mais il y a aussi des traducteurs qui sont de véritables passeurs, des passionnés qui savent, sans qu'on s'en rende compte s'effacer derrière le récit pour se mettre à son service. Un grand bravo et merci à elle pour avoir fait parvenir ce texte au public français.
Et pour finir, je remercie bien sûr très chaleureusement Babelio et les éditions Sonatine pour leur confiance, pour cette lecture et l'organisation de cette fabuleuse rencontre qui fut si riche.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Corboland78Corboland78   10 octobre 2017
M. Sinclair et moi-même retournâmes jusqu’à nos poneys sans échanger une parole. J’étais conscient que le trajet que nous empruntions était le même que celui de R.M. deux semaines plus tôt alors qu’il se mettait en route pour mener à bien son sanglant dessein. Et je me demandai si d’aventure il pouvait y avoir quelque vérité dans la remarque du fermier concernant la difficulté de déterminer le contenu de l’esprit d’autrui. Naturellement, si un homme est en possession de toute sa raison, il suffit de lui en faire la question et, en supposant la sincérité de ses réponses, d’accepter de sa bouche le compte rendu des pensées qui l’occupaient à tel ou tel moment. Le problème commence lorsque l’on a à démêler avec ceux qui se situent aux marches de la folie et qui, par définition, n’ont pas accès au contenu de leur propre esprit. C’est dans le but de pénétrer l’esprit de tels malheureux que la psychiatrie existe. Je suis certain que M. Sinclair avait bien envie quant à lui de connaître le contenu du mien mais, ne voulant me risquer à une opinion hâtive, je gardai pour l’instant mes pensées par devers-moi.
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FleitourFleitour   21 octobre 2017
L'homme, dit-il, n'était pas seulement coupable du péché
mais esclave du péché.
Nous nous étions livrés au service de Satan et portions les chaînes du péché à nos cous.
Pour le révérend Galbraith la pauvreté et la douleur de la mort dont nous sommes les témoins chaque jour : la réponse était, selon lui, que ces iniquités étaient toutes le fruit de notre péché.
Pour cette raison, il nous faut un rédempteur : un libérateur sans qui nous périrons tous.
P 40
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ulostcontrol_ulostcontrol_   18 août 2017
J’écris ceci à l’instigation de mon avocat, M. Andrew Sinclair, qui depuis mon incarcération ici à Inverness m’a traité avec un degré de civilité que je ne mérite en aucune façon. Ma vie a été courte et de peu d’importance, et je ne souhaite nullement m’absoudre de la responsabilité des actes que j’ai récemment commis. C’est donc sans autre raison que celle de rendre grâce à mon avocat de sa gentillesse envers moi que je couche ces mots sur le papier.
M. Sinclair m’a demandé d’exposer, avec la plus grande clarté possible, les circonstances entourant le meurtre de Lachlan Mackenzie et des autres, ce que je vais m’employer à faire du mieux que je le pourrai, en m’excusant par avance pour la pauvreté de mon vocabulaire et la grossièreté de mon style.
Je commencerai par dire que j’ai accompli ces actes dans le seul but de délivrer mon père des tribulations qu’il a dernièrement endurées. La cause de ces tribulations était notre voisin, Lachlan Mackenzie, et c’est en vue d’améliorer le sort de ma famille que je l’ai supprimé de ce monde. J’ajouterai ensuite que, depuis ma propre venue au monde, je n’ai jamais été qu’un fléau pour mon père, et que mon départ de la maison ne pourra lui être qu’une bénédiction.
Je m’appelle Roderick John Macrae. Je suis né en 1852 et j’ai vécu tout mon temps dans le village de Culduie, dans le Ross-shire. Mon père, John Macrae, est un fermier estimé au sein de la paroisse, qui ne mérite point d’être sali par l’ignominie des actions dont je suis l’unique responsable. Ma mère, Una, est née en 1832 dans la commune de Toscaig, à une demi-lieue au sud de Culduie. Elle est morte en couches en donnant le jour à mon frère, Iain, en 1868, et c’est cet événement qui, dans mon esprit, marque le début de nos ennuis.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   10 septembre 2017
Sans doute est-ce chose aisée pour un gentilhomme que d'abattre un cerf ou un faisan en pressant la détente d'un fusil, mais mettre à mort une bête de ses propres mains ou à l'aide d'un outil manuel, qu'il soit ou pas adapté à cet usage, est une tout autre affaire. J'ai toujours répugné à tuer ne fût-ce qu'une poule, et ne parviens pas à comprendre que des hommes éduqués puissent considérer le massacre de créatures vivantes comme un sport.
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FifrildiFifrildi   27 septembre 2017
Il me demanda si je regrettais ce que j'avais fait. Je lui répondis que non et que, de toute façon, cela importait peu puisque, regrets ou pas, ce qui était fait ne pouvait être défait.
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Video de Graeme Macrae Burnet (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Graeme Macrae Burnet
Graeme Macrae Burnet on the central character of His Bloody Project, Roddy Macrae.
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