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ISBN : 2264073012
Éditeur : 10-18 (04/10/2018)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 70 notes)
Résumé :
Alors qu’il fait des recherches généalogiques sur ses ancêtres écossais, Graeme Macrae Burnet découvre des archives relatives à une étrange affaire. En 1869, Roderick Macrae, dix-sept ans, a été arrêté après un triple assassinat dans un village isolé des Highlands. Dans un document écrit, le jeune homme relate sa vie et ses meurtres, sans jamais donner le moindre détail sur ses mobiles. Hormis ce récit, aucune preuve tangible de sa culpabilité n’a été trouvée. Était... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  11 septembre 2018
Tout à la fois thriller, documentaire, confession, récit historique arrangé ou non, ce livre hors-norme échappe à toutes les règles et à toutes les catégories.
Nous sommes en 1869, dans un village reculé et miséreux d'Écosse. le jeune Roderick Macrae raconte d'une voix monocorde sa courte existence, et les événements qui l'ont amené à commettre un triple meurtre d'une rare violence. C'est un récit venu du fond des âges qui dépeint la vie de nos aïeux, celle de paysans laborieux pétris de religion et de superstitions. Des hommes qui vivent selon des rites immuables et dont l'horizon s'arrête au bout de leur village ou de leurs champs.
Roderick n'est pas comme les autres garçons de son âge. Beaucoup plus intelligent, émotif, réservé que ses pareils, il est un poisson qui nage à contre-courant. Il ressent avec beaucoup plus d'acuité son profond dénuement, l'insignifiance de son existence et l'extrême violence de son monde profondément injuste. Un pasteur ignoble qui ne songe qu'à l'expiation, au rachat des péchés ; un père idiot, bêtement bigot, qui ne se complait que dans la souffrance ; des nobles ou des riches – la différence de classe avait une signification à cette époque − méprisants et arrogants ; des fricoteurs enfin, d'infâmes profitards qui réussiront à anéantir sa famille. C'est tout cela que Roderick a cherché à tuer, en même temps que son impossibilité de s'extraire de cette misérable existence, comme s'il était retenu par la glèbe collante des champs.
Un récit désespéré où Roderick, dans son petit village comme face à ses juges, ne cessera jamais d'être considéré comme un sous-homme. Un récit d'une noirceur sidérale d'où émergent quelques moments de bonheur qui viendront illuminer sa vie : la démarche d'une belle fille qui « donnait l'impression qu'elle chantait une chanson », quelques pintes de bière bues dans un cabaret, cet oisillon qu'il essaiera de sauver, un homme qui l'écoute et lui fait confiance, ses petits secrets avec sa maman partie bien trop tôt, et la frangine tant aimée qui le retient par les épaules…

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nameless
  15 novembre 2017
Ici ou là, j'ai lu quelques reproches adressés à l'auteur qui a malicieusement emberlificoté ses lecteurs en s'inventant un lien de parenté avec le personnage principal, Roderick Macrae. Sonatine a certainement dû beaucoup s'amuser également en collant une étiquette « thriller » sur L'accusé du Ross-Shire ! Mais qui aurait acheté un livre intitulé "La vie des paysans dans les Highlands au XIXème siècle" ? C'est pourtant l'un des thèmes principaux, assorti de crimes, de ce roman qui rencontre un succès bien mérité.
1869 : Roderick Macrae, armé d'un louchet et d'un hoyau, tue plusieurs personnes. Emprisonné, il raconte son existence dans la misérable ferme familiale, dans un document qui décrit l'injustice des conditions féodales sous lesquelles le highlander perpétue son dur labeur, réduit en esclavage par un cruel système de prêt de lopins de terre dont il tire à peine de quoi vivre.
Tout se gâte (encore plus) pour les Macrae lorsque Lachlan le Large, brusquement entiché de réglementation, accède aux fonctions de constable. Il se jette dans ce rôle avec la ferveur d'un renard dans un poulailler, visite, contrôle, relève des irrégularités, inflige des amendes, mélange le droit local avec le droit de cuissage, tient sous sa tyrannie des pauvres gens, prêts à travailler gratuitement pour lui en contrepartie d'une fausse promesse de clémence. Ceux qui s'opposent à lui voient leur bail modifié quand ils ne sont pas expulsés de leurs terres.
Dans ce contexte social inhumain, les policiers, avocats, jurés, experts psychiatres ou médecins légistes doivent déterminer à grand renfort de rapports et interrogatoires, si Roderick est un individu qui s'est révolté contre l'acharnement du pouvoir en place, s'il appartient à la « classe criminelle », ou s'il est fou. L'enjeu du procès n'est donc pas tant d'établir les faits que le contenu de l'esprit du coupable. Bon courage aux lecteurs pour forger leur opinion, car Graeme Macrae Burnet est décidément très malin !
Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un roman très brillant, intelligent, original, très documenté, qui permet de découvrir l'Ecosse du XIXème siècle, les spécificités de son système judiciaire, et surtout de lire de savoureuses pages sur les débuts de la criminologie et de la psychiatrie, lorsque les médecins cherchaient dans la forme des lobes des oreilles ou du nez, à reconnaître un assassin héréditaire appartenant à l'engeance criminelle.
Il ne me reste plus qu'à saluer le travail de traduction effectué par Julie Sibony, qui a, grâce à un choix de mots appropriés dûs sans aucun doute à des recherches ardues, restitué la langue, les expressions, le vocabulaire paysan en usage dans les années 1860. Une très belle réussite !
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kielosa
  09 septembre 2017
Chaque année, "Vrij Nederland" (Pays-Bas libres), un mensuel d'opinion, publie son "Guide de suspense". Une publication que tous les amateurs de thrillers en Hollande et en Flandre attendent avec impatience, car c'est quasi une référence en or des nouvelles apparitions dans ce domaine spécifique : un comité d'auteurs et de critiques professionnels du genre analysent pendant tout un an tout ce qui paraît, selon des critères archi rigoureux avec un système bien précis d'étoiles (de 0 à 5) et un lauréat de l'année . Comme pour beaucoup d'autres lecteurs mordus, c'est un peu ma bible.
Ainsi, le 38ème guide annuel vient d'être diffusé : Analyses d'exactement 618 ouvrages, seulement 8 cinq étoiles et le gagnant de 2017 est l'Écossais Graeme Macrae Burnet avec : "L'Accusé du Ross-Shire". À titre de comparaison, je mentionne les lauréats des 5 années précédentes avec entre parenthèses le nombre de critiques sur Babelio : 2016, Nick Pizzolatto "Galveston" (32 ) ; 2015, Paula Hawkins "La fille du train" (922) ; 2014, Robert Harris "D., L'affaire Dreyfus révisée" (25) ; 2013, John le Carré "Une vérité si délicate" (14) et 2012, Arnaldur Indriđason "La muraille de lave" (104). Parmi les 5 étoiles de la cuvée 2017, signalons : Daniel Cole, Tony Schumacher, Anders Roslund et Börge Hellström - mort d'un cancer en février dernier - Stefan Thunberg et Sharon Bolton, connue en France pour son "Sous emprises".
Mais comment ce jury professionnel motive-t-il sa sélection ?
L'argument déterminant est la construction originale de l'ouvrage, baptisé par le jury de "thriller dossier". En effet, à la base figurent des documents historiques, des déclarations et des rapports, qui constituent ensemble un dossier relatif à une affaire criminelle de 1869. Un adolescent de 17 ans, Roderick - Roddy - Macrae reconnaît avoir commis un triple meurtre dans un bled isolé en Écosse occidentale. Dans sa commune. Roddy est considéré comme bizarre, tandis que son instituteur, en revanche, le qualifie de "le plus intelligent garçon de sa classe". En attendant son procès, en prison à Inverness, Rody note le comment et surtout le pourquoi de son geste. Cette déclaration volontaire forme un des documents-clés du dossier, ensemble avec une évaluation psychiatrique de son état mental et une compilation de coupures de presse se référant à son procès.
Le jury hollandais n'est pas le seul à avoir été impressionné par l'ouvrage, puisqu'il était déjà lauréat du prestigieux Prix Booker pour fiction, le prix littéraire incontestablement n° 1 au Royaume-Uni.
Les lecteurs friands d'évasion et de dépaysement seront gâtés, car l'histoire se situe à Culduie, sur la péninsule d'Applecross, dans les Highlands écossais. Je me souviens d'avoir emprunté l'unique route dangereuse menant au village d'Applecross, fermée d'ailleurs en hiver. L'approvisionnement des quelque 550 habitants se faisant alors par mer. Autre particularité de l'endroit, le hameau ne compte qu'une rue, appelée "The Street" d'où l'on voit au loin l'archipel des Îles Hébrides Intérieures.
Graeme Macrae Burnet, qui a étudié la littérature à l'université de Glasgow, a été professeur en France, en République tchèque et en Pologne. En 2013, Il a publié son premier thriller " The Disappearance of Adele Bedeau" (La disparition d'Adèle Bedeau) - situé à Saint-Louis en France - et cette année, tout récemment d'ailleurs, il en a sorti une suite sous le titre "The Accident on the A35" (L'accident sur la route A35).
Je termine cette chronique par la réponse de l'auteur à un journaliste du "Irish Times", qui lui avait demandé ce que ses livres lui avaient appris, : "Avant de publier mon premier livre, je pensais que j'étais complètement normal". Apparemment écrire des thrillers n'est pas sans danger pour son équilibre mental !
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AgatheDumaurier
  20 octobre 2017
Moi, naïve, je crois ce qu'on me dit. Alors, quand l'auteur me déclare en préface qu'il a déterré cette affaire de meurtre en faisant des recherches sur son arrière-grand-père en Ecosse, j'ai confiance...Et puis quand même, au bout de quelques pages, je comprends : c'est un fake ! C'est du reconstitué fait main !! Bon, je suis un peu déçue de comprendre que l'auteur est à la fois, le jeune homme, le psychiatre, l'avocat etc...Mais je continue, parce que c'est diablement intéressant et bien fait.
Voilà les pièces du dossier, mesdames, messieurs. Un très jeune homme, Roderick Macrae, dix-sept ans, est accusé d'un triple assassinat ...On ne sait pas encore clairement sur qui. Nous accédons dans le livre à diverses dépositions de témoins (voisins, prêtre, instituteur), et surtout au récit des événements et de ses circonstances par le ci-devant Roddy Macrae, supposément pourtant un paysan attardé et illettré. Nous avons ensuite les rapports médicaux (psychiatre) et le procès.
Grâce à cette construction très habile, Graeme Macrae Burnet fait le tour d'un système social inique, où tout est fait, bien sûr, pour écraser le faible, le travailleur. L'Ecosse du XIXème siècle fonctionne de façon médiévale. Les terres sont attribuées à des paysans, mais appartiennent au seigneur. Les paysans sont "managés" à divers niveaux, dont le plus pervers est l'élection de l'un d'entre eux pour surveiller tous les autres, les dénoncer et les punir. Evidemment, dans de telles conditions, le drame couve. Roddy Macrae est un enfant compliqué- orphelin de mère, père violent, taiseux, idiot- et qui doit se soumettre à des diktats religieux et sociaux qui insultent son intelligence. L'intelligence a par ailleurs été cultivée par l'instituteur, et constitue dans ce cas une bombe à retardement. Car on peut faire ce que l'on veut, mais 1869, ce n'est pas le Moyen-Age, et les esprits ont changé...De même que dans le livre d'Anna Hope, La Salle de Bal, nous voyons par ailleurs comment la science-la médecine-participe activement et paradoxalement à maintenir la société dans son jus le plus conservateur, cherchant à enfermer et éliminer tout élément perturbateur (les fous lobotomisés remplacent les pendus...)
Je suis loin d'avoir abordé tous les thèmes du livre, tous les personnages, toutes les attitudes scandaleuses (et fort d'actualité d'ailleurs, nihil novi sub sole) qui font le foisonnement du récit. le livre est vraiment intéressant, original, et écrit d'une manière à rendre addict n'importe quel lectrice-lecteur.
Je le recommande donc vivement, et remercie les éditions Sonatine et l'opération Masse Critique pour ce cadeau de grande qualité !
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Fleitour
  18 octobre 2017
Un livre glaçant de bout en bout, où le cynisme rejoint le sordide, où les mots comme la parole sont confisqués au profit des puissants.
Les paroles se dérobent , tous les acteurs, et tous les fermiers obéissent à une terrible omerta, le silence du vieux, trop lisible, ne laisse filtrer aucune lueur, Roderick Macrae lui même se retranchera parfois dans le silence.

Si un livre peut changer votre vie, celui-ci est de ceux, capable de vous désespérer de l'humanité, de la religion, de la justice et de votre père. Alors autant le lire d'une traite (avec un seul r).
Comme un bernicle sur son rocher, ce roman policier, plus proche du thriller, à l'intrigue diabolique et inventive, au suspense omniprésent ne vous lâchera plus.

Ce coup de maître d'entrée, est à saluer, l'auteur vous invite à lire, un récit écrit par un détenu qui raconte les meurtres qu'il a commis. Un récit écrit en 1869 et retrouvé dans les archive d'Inverness !
C'est parti il nous tient en laisse comme un épagneul un peu fou. de dépositions, en comptes-rendus d'audience Graeme Macrae Burnet tisse sa toile.
Pris dans la nasse, au plus prêt des acteurs, frustres mais si crédibles, cette longue lecture éveillera en vous de douloureux questionnements. La honte s'insinue dans la famille Macrae, quand l'arrogance s'affiche dans le clan Mackensie.

La religion représentée par M Galbraith est une injure au bon sens et au simple devoir de compassion. le révérend est un cynique douteux, incapable du moindre signe de sympathie, il affirme au contraire, que si votre femme est morte c'est de votre faute ; ce qui donne en langage sacerdotal, et onctueux, ; "Je lui ai rappelé que les tribulations de cette existence, nous échoyait en juste rétribution de nos péchés et qu'il devait les accepter comme telles", ainsi s'exprimait page 267, le révérend au décès de la maman du prévenu, Roderick et de son père John.

Mais qui est le père, de l'enfant né ce jour où sa maman meurt en couche ?
La maman est qualifiée de frivole et d'hypocrite, par le révérend Galbraith.

Quant à la féodalité, qui règne alors en Écosse, celle-ci est omniprésente. Propriétaire de territoires très étendus, jusqu'aux plages, son pouvoir s'exerce par son représentant, le Constable, Lachlan le Large, le clan Mackensie, qui conjugue cynisme et humiliation., le régisseur, rappelait, au cours de l'entrevue demandée par John Macrae, page 127 que " par bonté le bail est encore prolongé" !
Dans ce village isolé des Highlands, les meurtres perpétrés chez le constable Lachlan le Large, déclenche un procès hors norme, où chacun est là pour défendre une thèse propre à son camp.
L'église avec le révérend Galbraith, les propriétaires terriens représentés par les victimes, les fermiers soumis au labeur et à une loi, où chacun doit rester à sa place, ces clans vont s'affronter au cours des enquêtes menées par les avocats.
Un mot me revient, que l'on trouve prononcé par le révérend, « tribulations », que cache t-il réellement ? Alors que Jetta la soeur adorée de Roderick, est bien enceinte, son père John déclarera plus tard qu'il ne la connaît pas.
Lui Roderick connaît le père, de l'enfant, il l'a surpris ; Au lieu de quoi "celui-ci m'attrapa par la nuque, colla son visage contre le mien" et me dit : "quand tu seras grand tu comprendras qu'un homme doit satisfaire ses besoins quelques part". P 83
"Surtout maintenant que ta chère mère n'est plus parmi nous". Lâcha le constable Lachlan.
Il laissa alors échapper un rire sonore et partit.
Dans son cahier, après la mort de sa mère il écrira page 41 : "Je méditais le sermon de Monsieur Galbraith et résolus à cet instant, avec la terre grise sous mes pas, que lorsque l'occasion se présenterait, je deviendrais le rédempteur de mon père".  et plus loin "je crois que Monsieur Galbraith était très satisfait de la mort de ma mère, car elle corroborait la doctrine professée".

L'étroite relation qui relie le lord Middleton, et le révérend ne doit pas être rompue. Aucune requête n'est acceptable si elle s'oppose au constable, aucun délit de Laclan le Large du clan Mackensie, ne peux lui être imputé, les tribulations des femmes, portent la honte, quand elles tombent enceintes.
Quelle magnifique fresque de l' Écosse du XIXe siècle, si mal connue, on est bousculé interloqué, par les interventions de la défense, par les dépositions des uns et des autres. Quelle signification doit-on donner à ces meurtres, sont-ils une vengeance, l'oeuvre d'un illuminé ?
La clé de l'énigme n'est pas donnée me semble-t-il, il faut la forger,reprendre le récit de chacun, reprendre la chronologie des faits, nul doute que cette lettre envoyée la veille du meurtre, est le déclencheur du désastre, lettre à laquelle le révérend ne répond que par une pirouette insipide et insultante « prions ».
Merci aux éditions Sonatine de cet ouvrage si remarquable, merci Masse Critique de ce choix si judicieux.
On retrouve des points communs, entre cet ouvrage de Graeme Macrae Burnet, et L'île du Serment de Peter May.

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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   29 août 2018
Déposition du révérend James Galbraith, pasteur de l'église d'Ecosse, Camusterrach, 13 août 1869.
Je crains que les faits abjects récemment commis dans cette paroisse ne représentent qu'un frémissement à la surface de l'état naturel de sauvagerie des habitants de ce lieu, sauvagerie que l'Eglise est dernièrement parvenue à éradiquer. L'histoire de ces contrées est, dit-on, entachée de crimes noirs et sanglants, et ces populations font preuve d'une certaine férocité et d'une certaine veulerie. De tels traits de caractère ne sauraient être éliminés en l'espace de quelques générations, et bien que les enseignements du Consistoire exercent une influence civilisatrice, il est inévitable que les vieux instincts se réveillent de temps à autre.
Pour autant, l'on ne peut manquer d'être choqué en prenant connaissance d'actes tels que ceux commis à Culduie. De tous les habitants de cette paroisse, cependant, l'on est moins surpris d'apprendre que Roderick Macrae en est l'auteur. Même si cet individu a assisté à mes offices depuis l'enfance, j'ai toujours eu l'impression que mes sermons tombaient dans ses oreilles comme des graines sur un sol pierreux. Je suis contraint d'admettre que ses crimes constituent, dans une certaine mesure, un échec de ma part, mais il arrive que l'on doive sacrifier un agneau pour le bien général du troupeau. Il y a toujours eu du vice chez ce garçon, facilement discernable, sur lequel j'ai le regret de dire que je n'ai jamais eu de prise.
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Eric76Eric76   08 septembre 2018
Tandis que le grondement de l'eau s'estompait, je perçus la voix d'un mouton. Les moutons ont pour habitude de converser entre eux, mais c'était là le bêlement lamentable d'un animal isolé, pareil à celui d'une brebis ayant égaré son agneau. Je montai sur un tertre afin de scruter la colline sans parvenir à repérer la bête en question. Quelque cinquante toises plus haut, au sommet d'un versant escarpé, le terrain s'aplanissait en un plateau bourbeux, invisible depuis le bas, d'où nous tirions notre tourbe. Je gravis la pente péniblement, le bêlement se faisant de plus en plus intense. En émergeant de l'autre côté de la crète, je découvris un bélier en détresse, couché sur le flanc, à demi enfoncé dans la fange. Même en été, la tourbière demeurait gluante et dangereuse. Les anciens du village avaient coutume d'avertir les enfants que, s'ls s'y aventuraient, ils seraient aspirés dans les entrailles de la Terre et dévorés par des trolls. Petit, j'avais pris cette mise en garde au sérieux, et bien que je ne crusse plus aux trolls désormais, je continuais à me méfier de la tourbière. L'animal agitait inutilement ses pattes libres, ne parvenant ainsi qu'à s'enliser davantage. Alors que je m'en rapprochais, en prenant soin de rester sur les flots herbeux où l'on pouvait se tenir en sécurité, je murmurais des paroles apaisantes pour tenter de le calmer. Le mouton se tourna dans ma direction, telle une vieille femme malade trop faible pour soulever sa tête de l'oreiller.
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BazartBazart   14 mai 2018
Les habitants de ce village possèdent dans l’ensemble un physique de souche inférieure, étant de petite taille et d’apparence généralement repoussante, ceci vraisemblablement dû à la fréquence des unions consanguines, comme en atteste la forte prédominance de certains patronymes dans la région. Les conditions de vie de l’accusé et de sa famille m’ont semblé tout à fait impropres à l’habitation humaine, leur taudis- que j’hésiterais à qualifier de maison- étant dépourvu d’aération et d’installations sanitaires, et partagé avec le bétail.
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Corboland78Corboland78   10 octobre 2017
M. Sinclair et moi-même retournâmes jusqu’à nos poneys sans échanger une parole. J’étais conscient que le trajet que nous empruntions était le même que celui de R.M. deux semaines plus tôt alors qu’il se mettait en route pour mener à bien son sanglant dessein. Et je me demandai si d’aventure il pouvait y avoir quelque vérité dans la remarque du fermier concernant la difficulté de déterminer le contenu de l’esprit d’autrui. Naturellement, si un homme est en possession de toute sa raison, il suffit de lui en faire la question et, en supposant la sincérité de ses réponses, d’accepter de sa bouche le compte rendu des pensées qui l’occupaient à tel ou tel moment. Le problème commence lorsque l’on a à démêler avec ceux qui se situent aux marches de la folie et qui, par définition, n’ont pas accès au contenu de leur propre esprit. C’est dans le but de pénétrer l’esprit de tels malheureux que la psychiatrie existe. Je suis certain que M. Sinclair avait bien envie quant à lui de connaître le contenu du mien mais, ne voulant me risquer à une opinion hâtive, je gardai pour l’instant mes pensées par devers-moi.
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Eric76Eric76   04 septembre 2018
Je m'assis sur le banc et regardai Flora traverser le village. Sa démarche donnait l'impression que son corps chantait une chanson.
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