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ISBN : 2330065892
Éditeur : Actes Sud (02/06/2016)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 252 notes)
Résumé :
D'abord jolie poupée cajolée et préservée au beau temps de son enfance, Nora est devenue l'adorable petit merle chanteur toujours gai aux yeux d'Helmer, son mari. En effet, elle danse, rit et chante, et emplit sa maison d'une joie enfantine. Pourtant, au-delà de la charmante frivolité toute féminine propre à séduire son mari, se dessine un caractère volontaire, une femme disposée aux plus grands sacrifices par a... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
23 avril 2013
Une Maison de Poupée est de celles qui font date. Pourquoi ?
Parce qu'Henrik Ibsen installe avec cette pièce un théâtre qui annonce grandement Tchekhov, mais surtout, il envoie en pleine face une véritable bombe dans les convenances sociales de son époque. C'est un grand artisan de la cause féministe qu'il convient de saluer comme il se doit et de remercier, pour cette brèche, pour cette porte, qu'à sa façon en 1879, il a essayé d'ouvrir, et qui ne trouvera la pleine ouverture qu'un siècle plus tard, avec la libération sociale des femmes dans les années 1960-70.
Une ambiance à la Tchekhov, une tension qui monte, qui monte, qui monte, un fil qui s'étire dangereusement jusqu'à nous éclater au visage au moment voulu.
Nora est une femme ordinaire de la petite bourgeoisie, appelée à devenir moyenne ou grande, suite à l'obtention d'un poste en vue dans une banque par son mari Torvald HELMER. Ceci fait suite à une période de vache maigre où le couple a dû faire face à de relativement grandes privations financières.
Mais tout va bien, tout va mieux car Torvald a repris les rênes. Il est en mesure de pouvoir désormais très prochainement assurer une opulence budgétaire à sa femme et à leurs trois enfants. Nora ne sera plus obligée de travailler en cachette pour sauver les apparences.
Car Torvald met un point d'honneur à faire vivre son foyer, à épargner sa petite femme, celle qu'il attend toujours dans le rôle qu'il lui donne, c'est-à-dire, d'être belle, de bonne humeur, toujours là où on l'attend, et de bien s'occuper des enfants.
Seulement voilà, il y a un hic. Torvald, il y a quelque temps s'était tellement surmené que sa santé était en question et que les médecins avaient intimé l'ordre à Nora de lui faire faire un séjour thérapeutique de plusieurs mois en Italie, près des influences bienfaisantes de la Méditerranée.
Grand bien lui fit et tout retrouva un cours satisfaisant, la preuve… mais… au fait, j'y pense… d'où venait-il cet argent pour la cure en Italie ?...
Je m'en voudrait de vous le faire savoir ici, mais sachez seulement qu'il est question de chantage et que l'enjeu est le dévoilement du pot aux roses par Torvald qui ignore tout de ce financement.
Quel impact pourrait avoir la divulgation de cette nouvelle pour le tout nouveau personnage à responsabilités de la banque ? Que va faire Torvald ? Que va faire Nora ? Quel déclic ? Quelle rupture cela engendrera-t-il ?
Du grand, grand art Monsieur Ibsen, j'en redemande et l'on comprend aisément que cette pièce en trois actes ait été inscrite au registre international " Mémoire du Monde " par l'UNESCO.
Un incontournable pour tous ceux que la cause des femmes intéresse et/ou interpelle, ainsi que pour les fervents amateurs de très bon théâtre, du moins, c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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cicou45
17 octobre 2014
Un ouvrage que j'ai trouvé dans la médiathèque lors de mes déambulations dans le rayonnage "théâtre" car, je l'avoue, étant donné que j'en fais moi-même depuis peu, j'ai décidé de me nourrir de cette chose délicieuse que l'on appelle lecture de pièces de théâtre. Même s'il est vrai que celles-ci sont plutôt faites pour être vues, ou du moins entendues, leur lecture n'en est pas moins négligeable.
Ici, le lecteur fait la connaissance d'une jeune mère de famille, Nora, mariée à un influent avocat qui vient de se voir offrir le poste de directeur de banque. Nora est considérée par son mari, tantôt comme un oiseau fragile qu'il faut sans cesse conseiller, tantôt (et cela, elle le dit elle-même, comme une poupée dont il faut sans cesse s'occuper car incapable de prendre de justes décisions par elle-même). Mais l'image que s'en fait est tout autre. Elle ne veut plus être Nora l'épouse ou encore Nora la mère mais seulement Nora, un être humain comme les autres, capable de réflexion, de prises de décisions et surtout dotée de sentiments. Les retrouvailles avec sa vieille amie d'enfance, Kristine Linde, qui semble si épanouie dans sa vie, ne dépendant d'aucun homme (c'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle cherche du travail afin de pouvoir se suffire à elle-même) vont jouer un rôle important dans la prise de conscience de Nora sur le rôle qu'elle joue exactement dans cette maison. Cette dernière ne sera cependant pas le seul facteur déclenchant de cette révélation. Il y a autre chose, quelque chose de bien plus grave (du moins est-ce grave aux yeux de son mari), un homme dont je ne vous révélerai pas l'identité ici ni ne vous dirai quelle rôle il a joué dans cette affaire qui va largement influencer la terrible décision que Nora va être amené à prendre...
J'espère avoir assez éveillé votre curiosité car je ne peux que vous recommander cette lecture dans laquelle le rôle de la femme dans la société est abordé mais aussi d'autres tels que l'argent ou encore l'identité. Un ouvrage qui, à mon avis, aborde donc des sujets intemporels et qui est loin d'être dépassé. Un très beau style d'écriture avec des personnages attachants. A découvrir !
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palamede
20 novembre 2015
Nora poursuit l'idée d'une relation équilibrée avec son mari alors que celui-ci, très conventionnel dans sa façon de protéger son épouse et de penser pour elle, lui dénie toute indépendance et la réduit au rôle d'une poupée, d'une femme-objet. Ce que Nora accepte puis refuse en partant.
Bien qu'Henrik Ibsen ait nié être un défenseur de la cause féministe, dans Une Maison de poupée comme ailleurs dans ses oeuvres, l'idée de l'indépendance de la femme qu'il défend va dans le sens de celle des féministes. Une idée que les femmes, pour vivre pour elles-mêmes, doivent combattre les idées reçues et se libérer du joug masculin, même au prix du sacrifice de leur famille.
Une magnifique leçon, dispensée utilement par l'auteur norvégien, qui est toujours d'actualité malgré le travail libérateur de la femme.
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Allantvers
20 mars 2017
Etonnante Nora ! Qui eut cru que cet oisillon frivole, cette jolie perruche écervelée recelait autant de farouche détermination, de courage et de convictions ?
Des femmes fortes et capables de se lever contre les diktats de leur temps, j'en ai vu pas mal dans la littérature du 19ème, mais j'avoue que celle-là m'a bluffée.
Il est vrai que le format de la tragédie de cette pièce s'y prête, avec cette construction qui s'ouvre sur un babillage bourgeois dont on se demande où il veut nous mener, qui se noircit peu à peu avec l'apparition de personnages troubles et l'étau qui se resserre inexorablement autour d'une Nora de plus en plus ambivalente, jusqu'à la scène finale d'une tension libératrice, laissant sur un claquement de porte le mari comme un ridicule pantin désarticulé.
Les portes qui claquent sont fréquentes au théâtre, mais on comprend que le retentissement de celle-ci ait durablement secoué son époque : une femme a dit « non », Messieurs !
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Pirouette0001
01 septembre 2016
Classique que je n'avais jamais lu, en le voyant cet été en libraire, je me suis dit pourquoi pas.
Première surprise, j'ignorais qu'il s'agissait d'une pièce de théâtre, le côté classique frisait le vieillot quand j'ai réalisé qu'elle datait du 19e siècle, mais second étonnement qui s'est vite transformé en émerveillement, cette pièce est étrangement moderne et caustique.
Un couple marié, elle incarnant la stupidité faite femme, qui ne sait que dépenser, et lui protecteur un peu psychorigide. Tout serait-il toujours si simple, si conforme aux apparences ? Car dans cette pièce, le pouvoir et la vraie intelligence sont bien l'apanage du sexe apparemment faible.
Ibsen nous décrit admirablement les tensions entre l'envie d'émancipation et l'immense poids social des convenances.
A ne pas manquer !
PS : Par contre, un conseil, ne vous précipitez pas sur les citations, certains babelionautes en mettent tellement que les meilleurs moments de la pièce y sont tous reproduits ou à peu près.
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Citations & extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
VermeerVermeer17 mai 2017
J’ai été poupée-femme chez toi, comme j’avais été poupée-enfant chez papa, je veux dire que toi et papa, vous avez été bien coupables envers moi. À vous la faute, si je ne suis bonne à rien.
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VermeerVermeer17 mai 2017
HELMER. J’aurais travaillé avec joie nuit et jour pour toi, Nora pour toi, j’aurais tout supporté, les soucis, la misère. Mais il n’y a personne qui sacrifie son honneur pour l’être qu’il aime.
NORA. C'est pourtant ce que des centaines de milliers de femmes ont fait.
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VermeerVermeer17 mai 2017
Tu as toujours été si gentil avec moi. Mais notre maison n’a été rien d’autre qu’un espace de jeux. Ici, j’étais ton épouse de chiffon, ta poupée, comme j’étais la poupée de papa. Et les enfants, à leur tour, ont été mes poupées. Je trouvais amusant que tu me prennes et joues avec moi, comme ils trouvaient amusant que je les prenne et joue avec eux. Voilà ce qu’a été notre mariage.
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VermeerVermeer17 mai 2017
Cela, je ne le crois plus. Je crois que je suis d'abord et avant tout un être humain, au même titre que toi… ou, en tout cas, que je dois essayer de le devenir.
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Nastasia-BNastasia-B07 mai 2013
HELMER : Nora... que signifie tout cela ? Cet air figé...
NORA : Assieds-toi. Ce sera long. J'ai à m'entretenir de beaucoup de choses avec toi.
HELMER : Tu me fais peur, Nora. Et je ne te comprends pas.
NORA : En effet, c'est bien cela : tu ne me comprends pas. Et je ne t'ai jamais compris non plus... jusqu'à ce soir. Non, ne m'interromps pas. Écoute simplement ce que je te dis... Nous allons mettre les choses au point, Torvald.
HELMER : Que veux-tu dire par là ?
[...]
NORA : Cela fait huit ans que nous sommes mariés. Est-ce que tu ne te rends pas compte que c'est la première fois que nous parlons sérieusement ensemble, toi et moi, en tant que mari et femme ?
HELMER : Sérieusement... mais qu'est-ce que cela veut dire ?
NORA : Pendant dix ans... et même plus... dès le moment où nous nous sommes rencontrés pour la première fois, nous n'avons jamais échangé une seule parole sérieuse concernant des sujets sérieux.
HELMER : Fallait-il que je passe mon temps à te tenir au courant de soucis que, de toute façon, tu ne pouvais pas m'aider à porter ?
NORA : Je ne parle pas de soucis. Je veux dire que nous n'avons jamais pris le temps de chercher sérieusement ensemble à approfondir une question.
HELMER : Mais voyons, ma chère Nora, est-ce que cela aurait été des choses pour toi ?
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