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Claire de Oliveira (Traducteur)
EAN : 9782020193610
226 pages
Éditeur : Seuil (30/11/-1)
3.18/5   56 notes
Résumé :

Dans la Roumanie de Ceausescu, Adina s'aperçoit que des inconnus découpent jour après jour, en son absence, la fourrure de renard qui décore son appartement.

A cause de cette menace, la jeune enseignante proche d'auteurs-compositeurs dissidents se sait espionnée par les services secrets et découvre qu'une de ses amies fréquente justement un officier de la securitate. Le renard est le chasseur.

Les victimes se rapprochent d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Nuageuse
  14 mai 2020
Qu'il est difficile de lire un texte d'Herta Müller.
Son écriture m'éblouit par sa poésie sombre et me rebute. Il y a des scènes tellement peu ragoûtantes.
Le renard était déjà le chasseur est plus un recueil de fragments qu'un roman.
Nous suivons Adina, enseignante, qui vit en Roumanie sous l'ère du dictateur Ceaușescu. Puis d'autres personnages, de pauvres hères, où la noirceur est toujours aussi présente. Aucune once d'espoir.
La tension monte à petit à petit. J'ai bien aimé le passage de la limonade sur son portrait dans le journal et sa mèche qui se reflète dans le verre.
Il faut avoir le coeur bien accroché pour lire Herta Müller, surtout pour son style implacable qui me donne la nausée.
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Fauvine
  23 avril 2020
Je ne sais pas si c'est le confinement qui me tape sur le système ou non mais là, franchement, je n'ai plus la patience avec ce roman. J'en suis presque à la moitié et je n'ai plus vraiment envie de lire. Il est pourtant court.
Et c'était pourtant bien parti, car j'aime les auteurs qui ont une écriture bien à eux et là, il est évident que c'est le cas. Au départ je me suis dit "c'est original, poétique", puis de moins en moins, puis plus du tout.
C'est un récit qui ressemble à un long poème en prose. J'ai déjà lu des romans poétiques que j'ai appréciés mais là, c'est un long poème en prose très hermétique. Bien sûr on finit par comprendre les phrases, mais quand il faut en relire une sur trois deux fois de suite, ça devient énervant. C'est très descriptif, avec des phrases courtes et tranchantes. Remplies de comparaisons et métaphores parfois naïves. Comme si les habitants ne pouvaient que décrire leur vie qu'ils subissent, sans pouvoir avoir un regard réflexif dessus, simplement la décrire, sans pouvoir vraiment réfléchir, englués qu'ils sont dans une vie de misère et de peur. La moindre chose prend donc une résonance poétique car ils n'ont justement pas grand chose pour vivre heureux. À ce titre, je comprends ce style, il transmet une ambiance difficile et pesante, celle de la vie sous Ceausescu.
Mais au bout d'un moment, c'est franchement éreintant pour le lecteur et ça frise l'exercice de style pur. Et l'intrigue n'a toujours pas commencé vers la moitié du roman, et l'on se perd dans les nombreux personnages. Alors non, je n'ai plus la patience. Peut-être une autre fois qui sait ?
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jlvlivres
  29 août 2020
« le renard était déjà le chasseur », dans sa réimpression 09 au Seuil, donc apparemment une nouvelle traduction (Claire de Oliveira) alors que l'édition 97 était de Nicole Bary (comme l'homme est un grand faisan). On est toujours dans la campagne Banat de la Roumanie du Conducator. Adina est une jeune enseignante proche de dissidents. (On retrouve l'histoire de Herta Müller dans les années 60-65, membre du Aktiongruppe Banat, un groupe d'écrivains qui défendait la liberté d'expression).
C'est un livre dans lequel il n'est pas facile d'entrer, au sens habituel d'un roman. le 4 de couverture (ainsi que d'autres critiques) résume ainsi le livre : Adina s'aperçoit que des inconnus découpent la fourrure de renard qui décore son appartement, et ce jour après jour en son absence. Elle est donc espionnée par la Securitate et elle découvre de plus qu'une de ses amies fréquente justement un officier de la Securitate.
L'histoire du renard commence p.135, soit à la moitié du livre, et on retrouve sa trace par bribes jusqu'à la fin du livre. En fait, même si « le renard est le chasseur », je ne crois pas que ce soit vraiment l'histoire (ou plutôt un fragment de l'histoire). En fait, il y a de mystérieux visiteurs (aux marques de graines de tournesol ou de mégots dans les toilettes). le renard voit ses pattes coupées, et on se doute qu'après la quatrième, ce sera au tour des visités d'avoir des ennuis. Que se passe t'il à la fin du livre ? Assiste t'on à la chute du dictateur et de sa femme (est ce ainsi passé à la télévision ?). Que changera cette chute ?
Le livre rappelle souvent « le faisan ». Il ne s'agit pas vraiment d'un roman (même au sens de « la Convocation »). C'est plutôt un suite de petits tableaux, chacun d'entre eux brossé avec beaucoup de minutie. le style adopté, par phrases très brèves, ou paragraphes courts se prête magnifiquement à ce genre de tableaux. Mais il y a d'autres histoires qui se coupent et se déroulent dans le livre, ou dont on retrouve les personnages. Ainsi les pécheurs ou l'histoire du ferblantier. « le huitième jour, Dieu n'a gardé d'Eve et d'Adam qu'une touffe de cheveux. Il en a fait la volaille. Et le neuvième jour, Dieu, face au vide du monde, a fit un rot. Il en a fait la bière »
Au final, c'est sans doute des trois, le livre le plus élaboré. C'est sans doute aussi un style bref, incisif, qui change des romans traditionnels. « En août, dans cette ville, il y a des jours où le soleil est un potiron épluché » Est ce que cela « révolutionne » le genre ? Sûrement pas au sens de Joyce ou même de Lobo Antunes (qui n'a pas eu le Nobel, donné cette année là à Saramago). Pas non plus de la classe de Orhan Pamuk pour ce qui est de dénoncer la torture (ou du moins cela est fait dans un registre très différent, et tout aussi intéressant). Il fut donc espérer que ce prix accélèrera la traduction des autres oeuvres de HM.
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emmyne
  13 mars 2013
Cette lecture là, c'est bien plus que le récit présenté par cette quatrième de couverture; cette lecture là, c'est un saisissant paradoxe littéraire. Herta Müller parvient à dire le cauchemar de la dictature, d'angoisse latente, de délabrement social et humain par une prose à la poétique perçante, par la description des lieux, des images qu'ils font naître, par l'expression d'un sentiment d'irréalité qui rend celui de la réalité si prégnante; cette réalité dans laquelle tous regards, toutes attitudes, toutes émotions, spontanés, naturels, sont bannis. Une autre dimension qui rend toute la dimension de ce qu'ont vécu les Roumains. le ciel est plombé, fuyant, l'air vicié. Densité des mots palpable, sur la page, sur la peau, effrayante; des mots crus sur les visions, des mots de silence, de malaise, de dégoût, d'échos d'égouts… Des sensations physiques, sensations à la fois de poids et de vide, l'oppressant, le métallique – images filées de l'usine « de fer et de rouille » -, de la ville aux angles tranchants, des trous des fenêtres, des chemins perdus, la tension des tempes et des ventres qui cognent, les bruits qui claquent » comme une branche qui casse, mais autrement » sur la rive du Danube …
Lien : http://www.lire-et-merveille..
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ay_guadalquivir
  29 novembre 2010
L'écriture d'Herta Müller est déroutante. Sur des constructions simples - sujet+verbe+complément - elle greffe des images poétiques extrêmement fortes qui rendent parfois son texte obscur. Pourtant, il y a dans cette sécheresse une force incroyable, qui met en scène les personnages de cette Roumanie qu'elle décrit. La société totalitaire n'a que faire des adjectifs et des fioritures. Il ya aurait dans la forme comme la volonté de coller aux canons de l'art officiel et autorisé. Mais dans le sujet et l'absurde poésie qu'elle y glisse, la description est impitoyable. Je n'aime pas toujours son écriture, dans laquelle on n'entre pas facilement, mais Herta Müller est un auteur incontournabler de la langue allemande contemporaine.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
NuageuseNuageuse   12 mai 2020
A la dernière station, les hommes passaient le pont à pied. Le ciel était bas sur le pont et, quand il était rouge, les hommes avaient une crête rouge dans les cheveux. Quand il coupait les cheveux du père d'Adina, le coiffeur de banlieue disait qu'il n'y a rien de plus beau qu'une crête de coq sur les héros du travail.
Adina avait posé des questions au coiffeur sur la crête rouge, parce qu'il connaissait tous les crânes et tous les épis. Il disait que les épis sont aux cheveux ce que les ailes sont au coq.
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SachenkaSachenka   18 octobre 2015
Le huitième jour, dit le concierge, Dieu n'a gardé d'Ève et d'Adam qu'une touffe de cheveux. Il en a fait la volaille. Et le neuvième jour, Dieu, face au vide du monde, a fait un rot. Il en a fait la bière.
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   05 janvier 2011
"En haut dans le ciel, tu seras un ange avec une blessure par balle, dit Adina en regardant par terre, ou bien tu seras ici-bas, où il y a des pavés. Tu chevaucheras ton balai le soir, tu balaieras les rues de Vienne.
Et toi tu restes ici, dit Ilie, tu attends qu'ils découpent complètement ton renard, et après."
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   05 janvier 2011
"C'est avec un type comme ça que tu couches, dit Adina. La boîte de sucre est ouverte, le sucre est dur comme de la pierre sur les taches brunes de café. Du vent souffle dans l'arbre dehors, mais tu ne le connais pas, dit Clara, le ballon vert cabossé reste coincé sur la branche fourchue. C'est toi que je ne connais pas, le ballon vert cabossé supportera un deuxième hiver, celle que je connais, ce n'est pas toi, dit-elle, je croyais te connaître"
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TaraxacumTaraxacum   11 mai 2017
Il veut parler du Sud où le Danube coupe le pays. Où la plaine est plate, où les étés se dessèchent comme la pierre entre les maïs qui poussent, où les hivers gèlent comme la pierre entre les maïs oubliés. Où les gens comptent les coussins de duvet qui flottent et savent que le Danube, pour chaque homme abattu en pleine fuite, a pendant trois jours un coussin sur ses vagues, et pendant trois nuits une lueur sous ses vagues, comme celle des bougies. Les gens du Sud connaissent le nombre des morts. Ils ne connaissent pas les noms des morts, ni leurs visages.
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Video de Herta Müller (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Herta Müller
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=59753&motExact=0&motcle=&mode=AND
DU TRAUMA À L'ÉCRITURE
Un point de vue sur la création littéraire de Herta Müller
Radu Clit
Études Psychanalytiques
Décelé dans la création littéraire de Herta Müller, le rapport du trauma avec l'écriture se décline différemment en fonction des quatre types de prose qui sont isolés dans la création de la lauréate du prix Nobel de littérature 2009. Dans son volume de début, le trauma est ou physique ou subi par des animaux. Les romans qui décrivent la vie quotidienne sous le régime communiste présentent des traumas infligés par les autorités de l'état. Dans le camp de travail soviétique, le trauma est intégré dans le cadre existentiel. Les essais de l'écrivaine ouvrent la perspective autobiographique et montrent que tous les traumas présentés ont été subis ou par elle, ou par sa famille.
Radu Clit a déjà publié un livre et plusieurs études sur les effets psychiques des phénomènes totalitaires. Psychologue clinicien, psychanalyste, psychothérapeute de groupe, il ajoute cette fois à l'approche interdisciplinaire la grille d'analyse littéraire, ce qui lui permet d'affiner certains points de vue avancés précédemment.
Broché - format : 13,5 x 21,5 cm ISBN : 978-2-343-14532-7 ? 16 mai 2018 ? 230 pages
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
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