AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Jean Marcenac (Traducteur)André Bonhomme (Traducteur)
EAN : 9782070328925
239 pages
Éditeur : Gallimard (23/06/1995)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 121 notes)
Résumé :
En 1952, durant son séjour à Naples puis à Capri, Neruda rencontre celle qui fut le grand amour de sa vie et sa dernière femme. Sept ans plus tard, Neruda commémore leur rencontre et renouvelle en quelque sorte le genre, dérivé de Pétrarque, du sonnet précieux, érotique et d'autant plus embrasé qu'il est contraint par la forme.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  17 décembre 2015
Il m'a fallu bien plus de 100 jours pour venir à bout de cette Centaine d'amour. Au début, elle ne m'inspirait que des rires bêtes devant les associations de mots bizarres, de l'ironie face à cet amour grandiloquent qui prend toute la place, et même un peu d'ennui. Mais, petit à petit, en lisant un sonnet à la fois, parfois à haute voix et en passant aux thèmes plus sombres du recueil, Le Soir et La Nuit, j'ai été touchée et émue. J'ai pu alors recommencer le recueil et, allant au-delà du persil et des châtaignes hirsutes, en apprécier toute la poésie et la beauté.
La centaine d'amour n'a qu'un seul thème, l'amour de Pablo Neruda, écrivain, diplomate et politicien, alors à l'automne de sa vie, pour Mathilde, une chanteuse qui sera d'abord sa maîtresse puis sa troisième femme. Très intimes, ces poèmes étaient probablement au départ des cris d'amour pas du tout destinés à la publication. En 4 parties correspondant aux moments de la journée, ils évoquent le corps et l'esprit de Mathilde, le bien-être à ses côtés, le désir, les doutes, le réconfort, le bonheur...
Le style est exigeant, évitant les lieux communs et les comparaisons faciles, pour nous proposer des vers souvent âpres et hachés, un vocabulaire étrange et foisonnant, et des éclairs d'émotion brute. Je ne dirai donc pas que cette lecture a été facile; mais elle a été riche, intéressante et forte.
Pour moi, la poésie, surtout la poésie d'amour, est un rappel de ce qui compte vraiment dans la vie : les gens, les émotions, les relations, la nature, le beau, le vrai... C'était d'ailleurs très frappant de lire ces sonnets passionnés et de voir en parallèle le physique de vieux politicien au double menton qu'avait Neruda à cette époque, ou de suivre son engagement communiste. De quoi mettre à mal mes préjugés qui voudraient qu'une telle exaltation s'arrête à 20 ans ou exclue toute vie publique...
Challenge Petits plaisirs 30/xx
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          562
araucaria
  23 septembre 2013
Recueil de cent poème d'amour écrits par Pablo Neruda pour sa femme Mathilde Urrutia. Ce recueil est bilingue, Espagnol et Français. Et je regrette de ne pas pouvoir savourer Neruda dans le texte. Il me semble que la traduction française ôte de la saveur à la poésie. En Espagnol la musicalité est plus parlante, les poèmes sont plus mélodieux.
Ainsi, je savoure plus :
En los bosques, perdido, corté una rama oscura
y a los labios, sediento, levanté su susurro :
era tal vez la voz de la lluvia llorando,
una campaa rota o un corazon cortado.
que :
Loin, dans les bois, j'ai coupé une branche noire,
assoiffé j'ai porté son murmure à mes lèvres :
était-ce donc la voix de la pluie qui pleurait,
une cloche brisée ou un coeur mis en pièces?
La traduction est un art difficile, plus encore me semble-t-il en matière de poésie... C'est ainsi et ne pratiquant pas l'Espagnol, je ne saisis pas toutes les nuances des vers de Neruda et reste un peu sur ma faim. Je le regrette.
Lien : http://araucaria20six.fr/
Commenter  J’apprécie          532
Palmyre
  22 août 2013
Challenge Nobel 2013/2014
Ah! L'Amour...
Lorsqu'un homme se met à écrire quelques sonnets (une centaine...) à sa chère et tendre: que d'émotions!
Ces poèmes lyriques répartis en quatre parties (matin, midi, soir, nuit) sont destinés à sa troisième femme Matilde Urrutia. Pablo Neruda nous livre ses pensées les plus intimes sur sa relation amoureuse, admirant les qualités de sa dulcinée, et les difficultés rencontrées.
On ressent toute la sensibilité et l'amour en lisant ces poèmes. Excellente découverte que j'ai apprécié de lire en espagnol grâce à l'édition bilingue.
Commenter  J’apprécie          250
AmandineMM
  12 août 2011
"[...] Avec grande humilité moi j'ai fait ces sonnets de bois, en leur donnant le son de cette substance opaque et pure, et qu'ils atteignent ainsi tes oreilles. Toi et moi cheminant par bois et sablières, lacs perdus, latitudes de cendres, nous avons recueilli des fragments de bois pur, madriers sujets du va-et-vient de l'eau et de l'intempérie. de ces vestiges à l'extrême adoucis j'ai construit par la hache, le couteau, le canif, ces charpentes d'amour et bâti de petites maisons de quatorze planches pour qu'en elles vivent tes yeux que j'adore et que je chante. Voilà donc mes raisons d'amour et cette centaine est à toi : sonnets de bois qui ne sont là que de cette vie qu'ils te doivent."
Je commence mon commentaire par cet extrait de la préface parce que je le trouve tout à fait représentatif de l'esthétique de ce recueil. Il refuse de comparer celle qu'il aime, Mathilde Urrutia, à un joyau, un diamant ou d'autres objets habituellement choisis par les poètes dans ce genre de poèmes. Tout au long de cette longue déclaration d'amour en 100 sonnets, il parle de son aimée avec des métaphores mettant en scène des éléments naturels, tels le pain, le bois, la terre, le soleil, la lune, etc. Il utilise beaucoup d'oxymores et de "contradictions" pour essayer de la décrire au mieux par ses images: c'est un procédé stylistique qui me plaît toujours beaucoup. L'ensemble des sonnets est divisé en quatre parties: Matin, Midi, Soir, Nuit ; malgré leur cohérence forte, elles se distinguent par certaines thématiques plus présentes: la naissance douloureuse de l'amour pour la première, le soleil et le retour à la maison tranquille pour la seconde, les démons du soir, la jalousie des autres et la souffrance pour la troisième, et la mort pour la dernière.
Les sonnets que j'ai particulièrement aimés sont le 17, le 44 et le 45. Néanmoins, tous sont magnifiques et je vous conseille vraiment la lecture de ce recueil.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
etreneant
  03 avril 2012
Je n'ai pas dès le début accroché
Mais rien ne sert de résister
Les mots ne font que vous emporter
Délicatement peints sur l'être aimé.
Un seul regret toutefois
Que l'espagnol me soit langue de bois...
Commenter  J’apprécie          130

Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
LaliLali   06 février 2011
Je t’aime parce que je t’aime et voilà tout
et de t’aimer j’en arrive à ne pas t’aimer
et de t’attendre alors que je ne t’attends plus
mon cœur peut en passer du froid à la brûlure.

Je ne t’aime que parce que c’est toi que j’aime,
et je te hais sans fin, te hais et te supplie,
et la mesure de mon amour voyageur
est de ne pas te voir, de t’aimer en aveugle.

Et si, lumière de janvier, tu consumais
ton rayon cruel, et mon cœur tout entier,
me dérobant la clef de la tranquillité?

En cette histoire je m’arrive qu’à mourir
et si je meurs d’amour, c’est parce que e t’aime,
parce qu’amour, je t’aime, et à feu et à sang.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          2500
araucariaaraucaria   22 septembre 2013
Parmi les étoiles admirées, mouillées
par des fleuves différents et par la rosée,
j'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais
et depuis ce temps-là je dors avec la nuit.

Parmi les vagues, une vague, une autre vague,
vague de verte mer, branche verte, froid vert,
j'ai seulement choisi l'unique et seule vague
et c'est la vague indivisible de ton corps.

Vers moi toutes les gouttes, toutes les racines
et tous les fils de la lumière sont venus,
que ce soit aube ou crépuscule ils sont venus.

Je n'ai voulu que ta chevelure pour moi.
Et de toutes les offrandes de la patrie
je n'ai choisi que celle de ton coeur sauvage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1801
MalauraMalaura   06 août 2012
Matin

J'ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche,
sans manger je vais par les rues, et je me tais,
sans le soutien du pain, et dès l'aube hors de moi
je cherche dans le jour le bruit d'eau de tes pas.

Je suis affamé de ton rire de cascade,
et de tes mains couleur de grenier furieux,
oui, j'ai faim de la pâle pierre de tes ongles,
je veux manger ta peau comme une amande intacte,

et le rayon détruit au feu de ta beauté,
je veux manger le nez maître du fier visage,
Je veux manger l'ombre fugace de tes cils,

J'ai faim, je vais, je viens, flairant le crépuscule
et je te cherche, et je cherche ton cœur brûlant
comme un puma dans le désert de Quitratùe.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          990
araucariaaraucaria   04 novembre 2013
Tu te rappelleras ce ravin capricieux,
c'est là que palpitaient les arômes grimpants,
de temps en temps passait un oiseau revêtu
de lenteur et de pluie : son costume d'hiver.

Tu te rappelleras les présents de la terre :
l'irascible parfum, avec la fange d'or,
les herbes du buisson et les folles racines,
sortilège d'épine et pareil à l'épée.

Tu te rappelleras le bouquet apporté
par toi, bouquet fait d'ombre et d'eau et de silence,
bouquet pareil à la pierre entourée d'écume.

Ce fut alors comme jamais, comme toujours :
nous partons tous les deux vers le lieu sans attente
pour y trouver tout ce qui est en train d'attendre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          990
PiatkaPiatka   23 novembre 2013
J'ai cru mourir et j'ai senti le froid de près,
de ce que j'ai vécu je ne laissais que toi,
ta bouche était mon jour et la nuit de la terre
et ta peau le pays fondé par mes baisers.

Alors en cet instant s'achevèrent les livres,
l'amitié, les trésors accumulés sans trêve,
la maison transparente édifiée par nous deux :
tout cessa d'exister, tout excepté tes yeux.

Car l'amour, alors que la vie nous persécute,
n'est qu'une haute vague entre toutes les vagues,
mais hélas quand la mort vient frapper à la porte

il n'est que ton regard pour s'opposer au vide,
en face du non-être il n'est que ta clarté :
il n'est que ton amour pour refermer la nuit.

NUIT
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          540

Videos de Pablo Neruda (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pablo Neruda
Pablo NERUDA – Un siècle d'écrivains : 1904–1973 (DOCUMENTAIRE, 1998) Émission « Un siècle d'écrivains », numéro 167, diffusée sur France 3, le 23 septembre 1998, et réalisée par Amalia Escriva.
Dans la catégorie : Poésie espagnoleVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Poésie espagnole (56)
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox






Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
874 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre

.. ..