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Giorgio Colli (Éditeur scientifique)Mazzino Montinari (Éditeur scientifique)Jean-Claude Hémery (Traducteur)
ISBN : 2070325571
Éditeur : Gallimard (13/03/1990)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 139 notes)
Résumé :
Il est peu question du Christ dans cet ouvrage tardif (écrit en 1888, quelques mois avant que Nietzsche ne sombre dans la folie, il ne sera publié qu'en 1895), mais beaucoup du christianisme. Illusion, fiction, Idéal négatif parce que nourri de la faiblesse et du ressentiment, le christianisme désigne, pour Nietzsche, le pouvoir du mensonge. Il escamote la réalité et c'est pourquoi il ne faut pas seulement le réfuter ; il faut aussi le combattre. D'où une nécessaire... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
Luniver
24 février 2012
"L'antéchrist" est une charge insolente contre le christianisme, ou plus précisément contre ce qu'est devenue la morale chrétienne à l'époque de Nietzsche. Il accuse notamment les prêtres d'avoir perverti le message original du Christ, de constituer en idéal la négation de la vie et de quitter le monde réel pour se réfugier dans un monde imaginaire et mensonger.
J'ai commencé la lecture de ce livre un peu trop tôt : je n'avais lu que "Ainsi parlait Zarathoustra", un des premiers livres de Nietzsche, et "L'antéchrist" est l'un de ces derniers. Les références à ses oeuvres précédentes sont nombreuses, et j'ai eu l'impression d'être un mauvais élève qui a mal appris ses leçons pour pouvoir suivre la démonstration du maître. Les commentaires du traducteur ont cependant un peu comblé mes lacunes.
En tout cas, le style de Nietzsche est particulier et agréable à lire : souvent impertinent et effronté, parfois fulminant et injuste, recours aux jeux de mots et à l'ironie, tout cela facilite l'accès à ses oeuvres aux "non-initiés".
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GuillaumeTM
29 mars 2013
C'est l'un des tous derniers livres que Nietzsche rédigea avant de sombrer dans la folie à Turin, écrit en 1888 mais publié en 1894.
Le philosophe consacre donc tout un ouvrage à cette religion qui prédominait encore dans tous les esprits de son époque. Il commence par fustiger la philosophie de Kant et montre clairement de cette manière qu'il est vraiment dans la filiation directe de Spinoza.
Puis il élabore, en bon philologue qu'il était, une réinterprétation de la vie de Jésus, qui fut, pour lui, déformée par certains de ses apôtres comme Saint Paul. Il considère, in fine, que Jésus fut le seul chrétien véritable et qu'il exaltait la bonté,la vie et non la mort comme le feront plus tard les prêtres, qui sont pour Nietzsche les pires calomniateurs de l'Eglise, en réprimant les instincts naturels de l'être humain, en passant par la détestation du corps; ce qui est cause, comme la déjà démontré le philosophe, de beaucoup de névroses.
Le livre se termine par la transvaluation des valeurs. Mais il reste assez polémique sur certains passages qui pourraient être mal interprétés, heureusement le livre est plutôt bien construit, ce qui change d'autres de ses bouquins écrits sous formes d'aphorismes, qui donc pourraient paraître aux premiers abords désordonnés alors qu'il n'en est rien.
Une vision du christianisme somme toute assez personnelle mais pas moins intéressante et instructive.
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outofzebra
13 mars 2013
L'ouvrage majeur de F. Nietzsche. du moins le plus clair, où l'auteur expose nettement la cause de sa haine de Jésus-Christ, des anarchistes, des communistes et des juifs. En deux mots : ils sapent la civilisation. Ils provoquent la décadence.
Ce pamphlet, dans lequel manquent les preuves historiques d'une activité séditieuse des chrétiens, des communistes ou des juifs, conclut un combat spirituel violent à l'intérieur de la Réforme protestante. Quand Martin Luther attaque l'antéchrist, voyant dans la personne du pape le représentant de Satan sur la terre, à cause des indulgences, du purgatoire et de toutes les inventions catholiques, F. Nietzsche au contraire se range du côté de l'antéchrist et de la religion païenne, du folklore et des traditions sociales.
On ne trouve pas non plus chez Luther, même s'il en est sans doute plus proche, d'explication à l'instabilité particulière de la civilisation occidentale. Mais du moins, avec Luther et Nietzsche, on peut se représenter les deux pôles opposés de la théologie allemande moderne : le christianisme épuré du folkore, fidèle aux textes, contre la "culture de vie", fidèle à l'homme.
(Dans ses ouvrages consacrés au paganisme lui-même ou à l'antiquité, Nietzsche se montre beaucoup moins clair, si ce n'est parfaitement contestable ou paradoxal. Notamment quand il fait l'éloge, lui, le défenseur de la civilisation, de Dionysos, divinité secondaire du Panthéon grec, dont le culte s'est développé dans les périodes... de décadence.)
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dorian
18 mai 2015
Un de ces meilleur texte où sa révolte contre le christianisme et plus clair plus précis. Nietzche donne des coups de marteau non pas au christ qui pour lui et le seule chrétien, mais a tout ce qui avance avec le masque du théologiens qui n'est que un chemin détourné vers l'idéal ancien. L'hémiplégie du peuple allemand ; Luther, où l'Europe de la décadence, la falsification des valeurs naturelles de l'homme. Nietzche n'est pas allemand, Prussien ? Pro français c'est sur, admirateur de Montaigne et de Voltaire, devant la chute de Rome la culture antique s'évapore le oui à la vie pour Nietzche tout était là on sent vraiment la plus grande tristesses envers toute la philosophie allemande ( Mais la pose grandiose de ces esprits malades, de ces épileptique de l'idée, agit sur la grande masse,- les fanatique sont pittoresques, l'humanité préfère voir des gesticulations plutôt qu'entendre des raisons...)
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Bruno_Cm
03 mars 2014
Nietzsche est vraiment un personnage bizarre. Il y a des passage où on est totalement en accord avec lui, on se plaît à se penser nitzschéen soi-même ; et, parfois, on ne peut pas ne pas se demander où est sa véritable grandeur, tout ça semble vain et vainement prétentieux. Que du "sur papier" ?
Après, il a eu "raison" : comme la Bible, ses écrits ont tellement vu d'exégètes se pencher sur eux que leur auteur est devenu une sorte de mythe dont on, en tout cas je, ne sait plus trop qu'en penser.
J'ai bien ri parfois, parce que les excès me sont source(s) d'amusement(s).
Quelle est la vérité ou la sincérité, quelle est la folie ou les pieds sur terre ou l'aigle plane si haut, si haut... Hissez haut, petit héraut.
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LuniverLuniver21 février 2012
Il ne faut pas enjoliver et attifer le christianisme : il a livré une guerre à mort contre ce type supérieur d'homme, il a excommunié tous les instincts fondamentaux de ce type, il a pris tous les instincts pour en faire le concentré du mal, LE méchant : - l'homme fort comme le type du réprouvé, de l'«homme dépravé». Le christianisme a pris le parti de tout ce qui est faible, bas, raté, il a constitué en idéal l'opposition aux instincts de conservation de la vie forte ; il a vicié la raison même des natures les plus fortes en esprit, en enseignant à ressentir les valeurs les plus hautes de l'intellectualité comme pécheresses, comme trompeuses, comme des tentations. L'exemple le plus pitoyable : la corruption de Pascal, qui croyait à la corruption de sa raison par le péché originel, alors qu'elle n'était corrompue que par son christianisme !
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LuniverLuniver23 février 2012
Quand on déplace le centre de gravité de la vie non pas vers la vie, mais vers l'«au-delà» - vers le néant - on a enlevé à la vie tout centre quel qu'il soit. Le grand mensonge de l'immortalité personnelle détruit toute raison, toute nature de l'instinct, - tout ce qui, dans les instincts, est bienfaisant, favorise la vie, garantit l'avenir, désormais suscite la méfiance. Vivre de telle manière que vivre n'ait plus de sens, voilà désormais qui devient le «sens» de la vie...
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AchegothAchegoth04 janvier 2016
Le bouddhisme est cent fois plus réaliste que le christianisme — il a dans le sang l'habitude acquise de poser les problèmes froidement et objectivement, il vient après un mouvement philosophique qui a duré des centaines d'années — la notion de « Dieu » est déjà abolie quand il survient. Le bouddhisme est la seule religion positiviste que nous montre l'Histoire, et même dans sa théorie de la connaissance (un strict phénoménisme) — il ne dit plus « guerre au péché », mais rendant à la réalité ce qui lui est dû : « guerre à la souffrance ». Il a déjà laissé derrière lui — et c'est ce qui le différencie radicalement du christianisme — l'automystification des conceptions morales ; il se trouve, pour employer mon langage, outre bien et mal.
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enkidu_enkidu_20 avril 2015
Par ma condamnation du christianisme je ne voudrais pas avoir fait tort à une religion parente qui le dépasse même par le nombre de ses croyants : le bouddhisme. Tous deux se valent en tant que religions nihilistes — ce sont des religions de décadence — mais tous deux sont séparés de la plus singulière manière. Le critique du christianisme est profondément reconnaissant aux indianisants d’être à même de les comparer maintenant. — Le bouddhisme est cent fois plus réaliste que le christianisme, — il porte, comme héritage, la faculté de savoir objectivement et froidement poser les problèmes, il vient après un mouvement philosophique de plusieurs siècles ; l’idée de « Dieu », dans sa genèse, est déjà fixée quand il arrive. Le bouddhisme est la seule religion vraiment positivite que nous montre l’histoire, même dans sa théorie de la connaissance (un strict phénoménalisme —) il ne dit plus « lutte contre le péché », mais, donnant droit à la réalité, « lutte contre la souffrance ». Il a déjà derrière lui, et cela le distingue profondément du christianisme, l’illusion volontaire des conceptions morales, — il se trouve placé, pour parler mon langage, par delà le bien et le mal. — Les deux faits physiologiques qu’il prend pour base et qu’il considère sont : d’abord, une hypertrophie de la sensibilité, qui s’exprime par une faculté de souffrir raffinée, ensuite une hyperspiritualisation, une vie trop prolongée parmi les idées et les procédures logiques, ou l’instinct personnel a été levé en faveur de l’impersonnalité. (— Deux états que du moins quelques-uns de mes lecteurs, les « objectifs » comme moi, connaissent par expérience.) En raison de ces conditions physiologiques, une depression s’est produite, une dépression que Bouddha combat par l’hygiène. Il emploie, comme remède, la vie en plein air, la vie ambulatoire, la tempérance et le choix des aliments, des précautions contre les spiritueux, contre tous les états affectifs qui font de la bile, qui échauffent le sang : point de soucis, ni pour soi ni pour les autres ! Il exige des représentations qui procurent soit le repos, soit la gaieté, — il invente le moyen de se débarrasser des autres. Il entend la bonté, le fait d’être bon. comme favorable à la santé. La prière est exclue, tout comme l’ascétisme ; pas d’impératif catégorique, aucune contrainte, pas même dans la communauté claustrale — (on peut de nouveau en sortir —). Tout cela n’est considéré que comme moyen pour renforcer cette trop grande sensibilité. C’est pourquoi le bouddhisme n’exige pas la lutte contre les hérétiques ; sa doctrine ne se défend de rien autant que du sentiment de vengeance, de l’aversion, du ressentiment (— « l’inimitié ne met pas fin à l’inimitié » : c’est le touchant refrain de tout le bouddhisme… ). Et cela avec raison : En considération du principal but diététique, ces émotions seraient tout à fait malsaines. Il combat la fatigue spirituelle qu’il trouve à son arrivée, une fatigue qui s’exprime par une trop grande « objectivité » (c’est-à-dire affaiblissement de l’intérét individuel, perte de l’équilibre, de « l’égoïsme ») par un sévère retour, même des intéréts spirituels, sur la personnalité. Dans l’enseignement de Bouddha, l’égoïsme devient un devoir : la « seule chose nécessaire ». La façon de se dégager de la souffrance règle et délimite toute la diète spirituelle (— qu’on se souvienne de cet Athénien qui déclarait également la guerre à « la science pure », de Socrate qui, dans le domaine des problèmes, éleva l’égoisme personnel à la hauteur d’un principe de morale). (#20)
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Bruno_CmBruno_Cm05 mars 2014
[Notes et variantes Ecce Homo]

"Moi [ - - - ] Ce qui me distingue, c'est d'avoir le premier découvert la morale, et, par conséquent - [une impitoyable déclaration de guerre] contre elle [d'avoir choisi un mot] d'avoir besoin d'un mot qui ait le sens d'une impitoyable déclaration de guerre. La morale me semble la plus grande malpropreté que l'homme sur la conscience, l'insincérité faite instinct, l'escroquerie in psychologicis allant jusqu'au crime..."
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