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Béatrice Commengé (Traducteur)
ISBN : 2234059917
Éditeur : Stock (07/02/2007)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 48 notes)
Résumé :

Cette correspondance passionnée offre une suite et un complément aux Cahiers secrets. Si désormais on connaît, grâce aux Cahiers, la passion littéraire et amoureuse qui a uni Henry Miller et Anaïs Nin, il nous manquait encore de pouvoir suivre l'évolution de cet amour à travers les années. Cette correspondance, commencée en 1932, finit vingt ans après, en Californie, alors qu'ils sont tous les de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Arctos
  23 octobre 2012
Une sensualité obsédante, une rigueur dans l'écriture happée en quelques secondes par la passion de la chair. Quelques cris, un lot de paranoïa, une peur aussi bien du succès que de l'insuccès, des voyages ratés, des lettres brûlées, des lettres ivres et trop lucides pour ne pas planter une Vérité. Une fascination presque morbide pour ces deux écrivains amourachés discrètement par les auteurs de leur temps, sans jalousie, sans envie. Un regard moqueur et morne face à la censure de leurs oeuvres.
Seulement motivés par la beauté, et les sinuosités entre le sexe et l'immatériel.
Cette oeuvre peut donner à tous l'envie de reprendre sa plume pour une correspondance profonde, et d'essayer, encore et encore, d'atteindre la perfection dans toute entreprise vitale que ce soit dans la bave ou dans la lumière.
Commenter  J’apprécie          280
Canalis
  14 septembre 2014
Points positifs
Moi qui avais, en premier lieu, découvert Henry Miller grâce à son roman autobiographique Jours tranquilles à Clichy ainsi que le début de Tropique du capricorne, j'en avais vu un homme très froid, cynique, méprisant, misogyne que je n'avais pas beaucoup aimé. Ici, j'ai pu découvrir un Henry amoureux, passionné, qui m'a laissé rêveuse.
C'est donc un livre plein de romantisme, qui donne envie de commencer à envoyer des lettres à son (ou ses, ha ha) amoureux et d'en recevoir en retour. Qui donne envie d'écrire des tonnes de missives, de les remplir du lyrisme le plus pompeux et de les parfumer avant de les glisser dans l'enveloppe.
Comme j'avais déjà lu, auparavant, certains journaux d'Anaïs Nin et d'autres oeuvres des deux auteurs, je trouvais que cette correspondance complétait très bien leur bibliographie. On obtient des détails, des ressentis en plus, et parfois-même, certaines choses sont corrigées (j'ai par exemple appris qu'Anaïs Nin n'avait pas été visiter un bordel avec Henry Miller, comme dit dans son Journal (1931-1934) mais avec son mari Hugo Guiller qui a demandé à ce que cela reste secret. Evidemment, à sa mort, il a bien fallu remettre l'église au milieu du village).
Points négatifs
J'ai bien peur que ce livre ne présente pas un grand intérêt pour ceux qui ne connaîtraient aucun des deux auteurs. En lui-même, il est très insatisfaisant : les lettres ne se suivent pas, n'ont pas souvent de rapport entre elles (les deux protagonistes n'attendant pas de réponse de leur correspondant pour écrire une autre lettre) et ne sont parfois pas compréhensibles, parlant de choses dont le lecteur n'a jamais entendu parler, etc.
De plus, j'ai été assez agacée par les notes biographiques laissées en fin de livre, et auxquelles il fallait sans cesse se référer dès qu'un nouveau personnage était mentionné. Je pense que quelques notes en bas de page aurait été plus faciles.
De plus, j'ai été surprise par le racisme d'Anaïs et Henry. En soi, je n'ai pas eu de soucis à excuser Anaïs car son racisme ressemble d'avantage à un "racisme d'artiste". Elle a tendance a voir énormément de poésie dans "l'exotisme" et à en être fascinée. Elle tombe souvent dans le piège du cliché, mais on n'a aucune peine à voir qu'il n'y a aucune mauvaise intention dans ce qu'elle dit, qu'il y a surtout de l'admiration pour ce qui est étranger, ce qui, pour l'époque, n'est déjà pas mal par rapport à la discrimination dont les gens pouvaient faire preuve. Par contre, je suis incapable de défendre Miller sur ce point et je n'en ai juste pas envie. Il est empli de mépris, comme d'habitude, et l'a montré encore une fois envers l'étranger. Ça m'a beaucoup déçue et ennuyée.
Lien : http://vaste-blague.blogspot..
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BMAUCH
  29 mars 2013
Les livres jalonnent la vie d'un lecteur – ou d'une lectrice – et soulignent les périodes de sa vie d'une tonalité particulière. Ainsi en fut-il pour moi avec le Journal d'Anaïs Nin que je découvris peu après sa première parution en France, dans les années 70. Mai 68 avait apporté des changements dans la réflexion des femmes sur leur condition et les mouvements féministes étaient très actifs. Dans ce contexte, les écrits d'Anaïs Nin étaient d'une grande actualité. Pour Henry Miller, il me fallut attendre, bien des années après, la lecture de la Correspondance passionnée de ces deux grands écrivains pour trouver enfin une raison de l'apprécier. À mes yeux de jeune femme, cet homme aux passions violentes n'avait pas de raison de me toucher, mais les mots que j'ai lus récemment dans cette correspondance m'ont révélé une dimension littéraire que je ne peux désormais ignorer.
Lien : http://www.bibnblog.fr/?p=12..
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sarahdevalmont6
  28 juillet 2014
La correspondance d'Anaïs et d'Henri....Passionnante, foisonnante, enfiévrée....
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
calisson73calisson73   02 juillet 2013
A ton retour, je vais te donner une vraie fête de l'amour littéraire - ce qui veut dire baiser et parler et parler et encore baiser - et une bouteille d'Anjou entretemps, ou un vermouth-cassis. Anaïs, je vais littéralement t'écarteler. Que Dieu me pardonne si jamais cette lettre est ouverte par erreur. Je n'y peux rien. Je t'aime. Je te veux. Tu es mon pain et mon vin, tu fais fonctionner cette foutue machine, pour ainsi dire. Être sur toi est une chose, mais me rapprocher de toi en est une autre. Je me sens proche de toi, je ne forme qu'un avec toi, tu es à moi, que cela soit admis ou pas. Chaque jour d'attente est pour moi une torture. Je les compte lentement, douloureusement. ... Je veux te voir à Louveciennes, te voir dans la lumière dorée de la fenêtre, dans ta robe verte comme le Nil, avec ton visage si pâle, d'une pâleur glacée comme le soir du concert. Laisse tes cheveux lâchés, expose-les au soleil - qu'ils reprennent leur couleur. Je t'aime comme tu es, j'aime tes reins, leur pâleur dorée, la courbe de tes fesses, la chaleur de ton sexe, ton jus. Anaïs, je t'aime tellement, tellement ! J'en deviens muet. Je suis même assez fou pour croire que tu pourrais faire irruption ici, de la manière la plus inattendue. Je suis là, entrain de t'écrire, avec une érection magnifique. Je sens tes lèvres se refermer sur moi et ta jambe me serrer très fort, je te revois dans la cuisine soulevant ta robe et t'asseyant sur moi, et la chaise qui se met à se promener sur le carrelage en faisant boum, boum, boum !"
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PiatkaPiatka   06 novembre 2013
Pourquoi ne pas jouir aussi de sa maladie ? Il arrive qu'on tombe malade, simplement pour pouvoir rester un peu seul. C'est un des moyens qu'emploie le corps pour conquérir l'esprit. [...] On a besoin d'être seul. On a besoin d'être malade et de se vautrer dans la maladie. L'âme en a besoin.

Lettre de Henry à Anais - 24 mai 1933
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PiatkaPiatka   05 novembre 2013
L'alcool n'est pas seul à pouvoir libérer la conscience - les sentiments passionnés en sont également capables.

Lettre de Anais à Henry - 21 mars 1932
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MedelieMedelie   10 août 2013
Des bribes de nos conversations me reviennent à l’esprit – jamais rien d’entier. Ce jour où vous disiez que la femme espagnole aimait que son amant vienne vers elle avec l’odeur du vin sur les lèvres… quand vous m’avez dit que vous aviez envie de connaître un vrai « débauché », pour comprendre à quoi pouvait ressembler ce genre de créature… et cette description de vous-même, marchant dans Paris, les pointes des seins tendues et vibrantes. J’ai senti, en lisant votre manuscrit, que pour la première fois j’allais savoir ce qu’une femme éprouve en amour… je ne cesse de me demander : est-ce qu’elle regarde toujours les hommes aussi droit dans les yeux ?... et puis, vous inviter à marcher dans la campagne – à marcher, pas dans la campagne, mais jusqu’à une auberge reculée, et là vous gorger de vin, flairer votre sang arabe. Votre sang – j’en veux une goutte pour la regarder au microscope. Un jour, vous vous êtes avancée à moins de trente centimètres de moi, nous étions face à face, séparés seulement par le dossier d’une chaise – comment ai-je fait pour me retenir ? Mais, d’autre fois, je ne sentais que votre esprit, et votre esprit est glissant il s’infiltre entre mes pensées et il faut que je verse du sable, si je ne veux pas que les roues glissent… Peur que vous vous approchiez de moi comme vous le feriez d’un monstre, peur de n’être qu’un objet d’étude – jusqu’à présent c’est moi qui ai toujours étudié.

[Henry. Hôtel Central. 1 bis rue du Maine, Paris, XIVe. Dimanche 6 mars 1932, 1 h 30 du matin]
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MedelieMedelie   18 août 2013
Vous me rendez terriblement heureux en me permettant de ne pas me couper en deux – en laissant vivre en moi l'artiste, si l'on peut dire, sans pour autant le faire passer avant l'homme, l'animal, l'amant affamé, insatiable. Aucune femme ne m'a jamais accordé tous les privilèges dont j'ai besoin – et vous, vous m'appelez si gaiement, si fièrement, en riant presque ; oui, vous m'invitez à aller de l'avant, à tout oser, à être moi-même. Je vous adore pour cela. C'est en cela que vous êtes un vrai régal, une femme extraordinaire. Quelle femme vous êtes ! Quand je pense à vous maintenant, le sourire me monte aux lèvres.

[Henry. Hôtel Central. 1 h 30 du matin. Le 10 mars 1932]
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Videos de Anaïs Nin (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anaïs Nin
Christine Angot. Entretien avec Oriane Jeancourt .Oriane Jeancourt,Christine AngotCC-BY-NC-ND 2.0Christine Angot construit depuis plus de vingt ans une œ?uvre radicale et riche. Reconnue pour la puissance de son écriture, elle compte parmi les grandes plumes du roman contemporain et de l?autofiction. Sexualité, maternité, aliénation familiale sont quelques unes de ses obsessions. Héritière d?Hervé Guibert et d?Anaïs Nin, elle élabore depuis son premier roman, Vu du ciel, mais surtout dans L?Inceste et Une semaine de vacances, une approche au scalpel des relations humaines.
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