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Vitalie Lemerre (Traducteur)
ISBN : 2848050438
Éditeur : Sabine Wespieser (21/08/2006)

Note moyenne : 3.16/5 (sur 132 notes)
Résumé :
Nuala O'Faolain s'empare du destin d'une jeune Irlandaise pauvre qui, en 1890, s'est enfuie de chez elle pour devenir une criminelle célèbre en Amérique sous le nom de "Chicago May". L'amour, le crime et un destin exceptionnel de femme au tournant du XXe siècle: tous les ingrédients du romanesque sont réunis. Tour à tour braqueuse, prostituée, arnaqueuse, voleuse et danseuse de revue musicale, May avait une beauté magnétique qui tournait la tête des hommes. Ses aven... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Crazynath
  03 avril 2018
J'avais déjà lu et apprécié plusieurs livres de Nuala O'Faolain, aussi je me réjouissais de découvrir un autre de ses livres.
Annoncé comme une biographie, « L'histoire de Chicago May » nous plonge pour commencer dans la fin du dix-neuvième siècle en Irlande.
Là, nous découvrons la jeune May en train de s'enfuir du domicile de ses parents, le soir où sa mère accouche d'un autre enfant. Non contente d'abandonner sa famille, May s'est aussi empressée de la délester de ses économies, et c'est grâce à ces dernières qu'elle pourra s'offrir un billet pour traverser l'Atlantique direction le Nouveau Monde.
Nuala O'Faolain a fait de nombreuses recherches au sujet de cette Irlandaise, qui pour fuir les conditions de vie très précaires de sa famille (et de beaucoup d'irlandais à cette époque), n'hésite pas à rechercher fortune dans un autre pays.
May va surtout désenchanter, car ce qui l'attend dans ce pays, c'est une vie certes trépidante, mais surement pas facile. Son caractère combattif va lui permettre de survivre et cela par n'importe quel moyen. Car si May, surnommée par la suite Chicago May a eu son heure de gloire, c'est surtout car elle a participé à des braquages de banques, et non parce qu'elle est devenue une championne dans l'art de déplumer les clients quand elle travaillait comme prostituée.
C'est une belle page d'histoire que nous raconte l'auteur, avec les débuts encore un peu chaotiques des États-Unis, pays encore tout jeune à l'époque.
J'avoue cependant que je n'ai pas réussi à éprouver de l'empathie ou même un zeste de sympathie pour l'héroïne de cette histoire, contrairement à Nuala, qui elle, n'hésite pas à se positionner régulièrement pendant la narration de son histoire.
Intéressant, mais ce livre n'a pas la force de certains autres livres de cet auteur comme par exemple Chimères.
Challenge ABC 2017/2018

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Tempsdelecture
  23 septembre 2018

Chicago May n'est pas Mme Bovary, ni Anna Karénine ou Jane Eyre. Elle n'appartient pas à cette catégorie de personnages mythiques entourés de cette aura de romantisme un peu naïf qui incarnent les histoires d'amour marquant la littérature mondiale. Au contraire, on lui trouverait plus de familiarité avec la catégorie de femmes à laquelle appartient Gervaise Macquart-Lantier, maltraitées par la vie, qui ont écopé dès le départ un peu plus que leur part de malheur et de malchance. Jeune irlandaise qui était promise à une vie de dur labeur, probablement une existence entière de pauvreté, dans un coin perdu d'Irlande, supportant tant bien que mal la vie entre un mari dur et exigeant et des enfants à nourrir. Mais ce n'est pas la destinée dont elle voulait, cette inertie existentielle fade et monotone ne correspondait pas à l'élan vital qui bouillonnait en elle, dont seule l'extravagance des villes américaines sera à la hauteur. Alors, emportant les économies familiales, elle prend la poudre d'escampette, direction l'Amérique, que tant d'Irlandais avaient déjà rejoint après avoir quitté leur terre natale dans l'espoir totalement infondé d'une vie plus douce. L'égoïste petite May Duignan deviendra alors là-bas la célèbre Chicago May. Mais je crois qu'à cette époque, où les moyens de communications étaient extrêmement réduits et où sa condition de femme seule et immigrée irlandaise, s'aventurant dans une vie complètement inconnue, mérite déjà, peut-être pas de la considération
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Myriam3
  29 juin 2014
May Duignan, née dans l'Irlande pauvre et très pratiquante de la fin du XIXième siècle, s'enfuit pour les Etats-Unis la nuit de la naissance de sa petite soeur. Elle a alors 19 ans et vient de voler toutes les économies péniblement amassées par ses parents, sans regrets. Arrivée,belle, forte et sûre d'elle à Chicago, elle deviendra Chicago May, bientôt célèbre en tant que criminelle dans ce pays en devenir.
C'est par cette fuite que commence ce récit biographique. Ou bien non: en prologue, Nuala O'Faolain nous explique comment elle a pour la première fois entendu parler de cette compatriote née un bon demi-siècle avant elle, et qui comme elle, a quitté sa famille, a voyagé dans le monde, n'a pas eu d'enfants et a écrit son autobiographie quand elle n'était plus toute jeune.
Nuala O 'Faolain a tout de suite voulu en savoir plus et a mené l'enquête: témoignages de proches, archives policières, lettres, coupures de journaux et bien sûr cette fameuse autobiographie écrite par May elle-même sur le tard, comme un regard détaillé mais sans compassion sur sa vie.
Nuala O'Faolain, tout en essayant de reconstituer certains des événements importants dans la vie de May et de lui prêter des sentiments, dans son incertitude, nous rappelle maintes fois qu'il ne s'agit là que de suppositions et que son objectif n'est nullement de faire de cette vie un roman. Il s'agit bien, ici, d'une recherche, et l'auteure ne nous cache pas que cette recherche, elle l'a faite en grande partie pour elle-même, pour se comprendre, pour comprendre un peu mieux ce que c'est d'être Irlandais, d'être une femme, une femme libre et sans enfants, comprendre également son jeune frère qui a sombré dans l'alcoolisme et une vie de mensonges, violences et délits; "j'habille May de la solitude qui entourait mon frère. Et de sa patience".
Nuala O'Faolain a réussi son pari d'un livre non romancé mais malgré tout riche en péripéties et aventures. Ce livre est bien écrit, sobre, documenté. Elle nous fait découvrir ce qu'était l'Irlande à la fin du siècle dernier, ainsi que cette Amérique en construction; on y rencontre également le sort des prisonniers en Guyane française, et des personnages illustres tels que Proust, Wilde, Dreyfus, August Vollmer qui a transformé le système judiciaire et l'a rendu plus juste, Sundance Kid, et la comtesse Markievicz qui a participé à l'insurrection des Pâques sanglantes au nom de l'indépendance de l'Irlande.
J'ajouterais cependant que certaines réflexions, certaines conclusions m'ont semblé obscures, sans doute tirées par les cheveux: bref je n'en ai pas toujours saisi la logique, mais ce livre est malgré ces points agréable et intéressant à lire et grâce à elle, on s'attache à cette femme haute en couleur et hors norme qui aura préféré cette existence tragique à celle de la mère épuisée et opprimée qu'elle aurait dû être.
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Melisende
  22 juillet 2017
Nuala O'Faolain, voilà un nom irlandais, sans nul doute. C'est une auteure contemporaine que j'avais envie de découvrir depuis un bon moment alors lorsque j'ai trouvé d'occasion sa biographie de Chicago May – récompensée par le prix Femina étranger -, je n'ai pas hésité.
La quatrième de couverture présentait l'histoire tourmentée d'une jeune irlandaise fuyant son pays pour les Etats-Unis, devenant rapidement une prostituée et une criminelle hautement recherchée. Voilà qui promettait sinon de l'émotion, au moins de la passion et de l'intensité… ce qui n'a finalement pas été le cas et j'en ressors assez déçue. Dommage.
Chicago May est le “nom de scène” de May Duignan, une jeune irlandaise née dans le dernier quart du XIXe siècle. Il s'agit d'une femme ayant réellement existé, elle n'est pas née de l'imagination de Nuala O'Faolain. Alors que sa mère accouche de son cinquième enfant, consciente qu'elle n'a aucun avenir dans cette Irlande rurale ravagée par la famine, elle s'enfuit en volant toutes les économies de sa famille, direction l'Amérique du Nord où elle compte bien prendre son destin en main.
Rapidement, elle se fait une place partout où elle passe, arnaquant les hommes qu'elle séduit grâce à son charme. La prostitution devient également son lot quotidien. Quelques années sur les planches en tant que danseuse, elle finit pourtant par abandonner la scène, préférant la rue, la ruse et le vol. C'est en suivant, à plusieurs reprises, les casses de ses amants, qu'elle est rattrapée par la justice et finit par croupir en prison. Les années de captivité ne semblent pas avoir vraiment de prise sur elle, car forte, têtue et déterminée, elle sait rebondir et se sortir de toutes les situations.
Ayant croisé la route de plusieurs personnalités du début du XXe siècle, aussi bien aux Etats-Unis (les frères Dalton) qu'en Europe (la comtesse Constance Markievicz), Chicago May a constamment marché auprès des plus grands criminels et révolutionnaires de son temps. Tantôt buvant du champagne dans les soirées mondaines, tantôt dans la rue à la recherche d'un nouveau client, c'est une figure assez insaisissable que cette irlandaise.
Finalement, jamais de véritables attaches matérielles ou sentimentales, mais une vie trépidante, au jour le jour, faite de débrouille, de ruse et de charme dans une société pourtant très fermée, surtout pour la gent féminine. Chicago May s'est affranchie de toutes les règles, vivant sa vie à sa façon, sans regarder en arrière (ou presque).
Racontée ainsi, vous vous dites certainement que cette histoire a dû être absolument passionnante à parcourir, non ? Eh bien en fait non. Et cela, je pense, à cause de la forme adoptée par Nuala O'Faolain. J'ai envie de faire le même reproche à cette lecture que celui fait l'année dernière lors de ma découverte de Into the Wild de Jon Krakauer : un fond qui avait tout pour me plaire mais une forme trop journalistique, qui instaure beaucoup trop de distance.
Nuala O'Faolain justifie son choix dans son prologue : elle refusait d'écrire une biographie trop romancée – se contentant de remplir les blancs dans l'histoire de Chicago May avec le minimum de situations inventées – et d'utiliser la première personne du singulier. Je comprends mais je trouve qu'à trop vouloir “respecter” le “héros” de la biographie, on en perd en émotions, en ressentis. Je suis restée complètement extérieure à sa vie – comme j'avais pu le faire avec Into the Wild – et vraiment, je le regrette !
J'ai, malgré tout, beaucoup aimé voyager auprès de Chicago May à travers les Etats-Unis et l'Europe ; j'ai aimé découvrir les règles prévalant dans les milieux qu'elle fréquentait et j'ai aimé que Nuala O'Faolain garde l'idée des origines irlandaises en toile de fond, comme si le pays ne les avait – Chicago May et elle – jamais quittées, malgré les milliers de kilomètres parcourus. L'Irlande a eu un impact sur elles, un impact qui n'a jamais cessé malgré la fuite. C'est une idée qui me séduit beaucoup et qui, j'ai l'impression, est assez courante dans la littérature irlandaise.
Finalement, même si je n'ai pas été émue par la vie de Chicago May, son histoire aura tout de même eu un léger impact sur ma propre vie puisqu'elle aura très certainement participé à mon envie de partir moi aussi en solo. Certes seulement pour une petite semaine et dans un cadre estival mais tout de même, tout comme elle, seule, déterminée et “courageuse”, je l'espère.
Lien : http://bazardelalitterature...
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BMR
  22 août 2007
L'histoire de Chicago May c'est une histoire vraie, celle des émigrants irlandais en Amérique, poussés à l'exil par la famine et leurs voisins anglais.
C'est aussi l'histoire, à la charnière du siècle, d'un Far-West finissant et d'une Amérique des villes naissante : Chicago, New-York, Detroit, ... avec leur cortège de misère, chômage, prostitution, drogues, banditisme, ...
L'auteure, Nuala O'Faolain, est femme et irlandaise : c'est à ce double titre qu'elle entreprend de revisiter la biographie de May Duignan, dite Chicago May.
Avec une écriture simple et rigoureuse qui prend toujours soin de distinguer les faits avérés et vérifiés des actes prêtés ou imaginés, soit par elle-même soit par les journalistes et écrivains de l'époque.
Ce qui fait tout l'intérêt de ce bouquin, c'est précisément le mélange, l'intrication entre le récit biographique des aventures de Chicago May (de Chicago à Rio en passant par Londres, le Caire ou Paris) et les interrogations, digressions, hésitations, de sa biographe qui explore les rares matériaux encore à disposition de l'enquête.
L'histoire de Chicago May en cache donc une autre : celle de la quête de Nuala O'Faolain.
Une quête à la recherche de la personnalité de May Duignan, la femme qui se cache derrière ce « personnage » qu'est Chicago May.
La quête également de la compréhension des conditions qui sont à cette époque celles de ces émigrants irlandais en quête d'un monde sinon meilleur, peut-être moins pire que l'île qu'ils ont été forcés de quitter.
Les conditions des femmes, surtout, qu'un double ostracisme exclut deux fois de la société : parce que ce sont des irlandaises dans un monde dominé par les protestants anglais et parce que ce ne sont que des femmes dans un monde gouverné par les hommes (c'est aussi l'époque des suffragettes).
On en apprendra finalement assez peu sur cette figure de la pègre que fut Chicago May, qui gardera une grande part de son mystère mais on s'instruira beaucoup sur l'histoire sociale de la naissance du siècle (enfn, du siècle précédent, doit-on dire désormais).
Un livre écrit au féminin.
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 mars 2007
Lecture jeune, n°121 - À la fin du XIXe siècle, May fuit l’Irlande en emportant les maigres économies familiales et embarque pour le Nouveau Monde. Tour à tour danseuse de revue, prostituée, arnaqueuse et braqueuse, elle se fait connaître sous le célèbre nom de Chicago May, arpentant le territoire des frères Dalton au rythme des épopées du Far West. Après avoir consacré un ouvrage à son autobiographie, On s’est déjà vu quelque part ? (10/18, 2005), Nuala O’Faolain se penche sur le destin de la jeune rebelle en s’inspirant des mémoires de celle-ci, d’archives, de lettres, d’articles de journaux, de photos et d’affiches. L’auteur nous fait part de ses interrogations et rend compte de la difficulté de l’historien face à ses sources. Sans nul doute, Nuala O’Faolain tente de rétablir l’image de cette fugitive au destin contestable. Elle trouve dans l’histoire de la jeune Irlandaise des concordances avec la sienne et porte beaucoup d’estime à cette femme qui ose la transgression et refuse la condition qu’on lui impose. Avec une écriture simple, l’auteur s’empare d’une façon singulière du destin de cette jeune femme hors norme. Un très beau portrait. L’histoire de Chicago May a obtenu en 2006 le prix Femina du meilleur roman étranger. ndlr Elise Hoël
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Myriam3Myriam3   29 juin 2014
A l'époque où May mourut, et pour au moins un demi-siècle encore, l'Irlande était totalement en proie à une peur institutionnalisée des femmes; c'est-à-dire de la sexualité. Un homme irlandais sur 50 était alors un prêtre catholique: les trois quarts des hommes entre vingt-cinq et trente-quatre ans étaient célibataires; les admissions d'hommes dans les hôpitaux psychiatriques avaient quadruplé en dix ans et l'Irlande avait le taux de natalité le plus bas d'Europe. Le clergé travaillait de façon obsessionnelle afin de contrôler la sexualité par diktat et en propageant le dégoût. De mon temps, les petites filles n'étaient pas autorisées à faire de l'athlétisme parce qu'elles auraient été obligées de se changer à côté des garçons. L'archevêque de Dublin interdisait l'usage des tampons parce qu'ils familiarisaient les filles avec leur corps. Tomber enceinte hors mariage entraînait la disgrâce à vie pour les filles et leur famille. La contraception était interdite de même que la connaissance que cela existait. Les femmes devaient aller à l'église pour se purifier après chaque naissance. Et ainsi de suite.
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Myriam3Myriam3   16 juin 2014
Vers la fin du XIXième siècle, quand la moitié des gens nés en Irlande émigrèrent, la majorité des émigrants étaient des femmes et quatre-vingt-dix pour cent d'entre elles étaient célibataires. C'était la faute de l'Angleterre si elles étaient forcées de partir - c'était ce qu'on croyait dur comme fer. L'Angleterre avait contrôlé l'Irlande pendant des siècles, mais cela n'avait jamais été accepté autrement que comme un pouvoir d'occupation. Quand vous quittez votre pays occupé, vous le trahissez, c'est pourquoi il vous incombe de jurer que vous détestez être obligé de partir et que, un jour, vous reviendrez. Alors si May bondit dans le wagon un sourire au lèvres, elle sortait de l'ordinaire.
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TempsdelectureTempsdelecture   23 septembre 2018
La traite des Blanches n’était pas imaginaire. Il y avait, et il y a encore, du trafic. Les gangs trouvaient leurs victimes parmi les domestiques sous-payées, les ouvrières des usines, les serveuses et les vendeuses dont des milliers luttaient pour survivre avec des salaires insuffisants. Elles étaient « dressées » puis vendues. En un seul mois, pendant une campagne de réforme des années 1890, la police sauva trois cent vingt-neuf jeunes filles qui ne croyaient plus jamais ressortir de leurs bordels.

Dans une bibliothèque de ce « quartier des plaisirs », j’ai recopié une courte lettre qu’une de ces filles écrivit: « J’aimerais que tu viennes me voir et ainsi je pourrais tout te raconter car je suis une esclave blanche, c’est certain. Excuse le crayon, il fallait que j’écrive ça et que je l’envoie en douce. »

May nie avoir été une prostituée. Elle se considère comme une « soutireuse », femme qui attire un homme dans une chambre ou les préliminaires amoureux sont interrompus par un complice qui joue le rôle d’un flic, d’un mari outragé ou d’un propriétaire, et, dans la panique qui s’ensuit, elle ou son complice vole les objets de valeur de l’homme. En d’autres termes, c’est une honnête voleuse. C’est une travailleuse qualifiée.
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VALENTYNEVALENTYNE   29 juin 2014
Je repris la direction de l’ouest sur un tronçon de route droite entre des arbres sombres. Soudain, en rafale, les phares de la voiture éclairèrent des bandes vermillon et dorées. Des affiches ! Les affiches d’un cirque. Sur deux kilomètres environ, il y en avait tous les quelques mètres, bariolées comme des perruches saluant en rang d’oignons. L’odeur de la tente chaude et de l’herbe écrasée me revint des jours où, quand j’étais enfant au milieu des champs verts et mornes, je voyais le cirque arriver d’un autre monde. L’incroyable éléphant. Les acrobates, comme des phoques sautant et plongeant dans les ténèbres sous le grand chapiteau. Les gens du cirque, avec leur maquillage criard et leurs caravanes qui répandaient cuvettes en fer-blanc, chiots et tissus exotiques sur le sol inégal.
May n’avait pas d’informations, pensai-je. Comment aurait-elle pu en avoir – enfant aux pieds nus au bord des tourbières dans un coin oublié d’un pays oublié ? Mais si, pour une raison ou pour une autre, elle avait su, elle avait senti intuitivement qu’il existait un monde ailleurs avec de la couleur, des fanfares et des femmes scintillantes qui se tenaient en équilibre sur le dos de poneys empanachés, qu’est-ce qui l’aurait empêchée de partir ?
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Myriam3Myriam3   17 juin 2014
Elle n'allait pas se servir de fusils et de chevaux rapides pour tirer "bénéfices du crime", mais plutôt de sa personne. Elle ferait un instrument grossier de sa tendre chair qui rattachait son moi sexuel, à travers un réseau de nerfs délicats, à l'ensemble de sa sensibilité. Ouvrir son corps de femme à un étranger est un événement physique aussi terrible que d'être tué par balles. La vessie, les entrailles de May, ses brûlures d'estomac, ses règles douloureuses, son nez qui coule, ses chevilles endolories faisaient autant partie d'elle que sa peau rosée et sa chevelure d'or rouge lorsqu'elle entama sa vie indépendante à Chicago dans une rue crasseuse traversée par un train vibrant au milieu d'un nuage de fumée étouffante [...]
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