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Georges Forestier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070308324
Éditeur : Gallimard (22/02/2007)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 85 notes)
Résumé :
En commandant cette pièce pour les jeunes filles de Saint-Cyr, Mme de Maintenon a offert à Racine l'occasion d'inventer ce qui a pu lui apparaître comme la forme idéale de tragédie, qui ferait alterner harmonieusement le dramatique et le lyrique, les émotions propres au tragique et l'émotion due aux cantiques, le déclamé et le chanté, l'alexandrin régulier et le vers mêlé, une forme supérieure d'émotion théâtrale, au service de la plus grande gloire de Dieu. On comp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Gwen21
  12 mars 2014
J'ai énormément aimé cette tragédie racinienne, au point d'apprendre par coeur plusieurs tirades d'Esther.
Cette pièce occupe une place toute particulière dans l'oeuvre du grand dramaturge puisqu'elle fut commandée par Mme de Maintenon (que Louis XIV avait fini par épouser secrètement) pour ses demoiselles de Saint-Cyr, (élèves de la Maison Royale de Saint-Louis, cette école pour jeunes aristocrates désargentées créée notamment dans le souci de combler le vide poignant creusé en elle par l'absence d'enfant de son sang).
De ce fait, le thème biblique choisi par le tragédien convient à tous : à la commanditaire de l'oeuvre qui met un point d'honneur à en faire un exercice pédagogique et à l'auteur pétri de jansénisme et devenu historiographe du roi. Ce dernier viendra d'ailleurs honorer de sa majestueuse personne plusieurs répétitions et patronnera la première représentation donnée par les demoiselles au sein de leur école. "Esther" a la particularité de joindre au jeu des acteurs des scènes chantées.
Le thème de cette tragédie sacrée est issu de l'Ancien Testament. L'histoire de la Juive Esther est touchante, c'est l'incarnation de l'abnégation et du sacrifice pour sauver son peuple. A la beauté et la poésie de la langue (cette tragédie est versifiée bien-sûr) devait se mêler en parfaite harmonie la musique de Jean-Baptiste Moreau, hélas aujourd'hui introuvable.
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Cer45Rt
  14 octobre 2018
Le style de Racine est plus émouvant, plus flamboyant et plus évocateur que jamais, dans ses deux dernières pièces, dont Esther fait partie. J'ai souvent pensé en lisant cette pièce à la poésie de Hugo, à son style imagé, à ses élans lyriques, tellement, tellement évocateur. le style d'Andromaque n'était qu'exceptionnel ; celui d'Esther est inégalable. La fin est un peu classique, et Athalie est plus réussi. Et cependant, comment être insensible à ce torrent de vers, à ces scènes qui s'enchaînent, comme un torrent et qui émeuvent tant ? Comment être insensible à ce génie de Racine, bouillonnant d'images, de visions, de pensées ? Comment peut-on ne pas sentir la résonance de ces vers, qui sont comme une tempête, et qui emportent tout, et qui nous font partager les émotions de tous les personnages ? Comment peut-on ne pas être ému, plus qu'ému, bouleversé, à ce torrent de vers, si beaux, si grands ?
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michfred
  25 avril 2015
Le prologue d'Esther fait déjà un tri parmi les spectateurs :
"Et vous, qui vous plaisez aux folles passions
Qu'allument dans vos coeurs les vaines fictions,
Profanes amateurs de spectacles frivoles,
Dont l'oreille s'ennuie au son de mes paroles,
Fuyez de mes plaisirs la sainte austérité :
Tout respire ici Dieu, la paix, la vérité."
Autant dire qu'ils seront bien déçus, les amoureux fous de la tragédie racinienne profane -dont je suis- avec son cortège de monstres et de pervers narcissiques acharnés sur de tristes victimes qui n'ont plus que leurs yeux pour pleurer...
Tout dans "Esther" baigne dans la religiosité, le sacré: chantez choeur des Hébreux, résonnez trompettes du Temple... Assuérus roi des Perses est l'arbitre brusquement touché par la grâce, Mardochée figure une sorte de prophète du peuple élu, Aman, un avatar satanique et Esther, vierge et presque martyre,est l 'héroïne qui sauve son peuple, la médiatrice entre le Dieu biblique et le peuple du Livre..
La structure en trois actes a elle aussi de quoi surprendre chez ce classique: retour aux normes aristotéliciennes comme on retourne, pour le sujet, aux sources bibliques d'un christianisme dont louis XIV vieillissant et secrètement marié à cette bigote de Mme de Maintenon,( née...Françoise d'Aubigné !) a fait le fer de lance de sa politique, après la Révocation de l'Edit de Nantes.
D'ailleurs, si Racine cède aux sirènes de la propagande royale et aux pressions de l'influente Françoise, il ose glisser une discrète protestation contre cette Révocation: les Juifs d'Esther épargnés par Assuérus semblent inciter Louis XIV à se montrer un roi plus tolérant...
Le vers racinien est toujours aussi mélodieux, inspiré, vibrant...mais j'avoue humblement être plus sensible aux divinités solaires, chtoniennes, ou marines du paganisme qu'aux pompes christiano-bibliques , et donnerais dix Esther pour une Phèdre ou une Hermione......Mais comme dirait Séraphin Lampion, c'est mon avis et je le partage...
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cicou45
  24 août 2011
Tragédie de Racine dans laquelle il est déjà question du peuple juif en tant que fléau de Dieu, et ce, deux siècles avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Je savais que le peuple juif avait toujours était considéré en tant que tel mais, à part dans certains écrits religieux, c'est la première fois que j'en entend parler dans une oeuvre littéraire aussi vieille que celle-ci.
Esther et Mardochée , son père adoptif, arrivent à déjouer un complot visant le roi Assuerus et lui sauvent la vie. Esther devient donc rapidement la préférée du roi qui lui accorde toutes ses grâces. Cependant, ayant appris que, sous les conseils de son favori Aman, le roi s'apprêtait à exterminer le peuple juif, persuadé que celui-ci complote contre lui. C'est alors que se produit un magnifique renversement de situation dû à Esther qui invite chez elle Aman ainsi que le roi afin de dévoiler à ce dernier que son père adoptif et elle- même sont juifs et que leur peuple n'a nullement l'intention de se retourner contre lui. Etant convaincu de la véracité de ses dires puisqu'elle et Mardochée lui ont sauvé la vie, le roi comprend alors qu'Aman a voulu se jouer de lui par seul but de vengeance personnelle et décide de la faire exécuter.
Bien qu'il s'agisse d'une pièce de commande de la part de Louis XIV et de Madame de Maintenon-cette dernière ayant ouverte une maison pour les jeunes filles nobles, elle entend bien à veiller sur leur éducation- Racine ne s'est pourtant pas trahi en respectant les consignes qui lui avaient été faites puisqu'il a été fidèle à lui-même qinsi qu'à ses aspirations religieuses. A découvrir !
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Laureneb
  14 octobre 2018
J'ai relu Esther après avoir lu Madame de Maintenon, sous la plume de Françoise Chandernagor dans l'Allée du Roi, évoquer la création de la pièce. C'est donc une pièce de commande, ce qui a déterminé sa construction : un sujet d'inspiration religieuse, des jeunes filles innocentes et vertueuses, un roi clément loué pour ses conquêtes et sa piété - allusion transparente au Roi Soleil, la femme du roi qui protège les jeunes innocentes et veille sur elle - allusion à la Marquise qui a commandé la pièce.
Si le choeur des jeunes filles est une bonne idée, je n'ai cependant guère apprécié cette pièce, peut-être parce que je suis une amatrice " de spectacles frivoles et profanes". Je préfère les tragédies de Racine dont l'intrigue repose sur un amour impossible à l'issue dramatique.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
la_fleur_des_motsla_fleur_des_mots   10 janvier 2013
Ô mon souverain Roi !
Me voici donc tremblante et seule devant toi.
Mon père mille fois m’a dit dans mon enfance
Qu’avec nous tu juras une sainte alliance,
Quand pour te faire un peuple agréable à tes yeux,
Il plut à ton amour de choisir nos aïeux.
Même tu leur promis de ta bouche sacrée,
Une postérité d'éternelle durée.
Hélas ! ce peuple ingrat a méprisé ta loi.
La nation chérie a violé sa foi.
Elle a répudié son époux, et son père,
Pour rendre à d'autres dieux un honneur adultère.
Maintenant elle sert sous un maître étranger.
Mais c'est peu d'être esclave, on la veut égorger.
Nos superbes vainqueurs insultant à nos larmes,
Imputent à leurs dieux le bonheur de leurs armes,
Et veulent aujourd'hui qu'un même coup mortel
Abolisse ton nom, ton peuple, et ton autel.
Ainsi donc un perfide, après tant de miracles,
Pourrait anéantir la foi de tes oracles ?
Ravirait aux mortels le plus cher de tes dons,
Le saint que tu promets et que nous attendons ?
Non, non, ne souffre pas que ces peuples farouches,
Ivres de notre sang, ferment les seules bouches
Qui dans tout l'univers célèbrent tes bienfaits,
Et confonds tous ces dieux qui ne furent jamais.
Pour moi, que tu retiens parmi ces infidèles,
Tu sais combien je hais leurs fêtes criminelles,
Et que je mets au rang des profanations
Leur table, leurs festins, et leurs libations ;
Que même cette pompe où je suis condamnée,
Ce bandeau dont il faut que je paraisse ornée
Dans ces jours solennels à l'orgueil dédiés,
Seule, et dans le secret je le foule à mes pieds ;
Qu'à ces vains ornements je préfère la cendre,
Et n'ai de goût qu'aux pleurs que tu me vois répandre.
J'attendais le moment marqué dans ton arrêt,
Pour oser de ton peuple embrasser l'intérêt.
Ce moment est venu. Ma prompte obéissance
Va d'un roi redoutable affronter la présence.
C'est pour toi que je marche. Accompagne mes pas
Devant ce fier lion, qui ne te connaît pas.
Commande en me voyant que son courroux s'apaise,
Et prête à mes discours un charme qui lui plaise.
Les orages, les vents, les cieux te sont soumis.
Tourne enfin sa fureur contre nos ennemis.
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Gwen21Gwen21   12 mars 2014
Acte II - Scène 7
(Extrait)

ESTHER
Hé ! se peut−il qu'un roi craint de la terre entière,
Devant qui tout fléchit et baise la poussière,
Jette sur son esclave un regard si serein,
Et m'offre sur son cœur un pouvoir souverain ?

ASSUERUS
Croyez−moi, chère Esther, ce sceptre, cet empire,
Et ces profonds respects que la terreur inspire,
A leur pompeux éclat mêlent peu de douceur,
Et fatiguent souvent leur triste possesseur.
Je ne trouve qu'en vous je ne sais quelle grâce
Qui me charme toujours et jamais ne me lasse.
De l'aimable vertu doux et puissants attraits !
Tout respire en Esther l'innocence et la paix.
Du chagrin le plus noir elle écarte les ombres,
Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres.
Que dis−je ? sur ce trône assis auprès de vous,
Des astres ennemis j'en crains moins le courroux,
Et crois que votre front prête à mon diadème
Un éclat qui le rend respectable aux dieux même.
Osez donc me répondre, et ne me cachez pas.
Quel sujet important conduit ici vos pas.
Quel intérêt, quels soins vous agitent, vous pressent ?
Je vois qu'en m'écoutant vos yeux au ciel s'adressent.
Parlez : de vos désirs le succès est certain
Si ce succès dépend d'une mortelle main.
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michfredmichfred   25 avril 2015
Athalie
Un songe (me devrais−je inquiéter d'un songe ? )
Entretient dans mon coeur un chagrin qui le ronge.
Je l'évite partout, partout il me poursuit.
C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit.
Ma mère Jézabel devant moi s'est montrée,
Comme au jour de sa mort pompeusement parée.
Ses malheurs n'avaient point abattu sa fierté ;
Même elle avait encor cet éclat emprunté
Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage,
Pour réparer des ans l'irréparable outrage.
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michfredmichfred   25 avril 2015
Esther

Enfin avec des yeux où régnait la douceur :
"Soyez reine", dit−il ; et dès ce moment même,
De sa main sur mon front posa son diadème.
Pour mieux faire éclater sa joie et son amour,
Il combla de présents tous les grands de sa cour,
Et même ses bienfaits, dans toutes ses provinces,
Invitèrent le peuple aux noces de leurs princes.
Hélas ! durant ces jours de joie et de festins,
Quelle était en secret ma honte, et mes chagrins !
"Esther, disais−je, Esther dans la pourpre est assise,
La moitié de la terre à son sceptre est soumise,
Et de Jérusalem l'herbe cache les murs !
Sion, repaire affreux de reptiles impurs,
Voit de son temple saint les pierres dispersées,
Et du Dieu d'Israël les fêtes sont cessées ! "
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michfredmichfred   25 avril 2015
Aman

Jusqu'à quand souffre−t−on que ce peuple respire,
Et d'un culte profane infecte votre empire ?
Etrangers dans la Perse, à nos lois opposés,
Du reste des humains ils semblent divisés,
N'aspirent qu'à troubler le repos où nous sommes,
Et détestés partout, détestent tous les hommes.
Prévenez, punissez leurs insolents efforts ;
De leur dépouille enfin grossissez vos trésors."
Je dis, et l'on me crut.
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Videos de Jean Racine (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Racine
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=58781&motExact=0&motcle=&mode=AND
LA PROTECTION DE LA PARTIE FAIBLE DANS L'ARBITRAGE OHADA
Martial Koffi Akakpo
Préface de Jean-Baptiste Racine
Logiques Juridiques
Soucieux d'améliorer leur attractivité juridique, les Etats membres de l'OHADA ont décidé d'adopter des règles souples visant à faciliter les échanges économiques. En conséquence qu'il s'agisse de la convention d'arbitrage ou du procès arbitral, le sort du faible n'a pas fait l'objet d'une attention particulière. L'auteur invite à pondérer le libéralisme du droit de l'OHADA sans pour autant fragiliser la justice arbitrale.
Martial Koffi Akakpo est avocat au barreau de Lomé. Il enseigne le droit du financement des grands projets en Afrique à l'université Paris II Panthéon Assas. Il est également membre de la cour internationale d'arbitrage de la chambre de commerce internationale de Paris
Broché - format : 15,5 x 24 cm ISBN : 978-2-343-13499-4 ? 1 février 2018 ? 462 pages
+ Lire la suite
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