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ISBN : 2266299646
Éditeur : Pocket (02/04/2020)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Roman total par son ampleur, son ambition et sa puissance d'évocation, Il est à toi ce beau pays est la fresque tragique et monumentale de la colonisation de l'Afrique. Livrée aux appétits d'une Europe sans scrupules, elle est le théâtre d'un crime qui marque au fer rouge le XXe siècle. Sur trois continents, chefs d'Etat, entrepreneurs avides, explorateurs intrépides et missionnaires idéalistes agissent sous prétexte de civilisation.
Au fil d'un récit où se c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Alho
  29 avril 2018
Une excellente critique et interview de l'auteure par Jean-Claude Vantroyen dans le supplément « Les livres » du Soir des 28 et 29 avril 2018 !

Jennifer Richard offre une grande et passionnante fresque historique et romanesque
Entretien :
Voilà un roman que tous les Belges devraient lire. Il anéantirait leurs dernières illusions sur le rôle héroïque des Belges dans leurs missions « civilisatrice » et « pacificatrice » de l'Afrique centrale. Pour Léopold II, il s'agissait tout simplement de donner à son royaume une grandeur qui pouvait satisfaire son ego et doper l'économie de son pays. Les moyens ? Pousser Stanley à explorer le plus possible et planter le drapeau belge dans les régions les plus éloignées, aller plus vite que les Français de Brazza, que les Allemands, que les Anglais. Tout cela sous le couvert de la lutte contre la traite des Nègres, c'est-à-dire contre les Arabes qui en faisaient le commerce. Mais, libérés du joug de l'esclavage, les Africains se retrouvaient sous la férule mordante des Belges, et si la situation était sans doute théoriquement plus morale, elle n'était pas nécessairement meilleure.
Il est à toi ce beau pays. C'est le titre que donne Jennifer Richard à son très beau roman. Cela aussi, c'était théorique à la fin du XIX e siècle. Et sans aucun doute encore maintenant. Un roman qui parcourt plus de deux décennies, de 1873 à 1896. Et les trois continents. On se retrouve sur les traces de Stanley ou de Brazza en plein coeur de la forêt équatoriale, dans le palais de Laeken avec Léopold II, à Paris avec Jules Ferry ou à Londres. Mais aussi à Washington, en Virginie, en Ohio avec les militants américains contre la ségrégation que furent Booker T. Washington ou George Washington Williams.
Tout commence cependant par Ota Benga. le livre et l'idée du roman.
En effet. Nous étions à New York en vacances. On a lu un article sur le zoo du Bronx dans le Lonely Planet. Il y avait un encart sur Ota Benga, un Pygmée qui avait été exposé en 1906 dans ce zoo avec les singes comme, deux ans plus tôt, à l'Exposition universelle de Saint-Louis. J'ai été prise de compassion pour cet homme en imaginant ce qu'on pouvait ressentir en passant trois semaines dans une cage avec un orang-outang et des touristes qui vous jettent des cacahuètes. Je me suis renseignée sur Ota Benga. J'ai trouvé un livre écrit par le petit-fils du missionnaire qui avait été le chercher au Congo. J'ai enquêté sur ce missionnaire et j'ai découvert ce qui s'était passé en Afrique centrale à l'époque, le Congo de Léopold II, Stanley qui s'était mis à son service pour explorer et annexer ces territoires, la concurrence entre Stanley et Savorgnan de Brazza. J'ai découvert aussi que l'accélération de l'enrichissement de l'Europe à ce moment-là coïncidait avec l'instauration de la ségrégation judiciaire dans le sud des Etats-Unis. Tout ça est concomitant et lié. du coup, Ota Benga sert de pivot au roman. Il en est le début et la fin. Il nous permet de voyager sur les trois continents, puisque lui l'a expérimenté dans sa chair.
Vous vous êtes dit : je vais faire le grand roman de la colonisation ?
Ce n'était pas mon intention au départ, mais ça s'est trouvé ainsi en cours de route. Parce que j'ai découvert des personnages, j'ai été époustouflée par les destins de Stanley, Brazza, Léopold II, des personnages qui ont initié les droits civiques aux Etats-Unis. Aujourd'hui, on est très critique vis-à-vis des explorateurs, mais ils avaient une force de vie et une volonté incroyables. Ils travaillaient pour des monarques, qu'ils soient rois ou présidents, mais c'étaient d'abord des surhommes.
Tout est-il vrai ?
J'ai inventé les dialogues – ce n'est pas un livre d'histoire, c'est un roman – mais les lieux, les dates, les événements sont tous réels.
Est-ce un moment idéal pour revisiter cette histoire ?
Bizarrement, d'autres romans et des documentaires parlent de ce thème. Colson Whitehead l'année passée, David van Reybrouck plus tôt. Je ne sais comment les idées viennent. Ce n'est peut-être qu'une coïncidence. Mais il est important de parler de la colonisation. Et dans un roman, on voit les gens agir au quotidien. Il me fallait montrer les acteurs de cette période, voir ce qui les motive, comment leurs combats animent ou non leur quotidien.
L'histoire n'est pas finie, ni celle de la colonisation ni celle de la ségrégation.
C'est loin d'être terminé. On nous apprend que la décolonisation est finie. Mais non : la néocolonisation est toujours là et elle ne sert pas les Etats, comme jadis, mais les grandes entreprises. Les Etats colonisés français en Afrique n'ont toujours ni souveraineté militaire ni souveraineté monétaire : en quoi un Etat peut-il dès lors être souverain ? Non, ce n'est pas terminé.
JEAN-CLAUDE VANTROYEN
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chriskorchi
  14 avril 2018
Waouh, la claque ! Quelle fresque historique, j'ai été émue, prise aux tripes et au coeur.  On rencontre beaucoup de personnages historiques, c'est passionnant, bouleversant et déroutant car on se rend compte que l'homme n'apprends pas de ses erreurs et que les ignominies d'hier sont peut-être celles de demain. La question raciale  a toujours été un problème aux Etats-Unis et un siècle après c'est toujours difficile, il n'est pas utile de ressasser les récents événements, la condition des noirs actuellement.
Des personnages forts et passionnants, un thème universel et fort, une écriture qui saisit le lecteur et ne le lâche pas. Je n'ai jamais senti de lassitude alors que c'est un pavé de 700 pages.  J'ai traversé le temps et j'ai voyagé sur un siècle d'histoire de l'humanité et j'ai aussi ressenti toute une palette d'émotions.  Ca m'a donné envie d'approfondir pour étoffer mon discours quand je tombe sur des abrutis racistes. 
VERDICT
Un livre dont on ne sort pas indemne, une fresque que je ne suis pas prête d'oublier. A lire sans hésiter.
Lien : https://revezlivres.wordpres..
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JPCorniou
  30 mars 2020
Cette analyse magistrale de la colonisation de l'Afrique par les puissances européennes, avec en contrepoint les luttes des noirs américaines aux Etats-Unis, est une approche de la colonisation, au sens propre, suffocante. Il fallait que l'appât du gain et d cela gloire soit forte pour accepter de subir ce que les explorateurs, puis les marchands et soldats, ont subi dans cette conquête violente et pénible. Ils se sont bien vengés sur les populations locales. La conquête du Congo à titre personnel par le roi des Belges, Leopold II, est un chapitre sinistre de l'histoire des Européens en Afrique. Coup de poing violent, ce livre, long, détaillée, est une oeuvre majeure incontournable pour comprendre le rôle de l'Europe en Afrique mais aussi, en miroir, l'émergence du mouvement d'émancipation des noirs en Amérique.
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mimipinson
  20 septembre 2019
L'ouvrage m'avait interpellé dès sa sortie, tant pour son sujet (rarement abordé) que pour l'esthétique de sa couverture. Et ce ne sont pas ses 700 pages bien sonnées qui m'auraient fait reculer ; il fallait juste trouver le bon moment pour lui accorder toute l'attention qu'il méritait. Parce qu'en effet, attention il lui fallait. Non pas qu'il était difficile, mais complexe, fouillé, vaste précis. On pourrait presque penser qu'il s'agissait d'un essai ; par je ne sais quelle magie du style, l'auteur a réussi à en faire un roman passionnant, glaçant, et sans l'ombre d'un doute historiquement irréprochable.
Sur un quart de siècle (le dernier du 19ème) en débutant son propos par le suicide en 1916 en Virginie d'Ota Benga, homme du Congo, exposé telle une bête foire un peu partout pour finir ouvrier d'une manufacture de tabac. le sort de ce pauvre homme résume à lui tout seul celui d'un continent : l'Afrique qui durant les 25 années précédentes fut livrée à ses fossoyeurs.
Ainsi, tout au long de cet ouvrage, Jennifer nous raconte avec précision et érudition la colonisation de l'Afrique, alors que parallèlement s'installe aux USA la ségrégation à la suite de l'abolition du servage.
Nous côtoierons donc tous les personnages de l'époque qui de David Livingstone, Stanley, Brazza, Joseph Conrad, Georges Washington Williams, à Léopold II de Belgique, pour le meilleur et surtout pour le pire ont d'abord exploré le continent, pour le livrer aux missionnaires et aux criminels.
Passionnant, foisonnant et exigeant, ce livre mérite du temps et concentration. Il sort assurément des sentiers battus alors que son sujet - le sort du peuple noir en Afrique comme en Amérique du nord- est lui on ne peut plus universel et actuel.
Un grand livre que je ne suis pas près d'oublier !

Lien : https://leblogdemimipinson.b..
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Moira15
  14 janvier 2019
Un roman fleuve, très bien construit car il permet de suivre les destins de dizaines de personnages répartis entre les Etats-Unis, l'Europe et l'Afrique centrale. C'est une découverte de l'Afrique du point de vue occidental, en suivant les traces des grands explorateurs comme David Livingstone ou Henry Morton Stanley, des aventuriers comme George Washington Williams puis des missionnaires comme William Henry Sheppard. le talent de Jennifer Richard est d'arriver à nous donner une vision globale des intérêts occidentaux en Afrique centrale, notamment au Congo, de la fin du XIXème siècle au début du XXème siècle : sous prétexte de la lutte contre l'esclavage et de la diffusion des valeurs humanistes défendues hypocritement par le roi des Belges, Léopold II, c'est à un véritable massacre des populations et à un pillage des ressources naturelles que nous assistons. La véritable héroïne de ce roman historique très bien documenté c'est l'Afrique et ses mirages, peut-être perceptible dans la figure du Pygmée de la forêt d'Ituri, Ota Benga qui a été exposé à la curiosité des Américains dans un zoo humain. On retrouve dans ce long récit chronologique et choral le souffle de certains romans de Ken Follett ainsi que la capacité à entremêler les parcours de personnages historiques plus ou moins connus comme Stanley auxquels on s'attache parce qu'ils sont si humains avec leurs doutes.
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critiques presse (1)
LeMonde   27 juillet 2018
Si les explorations au Congo sont retranscrites avec un réalisme souvent insoutenable, c’est dans la partie américaine que Richard est à son meilleur.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
celine85celine85   23 février 2018
Mais comment ressembler à des hommes qui dénoncent l'esclavage quand on es issu d'une famille d'esclavagistes? Ce paradoxe nourrissait une grand part des réflexions du petit Sudiste. Partagé entre les discours racistes qui animaient les repas de famille et la perspective universaliste offerte pas les grands explorateurs, il ne savait comment aborder la question noire. Le rapport de couleurs demeurait pour lui un grand mystère.
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Armando98Armando98   15 mai 2019
Quelques jours auparavant, un agriculteur noir lui avait raconté sa première visite aux urnes.
« Vous savez lire, vous, mais pas nous. A force, on a quand même compris comment il fallait voter. Avant les élections, on essaie de scruter le Blanc. On écoute tout ce qu’il dit, et plus notre tour approche, plus on écoute, et plus on scrute. Comme ça, on comprend ce qu’il va choisir. Et le jour des élections, quand c’est à nous de voter, on fait exactement l’inverse ! Comme ça, on est sûrs de faire les choses bien. »
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Armando98Armando98   17 mai 2019
Il constata que chez tous ces pauvres gens, laissés au bord de la route du progrès, l’épanouissement ne passait que par la nourriture du corps. Ils s’attachaient à la matière, se félicitaient de petites acquisitions et déploraient des manquements anodin, uniquement pour masquer la tragédie de leur vide de leurs aspirations.
Chez ces gens-là, et chez tant d’autres dans le Sud, on ne dinait pas, on mangeait. On ne se lavait pas, on se décrassait. On ne s’habillait pas, on se couvrait.
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Armando98Armando98   17 mai 2019
A observer les trois filles, robustes travailleuses dont les âges allaient de douze à quinze ans, Washington se dit que le vieux n’était peut-être pas si vieux que ça. Un trop dur labeur et des brimades répétées avaient engendré ce dos tordu, ces genoux cagneux et ces cheveux blancs plus probablement que le seul passage des années.
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Armando98Armando98   27 mai 2019
Konrad, qui ne pouvait faire un pas sans s’éponger le front, se demandait comment les Africains pouvaient supporter un tel labeur en plein soleil. Ils n’avaient pas l’air heureux, certes, mais pas malheureux non plus. Juste indifférents à la tâche qu’on leur imposait. Sans doute étaient-ils plus coriaces, plus dociles, moins sensibles et moins attachés à l’idée de liberté et à celle de libre arbitre. Comment auraient-ils pu supporter cette vie, autrement ? Mais il pensa aux camps de Sibérie, et se dit qu’aucun peuple n’est prédisposé à la servitude et que l’horreur est la même pour tous, malgré les regards vides qui tiennent le spectateur à distance.
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