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EAN : 9782081343870
380 pages
Éditeur : Flammarion (19/08/2015)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 167 notes)
Résumé :
Léna Kotev est cancérologue à Paris. Dans sa famille, on est médecin de génération en génération : Pavel Alexandrovitch exerçait dans la Russie tsariste, Mendel fut professeur dans le Berlin des années 1920, Natalia fut victime, sous Staline, de l’affaire du Complot des Blouses blanches. Loin des combats de ses glorieux aïeux, Léna rêve de se soustraire à la légende familiale. Mais peut-on échapper à son destin ? Inscrits dans une mythologie qui les dépa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  02 novembre 2015
C'est l'histoire d'une famille les Kotev, dont les membres sont médecins de générations en générations, comme un flambeau qu'ils se transmettent et que l'on va suivre au gré des expulsions et persécutions dont ils sont tour à tour victimes car ils sont juifs.
On rencontre d'abord Pavel Alexandrovitch, médecin de campagne en 1905 en Russie tsariste, dans un petit village, Ludichev, qui fait ses visites à cheval, et dont le diagnostic est sûr et reconnu par ses pairs. Il est marié, a plusieurs enfants. Peu à peu les Juifs sont parqués et n'ont le droit d'exercer que dans « leurs villages » et doivent rester entre eux car l'antisémitisme gronde et les pogroms se multiplient. Dans un village voisin, toute la population a été exécutée, le feu mis aux maisons. Donc la peur règne chez Pavel qui décide de mettre son fils aîné Mendel à l'abri en l'envoyant en Allemagne, où règne alors la tolérance puisque c'est la république de Weimar.
On va rencontrer ainsi les membres de la dynastie, Mendel à Berlin, professeur dans les années 20, puis son fils Tobias qui devra s'exiler à son tour quand viendra l'ère de 3e Reich et la petite dernière Léna à Paris.

Ce que j'en pense :

J'aime beaucoup cet auteur que j'ai découvert avec « Les derniers jours de Stefan Zweig » (la BD coécrite avec Guillaume Sorel) et surtout, « le cas Eduard Einstein » l'an passé. Donc, impossible de ne pas lire celui-ci, impensable même.
Les chapitres alternent l'histoire de Léna, en 2015, à Paris, dans sa vie de tous les jours, avec ses hésitations, ses incertitudes, et l'année 1905 avec Pavel puis va et vient entre 2015 et 1920, puis 1933 et 1943. On s'attache à chacun des membres de cette famille, dont on aimerait finalement bien faire partie tant l'amour qui les unit fait résonner quelque chose en nous. On apprend aussi que le dernier enfant de Pavel a échappé au pogrom et a été adopté, il s'agit de Natalia que l'on suivra dans ce qui deviendra l'URSS et le complot des blouses blanches.

On retrouve la notion de destin, de l'exil qui se répète génération après génération et que peut-on faire quand ceci se répète d'un pays à un autre, d'une époque à une autre. Y-a-t-il une fatalité, une loi de causalité contre lesquelles on ne peut rien ou peut-on prendre son destin en mains. Est-ce que cette notion de destin (qui peut évoquer la fatalité voire le fatalisme, est en relation avec la religion ou avec l'âme slave ? (« Vie et destin » écrivait Vassili Grossman).
Qu'est-ce qui dépend de nous, qu'est-ce qui est imputable aux autres ? A-t-on la possibilité de modifier ce destin ? Ce livre soulève des interrogations, ne pousse dans nos retranchements, et ce qui est là, immuable, c'est l'amour qui unit les être des cette famille qui en dépit des horreurs arrivent à se raccrocher à la vie, aux petits bonheurs, les repas ensemble, les lectures…
Bref, j'ai adoré ce livre. Il est dur, car l'histoire de cette famille est enracinée dans l'histoire de l'antisémitisme, et aussi celle de la Médecine. Tout au long du livre, la pudeur est présente, l'auteur n'en fait jamais trop, il reste à sa place d'écrivain, de conteur sans juger. Ce livre remue, fait réfléchir je l'ai déjà dit, sur ces époques y compris la notre, car avons-nous tiré les leçons du passé ? Et une fin superbe…
Je fais partie du club de « Seksikophiles » et j'ai le livre "Les derniers jours de Stefan Zweig" qui m'attend sur une étagère de la bibliothèque et entre parenthèse j'aurais bien aimé voir la pièce de théâtre qui en a été tirée…
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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tynn
  29 octobre 2015
Depuis Pavel, médecin de campagne de la Russie tsariste, jusqu'à Léna, cancérologue à Paris, les Kotev ont soigné les corps et les âmes, dignes héritiers spirituels des Thérapeutes*.
C'est un roman triste et morose, aux fulgurances de violence, que nous propose Laurent Seksik. Comment faire joyeux avec la destinée d'une famille juive sur quatre générations?
De la Russie devenue communiste, de Berlin sous régime nazi, de la France dernier pays d'accueil, la lignée de médecins traverse pogroms, exécutions, éclatement familial, exil, exterminations...
Tous sont unis par-delà époques et distances par les liens du sang et de la souffrance. C'est un récit extrêmement touchant, dans le contexte historique antisémite européen connu de tous durant le XXème siècle.
Il faut le talent narratif et la plume enveloppante de l'auteur pour rester accroché à cette chronologie qui met sur balancier les vies des disparus et celle de la dernière fille, son quotidien personnel de solitude, le fardeau de mémoire des drames familiaux et l'ingratitude d'une métier où elle excelle, qui tutoie la maladie et la mort.
En dépit des événements dramatiques, le livre est habité d'espérance. Il se dégage de tous ces praticiens un amour du métier, une combativité et la foi d'un avenir toujours possible.
Un beau livre humaniste sur la noblesse de guérir.

*Thérapeute: ascète juif du 1er siècle à Alexandrie/ personne qui soigne les malades
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celdadou
  10 septembre 2015
Comme tous les livres de Laurent Seksik ...encore une petite merveille.
Ce roman es bien écrit, agréable à lire , pourtant parle d'un sujet très sensible puisque la persécution des juifs en Russie.
C'est une famille de médecins juifs qui commence sous les Tsars et qui s'achève en 2015.
Pavel, est un médecin merveilleux , qui n'a pas d'argent et qui donnera le meilleur de lui même pour soigner les Russes.
Cependant , opposant au parti soviétique , lui et sa famille seront massacré sauf un fils parti à l'âge de 12 ans à Berlin Mendel et une petite Natalia qui a été placée en famille d'accueil.
Parallèlement nous avons l'histoire de Léna une jeune cancérologue qui a suivi le chemin de son père , du père de son père et de son arrière grand père.
Léna est passionnée par son métier , qui est très difficile pour une femme.
Elle suit une psychothérapie ...elle vit avec le fardeau de ce qu'a subi sa famille.Sa mère a eux un véçu si traumatisant qu'elle prenait des médicaments pour ne pas penser..
Vraiment un livre qui nous donne une belle image des médecins ...ils aiment ce qu'ils font et d'autre part les gens les aime...
Je vous recommande vivement ce livre de la rentrée littéraire 2015
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enjie77
  13 septembre 2017
Laurent SEKSIK a décidément toute mon admiration. Je l'ai rencontré avec "Les derniers jours de Stefan Zweig", fiction particulièrement émouvante, pleine de sensibilité, d'empathie avec le talentueux Stefan Zweig.
J'ai donc réitéré avec "L'exercice de la Médecine". Je n'ai pas désenchantée!
Je ne reviendrai pas sur l'histoire de cette famille de médecins juifs ashkénazes, j'ai lu d'excellentes critiques à cet effet comme celle de Tynn, Eve-Yeshe ou Palamède qui résument très bien le contenu de cette saga familiale.
C'est un livre à forte puissance émotionnelle comme Laurent SEKSIK sait les écrire.
J'ai beaucoup aimé sa façon d'entremêler la Grande et la petite histoire. Il met ainsi, par la force du roman, la Grande histoire à la portée de tout le monde en faisant ressortir certaines pages de celle-ci dont on parle peu comme la ville de Nice sous occupation italienne, l'assassinat de Walther Ratheneau, le philosophe Walter Benjamin qui se suicidera, le procès des blouses blanches. Bien sur, il y a des passages difficiles comme le massacre de Kichinev en 1903, l'Autodafé du 10 mai 1933 sur l'Opernplatz où tous les livres écrits par des écrivains juifs Zweig, Freud, Einstein, Werfel, Doblin et ceux des communistes, socialistes démocrates seront tous brûlés sous les hourras enivrés de haine, l'atmosphère y est décrit avec réalisme, la raffle des nourrissons juifs de la pouponnière de l'avenue Clémenceau à Nice lorsque la ville est repassée sous occupation allemande.
J'ai beaucoup aimé aussi le portrait de Léna : jeune femme dépressive, (elle rappelle Woody Allen en féminin) à force de porter le poids de l'héritage familial comme celui du peuple juif.
C'est aussi un très bel hommage à ses pairs qui l'ont précédé!
Un excellent roman!
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kitou94170
  21 septembre 2018
J'ai découvert pour la première fois Laurent Seksik en lisant « Les derniers jours de Stefan Sweig », roman que j'avais adoré. Depuis la plume de ce romancier ne m'a jamais déçu.
C'est à nouveau le cas avec « L'exercice de la médecine ».
Cette fois-ci, l'auteur nous entraine dans l'univers d'une famille juive européenne, les Kotev. Médecins de génération en génération, nous allons les suivre depuis Pavel Alexandrovitch qui exerce en tant que médecin de campagne dans la Russie tsariste jusqu'à Léna cancérologue à Paris, de nos jours. A chaque époque, leur destin est intimement lié aux différents moments de l'Histoire, premières victimes et boucs émissaires de la folie des hommes juste parce qu'ils sont juifs (pogroms en Russie tsariste, déportations et exterminations sous l'Allemagne nazie, lutte anti-juive dans la Russie stalinienne...).
Malgré cela, la famille ne disparait pas et Léna, dernière de la lignée, se doit de perpétuer la tradition. Mais loin des combats de ses glorieux aïeux, celle-ci rêve de se soustraire à la légende familiale. Mais peut-on échapper à son destin ? Car depuis Pavel, les Kotev ont pour vocation non seulement d'entrer dans l'Histoire mais également de se mettre au service des hommes en leur sauvant la vie.
Laurent Seksik nous livre là un roman d'une grande beauté sur les liens indéfectibles qui unit une famille juive sur quatre générations au delà du temps et des époques et malgré la souffrance endurée à chaque génération. A travers les différents chapitres, l'auteur alterne l'histoire de Léna à notre époque avec celle de ses aïeux dans ce XXème siècle si tristement douloureux pour tous les juifs d'Europe.
L'auteur, médecin lui-même, nous décrit avec grand talent, l'amour de ces praticiens pour leur métier, leur combativité face parfois à l'inéluctable mais aussi leur formidable foi en la vie.
Mais ce roman est aussi un questionnement sur la notion de destin : Peut-on échapper au notre ? En sommes-nous vraiment maître? Y a-t-il une fatalité contre laquelle nous ne pouvons rien ? Léna, dernière de la lignée a-t-elle vraiment le sien entre ses mains ? Est-elle liée inévitablement à l'histoire tragique de sa famille parce que juive ? Beaucoup de question mais aussi une réalité : l'amour indéfectible qui peut unir les membres d'une même famille à travers le temps.
Comme vous l'aurez compris, j'ai adoré ce roman. J'aime beaucoup le style narratif employé par l'auteur dans tous ses livres, sa plume de conteur. Malgré la noirceur et la dureté de certaines histoires, il se dégage toujours finalement un message d'espoir en la vie et une foi en l'avenir.
Merci Monsieur SEKSIK pour ce merveilleux roman qui rend si bien hommage à vos pairs ! Je reste une fan inconditionnelle de vos livres !
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   15 septembre 2015
Une ode aux professionnels de la santé et, souvent, à leur courage.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   13 juin 2018
Cent jours seulement que Hitler est au pouvoir et, déjà, plus un livre écrit par un Juif ne sera disponible en Allemagne. Tout est allé très vite. Le 1er juin 1932, von Papen, parvenu à faire tomber Brüning, est nommé chancelier et lève la mesure de dissolution des SA. Le 2 décembre 1932, Schleicher remplace von Papen et échoue à former un gouvernement stable. Le 30 janvier 1933, Hindenburg est convaincu par von Papen de nommer Hitler à la Chancellerie. Le soir même, une gigantesque marche aux flambeaux de SA défile dans Berlin et, voyant ce spectacle depuis sa fenêtre, le peintre Max Liebermann dira : "Je ne peux même pas manger autant que j'ai envie de dégueuler. Je n'ai plus envie de voir ce nouveau monde qui m'entoure." Un mois plus tard, le 28 février, au lendemain de l'incendie du Reichstag, un décret de Hindenburg suspend toutes les libertés individuelles. Le 15 mars, le IIIe Reich est proclamé. le 20 mars, Himmler ouvre le premier camp de concentration à Dachau, dans les environs de Munich. Le 1er avril est lancée la campagne nationale de boycott des magasins juifs. Le 7 avril est décrétée la Loi sur la réhabilitation de la fonction publique qui chasse tous les Juifs de la fonction publique et exclut deux mille médecins juifs, dont la plupart de ceux exerçant à l'hôpital central de la Charité de Berlin. Le 2 mai, les syndicats sont dissous. À compter du 10 mai, lire un écrit coupable, l'emprunter, le vendre, le faire circuler sera passible d'une condamnation pénale.
+ Lire la suite
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Nastie92Nastie92   14 juin 2017
Un jour, alors tout jeune médecin, Pavel s'était vu offrir par un patient une poule pondeuse en remerciement des soins qu'il avait prodigués. Il était revenu remettre ce cadeau aux siens, comme un symbole de réussite, un gage de sérieux, ému de rendre à ses parents le prix des efforts et des sacrifices consentis. Il avait rapporté, tout tremblant d'émotion, la caisse de bois où caquetait la poule - on allait pouvoir manger des œufs à volonté. Son père était parti dans une colère noire :
"Pavel, c'est aux banquiers, aux marchands de s'enrichir ! L'argent corrompt les âmes. Quel salaire, quelle obole seraient dignes des soins que tu as donnés ? Quel prix pour une vie sauvée ? Toute la fortune des Rothschild, les minerais de l'Empire russe, les porcelaines de Pétersbourg, les émeraudes de la tsarine n'y suffiraient pas. Même si le père d'un enfant guéri se dépouillait de tous ses biens, t'offrait sa maison, ses terres, ses chevaux en plus de ses poules, il te serait encore redevable. Ce que tu lui as donné vaut plus que l'or du monde. Alors n'accepte rien, jamais, en supplément de ton salaire ! Poule pondeuse ou pièces d'argent. Toi, tu n'es là que pour servir."
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Nastie92Nastie92   17 mai 2018
Cet après-midi-là, elle reçut un appel d'une camarade de promotion qu'elle n'avait pas vue depuis des années et qui lui donnait rendez-vous à la cafétéria de l'hôpital. Les deux jeunes femmes s'installèrent autour d'un café, sur la petite terrasse attenante où les tables étaient dressées sitôt qu'un coin de lumière éclaboussait le ciel. Il régnait là une atmosphère légère qui rappelait celle des premiers jours de printemps. Des patients en pyjama buvaient un verre, moquant les convenances, tout entiers au combat contre la maladie, pareils au général qui rassemble ses troupes dispersées face au seul flanc fort de l'ennemi. Près d'eux, des internes déjeunaient sur le pouce. Cette promiscuité singulière pouvait donner l'impression que malades et médecins formaient une grande et même famille, les uns dans leurs blouses blanches, les autres vêtus de vert, tous unis face à l'adversité. De la même façon qu'on parlait de parité dans la relation patient-médecin, le coton rendait en apparence les hommes égaux en droit. Mais les uns détenaient le savoir, les autres avaient la maladie.
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Nastie92Nastie92   01 juin 2017
[Ludichev, 1904. Vive discussion entre Pavel et le médecin militaire avant d'opérer le gouverneur]
"Pourrais-je avoir des gants, s'il vous plaît ? demanda-t-il au médecin militaire.
- Pourquoi faire ? répondit l'autre.
- Pour palper l'abcès dans la gorge.
- Nous n'utilisons jamais de gants. Cela gêne et ce n'est pas très propre.
- Des gants fins que l'on jette après usage !
- Quel gâchis ! Quelle ânerie !
- Tu n'as pas lu les articles de Semmelweis ?
- Mes maîtres me recommandaient de ne jamais lire les articles médicaux, cela risque d'influencer.
- Et les travaux de Halsted, de l'hôpital John-Hopkins à Baltimore ? Et ceux de Chaput à Broussais ?
- La médecine russe n'a rien à apprendre d'étrangers !
- Bien, où pourrai-je me laver les mains ?
- C'est obsessionnel ! Tu veux te laver maintenant ? Et pourquoi donc ? Tu es si sale que cela ?
- Je suis les recommandations de Semmelweis.
- Tu finiras comme lui ! La médecine russe est saine, de corps et d'esprit. Tu doutes de l'hygiène russe après avoir douté de la médecine russe ?
- Je crois en l'asepsie.
- L'asepsie est une ineptie. Mais quel genre de médecine exerces-tu ?"
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merveillemerveille   30 janvier 2017
Cent jours seulement que Hitler est au pouvoir et, déjà, plus un livre écrit par un Juif ne sera disponible en Allemagne, Tout est allé très vite. Le 1er juin 1932, Von Papen , parvenu à faire tomber Brünning, est nommé chancelier et lève la mesure de dissolution des SA. Le 2 décembre 1932, Schleicher remplace von Papen et échoue à former un gouvernement stable. Le 30 janvier 1933, Hindenburg est convaincu par von Papen de nommer Hitler à la Chancellerie. Le jour même , une gigantesque marche aux flambeaux de SA défile dans Berlin et, voyant ce spectacle depuis sa fenêtre , le peintre Max Liebermann dira : " je ne peux même pas manger autant que j'ai envie de dégueuler. Je n'ai plus envie de voir ce monde qui m'entoure. "Un mois plus tard, au lendemain de l'incendie du Reichstag, un décret de Hindenburg suspend toutes les libertés individuelles. Le 15 mars, le IIIème Reich est proclamé. Le 20 mars, Himmler ouvre le premier camp de concentration à Dachau, dans les environs de Munich. Le 1er avril est lancée la campagne nationale de boycott des magasins juifs. Le 7 avril est décrétée la Loi sur la réhabilitation de la fonction publique qui chasse tous les Juifs de la fonction publique et exclut deux mille médecins juifs , don t la plupart de ceux exerçant à l’hôpital central de la Charité de Berlin. Le 2 mai, les syndicats sont dissous. A compter du 10 mai , lire un écrit coupable, l'emprunter , le vendre, le faire circuler sera passible d'une condamnation pénale.
Dans 2ème partie, chap. Berlin 10 mai 1933, p. 220-221
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