AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782253156796
192 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (12/10/2011)

Note moyenne : 3.29/5 (sur 55 notes)
Résumé :

Au printemps de 1832, Flora, fille d’émigrés, née, élevée, mariée et devenue brutalement orpheline et veuve en Angleterre, arrive un beau jour à Jarnac pour y rouvrir Margelasse, le château de sa famille. Personne ne l’a aperçue encore dans la région quand Me Nicolas Lomont, trente ans, notaire, met son cheval en route vers Margelasse. L’histoire commence. Au début, c’est u... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  12 mars 2014
Ma souris a oscillé un instant entre une ou deux étoiles avant d'apposer son verdict mais même si cette première rencontre avec l'auteur ne fut hélas pas concluante, il m'était finalement pénible d'être trop sévère avec un style indéniablement marqué du signe du talent.
Le style. C'est bien là le seul bon point que j'accorde à Sagan pour cette romance "en costumes"* qui semble piétiner les plates-bandes de Stendhal. Allons, soyons moins sévère, disons qui flirte outrageusement avec l'univers du "Rouge et le Noir".
Angoulême, 1832, société bourgeoise de province d'un pays gouverné par un roi bourgeois, une société qui s'ennuie et qui semble plus à cheval sur les convenances que les aristocrates chassés quarante ans plus tôt de leurs châteaux par les révolutionnaires.
Nicolas Lomont, notaire de son état, gère les affaires d'une fille d'Émigrés, Flora de Margelasse, jeune veuve dont il s'éprend dès qu'il fait sa connaissance. Trente ans après cette rencontre, cet homme de loi intègre et passé maître dans l'art de brider ses émotions, décide de coucher dans ses mémoires l'aveu de cette passion et les affres d'un amour unilatéral.
Un triangle amoureux assez banal va servir à Françoise Sagan de socle pour dresser, à travers le regard de cet homme, des portraits psychologiques que j'ai personnellement trouvés beaucoup trop intellectualisés et qui ne m'ont pas touchée. En effet, dans ce court roman de 176 pages (édition le Livre de Poche*), il n'y eut pas que l'orage qui fut immobile mais également mon émotion. Entre ennui et désintérêt, ma lecture a progressé vaille que vaille, voulant avoir tout de même raison d'un contenu aussi mince.
J'ignore pourquoi Sagan a rédigé cet ovni, cette fantaisie qui lui a fait endosser l'habit du romancier historique et qui tranche avec le reste de son oeuvre (pour ce que j'en connais). Nul doute que cet exercice a dû lui apporter une occasion de s'imprégner du romantisme français à sa source, en cette première moitié du XIXème siècle où naît le "Mal du siècle" qui s'exprimera notamment par le désoeuvrement, l'ennui et l'exaspération sentimentale de toute une génération de jeunes gens.
Les aléas passionnels et passionnés de Flora de Margelasse sont loin d'être passionnants et m'ont laissée de marbre ; j'ai dû faire un réel effort pour me souvenir à chaque page à quelle époque et dans quel décor se situait l'action, guère aidée en cette démarche par l'auteur qui s'épargne quasiment toute description. Je suis aussi restée hermétique aux différentes expansions émotionnelles de l'ensemble des protagonistes, peu convaincue par leurs émois et agacée par leur affectation.
L'action, pour un si court roman qui aurait pu s'appeler nouvelle, se révèle trop sinusoïdale à mon goût ; parfois, je me suis presque crue au théâtre avec des rebondissements qui n'étaient que des effets de manche... Bref, vous l'aurez compris, pas très emballée.

*J'ai beau travaillé dans l'édition, je suis encore capable de me "faire avoir" par une couverture racoleuse qui n'est ici aucunement le reflet du récit qu'elle est sensée introduire. L'éditeur, par ce choix d'un buste décolleté de femme vêtue en robe "Empire" prouve seulement que, sans aucun respect pour ses lecteurs, il a choisi d'exploiter le séduisant filon qu'est l'engouement réel du public pour le monde austenien sauf que... en 1832, en France, on ne porte plus de robe "Empire". Ah, si on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, on peut encore attraper Gwen avec un bout de dentelle ! (**yeux courroucés et pensées peu amènes**)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
oran
  25 juillet 2017
C'est un pseudo roman « historique » , voilà l' intérêt premier de cette lecture qui raconte une histoire banale d'amour, de trahison dans le royaume de France confronté à de profondes mutations politiques, industrielles, sociales, qui voit l'émergence d'une nouvelle classe, celle de la bourgeoisie où tout est dans le paraître, où l'aristocratie de province perd du lest . Un pays où tout semble possible mais où « les riches sont (toujours) riches, les pauvres sont (toujours) pauvres ».
Analepses et prolepses se succèdent tout au long de la narration qui débute en 1832 sous le règne de Louis Philippe, roi des Français et non plus de France . le narrateur interne, Maître Nicolas Lomont, notaire de son état, prend la plume trente ans après les faits. (Pourquoi si tard ?)
Alfred de Musset, Gustave Flaubert, Guy de Maupassant, Stendhal, George Sand auraient pu cosigner ce roman, car on y trouve ici, tour à tour, un peu de leur style, de leur plume : Flaubert, par l'analyse psychologique des personnages, Maupassant avec les descriptions des paysages bucoliques non pas normands mais charentais, la trame réaliste empreinte de pessimisme - courts bonheurs, grandes misères - , Musset, par l'intensité dramatique de quelques passages , la chute théâtrale de l'histoire, l'outrance de certains protagonistes licencieux. On repère aussi les accents romantiques stendhaliens dans certaines scènes (celle des bals peuvent rappeler celle décrite dans « le Rouge et le Noir »). La personnalité de George Sand se dévoile aussi à travers l'héroïne féminine Flora qui entend dépasser les hiérarchies sociales et abattre les cloisons de castes en s'affichant avec son amant Gildas issu de la paysannerie, mais il est vrai, qu'entre temps celui-ci a été fait chevalier par la grâce du bon roi intronisé Louis Philippe.
Un salmigondis où l'excès est quelquefois pire que le pas assez, qui tourne au grotesque, qui devient étourdissant comme ces vins capiteux servis avec abondance, sans trop de discernement au cours de repas et qui finissent par enivrer sans qu'on puisse les apprécier à leur juste valeur.
Sagan vaut mieux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          92
Isa0409
  06 avril 2020
🌩 Au printemps 1832, Flora, devenue veuve, choisit de rentrer d'Angleterre où elle vivait avec son mari pour rejoindre Jarmac et y rouvrir le château familial. Pour son retour, elle y donnera une fête, au cours de laquelle Maître Nicolas Lomont est convié et qui fera basculer son destin. Car Flora n'est pas une femme comme les autres, elle hypnotise et aimante tous ceux qui l'entourent, elle est belle, généreuse et modeste, indépendante et farouchement décidée.
🌩 Une histoire d'amour naît, tel un fleuve tranquille, Nicolas est éperdument amoureux de sa douce, c'est une évidence, évidence pourtant qu'elle s'obstine à rejeter. Flora n'aime pas Nicolas.
🌩 Un jour, lors d'une réception, Flora rencontre un jeune homme, Gildas, bourré de talents, romancier et poète et, dès lors, s'insinue le drame, lorsque leurs regards se croisent et que leurs corps se frôlent, sans bruit, c'est une fureur qui s'annonce, une passion déchirante qui va tout rompre et chambouler à jamais le destin de ces trois personnages. Éconduit, Nicolas assistera, impuissant, complice malgré lui, à cette passion amoureuse dont il est exclu et, très lentement, à la chute inextricable de ce couple, mais surtout à celle, tragique, de sa bien-aimée.
🌩 Trente ans plus tard et malheureux, Nicolas couche sur le papier ses souvenirs incandescents, son amour pour cette femme exceptionnelle à jamais perdue, sa haine pour cet autre qui a scellé leur destin à tous les trois, et sa présente solitude, morne, triste et tragique.
🌩 Je n'ai que très peu lu Sagan, mais à chaque fois, j'ai été conquise ; elle sait conter les trios amoureux comme personne, et surtout, elle sait faire ressentir le malaise qui va crescendo, que l'on sent arriver mais que l'on n'ose imaginer, qui accoure pourtant, pour tout renverser sur son passage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
claraetlesmots
  09 mars 2011
1832, une jeune et belle veuve de la noblesse vient s'installer à Jarnac. Maître Nicolas Lomont, notaire trentenaire, en tombe éperdument amoureux. Des mois d'amitiés se succèdent offrant beaucoup tous les espoirs à Nicolas Lomont. Mais l'amour survient au hasard d'un bal et Flora de Margelasse s'éprend d'un métayer poète. de cette passion naitront le drame et le malheur. Trente ans ans plus tard, Nicolas Lomont écrit dans son journal cette histoire.
Les histoires d'amour finissent mal en général… Et que dire de celles qui ne sont pas réciproques ! Ici, Françoise Sagan nous offre une histoire d'amour torturé et du romantisme. Et je ne m'attendais à lire cette auteure dans ce registre. Malgré une trame convenue : lui l'aime, elle non … pas de quoi fouetter un chat, me direz-vous, il y a la griffe Sagan. Et voilà, toute la différence !Ces petites phrases vives, envolées, pétillantes où elle s'amuse. Notre notaire Nicolas Lomont qui écrit dans son journal se surprend au fil des pages à rêver d'avoir des lecteurs. Son style devient plus limpide et il délaisse les conventions, la superficialité des personnages pour rendre compte des sentiments.
La suite sur : http://fibromaman.blogspot.com/2011/03/francoise-sagan-un-orage-immobile.html
Lien : http://fibromaman.blogspot.c..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Pomme56
  22 février 2020
Sagan fait partie des auteurs découverts à 14 ans quand j'ai lâché les livres d'adolescents et ouvert la bibliothèque de ma mère. Elle est la seule dont j'ai les livres plusieurs fois. Tous sauf les pièces de théâtre, la femme fardée et là j'ai pris celui-ci en découvrant -Oh surprise que je ne l'avais jamais lu ! Mystère.
Elle disait aimer Stendhal. Mais pourquoi s'est-elle perdue là- dedans, hors XXème siècle qui lui va si bien.
Je me suis demandée tout au long du livre si c'etait Elle qui l'avait écrit ... car hormis quelques passages au style si saganesque, même l'ecriture m'a semblé trop loin d'elle. En bref, ... évitable !
Commenter  J’apprécie          00
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   11 mars 2014
Malgré quelques orages, Louis-Philippe règne sur la France, les riches sont riches, les pauvres sont pauvres comme d'habitude, et les bourgeois sont contents, ce qui est le seul baromètre politique de ce pays.
Commenter  J’apprécie          310
mandarine43mandarine43   25 mars 2011
[Incipit.]

Si un lecteur découvre un jour ces pages - si quelque aveugle vanité d'auteur ou quelque aléa du destin m'empêche de les détruire - qu'il sache d'abord que c'est plus pour me le rappeler que pour le relater que j'entame le récit de l'été 1832 et des années qui suivirent. Qu'il sache surtout que je souhaite à ceux qui y participèrent, ceux qui furent les bourreaux, les victimes ou, comme moi, les impuissants témoins, que je ne leur souhaite qu'une chose : l'oubli. Un oubli définitif, un furieux oubli, un oubli de plomb aussi écrasant que le fut ce premier été, dans cette si douce province d'Aquitaine, au climat pourtant si tempéré.
Je suis âgé, hors d'état d'aimer comme de l'être. Et l'on ne me croira pas si je prétends, comme tant d'hommes de mon âge, en être satisfait. Eh bien, on aura tort. Car dans quelques années, lorsqu'on enfouira ce qui aura été mon corps terrestre sous les cyprès du petit cimetière de Nersac, s'il se trouve alors, en même temps qu'une bonne âme pour pleurer ma mort, un esprit méchant pour s'en réjouir, celui-ci se réjouira pour rien. C'est à la fin d'un cadavre qu'il aura assisté. Il y a déjà trente ans que je suis mort. Il y a trente ans que je ne fais que survivre à ces étés brûlants.
En 1832, j'avais trente ans. Je n'étais qu'un jeune homme âgé, et niais de surcroît, célibataire, héritier d'une des meilleures charges de notaire de la province, bon parti, voire bel homme, si l'on recherchait la santé plus que l'élégance ; je présentais aux regards des cheveux plantés bas sur un front de hauteur convenable, des yeux de chien de chasse que je voulais hautains, une bouche saine et un menton un peu galochard, tout cela porté par de larges épaules, un corps vigoureux, d'une vigueur qu'attestait un teint vermeil. Seul point d'orgueil pour moi : de longues mains aux doigts déliés et que les femmes disaient belles. Les femmes... enfin ce que j'en savais après quelques séjours d'étudiant à Paris, une longue et sotte passion pour une Circé de province, aujourd'hui déjà vieille, quelques passades avec des épouses déçues, et des regards condescendants vers les tendrons que j'étais censé épouser bientôt. La seule femme que j'eusse aimée vraiment s'appelait Élisa. Elle était chambrière de ma mère, mais après un an d'amours tremblantes, et malgré mes supplications, Élisa m'avait fui en même temps qu'un scandale qui n'aurait peut-être jamais éclaté. Élisa, et elle seule, m'avait un peu aimé, un peu déglacé sur les choses de l'amour. Mais fort peu. Le reste de mon existence ne m'avait dans ce domaine qu'affolé ou frustré - sort que je croyais partager avec tous les célibataires provinciaux de mon âge, de mon milieu et de mon époque.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Gwen21Gwen21   12 mars 2014
Certaines femmes naissent veuves comme d'autres mères, comme d'autres naissent vieilles filles, comme d'autres naissent épouses, et d'autres maîtresses.
Commenter  J’apprécie          282
Gwen21Gwen21   15 mars 2014
Car il est vrai, hélas, que le sarcasme s'avère presque inévitable dans ce que peut dire un homme à propos d'une femme qui ne lui a pas cédé.
Commenter  J’apprécie          280
Gwen21Gwen21   14 mars 2014
J'ai toujours eu des réveils lents et difficiles et j'ai toujours promené un corps d'animal invertébré pendant une heure, entre mon cabinet de toilette et ma chambre, avant de descendre à l'étude [...].
Commenter  J’apprécie          191
Videos de Françoise Sagan (97) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Françoise Sagan
Solennel ou dépouillé, prolixe ou lapidaire, maniéré ou laconique... Il y a autant de styles que d'écrivains, et ce sont eux qui en parlent le mieux. Céline, Duras, Sagan ou encore Houellebecq nous racontent ce que c'est pour eux que le style littéraire. Et pour vous, ça veut dire quoi ?
Culture Prime, l?offre culturelle 100% vidéo, 100% sociale de l?audiovisuel public, à retrouver sur : Facebook : https://facebook.com/cultureprime Twitter : https://twitter.com/culture_prime La newsletter hebdo : https://www.cultureprime.fr
Abonnez-vous pour retrouver toutes les vidéos France Culture : https://www.youtube.com/channel/UCd5DKToXYTKAQ6khzewww2g/?sub_confirmation=1
Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture
+ Lire la suite
autres livres classés : passionVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Françoise Sagan

De combien de livres Sagan est-elle l'auteur ?

Une dizaine
Une trentaine
Une quarantaine
Une cinquantaine

10 questions
107 lecteurs ont répondu
Thème : Françoise SaganCréer un quiz sur ce livre
.. ..