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EAN : 9782253156796
192 pages
Le Livre de Poche (12/10/2011)
3.31/5   63 notes
Résumé :

Au printemps de 1832, Flora, fille d’émigrés, née, élevée, mariée et devenue brutalement orpheline et veuve en Angleterre, arrive un beau jour à Jarnac pour y rouvrir Margelasse, le château de sa famille. Personne ne l’a aperçue encore dans la région quand Me Nicolas Lomont, trente ans, notaire, met son cheval en route vers Margelasse. L’histoire commence. Au début, c’est u... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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dancingbrave
  23 octobre 2021
Autant le dire de suite : Ce roman aura été une grande et belle surprise.
J'avais déjà apprécié Françoise Sagan dans de très bons romans, mais là elle m'a estomaqué.
Les phrases sont belles, très belles. Les descriptions plus que vivantes. Les propos me plongent dans un univers romantique et ça me plaît.
Car oui, il s'agit bien là d'un grand ouvrage romantique avec ses tourments, ses amours contrariées, ses souffrances, ses espoirs, son culte du moi, sa sensibilité extrême, ses rêves, sa mélancolie.
A mon sens l'auteur peut tout à fait supporter la comparaison avec une Jane Austen, une charlotte ou une Emily Brontë, un Tourgueniev, un Goethe, un Fournier.
Un très grand travail d'écrivain pour se plonger dans le fond et la forme d'un roman du XIX ème siècle. Outre le vocabulaire et les tournures de phrase surannées, nous retrouvons ce carcan social si bien exposé par Jane Austen ; ce corset qui ôtait toute liberté, toute personnalité et sacrifiait des vies sur l'autel de l'honneur et des préjugés.
De plus l'auteure a écrit son roman à la première personne du masculin singulier et j'ai adoré sa pertinence dans les réactions provoquées chez les hommes par l'attitude des femmes. et cette ambiguïté qui peut s'installer dans le jeu de je t'aime, moi non plus. Elle m'a étonné par sa compréhension des différences entre les sexes dans l'art de la séduction.
Je ne dirais rien de l'intrigue de peur d'en dire trop long, juste que son Nicolas Lomont n'a rien à envier à un Heathcliff, un Werther, un Darcy ou une miss Dashwood.
Je dis donc : Chapeau bas madame Sagan. quelle maîtrise de la langue, du romantisme, de la psychologie et de l'inconscient collectif de cette époque.
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Gwen21
  12 mars 2014
Ma souris a oscillé un instant entre une ou deux étoiles avant d'apposer son verdict mais même si cette première rencontre avec l'auteur ne fut hélas pas concluante, il m'était finalement pénible d'être trop sévère avec un style indéniablement marqué du signe du talent.
Le style. C'est bien là le seul bon point que j'accorde à Sagan pour cette romance "en costumes"* qui semble piétiner les plates-bandes de Stendhal. Allons, soyons moins sévère, disons qui flirte outrageusement avec l'univers du "Rouge et le Noir".
Angoulême, 1832, société bourgeoise de province d'un pays gouverné par un roi bourgeois, une société qui s'ennuie et qui semble plus à cheval sur les convenances que les aristocrates chassés quarante ans plus tôt de leurs châteaux par les révolutionnaires.
Nicolas Lomont, notaire de son état, gère les affaires d'une fille d'Émigrés, Flora de Margelasse, jeune veuve dont il s'éprend dès qu'il fait sa connaissance. Trente ans après cette rencontre, cet homme de loi intègre et passé maître dans l'art de brider ses émotions, décide de coucher dans ses mémoires l'aveu de cette passion et les affres d'un amour unilatéral.
Un triangle amoureux assez banal va servir à Françoise Sagan de socle pour dresser, à travers le regard de cet homme, des portraits psychologiques que j'ai personnellement trouvés beaucoup trop intellectualisés et qui ne m'ont pas touchée. En effet, dans ce court roman de 176 pages (édition le Livre de Poche*), il n'y eut pas que l'orage qui fut immobile mais également mon émotion. Entre ennui et désintérêt, ma lecture a progressé vaille que vaille, voulant avoir tout de même raison d'un contenu aussi mince.
J'ignore pourquoi Sagan a rédigé cet ovni, cette fantaisie qui lui a fait endosser l'habit du romancier historique et qui tranche avec le reste de son oeuvre (pour ce que j'en connais). Nul doute que cet exercice a dû lui apporter une occasion de s'imprégner du romantisme français à sa source, en cette première moitié du XIXème siècle où naît le "Mal du siècle" qui s'exprimera notamment par le désoeuvrement, l'ennui et l'exaspération sentimentale de toute une génération de jeunes gens.
Les aléas passionnels et passionnés de Flora de Margelasse sont loin d'être passionnants et m'ont laissée de marbre ; j'ai dû faire un réel effort pour me souvenir à chaque page à quelle époque et dans quel décor se situait l'action, guère aidée en cette démarche par l'auteur qui s'épargne quasiment toute description. Je suis aussi restée hermétique aux différentes expansions émotionnelles de l'ensemble des protagonistes, peu convaincue par leurs émois et agacée par leur affectation.
L'action, pour un si court roman qui aurait pu s'appeler nouvelle, se révèle trop sinusoïdale à mon goût ; parfois, je me suis presque crue au théâtre avec des rebondissements qui n'étaient que des effets de manche... Bref, vous l'aurez compris, pas très emballée.

*J'ai beau travaillé dans l'édition, je suis encore capable de me "faire avoir" par une couverture racoleuse qui n'est ici aucunement le reflet du récit qu'elle est sensée introduire. L'éditeur, par ce choix d'un buste décolleté de femme vêtue en robe "Empire" prouve seulement que, sans aucun respect pour ses lecteurs, il a choisi d'exploiter le séduisant filon qu'est l'engouement réel du public pour le monde austenien sauf que... en 1832, en France, on ne porte plus de robe "Empire". Ah, si on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, on peut encore attraper Gwen avec un bout de dentelle ! (**yeux courroucés et pensées peu amènes**)
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marlene50
  04 décembre 2021
Nicolas Lomont, quarantenaire, nous raconte sa Flora, celle qu'il aimera par-dessus tout, celle qu'il na pas su, n'a pas osé conquérir, celle qu'il a vu se pâmer d'amour pour un autre, celle qu'il n'aura jamais, mais dont il ne se défera pas.
Il nous la raconte avec tendresse et toute la galanterie d'un gentilhomme.
Flora et son histoire d'amour fou avec Gildas laboureur-poète, chevalier-paysan, liaison non contre nature mais contre l'ordre social d'alors.
La passion - ses errements - ses libertés
Il va nous raconter aussi la belle Marthe qui se cache sous des habits de chambrière.
Son audace, sa sensualité qui attire tous les hommes et qui va semer la zizanie parmi ses admirateurs.
Sombres et funestes destins que ceux-ci, après un mariage où s'oppose une voix.
Serais ce la voix de la vengeance contre la "bonne société"?
Agréable à lire - chapitres courts
Ecriture qui allie romance, fougue et lyrisme par le truchement de la voix du notaire de province.
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oran
  25 juillet 2017
C'est un pseudo roman « historique » , voilà l' intérêt premier de cette lecture qui raconte une histoire banale d'amour, de trahison dans le royaume de France confronté à de profondes mutations politiques, industrielles, sociales, qui voit l'émergence d'une nouvelle classe, celle de la bourgeoisie où tout est dans le paraître, où l'aristocratie de province perd du lest . Un pays où tout semble possible mais où « les riches sont (toujours) riches, les pauvres sont (toujours) pauvres ».
Analepses et prolepses se succèdent tout au long de la narration qui débute en 1832 sous le règne de Louis Philippe, roi des Français et non plus de France . le narrateur interne, Maître Nicolas Lomont, notaire de son état, prend la plume trente ans après les faits. (Pourquoi si tard ?)
Alfred de Musset, Gustave Flaubert, Guy de Maupassant, Stendhal, George Sand auraient pu cosigner ce roman, car on y trouve ici, tour à tour, un peu de leur style, de leur plume : Flaubert, par l'analyse psychologique des personnages, Maupassant avec les descriptions des paysages bucoliques non pas normands mais charentais, la trame réaliste empreinte de pessimisme - courts bonheurs, grandes misères - , Musset, par l'intensité dramatique de quelques passages , la chute théâtrale de l'histoire, l'outrance de certains protagonistes licencieux. On repère aussi les accents romantiques stendhaliens dans certaines scènes (celle des bals peuvent rappeler celle décrite dans « le Rouge et le Noir »). La personnalité de George Sand se dévoile aussi à travers l'héroïne féminine Flora qui entend dépasser les hiérarchies sociales et abattre les cloisons de castes en s'affichant avec son amant Gildas issu de la paysannerie, mais il est vrai, qu'entre temps celui-ci a été fait chevalier par la grâce du bon roi intronisé Louis Philippe.
Un salmigondis où l'excès est quelquefois pire que le pas assez, qui tourne au grotesque, qui devient étourdissant comme ces vins capiteux servis avec abondance, sans trop de discernement au cours de repas et qui finissent par enivrer sans qu'on puisse les apprécier à leur juste valeur.
Sagan vaut mieux.
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Laureneb
  15 mai 2022
Je connais la réputation de Sagan mais je ne l'avais jamais lue. Or, après ce roman, je dirais que n'est pas Stendhal et Balzac qui veut, elle souffre de la comparaison...
Oui, il y a de vagues ressemblances avec certains romans des Scènes de la vie de province De Balzac, notamment le Cabinet des Antiques ou la Muse du Département. Sagan présente ainsi les relations sociales dans une petite ville provinciale, autour du préfet et de la préfète - à une époque où le terme désigne encore seulement la femme du préfet, avec les nobles et les notables bourgeois. Balzac peint avec précision, avec finesse, avec un grand sens de l'analyse sociologique, la société de la Restauration ; mais, ici, on a finalement très peu d'indices temporels. Et justement, une grande partie de l'oeuvre De Balzac repose sur l'ascension de la bourgeoisie qui prend le dessus sur la noblesse. Je n'ai ainsi pas trouvé crédible que le préfet et le notaire soient si proches, ce n'est pas le même milieu. Et j'ai trouvé presque ridicule les dernières lignes faisant de Marthe une révolutionnaire, usant du pouvoir du désir et du sexe pour manipuler les hommes et les détruire. Sagan n'est pas Zola, Marthe n'est pas Nana...
On est loin également De Stendhal, le jeune Gildas est un poète à succès qui veut conquérir Paris, mais il n'a rien de Julien Sorel en voulant d'abord conquérir une femme riche. Il semble plus niais qu'intéressant, peut-être parce qu'il n'y a pas de focalisation interne de la Narration sur lui. le Narrateur, lui, est lâche, jaloux, pervers, malhonnête... J'ai cependant apprécié la façon dont il s'approprie l'écriture, dont il déploie progressivement son style. Ecrire et se souvenir sont donc liés, raconter le passé, c'est le revivre - à nouveau, n'est pas Proust qui veut...
Une lecture rapide, qui me donne plus envie de relire les grands romans du XIX ème siècle que d'approfondir Sagan.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   11 mars 2014
Malgré quelques orages, Louis-Philippe règne sur la France, les riches sont riches, les pauvres sont pauvres comme d'habitude, et les bourgeois sont contents, ce qui est le seul baromètre politique de ce pays.
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mandarine43mandarine43   25 mars 2011
[Incipit.]

Si un lecteur découvre un jour ces pages - si quelque aveugle vanité d'auteur ou quelque aléa du destin m'empêche de les détruire - qu'il sache d'abord que c'est plus pour me le rappeler que pour le relater que j'entame le récit de l'été 1832 et des années qui suivirent. Qu'il sache surtout que je souhaite à ceux qui y participèrent, ceux qui furent les bourreaux, les victimes ou, comme moi, les impuissants témoins, que je ne leur souhaite qu'une chose : l'oubli. Un oubli définitif, un furieux oubli, un oubli de plomb aussi écrasant que le fut ce premier été, dans cette si douce province d'Aquitaine, au climat pourtant si tempéré.
Je suis âgé, hors d'état d'aimer comme de l'être. Et l'on ne me croira pas si je prétends, comme tant d'hommes de mon âge, en être satisfait. Eh bien, on aura tort. Car dans quelques années, lorsqu'on enfouira ce qui aura été mon corps terrestre sous les cyprès du petit cimetière de Nersac, s'il se trouve alors, en même temps qu'une bonne âme pour pleurer ma mort, un esprit méchant pour s'en réjouir, celui-ci se réjouira pour rien. C'est à la fin d'un cadavre qu'il aura assisté. Il y a déjà trente ans que je suis mort. Il y a trente ans que je ne fais que survivre à ces étés brûlants.
En 1832, j'avais trente ans. Je n'étais qu'un jeune homme âgé, et niais de surcroît, célibataire, héritier d'une des meilleures charges de notaire de la province, bon parti, voire bel homme, si l'on recherchait la santé plus que l'élégance ; je présentais aux regards des cheveux plantés bas sur un front de hauteur convenable, des yeux de chien de chasse que je voulais hautains, une bouche saine et un menton un peu galochard, tout cela porté par de larges épaules, un corps vigoureux, d'une vigueur qu'attestait un teint vermeil. Seul point d'orgueil pour moi : de longues mains aux doigts déliés et que les femmes disaient belles. Les femmes... enfin ce que j'en savais après quelques séjours d'étudiant à Paris, une longue et sotte passion pour une Circé de province, aujourd'hui déjà vieille, quelques passades avec des épouses déçues, et des regards condescendants vers les tendrons que j'étais censé épouser bientôt. La seule femme que j'eusse aimée vraiment s'appelait Élisa. Elle était chambrière de ma mère, mais après un an d'amours tremblantes, et malgré mes supplications, Élisa m'avait fui en même temps qu'un scandale qui n'aurait peut-être jamais éclaté. Élisa, et elle seule, m'avait un peu aimé, un peu déglacé sur les choses de l'amour. Mais fort peu. Le reste de mon existence ne m'avait dans ce domaine qu'affolé ou frustré - sort que je croyais partager avec tous les célibataires provinciaux de mon âge, de mon milieu et de mon époque.
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Gwen21Gwen21   12 mars 2014
Certaines femmes naissent veuves comme d'autres mères, comme d'autres naissent vieilles filles, comme d'autres naissent épouses, et d'autres maîtresses.
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Gwen21Gwen21   14 mars 2014
J'ai toujours eu des réveils lents et difficiles et j'ai toujours promené un corps d'animal invertébré pendant une heure, entre mon cabinet de toilette et ma chambre, avant de descendre à l'étude [...].
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Gwen21Gwen21   15 mars 2014
Car il est vrai, hélas, que le sarcasme s'avère presque inévitable dans ce que peut dire un homme à propos d'une femme qui ne lui a pas cédé.
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Vidéo de Françoise Sagan
Lorsque paraît Bonjour Tristesse, en 1954, Sagan n'a pas 20 ans. D'emblée, elle s'impose comme un phénomène, orchestré par l'éditeur René Julliard, et tête de pont d'une génération de jeunes écrivaines moquant les convenances, dans le sillage de Simone de Beauvoir. Un “charmant petit monstre”, selon les mots de Mauriac, est né. Mais cette figure de jeune fêtarde argentée, sinon cynique, fait oublier sa réelle mélancolie et son ancrage littéraire. 
Françoise Sagan et tous les grands auteurs sont sur www.lire.fr
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