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EAN : 9782070349289
544 pages
Éditeur : Gallimard (31/01/2008)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 170 notes)
Résumé :
Trente mois durant, de janvier 1960 au 4 août 1962, ils formèrent le couple le plus improbable : la déesse du sexe et le psychanalyste freudien. Elle lui avait donné comme mission de l'aider à se lever, de l'aider à jouer au cinéma, de l'aider à aimer, de l'aider à ne pas mourir. Il s'était donné comme mission de l'entourer d'amour, de famille, de sens, comme un enfant en détresse. Il voulut être comme sa peau, mais pour avoir été la dernière personne à l'avoir vue ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
KRYSALINE555
  20 janvier 2018
Bon, autant le dire d'entrée, je suis une vraie « fan » de Marilyn, mais pas la star fabriquée par Hollywood, hein, non, la vraie Marilyn, Norma Jean, l'enfant fragile en manque d'amour qu'elle a toujours été. J'ai déjà lu nombres d'ouvrages qui lui ont été consacré sans jamais avoir été vraiment convaincue. Mais ce livre-là m'a paru être à la fois très honnête, sans parti pris et surtout sans jugement à l'emporte-pièce sur la vie et les agissements des uns et des autres.
Basé sur des témoignages, ce livre (prix interallié 2006) retrace les 30 derniers mois de la vie de Marilyn Monroe vus au travers du prisme de « La Psychanalyse ». Finalement Marilyn n'est pas vraiment le seul élément central. Elle dispute le premier rôle avec cette fameuse psychanalyse "freudienne". le rôle que cette dernière a pu jouer dans le destin malheureux de l'actrice et son échec retentissant, ou plutôt, l'échec de son dernier psychanalyste, Ralph Greenson, impuissant à enrayer la machine infernale et la spirale descendante que prenait la trajectoire de Marilyn, est bien mis en lumière ici.
Dans cette biographie fictive ante-chronologique, où s'entrecoupe, séances de psychanalyse, fragments de déroulement des tournages, flashbacks sur l'enfance de Marilyn et rencontres avec des amis, l'auteur essaye d'imaginer ce qu'ont pu être les derniers moments de la star aux deux facettes : D'un côté, le Mythe, l'objet, la bombe sexuelle monté de toute pièce par le « star system » du Cinéma hollywoodien et de l'autre la femme-enfant, noyée dans sa quête existentielle d'elle-même au milieu de ses peurs et ses angoisses étouffantes.
D'aucun dénonceront la longueur du livre (560 pages) ; certes c'est long, mais il ne relate pas seulement la vie de l'actrice ; il analyse aussi l'échec encaissé par Greenson et sa tentative de « sauvetage » par l'analyse en « innovant » en la matière (elle était avant tout un « cobaye » à ce niveau-là). Et cela ne se fait pas en un chapitre ! Pour ma part, j'ai mis un peu de temps à le lire car j'avais besoin de pause pour oxygéner ma lecture, car je « souffrait » véritablement avec Marilyn. Et je ressentais presque réellement ses angoisses, ses peurs, l'inévitable déchéance « annoncée » de par sa dépendance pharmaceutique et affective. C'est dire si ce roman semble « réaliste » !! Je me suis prise plusieurs fois à m'égarer et prendre cela pour une véritable biographie…
Greenson m'est apparu par contre, assez froid et très calculateur au travers du récit malgré l'évident trouble qu'il a ressenti à traiter cette si célèbre icône, nouant une telle relation fusionnelle à la limite de la « rupture » entre eux qu'on ne sait plus très bien qui était dépendant de qui. Celle-ci s'est instaurée au fil des mois, les séances devenant quotidiennes, puis bi, tri voire quadra-quotidiennes. Sans compter le fait que Marilyn était « intégrée » à la famille de son psychanalyste de façon inconditionnelle et le voyait donc y compris le soir et les weekends….
Cet « envahissement », cet « investissement » dans la vie de l'actrice se fait d'ailleurs à tous les niveaux, aussi bien professionnel que personnel, faisant intrusion même dans ses rapports à l'argent ; Greenson en « profitant » pour assoir son autorité en tant que médecin auprès des maisons de productions cinématographiques comme la Fox par exemple où il décroche des « contrats » pour « soutien psychologique » aux acteurs durant leur tournage. L'emprise des uns sur les autres et inversement est total.
On voit bien toute l'importance et le pouvoir qu'avait, aux États-Unis, dans les années 50/60, la psychanalyse sur le monde du Cinéma y compris à New-York et pas seulement à Hollywood.
Marylin, est suivie d'abord par Marianne Kris à New-York, puis Greenson à Los Angeles et même Anna Freud (fille de Sigmund) en Angleterre lors de ses tournages. On assiste ainsi au tournage des « Désaxés » (The Misfits) son avant-dernier film et à l'amorce de « quelque chose doit craquer » qu'elle ne finira jamais. le lent et difficile calvaire des tournages où elle arrive systématiquement en retard et quitte les plateaux régulièrement pour se rendre en analyse.
Quand survient la mort de Marilyn, l'auteur ne s'attarde pas vraiment sur ce qui s'y est réellement passé mais les Kennedy n'y sont pas véritablement mis en cause, si ce n'est par la suite d'avoir cherché à effacer toutes les preuves de leurs liens avec l'actrice.
Greenson y est beaucoup plus mis sur la sellette (ainsi que le médecin généraliste) pour son laxisme avec les barbituriques prescrits à tour de bras et en injections sur une Marilyn complètement déphasée et de plus en plus borderline.
Après, le roman perd de son intérêt car on se perd un peu dans la technique psychanalytique et la justification de Greenson au regard de son implication dans la tragédie survenue le 4 août 1962, sa lourde responsabilité même si elle n'était pas volontaire et de sa culpabilité évidente. On parlera ainsi plus de suicide-assisté que de meurtre ou de complot.
Deux mots pour finir, qui renforce toujours mon impression à son sujet : pauvre Marilyn !.... (elle n' a pas vraiment été « aidée » !!!).
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Malaura
  26 août 2011
Ralph Greenson fut le dernier analyste de Marilyn Monroe.
De 1960 jusqu'à sa mort prématurée en Août 1962, ils vécurent une relation plus fusionnelle et destructrice qu'une relation amoureuse.
Au-delà de son rôle de médecin de l'âme, il fut tour à tour un père, une mère, un frère, un ami mais il ne put la sauver d'elle-même, de sa peur et de sa solitude.
Derrière le portrait lumineux de Marilyn se cachait Norma Jean, petite fille perdue parmi les étoiles d'Hollywwood.
Ce n'est pas une biographie de Marilyn que propose Michel Schneider, ni un ouvrage racoleur et voyeur sur celle qui est l'incarnation du mythe Hollywoodien.
Cette histoire triste aborde l'attraction mutuelle et exagérée du cinéma et de la psychanalyse.
Autour de Marilyn, l'écheveau complexe des images et des mots se dévide comme une bobine de film, donnant toute sa force à ce roman-montage fait de rushes, de fragments et de raccords.
Un très beau livre récompensé en 2006 par le Prix Interallié.
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nathalia1307
  07 février 2014
Mythique Marilyn ?

J'aime surtout la légéreté de l'actrice, sa féminité exacerbée, sensuelle, sa beauté fragile, son émotivité à fleur de peau ... dommage de ne retenir que sa facette superficielle, ses déboires amoureux, son magnétisme sexuelle sur la gente masculine, sa liste de maris et d'amants incapables d'assumer cette femme charismatique, sa dépendance aux medicaments, alcool, drogues, son desespoir chronique d'en finir avec sa vie.

Le psychiatre Michel Schneider relate les séances d'analyse de l'actrice avec son psychanalyste Ralph Greensom, son dernier analyste, qui ne sut la préserver du drame et d'elle même.

C'est un roman sur la psychanalyse, et de la relation complexe entre Marilyn et son psychiatre. Entre une patiente et son thérapeute.

Lorsqu'ils se rencontrent, Marilyn était déja en analyse avec Marianne Kris à New York, pour chacun de ses films elle avait besoin de séances avec un psychanalyste pour continuer à tourner. Elle fut suivie en Angleterre par Anna Freud, la fille de Freud.
Lorsqu'elle rencontre Greensom à Los Angeles en 1961 c'est son 4eme analyste, elle va tourner Les désaxés, son avant dernier film avec Clark Gable. le roman relate les douze derniers mois de son existence.

Les 100 premieres pages permettent de rentrer dans l'ambiance d'Hollywood, la capitale américaine du film (euh non!) de la psychanalyse :

Capote (Truman) n'aimait pas la psychanalyse et destestait tout Hollywood. Quant à la psychanalyse à Hollywood, c'était pire qu'une mode "Une maladie". En Californie tout le monde est en psychanalyse, ou psychanalyste ou est un psychanalyste en analyse.

Certains passages pourraient être comparés à des potins parus dans la presse people, notamment quand la liste des acteurs consultant un psychanalyste est dévoilée.
Cependant, Marilyn ne fut pas la seule actrice à se suicider, Vivien Leigh, la Scarlett d'Autant en emporte le Vent, connut le même destin que Marilyn; Jean Harlow et d'autres actrices américaines furent broyées par ce système hollywoodien.
A sa manière l'auteur leur rend hommage - J'ai apprécié les connaissances cinématographique, à travers les films (il y aurait une bonne vingtaine de films à regarder en parallèle de cette lecture), les acteurs et les metteurs en scène également. (Billy Wilder, Mankiewicz, Cukor, Hudson).

Plus difficile fut pour moi la découverte de la psychanalyse à travers la relation de Marilyn et son médecin (moi aussi j'aurais fait une overdose à sa place de le voir ce psychanalyste!!!), personnage que je n'ai pas du tout apprécié, trop manipulateur, trop intéressé, et ne sachant pas dire non à sa patiente assez faiblard face à l'icône Marilyn, et remplissant peu son rôle de soignant.

Une relation plus qu'ambigüe, qui repose sur la dépendance affective entre le thérapeute et sa patiente. Persuadé que son enfance désastreuse n'a pas permis à Marilyn sa stabilité affective, Greensom lui offre de faire partie intégrante de sa propre famille, composée de sa femme et son fils et sa fille. Marilyn deviendra proche d'eux au point de confondre cette amitié et sa relation thérapeutique. Elle le rencontrait à certaine période jusqu'à cinq fois par jour pour des séances., et passait souvent soirées et weekend en leur compagnie.

Lettre de Greesom à Anna freud au sujet de Marilyn : Avec elle j'improvise. Elle est vraiment tres tres malade. Je ne vois aucune solution, capable d'apporter à Marilyn l'apaisement qu'elle recherche.

Je suis effrayé du vide de sa vie en terme de relations d'objet. Fondamentalement, elle est narcissique; tant bien que mal nous progressons, mais je ne parierai rien sur la profondeur du trouble, ni sa durée. Sur le plan clinique, j'ai isolé deux problèmes : sa crainte obsessionnelle de l'homosexualité et son incapacité à endurer les blessures morales.

Greensom également profitera de son statut auprès de l'actrice pour imposer à la FOX sa présence sur les plateaux de tournage, le choix du réalisateur et mettra Marilyn en difficulté sur son dernier tournage "Quelque chose doit craquer" de Cukor, titre au combien prémonitoire que l'actrice ne put achever. Elle décéda le 4 Aout 1962, le légiste confirma le suicide probable au nembutal.

Le mystère plane toujours sur cette mort, de part les circonstances et de la relation de l'actrice avec les frères Kennedy. L'auteur conclut finement :

Les deux pouvoirs, le politique et le psychanalytique, qui ont pesé sur les derniers mois de Marylin, ont voulu effacer tout ce qui dans leurs archives la concernait.

Un echec qui fut fatal à l'actrice et au psychanalyste, qui ne se remit jamais de sa négligence et continua à exercer sans réelle motivation.

L'auteur a travaillé sur le témoignage de Midner, un officier de policier que Greensom a sollicité pour écouter les dernières bandes sons enregistrées par Marilyn - Maintenu au secret jusqu'à la mort du psychiatre, il est sorti de son silence pour confier qu'à l'écoute de ses bandes sons, il ne croyait pas au suicide de l'actrice et encore moins à la complicité de meurtre de Greensom, qui fut soupçonné lors du décès de Marilyn.

A ce jour, toute documentation sur Marilyn et notamment ces bandes son ne sont pas accessibles ou ont disparu.

Le sujet est original certes, parfois la narration est assez redondante, ce n'est pas la vie de Marilyn que vous trouverez dans ce roman, juste l'importance de la psychanalyse pour cette femme, convaincue par la théorie de Freud. Elle trouvait dans cette thérapie un moyen de faire taire la souffrance et le manque dans sa vie. Ou cette illusion d'exister ailleurs qu'au cinéma.

Mythique Marilyn? Non Malheureuse Marilyn ..
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soukee
  04 mars 2011
Sur Marilyn Monroe, beaucoup a été écrit, trop peut-être... Après avoir lu deux biographies la concernant, j'ai décidé de m'en tenir là sur les récits plus ou moins fantasmés concernant sa vie.
Pourquoi alors avoir succombé à Marilyn dernières séances ? Je ne sais pas. Peut-être parce que le parti de Michel Schneider n'était pas, comme bien d'autres, de comprendre le destin brisé de la star à travers son enfance, ses errements ou encore ses amants.
Peut-être aussi parce qu'il n'affirme jamais entreprendre de comprendre celle qui fut tant médiatisée qu'elle se perdit en chemin. Il ne subsiste de la fascinante Marilyn que des souvenirs, des films, des mensonges aussi, et puis des réalités arrangées. Et Michel Shneider compose avec ces vides laissés au présent.
De ses derniers instants, il n'évoque que des bribes, décidant de laisser de côté la polémique sur cette nuit ultime où tout a basculé. Et finalement, c'est ce qui m'a plu.
Loin des documentaires plus ou moins fiables qui promettent de révéler enfin ce qu'il advint de l'actrice adulée, Marilyn dernières séances se propose comme un ouvrage à part qui, s'il ne débute pas avec l'enfance de la jeune femme, n'échappe néanmoins pas à quelques rapides retours sur cette époque. Sa construction déconstruite chronologiquement évite, pour qui connaît un tant soit peu le parcours artistique et personnel de la belle, de lasser son lecteur. Michel Schneider alterne passé et présent, sans pour autant perdre son lecteur dans les méandres de cette vie chaotique.
Son propos ? Se pencher sur les relations qu'entretinrent Marilyn et son quatrième psychanalyste, Ralph Greenson, durant les deux dernières années de la vie de la mythique blonde. Sur leur relation destructrice, l'auteur ne porte pas de jugement, mais laisse parler les professionnels qui connurent ce tandem improbable. Des deux, qui avait l'emprise sur l'autre ? Qui détruisait l'autre ? le mystère reste entier. Et finalement, des incertitudes qui demeurent sur la vie de Marylin, celle-ci semble être la plus fascinante.
Sans jamais sombrer dans une psychologie facile et hasardeuse, Michel Schneider offre ici un ouvrage étonnant autant qu'agréable. Un livre au rythme rapide, sans temps mort, au style soigné et imagé, qui a su capter mon intérêt malgré deux ouvrages déjà lus sur le sujet.
Lien : http://bouquinbourg.canalblo..
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cathe
  20 septembre 2015
Encore un livre sur Marilyn me direz-vous ! C'est vrai qu'elle a beaucoup inspiré les écrivains et biographes de tous genres.
Ici c'est une facette en partie inexplorée qui est présentée : sa psychanalyse avec Ralph Greenson.
Michel Schneider, psychanalyste et habitué des biographies de personnalités (Proust, Baudelaire, Glenn Gould,...), a eu accès à de nouvelles sources, toutefois pas aux correspondances privées qui sont toujours inaccessibles au public. En revanche il a extrait de la biographie de Greenson, de ses entretiens et de tous les récits autobiographiques des vedettes de l'époque, ce qui concernait Marilyn et ses psychanalyses.

Je dis bien "ses" psychanalyses car elle a constamment été en analyse comme on peut l'être toute sa vie aux Etats-Unis (voir les films de Woody Allen et Woody Allen lui-même...). Profondément fragile, Marilyn n'a jamais réussi à faire le lien entre son image publique et sa personnalité profonde. Dans ce livre on voit bien sa dépendance à ces séances où elle essayait vainement de se comprendre. Dépendance aux séances mais aussi aux médicaments que ses analystes lui prescrivaient à foison. Ceux-ci d'ailleurs se mêlaient de tout , de sa vie, de sa carrière, de ses finances... C'est pourquoi on a accusé Greenson d'avoit sinon littéralement tué Marilyn, du moins de l'avoir encore plus fragilisée physiquement et psychologiquement par ces dépendances.

Ce livre est aussi une chronique du cinéma hollywoodien et de ses liens avec la psychanalyse. En fait celle-ci était utilisée comme les techniques de l'Actor Studio : rappelez-vous vos souvenirs d'enfant, les événements douloureux qui vous ont marqués, revivez vos émotions passées, cela vous aidera à mieux jouer ! C'est bien sûr à mille lieux de la psychanalyse européenne. Pourtant Marilyn a été analysée par Anna Freud (fille de...), gardienne du Temple s'il en est !

Comme on le voit, cet ouvrage est vraiment foisonnant et franchement, bien que je ne sois pas idolâtre de Marilyn, je l'ai dévoré (530 p quand même !) et je l'ai trouvé bien écrit et vraiment fouillé sur le sujet. Quant aux polémiques qu'il déclenche chez les spécialistes de Marilyn... N'est-ce pas le propre de tout personnage entré dans la légende ?
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
andrasandras   01 octobre 2019
Quelques semaines avant de rencontrer Raph Greeson, Marilyn disait W.J. Weatherby : « Souvent je me dis que ce serait mieux de n'être pas célèbre. Mais nous, les acteurs, nous nous torturons avec notre image, nous sommes – quel est le mot ? – narcissiques. Je reste des heures assise devant mon miroir à guetter les signes de l'âge. Je veux vieillir sans lifting facial. Relever un visage qui tombe, c'est la facilité. Ca retire la vie du visage, le caractère. Je veux être loyale avec mes traits, avec le visage que je me suis fait, avoir ce courage-là. Mais parfois je pense que ce serait plus facile d'éviter la vieillesse, de mourir jeune, mais alors, qui finira votre vie ? Qui saura qui vous êtes ? »
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KRYSALINE555KRYSALINE555   30 décembre 2017
"Le cas Marilyn", ni Greenson ni Wexler n'auraient pu le raconter, l'objectiver, le tenir pour vrai. Il n'a été, comme tous les cas relatés par des psychanalystes, qu'une fiction, une spirale d'interprétations, un parcours cent fois revisité en tout sens. Nul n'empêchera d'autres informations de remettre en cause les faits, de remêler les cartes, de fragmenter le récit en nouvelles, en opinions, en imprécisions. Une légende. Une histoire n'est vraie que lorsqu'on y croit, et elle change de contenu à chaque narrateur. Un cas clinique n'est pas un roman racontant ce qui s'est passé, mais une sorte de fiction que l'analyste donne de lui-même. La vie de l'analyste n'est pas détachable du cas du patient. Elles s'entrecroisent et ce qui en est dit publiquement est tout autre que ce qui s'est passé en privé. Même lorsque ce qui était privé devient public, on ne se rapproche pas de la vérité. Ce qui était déjà connu s'altère simplement de ces nouveaux éléments et forme une nouvelle version de la légende. A la fin, ce qui se sera vraiment passé, personne n'en saura rien. La psychanalyse ne dit pas la vérité des êtres qui s'y engagent. Elle leur donne un récit vivable de ce qu'ils sont et raconte comment les choses pourraient s'être passées.
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KRYSALINE555KRYSALINE555   30 décembre 2017
- Vous savez, docteur, ma vie sexuelle, ma vie tout court, je la vois comme une suite de faux raccords. Un homme y entre, s'agite me prend, me perd. Au plan suivant, on voit le même homme - ou parfois un autre - entrer une seconde fois, mais il ne porte pas le même sourire, les gestes ont changés, l'éclairage. Le verre qu'il tient était vide tout à l'heure et maintenant il est à demi plein. Nos regards se croisent à nouveau, mais ils sont différents. Le temps a passé sur l'image que nous donnons de nous, et pourtant nous y sommes encore pris. Nous rencontrant pour la deuxième fois, nous croyons l'un et l'autre que c'est la première. Vous ne comprenez pas ce que je dis? Moi non plus. Peut-être est-ce cela la réalité des rapports entre hommes et femmes. Nous nous effleurons et nous nous touchons par la distance de temps maintenue entre nous.
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Laurane_CLaurane_C   18 janvier 2010
" Vous l'avez connue quand elle n'était pas le mythe qu'elle est devenue. Juste une actrice. Vous savez, je l'aimais, Marilyn. Et vous êtes assez intelligent pour savoir ce qu'aimer veut dire, dans la psychanalyse comme ailleurs, dans ce que vous appelez la vraie vie. "
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soukeesoukee   04 mars 2011
Il la prend, la jette. Avec amour et abjection, il l'écoute, deux ans et demi. Il n'entend rien et la perd. Ce serait une histoire triste, sinistre, dont rien ne rachèterait la mélancolie, même pas ce sourire par lequel Marilyn semblait s'excuser d'être si belle.
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Videos de Michel Schneider (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Schneider
Michel Schneider - Miroirs des princes .Michel Schneider vous présente son ouvrage "Miroirs des princes" aux éditions Flammarion. Notes de Musique : "Leaving" by Kai Engel (http:kaiengelmusic.wix.com/kaiengel)
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