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ISBN : 2221192206
Éditeur : Robert Laffont (03/03/2016)

Note moyenne : 3.31/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Elle est allemande, lui américain. Ils se rencontrent à quelques semaines de la chute du nazisme. Dans cet univers de guerre et de faux-semblants, leur amour peut-il avoir un sens, un avenir ? Et même une réalité ?

1945. Les Alliés marchent sur Berlin. Dans leur sein, la 23e armée, dont personne ne doit connaître l'existence – et pour cause : cette armée est une armée fantôme, composée de scénaristes, comédiens, techniciens du cinéma (ingénieurs du so... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
gouelan
  10 avril 2016
Steven est un soldat fantôme. Il appartient au 23è régiment américain qui plante un décor de guerre, invente un scénario, avec des sons effrayants et des engins gonflables, dans le but de leurrer les soldats allemands. Il se trouve à sa place dans cette situation de fantôme, un peu à l'écart, pas pour autant à l'abri des balles. Sur cette scène, il ne faut pas s'attendre à une pluie d'applaudissements. Plus ils sont justes dans leur interprétation et plus ils risquent une pluie d'obus. Il se cache aussi derrière la caméra ou derrière son calepin auquel il confit ses pensées et crée les personnages de ses nouvelles. On découvre au fil du roman ce personnage au coeur de poète, sensible et blessé.
Une jeune fille allemande, Hanna, fuit les bombardements de Berlin. Elle fait partie de ce peuple muet qui n'a d'autres choix que d'accepter la tyrannie d'Hitler. Regarder le mal sans espoir de le changer. Certains adhèrent, hypnotisés par les discours de victoire et de grandeur. Des hommes humiliés, qui n'ont connu que la violence et qui désirent se venger de la défaite. Des jeunes qui se laissent embrigader dans cette frénésie de violence, fiers de porter l'uniforme et d'incarner les idéaux qu'ils croient être justes. Ils sont gonflés d'orgueil. le pouvoir est entre leurs mains.
Les phrases sont courtes. Les mots bien choisis. L'écriture mélodieuse. On sent les rafales de violence, la pluie de désespoir, mais aussi la rage de s'en sortir, de montrer que le peuple allemand vaut mieux que ça.
Un roman bien construit qui montre les deux facettes de cette guerre. du côté des vaincus et du côté des libérateurs. À travers cette guerre, les deux personnages évoluent dans leurs sentiments personnels. Évacuer le vide et le chagrin qui les imprègnent. Avancer sous l'orage qui gronde et menace de les enfouir. Hannah et Steven sont deux êtres seuls au monde. Deux êtres qui marchent l'un vers l'autre, sans le savoir, qui se confondent, et que seule la guerre empêche de se dévoiler.
Plus qu'une simple romance, c'est un roman sur une réalité historique effrayante. Un seul homme, « l'autre », sépare les êtres, embrouille les esprits, brise les destins.
Une note d'humour :
« Nous ne parlons jamais de l'autre. Une fois, au milieu d'une conversation, elle a dit : ‘ Qu'est-ce que nous aurions été bien si sa mère avait fait une fausse couche.' Elle m'a arraché un éclat de rire. En une seule observation, elle avait ramené à des dimensions humaines une monstruosité historique devenue immaîtrisable. »
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Titania
  03 mars 2016
Je viens de refermer ce court roman, et je reste sur ma faim. J'ai l'impression que l'histoire n'est pas commencée, qu'on vient juste de me raconter un projet de roman qui reste encore à écrire, tant l'auteur résume, survole, esquisse, mais n'entre pas dans le sujet, n'arrive pas à émouvoir.
Pourtant l'argument est intéressant. On sait tous que l'espionnage et la désinformation ont eu une importance dans l'issue de la guerre, et imaginer un régiment manipulant les effets spéciaux servi par des hommes travaillant dans la plus grande usine à rêves qu'est Hollywood, c'est plutôt original. On ne les avait encore jamais mis en vedette dans une fiction, les artistes des chars gonflables pour tromper la photo aérienne.
J'aime les romans historiques, mais celui-ci m'a laissée de marbre. Sans doute la vision de la guerre qui est beaucoup trop vaste et analytique si l'on se place du point de vue de Hannah qui se déplace dans l'Allemagne ravagée. Comment en vélo, en traversant une ville bombardée, peut- on voir et exprimer dans son monologue intérieur un bilan complet des destructions, comme si on avait déjà lu un bouquin sur la question?
Et que dire de nos deux héros, Hannah et Steven ?
Ils sont beaux et jeunes , ont des fêlures se rencontrent et tombent amoureux, et pourtant à leur improbable histoire d'amour, très tardive dans le roman, et vite expédiée, j'ai du mal à croire. Il ne suffit pas de rajouter des éléments biographiques à des personnages pour qu'ils aient de l'épaisseur, et que faire de toutes ces références culturelles qui m'ont l'air plaquées.
En résumé , je me trouve dure, mais j'ai lu de tellement bons romans historiques ces derniers temps que je deviens difficile. Je trouve ce dernier opus pas assez sensible, pas assez profond, avec trop d'évocations fugaces. L'accumulation de faits , ce n'est pas ce qui permet l'émotion.
Un roman historique....gonflable, on va dire, si je repense à la réflexion d'un des héros sur sa mise en scène de la colonne de chars au repos avec campement vue de loin....ça manque de vie, de cordes à linge avec caleçons qui sèchent...curieux que la critique puisse venir de l'intérieur du roman lui-même .
Je remercie toutefois Babelio, et l'éditeur pour m'avoir permis de découvrir un nouvel auteur, dans le cadre de ces très efficaces opérations Masses Critiques.
Ce roman n'est hélas pas fait pour moi, mais peut très bien plaire à d'autres lecteurs.
Vive la diversité !
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PrettyYoungCat
  17 juillet 2019
1944, l'Allemagne est sur le déclin, ses habitants exsangues, mais pour certains réjouis de l'arrivée des GIs qui se murmure de plus en plus prestement. Hanna se retrouve désormais seule, orpheline de père et de frère, elle qui déjà n'avait jamais connu sa mère morte en couches. Son père, mort sous les bombes, qui en 1936 déjà l'éloignait de "l'Autre" en l'envoyant vivre à Paris afin que son esprit ne soit pas rendu vicié par la haine nazie. Son frère qui, mort au combat pris dans le viseur d'un sniper russe, allait jusqu'à vouloir porter l'étoile juive par solidarité pour son amie... Hanna, jeune femme enfourchant sa bicyclette pour fuir Berlin et retrouver sa tante et son oncle qu'elle ignorait jusque là partisan du régime...
Et puis, il y a Steven, jeune GI qui sert le 23e régiment des troupes spéciales, surnommé l'armée fantôme. Car c'est une armée tirée des meilleurs studios d'Hollywood, chargée de duper les nazis rien qu'aux sons plus vrais que nature et aux tanks gonflables et autres illusions visuelles et sonores. Parvenant à décourager l'ennemi, le trompant sur ses cibles et le leurrant sur l'ampleur de la puissance américaine, ce 23e régiment a bel et bien existé et a permis de sauver quelque 30 000 vies !
Jean-Guy Soumy nous conte le quotidien de Hanna et Steven, d'une écriture soignée et délicate mais ni précieuse ni prétentieuse, comme le clair-obscur des clichés en noir et blanc avec les mille et une nuances de gris, d'ombres et de lumières qui s'abattent sur leurs vies. Leurs douleurs, leurs failles, leur urgence de vivre qui les poussera l'un vers l'autre. Leur histoire, lorsqu'elle finit par s'étreindre, m'a semblé un brin romanesque, mais elle ravira certainement les fleurs bleues qui aiment se bercer aux sons des clochettes de l'amour, d'autant que l'auteur a le bon goût de ne pas en faire trop.
Et surtout, cette petite histoire sur le devant de la scène de la Grande Histoire, comblera aussi les amateurs de la seconde guerre mondiale. Un parfait mélange littéraire qui nous évade et nous instruit, ou quand la fiction est au service du réel.
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isabelleisapure
  18 mars 2016
Je referme ce livre avec une étrange impression, j'ai certes passé un bon moment de lecture grâce à l'écriture fluide de Jean-Guy Soumy, mais je reste sur ma faim et ma curiosité. Ce livre a cependant beaucoup d'atout, mais à mon sens, il manque de profondeur, comme si l'auteur n'avait fait qu'effleurer les sujets abordés.
Jean-Guy Soumy met en scène « l'Armée Fantôme », unité qui avait été déployée par le gouvernement américain à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour faire semblant d'être une armée. Leurs armes étaient des joujoux sophistiqués. Il s'agissait d'artistes et ingénieurs du son recrutés à New York et en Philadelphie en janvier 1944, afin de mettre en scène de fausses attaques à l'aide de sons d'explosions diffusés par haut-parleur, ainsi que de tanks gonflables, faisant ainsi croire aux troupes hitlériennes que les forces américaines étaient bien plus nombreuses que dans la réalité. Ne connaissant pas ce fait historique, j'aurais aimé en savoir plus, sans être obligée d'aller me documenter sur quelques sites historiques.
Stefen est « le soldat fantôme », comédien de son état, jeune, beau, nous le suivons dans son quotidien de soldat.
Parallèlement, l'auteur nous propose un portrait d'Hanna qui a fui Berlin avec l'idée d'atteindre Paris à vélo. Après des semaines de traversée d'une Allemagne en pleine débâcle, elle arrive dans un village au bord du Rhin, chez son oncle médecin.
Vous vous en doutez, les deux jeunes gens vont se rencontrer et s'aimer, mais il aura fallu pour cela attendre les deux-tiers du roman et je n'ai pas trouvé dans leur histoire l'amour fou, immédiat, absolu que nous annonce la quatrième de couverture.
Je remercie vivement Babelio et les Editions Robert Laffont et regrette cette critique en demi-teinte.
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AudreyT
  19 mars 2016
Avant toute chose, je tiens à remercier Babelio et les éditions Robert Laffont pour le cadeau qu'ils m'ont offert : "le soldat fantôme" est un véritable coup de coeur...
Hanna et Steven vivent sur 5 jours un amour fulgurant, passionné et sincère. Mais la seconde guerre mondiale touche à sa fin, elle est allemande et lui américain. Rien ne prédestinait ces deux jeunes êtres éprouvés par la vie à se rencontrer. Pourtant...
Si la quatrième de couverture nous donne toutes les clés du roman, il n'en reste que Jean-Guy Soumy m' a totalement enchanté par son écriture. Elle est fluide, légère, poétique... L'histoire est rythmée par des chapitres courts qui nous donne à entrevoir la vie de l'Allemagne vaincue à travers les yeux d'une jeune femme qui ne veut pas nommer cet homme, "l'autre", ce führer qui lui a fait tant de mal. Jean-Guy Soumy évoque également un pan de l'histoire de l'armée américaine que je ne connaissais pas.
Bref, vous l'aurez compris, je quitte avec nostalgie ce couple magique et je suis très heureuse de pouvoir toucher du regard ce livre qui a trouvé sa place dans ma bibliothèque et dans ma mémoire...
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   10 avril 2016
Un souffle sur son front. Ses cheveux. Elle rêve. Quel songe est venu l'effleurer ? Une voix lui intime de regarder. Une autre susurre de laisser ses paupières closes. Dans le doute, Hanna attend. Le sang de nouveau bat en elle. Un galop, d'abord lointain, se rapproche. Un chant auquel on ne prête attention que lorsqu'il s'est éloigné.
De nouveau un effleurement. Posé sur elle comme un papillon. Une senteur de tabac blond. Rien de pénétrant. Une façon d'offrir et de chaparder. Et la présence d'un corps qui la surplombe. Elle devrait hurler.

Hanna ouvre les yeux. Le rêveur du ponton la contemple. Comment est-il arrivé jusqu'à elle ? C'est ainsi.
Elle ne bouge pas. Elle n'a pas peur. Un peu de couleur est revenue sur son visage. En silence, ils se découvrent. C'est par leurs yeux qu'ils se donnent à voir. Cela dure.
- Je vous ai crue évanouie. J'ai eu peur.
Il a l'air sincère mais elle n'est pas dupe.
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EpicteteEpictete   15 mars 2016
La lecture est ma planche de salut. S'abîmer dans une tâche, aussi modeste soit-elle, lorsqu'on est en plein orage, est une manière non seulement de tenir la peur à distance mais aussi de conserver sa dignité. Ce pourrait être éplucher des légumes, ravauder, réparer une serrure, confectionner une caisse en bois. Il se trouve que pour moi, c'est lire.
Commenter  J’apprécie          170
OdeOde   13 avril 2016
Charles vient des studios Disney. Il est l’un des pionniers du procédé d’enregistrement multipiste. Il a décidé que son expertise dans la sonorisation des dessins animés serait utile à la constitution d’une sonothèque de guerre.
— Je constitue un stock de bruits : chenilles d’un Sherman sur une route asphaltée, ou pierreuse. Ou encore boueuse. Changement de vitesse au moment du franchissement d’un obstacle. Rassemblement d’une centaine de chars dans une clairière. Batterie de DCA en action. Ambiance d’un campement, le jour, la nuit. Selon qu’il neige, vente ou pleuve, car les sons ne se propagent pas de la même manière…
Ted l’a interrompu :
— Et alors ?
Charles nous a dévisagés.
— La guerre Walt Disney… Nous menons la guerre Walt Disney, les amis. C’est Fantasia chez les Krauts.
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OliphantOliphant   11 mars 2016
Je commence à déchirer les pages, verso tourné vers moi. En morceaux de plus en plus petits jusqu'à atteindre la taille de grands confettis sur lesquels les phrases brouillées n'ont plus de sens. La question se pose alors de savoir si le texte ainsi haché reste un texte. Je veux dire dans ses intentions, ses interprétations. Ses pouvoirs.
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gouelangouelan   11 avril 2016
Je dois reconnaitre que c’était la première fois que j’avais une caméra à l’épaule, l’œil collé au viseur. Je me suis tout de suite senti à ma place. C’est-à-dire dégagé de ma participation à l’action. Cet objet me protégeait. Il justifiait mon retrait. Me rendait invisible, au moins voulais-je m’en persuader. Comme le torero peut avoir l’illusion de se cacher derrière sa cape. Laquelle, évidemment, le désigne plus qu’elle l’escamote. Pour la caméra, c’est pareil. Il ne faut pas compter sur elle, question camouflage. Pas plus que sur les personnages de mes nouvelles. Mais peut-être le savais-je dès le départ. Cette idée de disparaitre au point de devenir le centre de tous les regards était en moi depuis longtemps.
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