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Éric Boury (Traducteur)
ISBN : 2070122549
Éditeur : Gallimard (18/02/2010)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 406 notes)
Résumé :
"Certains mots sont probablement aptes à changer le monde, ils ont le pouvoir de nous consoler et de sécher nos larmes. Certains mots sont des balles de fusil, d’autres des notes de violon.

Certains sont capables de faire fondre la glace qui nous enserre le cœur et il est même possible de les dépêcher comme des cohortes de sauveteurs quand les jours sont contraires."

Parfois, à cause des mots, on meurt de froid. Comme Bardur, pêcheur à... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (96) Voir plus Ajouter une critique
gouelan
24 septembre 2015
Quand la frontière est mince entre la vie et la mort, et que parfois les mots peuvent sauver ou faire périr...
Dans ce pays à la rigueur infernale ; l'Islande ; mais aussi à la lumière qui laisse entrevoir l'espoir, «le gamin» cherche un sens à la vie. Il n'est pas fait pour être marin, il est fait pour la beauté des mots, la magie de la poésie. Il est envoûté par le pouvoir des vers, qui lui font découvrir un ailleurs, une possibilité, autre chose que le labeur et la douleur. La vie est rude pour le gamin. Son chemin le mènera vers un abri, un foyer, où d'autres comme lui connaissent les ténèbres de l'existence. le gamin est hésitant, il se sent souvent idiot, maladroit. Et pourtant il recèle un trésor, une grande sensibilité que certains sauront découvrir en lui.
C'est une lecture magique qui nous parle de douleur et d'amitié, de lumière et de ténèbres, de gens qui oscillent entre la vie et la mort. Une très belle découverte.
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sandrine57
03 septembre 2015
S'en vient le soir
Qui pose sa capuche
Emplis d'ombre
Sur toute chose,
Tombe le silence,
Déjà se lovent
La bête sur son lit d'humus
L'oiseau dans son nid
Pour le repos nocturne.
Relire encore une fois ces quelques vers du Paradis perdu de Milton, les retenir pour, plus tard, sur le bateau, les réciter au gamin. C'est ce qui a tué Bàrdur. Obnubilé par la beauté de la poésie, il a oublié sa vareuse au crochet du baraquement. La mer d'Islande ne pardonne pas ce genre d'étourderie. Bárdur est mort, gelé sous le banc de nage, laissant le gamin inconsolable. le jeune pêcheur ne veut plus, ne peut plus retourner en mer. Il marche jusqu'au village, d'abord pour rendre le Paradis perdu à son propriétaire, ensuite pour décider s'il doit continuer à vivre après la perte de son meilleur ami.
Mer glaciale, vent violent, neige et glace, la nature islandaise est peu clémente avec les pêcheurs de morue. Mais ils sont rudes, forts et savent mettre humblement leur destin entre les mains de Dieu avant de prendre la mer. Ces taiseux connaissent les mots des prières, les mots de la pêche. D'autres recherchent la beauté, la consolation des mots. Báldur et le gamin sont de ceux-là. Mais les mots peuvent tuer aussi. On veut relire un poème et on en meurt. Et voilà le gamin seul, privé du soutien de son ami, il se sent déplacé. Il en veut aux pêcheurs de continuer à vivre, il est mal à l'aise au village, ridicule, privé de mots. A quoi bon vivre alors ? le gamin traîne un sentiment de culpabilité. Qu'a-t-il fait pour mériter la vie quand tous ceux qu'il a aimés sont morts ? Peut-il encore rire, s'émouvoir, désirer, quand le corps de Báldur gît, gelé, sur la table du baraquement ? ale gamin va devoir trouver en lui des raisons de vivre.
Ce premier tome d'une trilogie est proprement envoûtant. Porté par l'écriture très poétique de Jón Kalman STEFÁNSSON, le récit raconte le froid, la solitude, le deuil, mais aussi l'amitié, la poésie, l'espoir de la jeunesse. le gamin, tendre et émouvant, est un personnage dont on a envie de suivre le chemin. Et certains villageois, hauts en couleurs, demandent aussi à être mieux connus. Une magnifique introduction pour la suite à venir.
+ Lire la suite
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steppe
30 septembre 2012
Une réelle découverte pour moi que ce magnifique roman.
L'Islande terre de pêcheurs, du froid, de la mer et de la mort apparaît ici grâce à toute la force d'écriture de Jon Kalman Stefansson comme un joyau isolé du monde.
Abritant des hommes dont le quotidien est fait de travail acharné, d'effort, mais aussi d'amour et d'amitié, de deuil et de solitude.
Comme partout ailleurs me direz-vous ? Non, justement, car la terre d'Islande n'est à nulle autre pareille ni ses habitants, ni ses tempêtes, ni ses douceurs, ni ses morts sous la plume de ce poète terriblement inspiré.
Ce fut une lecture lente, pleine de retours en arrière, de relectures et de contemplation.
Et j'ai parcouru ce livre la gorge nouée, avec l'envie impétueuse de pouvoir d'un simple claquement de doigt me retrouver en plein coeur d'une Islande enneigée, venteuse et glaciale certes, mais tellement fascinante.
Jon Kalman Stefansson est un poète. Et quel poète ! Il mêle récit et sublimation des lieux, des personnages, des sentiments de telle façon que l'on ne peut que se laisser porter par sa plume.
La mer, la vie, la mort, le deuil, le suicide, l'amour, l'amitié, l'adversité, la nature, la solitude tant de thèmes abordés et tant d'arrêts sur image pour pouvoir s'imprégner et se laisser envoûter.
J'hésite à insister sur la qualité d'écriture de ce roman tant elle a déjà été dite ici ou ailleurs, mais oui, vraiment, quelle plume!!!
Et quel bel horizon que cette terre Islandaise croquée, crayonnée, esquissée, puis, le trait se faisant plus précis de page en page, complètement sublimée et comprise, puis désirée. Jusqu'à l'aimer.
Une terre offerte, un don.
Merci donc Monsieur Stefansson pour ces pages si radieuses et émouvantes,
pour cette offrande si généreuse.
+ Lire la suite
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palamede
03 décembre 2016
En Islande, oublier sa vareuse et partir en mer n'est vraiment pas une bonne idée, car en Islande, entre ciel et terre, il fait froid, très froid.
C'est pourtant ce que fait cet étourdi de Bardur, pêcheur de morue de son état, désormais la tête dans les étoiles et les fesses au frais.
Les vers du Paradis perdu de Milton ne vont pas suffire à lui réchauffer le coeur (et le reste) puisqu'il meurt de froid.
Raconté comme ça ce n'est pas très poétique, mais ça se passe comme ça en Islande quand le marin prend la mer, pas couvert.
Le gamin, le copain, l'ami n'y peut plus rien, sinon rapporter son bouquin au vieux capitaine aveugle, - et mourir après, peut-être.
Raconté comme cela, ça ne rend pas hommage à ce magnifique livre, mais quand même, un vrai marin n'oublie jamais sa vareuse et que la mer est cruelle, n'est-ce pas monsieur Jon Kalman Stefansson ?
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joedi
15 mars 2013
Les faits se déroulent il y a un siècle dans un village de pêcheurs à la morue où il règne un froid glacial qui peut se révéler meurtrier. Six pêcheurs par barque, chacun a son rôle bien défini. Tout est important et vital dans le rituel de la pêche, chacun a sa place, le danger est toujours présent d'autant plus qu'aucun pêcheur ne sait nager.
Bardur trop occupé à retenir des vers du Paradis perdu de Milton, oublie sa vareuse en partant en mer, un oubli qui lui sera fatal. Son ami surnommé le gamin, inconsolable, entame un périlleux voyage pour rendre le livre à son propriétaire.
Jon Kalman Stefansson envoûte le lecteur par la force de son écriture, tout est poésie, ses mots chantent la vie, la mort, l'amitié, l'amour, la cruauté d'un monde inhospitalier.
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Citations & extraits (256) Voir plus Ajouter une citation
BillDOEBillDOE16 août 2017
Qui est donc assis là, au tréfonds de notre âme, à diriger les mots ?
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BillDOEBillDOE14 août 2017
Est-il possible que le siège des sentiments soit enfoncé moins profond chez les femmes et que, par conséquent, ils soient plus proches de leur peau que ceux des hommes ? Que comme la femme a la faculté de donner la vie, elle y soit d’une certaine manière plus sensible, ainsi qu’à la souffrance qui ne se mesure qu’en larmes, en deuil et en douleur ?
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PixisPixis13 août 2017
Il vit environ huit cens âmes, ici au Village.
Bien des choses tiennent en huit cents âmes.
Bien des univers et bien des rêves. Une multitude de phénomènes : héroïsme et lâcheté, trahison et loyauté, bonnes et mauvaises heures.
Certains vivent d'une manière qui ne passe pas inaperçue, leur existence imprime un mouvement à l'atmosphère, d'autres restent de longues années accrochés à la vie sans faire de vagues, le temps s'écoule à travers eux, puis les voilà morts, enterrés, oubliés. (p. 140)
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PixisPixis13 août 2017
Nous devons prendre soin de ceux qui nous sont chers et à qui nous le sommes et à qui nous le sommes en nous efforçant de ne jamais remettre la chose au lendemain, la vie est trop courte pour ça et elle connaît parfois une fin abrupte (...).
Ce doit être là l'une des lois de l'existence (...). (p. 237)
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lausujilausuji14 août 2017
Ils arrivent de France et d'Espagne, nombre d'entre eux ont les yeux noirs et certains laissent la couleur de ce regard auprès d'une femme avant de repartir, puis d'arriver chez eux ou bien de se noyer en route.
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