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ISBN : 2707319449
Éditeur : Editions de Minuit (02/02/2006)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 118 notes)
Résumé :
Après" Le Black Note", en hommage au quartette de John Coltrane et "Cinéma", construit à partir du dernier film de Mankiewicz, "Le Limier", le troisième roman de Tanguy Viel, "L'Absolue Perfection du crime", emprunte un sujet légendaire : le braquage d'un casino.

Ce hold-up prévu pour "la dernière nuit de l'année", un 31 décembre, est organisé par une famille vaguement mafieuse, gangsters bretons, pour qui le mot "casino" est magnifié.

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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  11 février 2017
Si je reconnais une fois encore L'Absolue Perfection du… style de Tanguy Viel, contrairement à ses deux livres lus précédemment, je n'ai pas été sous le charme de celui-ci – surtout si je compare à l'extraordinaire Article 353 du Code Civil, auquel je repense souvent avec des frissons d'émotion.
Oui, voilà, c'est exactement cela : un style parfait, mais pas le frisson d'une émotion.
Ni la sidération du rire, comme devant la folie maniaque du narrateur de Cinéma, ni la compassion intense, l'empathie totale avec son vieux breton floué et homicide de l'inoubliable Article 353.
Pourtant l'histoire, pathétique - un casse calamiteux ourdi sans y croire par une bande de gangsters à la mie de pain- avait de quoi attendrir ou faire rire -jaune. Et Viel y décline ses classiques : des héros border-line dans des décors tristes et marins.
Mais rien ne fonctionne vraiment.
Certes, on retrouve la rade, les estaminets embrumés , les rochers granitiques, la pluie entêtante, bref le Finistère brestois cher à l'auteur, mais travesti, ici en simili côte d'Azur avec casino et corniche. Ce casino écrit en lettres rouges sur le paysage brouillardeux surligne un décor en papier peint comme les titres du Canard enchaîné les escroqueries du moment...
Et le décor triche, me semble-t-il, autant que les personnages : l'amitié "virile" entre Marin et le narrateur, jamais loin du coup de poing fraternel dans la gueule (amitié dont le code d'honneur exempte pourtant des visites en prison), ces trahisons réglées à coups de pétards dans le train, l'opéra ou le parking sentent la mauvaise série B…
La « Famille » pitoyable autour de l'Oncle moribond -elle va mourir, la Tata…pardon, c'est un peu facile, ça m'a échappé !-, l'expert italien, ce faux-jeton de service dont même les conseils-en-casse ont l'air faux comme une pièce de treize francs, rien ne tient vraiment la route : même un mauvais polar n'en voudrait pas…
C'est que l'intérêt doit être ailleurs, me direz-vous. "Le style, le style, vous dis-je !!" Eh bien, s'il n'y a que lui, on reste sur sa faim..
Le style tout seul , encore faut-il que le récit en reçoive cohérence et finalité (et visez un peu la belle anacoluthe que je vous ai faite rien que pour vous !). Les purs exercices de style ont leurs voltigeurs: Queneau, Perec, Prévert...dur, dur de rivaliser avec eux!
Mon impression est que Tanguy Viel n'a pas su sur quel pied danser : chausserait-il le cothurne tragique ? ou le brodequin comique? Faute d'un choix clair , le récit en est réduit à clopiner...
Bref, je n'ai pas eu envie de rire, comme dans Cinéma, ni n'ai eu le coeur serré de tendresse et de fraternelle compassion comme dans Article 353…
Juste trouvé cela bien écrit. Très bien écrit.
Mais je me répète, et nous voilà rendus à mon début. L'absolue perfection du cercle vicieux, en somme.








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myriampele
  08 janvier 2019
Plus qu'un roman policier, j'ai trouvé dans ce roman magnifiquement écrit une véritable analyse de ce qui fait les "caïds". Trois d'entre eux forment une "famille" : Marin, Andrei, Pierre, avec l'Oncle et la Tante ( le sont-ils vraiment?) Et puis il y a Jeanne. de sortie de prison en hold up, Tanguy Viel ne les lâche pas une minute.
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jeandubus
  19 octobre 2015
L‘absolue perfection du crime.
Sont-ce les Éditions de minuit qui forgent leurs auteurs ? Sont-ce les auteurs qui se glissent dans le fourreau hyper intellectuel de l'éditeur ? Toujours est-il que le ton semble toujours le même de Duras à Yves Ravey( (enlèvement avec rançon) en passant par Tanguy Viel dont j'ai aimé « Cinéma » et « Paris Brest »
Pierre, narrateur interpelé une seule fois dans le roman est l'ami et le complice de Marin. Ces deux-là ont l'affection violente. Une amitié à coups de poing dans l'estomac. Deux gangsters de Brest affidés à l'Oncle, mourant organisateur de « casses » et vaticinateur. C'est lui, l'Oncle qui prédit « L‘absolue perfection du crime »
Marin retrouve la liberté après trois mois de prison. Pierre n'est pas venu le voir au parloir. Coup de poing. La femme de Marin est venue. Coup de poing. Je t'aime. Coup de poing.
Avec l'Oncle, ils décident de braquer le Casino de Brest (S'il existe ailleurs que dans les vagues de l'imaginaire). Un coup bien préparé, avec Andrei et Loucho et Jeanne, la femme de Marin.
Pierre a des doutes. Marin a des ascendants sur Pierre. Une sorte de sensualité sans désir qui les provoque mutuellement. Quelque chose qui durerait jusqu'à la mort.
Acte un on prépare. Acte deux on accomplit. Acte trois on partage.
Avec des phrases bancales, tordues de romantisme retenu, Tanguy Viel nous transmet une incroyable confusion des sentiments.
Essayez celle-ci : « Martin surtout, toujours, il semblait grandi de ce que ce corps entrevu chaque semaine, cette ruine de chair et d'os faisait office de passerelle avec le siècle d'avant. 1899, et marquait un silence si net après prononciation qu'on ne pouvait s'empêcher de détourner vivement le regard à force que l'arrêt dans sa bouche à lui, plus court il était, plus pesant alors. » Une vraie torture mais tellement chargée de détresse.
Évidemment dans la vraie vie, les braqueurs n'ont pas d'éducâtion. Ils n'ont pas lu les livres et ne savent pas ce qui au fond d'eux-mêmes les conduit à vivre et à mourir, en marge. C'est toute la subtilité dangereuse de l'intellectualisme. Mais il en faut et je suis comblé pour ma part, par le discours abscons et lumineux de ce jeune homme de 27 ans.
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Christw
  14 mai 2014
"L'absolue perfection du crime" plonge dans un autre genre famille, un gang local. L'oncle est respecté comme un parrain mafieux et cela arrange bien Marin qui l'écoute dispenser les codes d'honneur de la tradition truande, Marin qui sort de trois ans de tôle et qui poursuit une revanche, un grand casse, un casino. L'oncle commande, lui décide. le truand qui rapporte l'histoire est un exécutant, il voudrait décrocher, il n'ose pas, peur de Marin, obéissance aux usages passés. Mais pourquoi ce besoin de fatalité, pourquoi faut-il continuer ce qui pourrait devenir leur ruine ? Il est las de tout cela.
Trois volets impeccablement huilés tentent d'inscrire dans le roman la force narrative du cinéma. Si cela sera jamais possible. Nombreuses références à des films cultes, Tarentino, Milestone, Hitchcock. Longue scène d'action dans la troisième partie, avec une course-poursuite et un duel qui, à mes yeux, moi qui ne prise pas cela au cinéma, déroute le lecteur que les deux premières parties du récit ont séduit par une patte, une finesse de ton qui insinue par la bande relations de dépendance et ambiances. La référence du cinéma oblige les écrivains à se trouver autrement pour tenter de rendre le présent de l'écran et Viel est de ceux qui essaient de s'approprier cet élan nouveau. D'où une narration qui s'affole, tente de rendre le moment complexe comme une image et forcément n'arrive pas à tout dire.
Tout s'étiole dans ce récit, les personnages comme l'environnement d'un port qui rouille sous les brumes et les embruns. Je tiens à citer l'excellent compte-rendu de Pauline Franchini et Marie Chassagne sur le blog "Écritures contemporaines": «Plus encore, ce décor par­ti­cu­lier pour­rait repré­sen­ter, méta­pho­ri­que­ment, le sen­ti­ment des auteurs contem­po­rains qui arri­vent sur une scène lit­té­raire où le moment de confiance a dis­paru, et où ne rési­dent plus que doute et désillu­sion. Cette impres­sion d'un monde de l'après est doublé par la récur­rence de motifs anciens, tra­gi­ques, ou de scènes de film déjà tour­nées.»
Le temps générateur de lassitude s'exprime en leitmotiv, le retour de la prison, le casse à jamais recommencé, les aller-retour rituels chez l'oncle puis la tante, l'incessant et insoluble paradoxe amitié-haine qui transcende la fin du thriller.
Roman singulier et élaboré, malgré une apparente simplicité. Que vous ayez ou pas des affinités avec l'écriture contemporaine, Viel est le terrain idéal pour s'y aventurer.
Lien : http://www.christianwery.be/..
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CharlieLest
  29 juillet 2012
Après le Black Note et Cinéma, L'Absolue Perfection du Crime, constitue une sorte de synthèse des problématiques envisagées jusque là par tanguy Viel : celle de la représentation du réel et celle du remaniement d'une représentation déjà existante. Ce troisième roman fait appel
à un grand nombre de références cinématographiques, et si les personnages ne semblent pas cette fois se présenter comme des cinéphiles, ils n'en seront pas moins conduits à préparer leur
casse à la manière de réalisateurs ou à rejouer leur coup devant le juge comme des acteurs. le cinéma se place peu à peu non plus en référence, mais en matière même du livre : l'allusion à des scènes cultes d'Hitchock, de de Palma ou de Godart, la reproduction de plans de caméra et la présence d'écrans et d'instruments visuels convergent vers un résultat inédit d'adaptation du genre cinématographique en littérature.
Par ailleurs, le traitement symbolique de l'espace (les deux côtés de la rade de Brest et seuil marqué par le pont), les personnages-types et le problème omniprésent de la parole (plus précisément de la prise de parole) sont remarquables dans l'Aboslue Perfection du Crime.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   01 juillet 2012
Trois ans, il a quand même dit, et tu n'es jamais venu me voir en prison. Il y a eu un silence. C'est que les gens comme toi, j'ai répondu, on n'a pas envie de les voir en cage.
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michfredmichfred   10 février 2017
Retenu mon souffle et mon sang, je voyais ses jambes seulement, et l'ombre projetée de son flingue qui s'allongeait sous la douleur.
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jeandubusjeandubus   19 octobre 2015
Martin surtout, toujours, il semblait grandi de ce que ce corps entrevu chaque semaine, cette ruine de chair et d’os faisait office de passerelle avec le siècle d’avant. 1899, et marquait un silence si net après prononciation qu’on ne pouvait s’empêcher de détourner vivement le regard à force que l’arrêt dans sa bouche à lui, plus court il était, plus pesant alors.
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michfredmichfred   10 février 2017
Depuis longtemps déjà, l'exécution des ordres, les revolvers dans nos vestes, la façon d'être salués dans la rue et de faire des mauvaises rencontres, ça nous fatiguait. Lassitude, disait-on, de courir dans la nuit, de garder une main dans la pochette, au cas où, disait-on. Il arrive un temps, on rêve d'autre chose. Mais si soi-même on ne veut pas finir au fond d'une carrière, si soi-même on veut seulement survivre, on continue.
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michfredmichfred   10 février 2017
Et je ne sais plus ce soir-là si ce furent des ombres ou de bêtes sauvages qui ont quitté le hangar, mais je sais qu'un temps, pour sûr, on s'est écartés de l'idée d'homme.
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Vidéo de Tanguy Viel
Vendredi 2 novembre, dans le cadre du banquet d'automne intitulé "Histoires du moi, histoires du monde" qui s'est déroulé du 2 au 4 novembre 2018, Johan Faerber tenait une conférence : "Histoire du contemporain ou comment écrire après la littérature ?"
Histoire du monde, histoire de soi : tel est le destin double qui se donne dans l?Après-littérature, dans le moment post-litté- raire que les écrivains inventent au présent. de David Boscà Nathalie Quintane, de Tanguy Viel à Laurent Mauvignier en passant par Simon Johannin et Célia Houdart, se donne à lire une littérature du sensible qui cherche à étreindre l?atome, à rendre le récit physique et politique. La littérature est un sentiment : telle est la loi du moment post-littéraire qui est le nôtre.
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