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ISBN : 2707320633
Éditeur : Editions de Minuit (08/01/2009)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 254 notes)
Résumé :
Il est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent, mes parents ne seraient jamais revenus s'installer dans le Finistère. Et moi-même sans doute, je n'aurais jamais quitté Brest pour habiter Paris. Mais le vrai problème est encore ailleurs, quand il a fallu revenir des années plus tard et faire le trajet dans l'autre sens, de Paris vers Brest.
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
Merik
  30 mars 2019
La marque de fabrique des Éditions de Minuit, sans savoir forcément la définir on l'appréhende assez vite, beaucoup de choses semblent se passer dans la forme, comme un canal souterrain aux effluves héritées du Nouveau Roman, à la saveur de recherche littéraire. Ici phrases longues et discours indirect calfeutrent le récit dans le monologue réflexif, tandis qu'une sorte de mise en abyme du roman familial écrit par le narrateur dans le vrai roman que l'on tient dans ses mains devient un élément qui parachève la tension. L'effet m'a semblé réussi. La famille n'en ressort pas grandie, plutôt glauque même à vrai dire cette famille. Un père impliqué dans la faillite du Stade brestois qui ne peut plus se balader dans Brest sans entendre siffler les insultes, une mère bourgeoise et hautaine qui n'aime pas les pauvres, et encore moins le Languedoc-Roussillon dans lequel ils iront tous deux s'exiler. le fils narrateur reste à Brest quant à lui (avant de s'exiler lui aussi mais à Paris), renoue avec le fils Kermeur de mauvaise influence, et pour cause la mère Kermeur vit désormais installée comme bonne à tout faire chez la grand-mère du narrateur, veuve éplorée autant que consolée par l'héritage d'Albert, avec qui son idylle tardive s'est révélée vite fructueuse, pas moins de 18 millions (de francs). Roman noir, poisseux, pas vraiment transcendant pour son histoire à mon avis, mais que j'ai trouvé intéressant dans sa réalisation.
« Tout le monde devrait faire le point sur son histoire familiale, ai-je pensé,particulièrement un 20 décembre, c'est à dire un jour où il est important d'être soutenu dans l'épreuve d'aller passer Noël en famille, y compris les gens qui se disent heureux d'y aller, tandis qu'au fond d'eux-mêmes, comme tout le monde ils rêvent d'écrire un roman sur leur propre famille, un roman qui en finit avec ça, les veilles de Noël et les parenthèses mal fermées. »
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Tricia12
  16 septembre 2014
Il ne s'agit pas d'un roman doux comme le nom de la pâtisserie en titre pourrait le suggérer. Il est plutôt question ici d'une trouble histoire de famille Brestoise qui tourne autour de l'argent et de tous les bas instincts qu'il peut susciter. Les personnages (le narrateur, ses parents, sa grand-mère, son frère et son «ami» le fils Kermeur) évoluent dans un univers que ne renierait sûrement pas Claude Chabrol. On baigne dans l'hypocrisie, la lâcheté, la noirceur. On sent que Tanguy Viel  s'est amusé à pousser ses personnages  pratiquement à la caricature et c'est vrai que l'on finit aussi par en sourire.  Aucun de ceux-ci ne suscite d'empathie, ni le narrateur somme toute assez lâche (même si il finit par s'exiler à Paris pour quitter sa famille), ni même la grand-mère qui a sa part d'ombre en acceptant d'épouser un homme sur le tard pour en hériter.
L'intrigue est bien construite et le suspense va crescendo même si le récit n'est pas présenté de manière linéaire.
Le procédé qui consiste à mêler la narration directe et l'autobiographie fictive (le titre de l'ouvrage est alors «mon roman familial») est intéressant et l'on devine, encore une fois, que l'auteur s'est bien amusé dans l'exercice. En revanche, le fait de construire de très longues phrases, mêlant le discours indirect aux descriptions m'a quelquefois littéralement «essoufflée». (Je ne souhaite à personne d'avoir à faire une lecture à voix haute de Paris-Brest!)
Au rythme de ces longues phrases, parfois déroutantes, Tanguy Viel dépeint avec jubilation et sans complaisance un portrait de famille corrosif.
 
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Fandol
  26 octobre 2017
Tanguy Viel parle un peu de Paris, sort quelques méchancetés sur le Languedoc-Roussillon mais l'essentiel du roman se passe à Brest, avec vue sur la rade… le narrateur n'en peut plus des tensions familiales. Pour évacuer tout ça, il veut écrire un roman familial mais, dans ce cas-là, rien n'est simple, surtout avec sa mère !
Brest, ville entièrement détruite après la seconde guerre mondiale, devait être reconstruite pour que tout le monde voie la mer mais « quelques riches grincheux » ont voulu récupérer leur emplacement… « Alors, à Brest, comme à Lorient, comme à Saint-Nazaire, on n'a rien réinventé du tout, seulement empilé des pierres sur des ruines enfouies. »
Le décor est planté. Restent les personnages avec Louis, le narrateur, Marie-Thérèse, la grand-mère, les parents de Louis, le fils Kermeur et sa mère, femme de ménage chez la grand-mère. Chaque semaine, Louis, en bon petit-fils, accompagne celle-ci jusqu'au cimetière puis mange avec elle au Cercle Marin où l'on retrouve « une France antique et royaliste ».
Le père de Louis, ancien vice-président du Stade Brestois, a dû déménager à Palavas-les-Flots où sa femme tient une boutique pour touristes. Suite à un trou de 14 millions de francs dans la caisse du club, il ne pouvait plus rester dans sa ville surtout qu'il avait recruté un attaquant brésilien, Juan César, avec un faux passeport… Pourtant, il marquait des buts mais le procureur n'aimait pas le foot…
Le 20 décembre 2000, Louis revient de Paris à Brest, en train, pour passer Noël en famille dans la maison achetée sur la côte sauvage depuis le retour de Palavas, grâce à la fortune de la grand-mère, heureuse héritière d'un vieillard rencontré au Cercle Marin. Après un mariage et trois ans de vie commune, elle a récupéré tout l'argent qui tente bien le fils Kermeur. « Ami » du petit-fils, il a, à son passif, un épisode au supermarché.
Justement, un chapitre est consacré à lui. Voyant la mère de Louis lui faire la tête, il nous gratifie d'une formule originale : « Ma parole, mais ta mère a avalé un cimetière ! » le ton du livre est là, souvent aigre-doux comme lorsque Louis sussure, encore à propos de sa mère : « Elle m'a caressé la joue, et pour moi c'était comme une lame de rasoir qui m'arrachait la peau. »
Footballeur ou écrivain, Louis n'a eu que le second choix au contraire de son frère. L'écriture de son roman familial « pour effacer le mal » parviendra à rendre la dignité au père mais, pour le fils, Paris-Brest sera plutôt Brest-Paris.
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JOE5
  28 janvier 2017
Un portait à l'acide dressé par Louis, le fils, des relations familiales et le pouvoir résilient de l'écriture : tels sont les thèmes de ce petit livre écrit dans le style direct du témoignage, du parler. Une ambiance lourde et un mal-être qui colle à la peau tout au long de ce récit. de toute évidence la brume sur Brest pour cette famille ne se dissipera pas...
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ATOS
  11 avril 2017
Les histoires de famille tout le monde sans fiche. Et pourtant que serait la littérature sans famille ? Jeu de massacre, ou de hasard, sur la table il y a les cartes, dessous la table, il y a le livre. Les livres sont parfois des armoires, des armoires qui contiennent quelques histoires. Il y a un peu juste comme un parfum de fin du monde, en moins tragique, en moins empathique. L'écriture est rapide, rapide comme un train. Et l'on demande déjà à voir les images de ce film de famille.
Rapport fils/mère, douloureux, comique parfois, avec une violence souterraine psycho- chaotique qui nous fait craindre le pire souvent. L'esprit du livre se glisse à travers le livre et c'est une très bonne idée de construction narrative.
Si je découvre un jour la ville de Brest je saurai la revoir sans détachement, un aller donc mais avec ce retour , très simplement.
Astrid Shriqui Garain

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critiques presse (1)
Telerama   27 mars 2013
Partir-revenir, entre Paris et Brest, de l'appel du large à l'enfermement, tel est le mouvement de ce roman familial construit comme un puzzle ou un exil.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
deuxquatredeuxdeuxquatredeux   07 juillet 2015
Il paraît, après la guerre, tandis que Brest était en ruines, qu'un architecte audacieux proposa, tant qu'à reconstruire, que tous les habitants puissent voir la mer : on aurait construit la ville en hémicycle, augmenté la hauteur des immeubles, avancé la ville au rebord de ses plages. En quelque sorte on aurait tout réinventé. On aurait tout réinventé, oui, s'il n'y avait pas eu quelques riches grincheux voulant récupérer leur bien, ou non pas leur bien puisque la ville était de cendres, mais l'emplacement de leur bien. Alors à Brest, comme à Lorient, comme à Saint-Nazaire, on n'a rien réinventé du tout, seulement empilé des pierres sur des ruines enfouies. Quand on arrive à Brest, ce qu'on voit c'est la ville un peu blanche en arrière-fond du port, un peu lumineuse aussi, mais plate, cubique et aplatie, tranchée comme une pyramide aztèque par un coup de faux horizontal. Voilà la ville qu'on dit avec quelques autres la plus affreuse de France, à cause de cette reconstruction malhabile qui fait des courants d'air dans les rues, à cause d'une vocation balnéaire ratée (complètement ratée même, puisque la seule plage de la ville au fond de la rade se trouve là abandonnée, en contrebas de la quatre-voies tumultueuse qui désengorge la ville), à cause de la pluie souvent, de la pluie persistante que en savent compenser les grandes lumières du ciel, de sorte que Brest ressemble au cerveau d'un marin, détaché du monde comme une presqu'île.
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NuageuseNuageuse   09 novembre 2017
J'ai fini par faire ça, oui, vidé le grand sac familial sur cent soixante-quinze pages que pour rien au monde je n'aurais laissées là, à Paris, abandonnées sur mon bureau, au gré des intempéries parisiennes. Alors sans réfléchir, avant même d'y mettre des pull-overs et des chaussettes, j'ai calé les cent soixante-quinze pages dans le fond de ma valise. Et je peux dire que ce n'était pas du tout un cadeau pour mon père, encore moins pour ma mère, parce que ce n'est jamais un cadeau de raconter l'histoire de sa famille. De toute façon, mon histoire familiale n'intéressait personne, et mon histoire familiale n'est jamais devenue un livre, pour toutes les raisons que j'aurai sûrement l'occasion d'expliquer, mais seulement un manuscrit que j'avais soigneusement rangé dans ma valise, que maintenant pour la première fois j'allais faire entrer dans la maison. J'ai pensé : c'est comme des poupées russes, maintenant dans la maison familiale il y a l'histoire de la maison familiale.
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EcureuilBibliophileEcureuilBibliophile   30 août 2017
Mes parents l'ont bien cherché en achetant cette maison sur la mer et battue par les vents, cette maison qu'ils avaient choisie inconsciemment pour son coté gothique pour ses mouettes rieuses et ses corbeaux malveillants. Soi-disant, répétait mon père, ils avaient choisi cette maison pour ne plus rien voir d'autre que l'eau, de l'eau et du vent, mais le vent est évidemment un choix gothique, particulièrement là, dans le Finistère Nord, ce même vent qui vient de si loin, se forme si loin au large, et vient comme un oiseau marin qui aurait parcouru des milles et des milles sans jamais un obstacle, sans jamais rien pour contredire sa force avant de venir se heurter, sur le premier obstacle depuis l'océan, c'est-à-dire sur les murs de pierres de la saison familiale, venu aveuglément s'écraser et faire vibrer les fenêtres.
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gwenlaotgwenlaot   07 novembre 2009
Ce jour-là, je m'en souviens, la tête plongée dans l'assiette en porcelaine je me suis seulement dit: ne lève pas les yeux sur elle, si tu lèves les yeux une seule fois c'est foutu, si tu la regardes maintenant, toi aussi tu seras un satellite pour toute ta vie. Et replié au fond du gouffre en moi, j'ai juste entendu, comme une fusée qui traversait la pièce, j'ai entendu la voix de ma grand-mère à côté de moi qui ajoutait: tu parles de nous en bien, j'espère.
Ensuite il y a eu du silence encore et des paroles normales. Il y a eu mon frère qui ne savait pas où se mettre puis des conversations déviées et du silence toujours. Il y a eu la pluie à Brest et les prix des loyers. Il y a eu les cuillères cognées contre la porcelaine. Mais sur la table au-dessus de nous, outre la mer dehors et les vieux meubles qui pliaient sous nos regards, il y avait cette expression devenue presque sale, comme un nuage de pluie qui se serait maintenu: des choses sur nous. Et dans le tourbillon noir des tasses en porcelaine, on aurait dit que chacun, à la surface mouvante de son café, que chacun désormais lisait des choses sur lui.
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ChezLoChezLo   18 décembre 2010
C'est même en tant qu'ami qu'il a évoqué le Languedoc-Roussillon comme la région idéale pour l'exil et comme l'une des plus belles régions de France. Mais quelqu'un qui vous dit que le Languedoc-Roussillon est une des régions les plus belles de France, moi je n'appelle pas ça un ami.
Ma mère non plus ne l'appelle plus depuis longtemps son ami, comme longtemps elle le fit, comme longtemps elle employa l'expression "monsieur le procureur de la République", dès que l'occasion se présentait, dès qu'elle provoquait l'occasion pour le dire.
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Videos de Tanguy Viel (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tanguy Viel
Vendredi 2 novembre, dans le cadre du banquet d'automne intitulé "Histoires du moi, histoires du monde" qui s'est déroulé du 2 au 4 novembre 2018, Johan Faerber tenait une conférence : "Histoire du contemporain ou comment écrire après la littérature ?"
Histoire du monde, histoire de soi : tel est le destin double qui se donne dans l?Après-littérature, dans le moment post-litté- raire que les écrivains inventent au présent. de David Boscà Nathalie Quintane, de Tanguy Viel à Laurent Mauvignier en passant par Simon Johannin et Célia Houdart, se donne à lire une littérature du sensible qui cherche à étreindre l?atome, à rendre le récit physique et politique. La littérature est un sentiment : telle est la loi du moment post-littéraire qui est le nôtre.
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