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ISBN : 2702157270
Éditeur : Calmann-Lévy (01/01/2015)

Note moyenne : 3.01/5 (sur 129 notes)
Résumé :
La météorologie du coup de foudre ou comment faire basculer l’ ordre dans un système allergique au désordre.
Comment explorer à nouveau la Shoah sans reprendre les mots des autres ? Comment oser un autre ton, un regard plus oblique ? En nous dévoilant une histoire de marivaudage aux allures de Monty Python en plein système concentrationnaire, Martin Amis remporte brillamment ce pari. Une manière habile de caricaturer le mécanisme de l’horreur pour le rendre p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
Yassleo
  21 octobre 2015
Quand Gallimard refuse la publication de la zone d'intérêt de son bad boy Martin Amis en prétextant un roman choquant et pas à la hauteur du sujet traité (l'Holocauste), große Schock et große Interrogazions se profilent dans le milieu littéraire. Mais le bon chevalier blanc, Calmann-Lévy, qui a flairé le buzz et le bon coup, s'empresse de consoler Amis et s'empare du bébé.
Cucul et naïve comme je suis, il n'en fallait alors pas plus pour attiser ma curiosité et me jeter sur ce livre polémique.
Allez, je vous épargne le suspens, mon verdict après lecture : encore une jolie tempête dans un verre d'eau. Ratage de Amis, point.
Avant tout, on plante le décor: retour donc en seconde Guerre mondiale dans un camp d'extermination double d'Auschwitz, avec trois personnages principaux et une cohorte sans fin de personnages secondaires, tertiaires et x-iaires.
Martin Amis choisit d'alterner les points de vue de ses trois protagonistes: un commandant de camp double de Rudolph Höss, un fonctionnaire allemand double de ces milliers d'officiers juste serviles et obéissants au petit taré moustachu et à ses sbires, et un détenu juif double de ces millions de malheureuses victimes de cette haine sans limite (Szmul pour être précis, et seul personnage qui mérite qu'on retienne son nom, humble hommage de ma part).
L'auteur nous présente la vie du camp dans une écriture cacophonique à la limite du supportable. Pour commencer, il nous noie en permanence sous du vocable allemand qu'on cherche à comprendre au début, puis qu'on zappe très vite, le sens important peu finalement puisqu'il s'agit davantage d'imprégner le lecteur de la deutsche rigueur que de lui faire réviser son lexique (Tiens, je serais curieuse de connaitre ce que donne la version allemande du bouquin du coup..). Ensuite, on passe régulièrement du coq-à-l'âne, et toute concentrée que j'étais pourtant, quantités de lignes me sont restées bien énigmatiques.
On est donc dans un inconfort de lecture permanent. Mais lorsqu'on choisit comme Martin Amis de traiter de l'Holocauste sous un angle satirique et provocateur, c'est fort regrettable: il serait plutôt souhaitable de ne pas perdre son lecteur sous peine de groß mécontentement, nicht? Toutefois, soyons juste, son humour grinçant pour ridiculiser l'idéologie nazie ne m'a pas incommodée pour autant connaissant la réputation sulfureuse de Amis qui n'en est pas à son coup d'essai.
Bon, finalement seuls les trop maigres chapitres consacrés à Szmul méritent un réel intérêt à mes yeux car sans ironie et emplis d'humanité dans ce ramassis de frivolités.
Malgré la postface dans laquelle l'auteur semble vouloir se justifier (on le ferait à moins) ou s'excuser (pourquoi pas, un moment de lucidité est toujours le bienvenu), je ne parviens toujours pas à élucider les intentions de Martin Amis sur ce choix thématique. Tout comme je ne comprends pas pourquoi ce roman est considéré comme chef-d'oeuvre outre-Manche, récompensé me semble-t-il qui plus est.
Pour moi donc: Gallimard 1 / Calmann-Lévy 0
Pfiou, ça fait du bien de jouer les arbitres, et ça console d'être cucul et naïve.
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AgatheDumaurier
  05 octobre 2016
Funambule sur un fil arachnéen cherche angle d'attaque pour traiter l'un des plus grands crimes de l'humanité.
Funambule qui vient à la suite des Bienveillantes, de Jonathan Litell.
Que peut-on ajouter à ce chef d'oeuvre désespéré ?
Il me semble que Martin Amis a trouvé.
Là où Litell donnait à son personnage la substance tragique d'Oreste, une histoire et presque une âme - diabolique mais une âme, Amis réplique par la vacuité complète, l'inanité, le creux, le vide, le rien, le néant, le Nichts. Rien, il n'y a rien ni dans l'esprit ni dans le corps des personnages. Aucune substance. Ce sont des girouettes ballotées au gré du vent. Un vent qui vient du front de l'est, de Stalingrad, très exactement.
Ce texte n'est pas une farce. Golo Thomsen, SS convaincu et dénaturé, très impliqué dans l'extermination des Juifs, est plus ou moins planqué à Auschwitz pendant que ses camarades se battent en Russie. C'est le neveu de Martin Bohrman. Il se promène de ci de là, en tripotant les femmes du bocage silésien, les kapos, éventuellement les femmes d'officiers. Parfois, il donne un avis éclairé aux ingénieurs d'IG Farben, qui implantent une usine dans le camp, s'opposant à tout assouplissement du régime des prisonniers pour en faire de meilleurs esclaves. Car IG Farben, en bon gestionnaire de ses ressources humaines, souhaite que les esclaves ne meurent par comme des mouches. Ce n'est pas rentable. Kreativ Vernichtung. Anéantissement créateur de richesse. Mmmm IG Farben...
Golo tombe soudainement amoureux d'Hannah Boll, l'épouse aryennement parfaite de Paul Boll, commandant du camp d'extermination, double de Rudolf Hoss. Il se confie à son ami Boris, nazi fanatique, officier de la wehrmacht, puni quelques temps et mis au placard à la gestion du camp. Il n'espère qu'une chose, repartir au plus vite sur le front de l'est. Boris ressent une attirance contre nature pour Esther, une jeune prisonnière.Paul, Boris, Golo et quelques autres travaillent avec plus ou moins de satisfaction à l'extermination des Juifs. Hanna est gênée par l'odeur, mais bon, les Juifs, il faut bien s'en débarrasser...Et puis soudain, revirement de situation, voilà qu'Hanna et Golo ont des états d'âme...Et si ce n'était pas bien, pas normal, ce qui se passe là bas, dans les douches ? Dans les fours ? Pourquoi ce revirement ? Est-ce l'amouuuur? Qui donne une conscience ? Non, c'est Stalingrad, qui annonce que la guerre est perdue, que le reich est foutu, qu'il va falloir changer de refrain. Golo et Hanna s'y attellent, horribles pantins désarticulés mus par le vent qui tourne...
Voilà le coeur de l'histoire. Stalingrad, son message. Ce n'est pas dit clairement, il faut le lire entre les lignes. Aucun des personnages ne prend conscience de ce qui lui arrive, car aucun n'a de conscience.
Golo et Hanna sont des zéros, des nuls, dont l'"amour" est rendu abject.
Paul Boll demeure l'abruti fanatique qu'il est, irrécupérable.
Szmul, le Sonder ( Juifs réquisitionnés pour pousser les leurs dans les douches en leur mentant) finit par ...On ne peut pas juger un homme mis par immonde perversité dans cette situation.
Boris, boum.
Ce n'est pas une farce, tout est abject là dedans, tout est monstrueux. Les êtres sont vides. Que le vent tourne encore, et ils y retourneront, au camp d'extermination, faire leur petit boulot et leurs courses. C'est là la nouveauté, l'angle d'attaque et la zone d'intérêt. Pas d'esprit, ils sont différents du personnage de la mort est mon métier, ou des autres livres que j'ai lus sur le sujet. Juste vides. Pas de principe, pas de valeurs, pas de morale, pas de sentiments, pas d'idées, pas de vie intérieure. Des zombies. Mordseele. Ame meurtrière. Âme morte.
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traversay
  02 septembre 2015
Martin Amis a déjà écrit un roman sur la barbarie nazie avec La flèche du temps, l'histoire d'un médecin à Auschwitz, contée à rebours avec une virtuosité qui diluait la monstruosité de ses actes tout en les faisant apparaître, après réflexion, encore plus atroces. Un livre brillant qui est sans doute le meilleur de l'écrivain britannique. Avec La zone d'intérêt, Amis choisit une fois de plus d'évoquer l'horreur par un prisme original, a priori volontairement choquant et provocateur. Trois personnages : le commandant d'un camp (celui d'Auschwitz même si le nom n'est pas prononcé), un officier SS et un membre d'un Sonderkommando racontent leur quotidien chacun à tour de rôle. Hormis pour le témoignage du dernier, le ton est déroutant et le style de l'auteur accentue encore cette impression. Entre des considérations sur la toute puissance du Reich, la machinerie implacable de la solution finale et les ennuis de logistique pour répondre à la nécessité de rendement imposé par Berlin, on y retrouve une sorte de triangle amoureux autour de la femme du commandant. Choquant ? Oui et non. Paradoxalement, ce le serait si le livre était passionnant mais c'est loin d'être le cas. Répétitif, lourd de par son style, n'est-il finalement pas inutile ? Le mécanisme du camp de concentration, cette usine de mort, a déjà maintes et maintes fois décrit y compris à l'écran dans l'Amen de Costa-Gavras. Les Sonderkommandos ? D'une part, ils n'ont qu'une petite place dans le roman et, d'autre part, pour ceux qui ont vu en avant-première le film Le fils de Saul, souvent insoutenable, bien qu'il laisse l'abomination en lisière, la comparaison ne tient même pas. Bref, La zone d'intérêt est un drôle d'ouvrage qui peut perturber mais qui finit surtout par ennuyer.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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Renod
  14 octobre 2015
JoyeuxDrille écrit dans sa critique : « Un livre qui, d'évidence, ne plaira pas à tout le monde et en laissera d'autres perplexes. » J'appartiens à la catégorie des perplexes. La « zone d'intérêt » raconte la vie d'un camp de concentration, le Kat Zet 1, du triple point de vue narratif de Paul Doll, le commandant du camp, d'Angelus Thomsen, un officier nazi coureur de jupons et de Szmul, un sonderkommando affligé.
Paul Doll est le double fictif de Rudolf Höss, l'officier qui a commandé les camps de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. C'est un homme dépourvu de toute conscience et de toute empathie pour ses victimes. Ses deux principaux soucis sont d'améliorer l'efficacité des massacres et d'obtenir à nouveau les faveurs de son épouse Hannah. Martin Amis le dépeint en bouffon alcoolique désigné par ses collègues nazis sous le joli sobriquet de ''vieux pochetron''. Quand Amis le fait parler, il place des « Ach », des « nicht » et utilise des mots allemands pour désigner l'anatomie féminine des femmes. Par ses tics de langage, le personnage m'a fait penser au Colonel Klink de la série « Papa Schultz »… La satire est si grossière que Martin Amis est à deux doigts de le représenter traversant le camp en tutu rose… Après une journée passée à la rampe à aopérer des sélections sur les convois, Doll rejoint sa femme et ses deux filles dans sa maison bourgeoise située à proximité du camp.
Angelus Thomsen est le neveu de Martin Bormann, un personnage historique, chancelier du Parti nazi et secrétaire de Hitler. Il doit son grade à son oncle mais semble peu concerné par l'idéologie nazie. Pour résumer son activité il déclare : « Je rute, je rute, je rute ». Il tombe éperdument amoureux d'Hannah Doll.
Le personnage de Szmul apporte une dimension tragique à l'oeuvre. Il est responsable des Sonderkommandos, ces prisonniers qui ont participé au processus de la solution finale en aidant par exemple à la sélection ou en récupérant sur les victimes tout ce qui pouvait avoir une quelconque valeur. Il a vendu son âme pour survivre quelques jours, quelques semaines de plus. Szmul est la conscience du roman. Il voit l'horreur. Il sait.
La «zone d'intérêt» désigne la région d'Auschwitz. Cette formule utilisée par les nazis a une connotation économique . le roman évoque en effet la construction au sein du complexe concentrationnaire de la Buna-Werke, une fabrique de caoutchouc financée par l'entreprise IG Farben. Martin Amis fait débattre les officiers SS et les ingénieurs de la firme : est-il nécessaire d'affamer et d'épuiser la main-d'oeuvre fournie par les déportations ? Il interroge le rôle et la culpabilité de ces « perpétrateurs de bureau » et de ces « meurtriers bureaucrates ». La zone est délimitée par cette odeur pestilentielle de cadavres enterrés à la va vite avec laquelle il faut apprendre à vivre. Certains s'y habituent, c'est la « banalité du mal », d'autres non. Comment rester humain au milieu de l'horreur ? Comment vivre après avoir côtoyé le mal ? Comme le déclare Hannah à la fin du roman : « ce serait dégoûtant que quelque chose de bien sorte de cet endroit ». La culpabilité peut mener à la folie ; le roman peut se lire sous la lumière du Macbeth de Shakespeare, qui est cité en préambule.
Martin Amis se justifie dans sa postface. Il s'est longuement documenté. Et c'est vrai que la fiction colle aux faits historiques du camp d'Auschwitz. Traiter ces événements de manière décalée peut se révéler précieux pour apporter une nouvelle lecture de la Shoah. Après, nous sommes en droit de nous demander s'il était vraiment utile de faire d' un dignitaire nazi un obsédé sexuel, de dépeindre le commandant d'un camp d'extermination en clown grotesque atteint de troubles psychiques, et de parsemer le récit de mauvaises blagues. Etait il nécessaire de donner tant de place au coup de foudre de Thomsen? Cette satire excessive plombe une oeuvre qui partait sur de bonnes problématiques et un traitement original.
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isasymai
  14 janvier 2016

Eclair, tonnerre, averse, soleil, arc-en-ciel : la météorologie du coup de foudre. C'est ce qu'a ressenti Angelus Thomsen pour la belle Hannah : rien de très original; ce qu'il l'est davantage ce sont les personnes impliquées et l'endroit où survient ce coup de foudre.Angelus, officier SS de haut rang n'est rien moins que le neveu d'adoption de Martin Bormann, secrétaire d'Hitler; Hannah mère de jumelles blondinettes est quant à elle la femme de Paul Doll, également appelé le vieux pochtron, commandant de la Zone d'intérêt (une des expressions utilisées pour parler d'Auschwitz).
Nous sommes en 1942.
Le début du roman a tout du vaudeville : une femme, un mari, un amoureux, l'ami de celui-ci Boris., un prétexte pour un roman dont l'objectif est tout autre.
Comment parler de la Soah en se plaçant du côté des bourreaux, sans utiliser les mots et le style que d'autres avant vous ont utilisés? Comment ne pas tomber dans le voyeurisme macabre, voire gore?
Martin Amis a choisi la satire, la dérision, comme Edgar Hilsenrath dans "le barbier et le Nazi" entre autre. Pour moi son roman s'apparenterait plutôt au film de Chaplin "Le dictateur", mais là où Chaplin se moque des dirigeants, Amis, lui, jette son dévolu sur les exécutants. Ceux qui dans leur vie quotidienne et malgré tous leurs problèmes personnels ou "professionnels", n'avaient qu'une obsession : accomplir de leur mieux les directives venues d'en haut et la réalisation des objectifs. Celui de Paul Doll est d'exécuter un maximum de déportés, Celui d'Angelus est de faire tourner la machine de guerre , en les utilisant dans son usine de carbure ( Auschwitz est une zone d'interêt et doit être rentable à tout point de vue). Sans oublier Schmul, le sonderkommando le plus triste du monde qui espère en se faisant remarquer le moins possible, vivre suffisamment longtemps pour témoigner de ce qu'il a vu.
On s'épie, on se jauge, on se plaint des uns aux autres car si tous sont en apparence des nazis certifiés, tous n'ont pas le même vécu. Paul Doll passé de la gauche au nazisme, s'est donné beaucoup de mal pour en arriver là et remplit son rôle d'executeur avec une rigueur qui ne supporte aucune désorganisation, si minime soit-elle. Pour lui, Angelus, neveu de Borman, plutôt flegmatique est un pistonné dont il se méfie (à raison). Pour Angelus et Boris, Paul Doll n'est jamais que "leur petit Eichmann avec sa planchette et son sifflet".
Ces administrateurs zélés sont grotesques, et ceci ne fait que renforcer l'horreur d'une situation où le plus grand nombre dêtres humains va être exterminé pendant que cette petit poignée qui a leur vie entre les mains cherche à s'occuper entre 2 "arrivages". Car si on y tue en masse, il faut aussi tuer le temps.; On boit, on mange (beaucoup), on assiste à des concerts, à des pièces de théatre (dans lesquelles jouent des déportés) mais il faudrait quand même beaucoup d'aveuglement pour continuer à faire semblant de vivre "normalement", alors qu'à la neige qui tombe se mêlent les cendres des crématoires et que la population des alentours se plaint de l'odeur.
Ce roman n'occulte rien des atrocités qui se sont passées dans ce camp mais par la dérision il apporte un surcroît d'effet glaçant. Auschwitz n'est jamais nommé autrement que par la zone d'intérêt. le nom d' Hitler n'est jamais prononcé mais il est omniprésent, car tous se réclament de lui dans l'exécution de leurs basses oeuvres.
En refermant ce livre je n'ai pas pu m'empêcher de penser à tous ces camps qui existent actuellement sur la planète. A tous ces endroits où au prétexte d'une quelconque idéologie certains s'autorisent à tuer et à torturer en fait pour leur simple plaisir. Il n'y règne peut être pas l'organisation nazie, mais le sentiment de toute puissance que donne la faculté d'ôter la vie est bien là.
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critiques presse (5)
LeSoir   09 septembre 2015
La Zone d’intérêt plante le charnier absolu au cœur d’une sorte de vaudeville.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LeFigaro   03 septembre 2015
Plus calme, moins survolté que d'habitude, l'auteur de La Flèche du temps interroge une nouvelle fois le mystère de la Shoah de manière profonde et satirique.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   19 août 2015
Sous ses dehors burlesques — un burlesque qui provoque non le rire, mais l'effroi, la révulsion, le désespoir — et servi par une prose d'une extrême sophistication, La Zone d'intérêt s'offre bel et bien à lire [...] comme une réflexion jamais fantasque mais audacieuse jusqu'à l'insolence du romancier perspicace, ténébreux et hautement sarcastique qu'est Martin Amis
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint   05 août 2015
La Zone d'intérêt [...], récit semé d'incidents sur la vie asexuelle d'Hitler et Eva Braun et de descriptions grotesques des frasques de SS emplis de bière et de haine, raconte une histoire d'amour à l'ombre des crématoires.
Lire la critique sur le site : LePoint
Bibliobs   12 novembre 2014
Son roman participe de sa réflexion morale - un texte peut-être discutable, mais sûrement indispensable si l'on veut comprendre sa démarche d'écrivain, et son oeuvre en général.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
GabySenseiGabySensei   24 août 2015
"Oh, nous remporterons la victoire, Kommandant, déclara-t-il à l'heure du déjeuner, au Mess des officiers. Le soldat allemand n'a que mépris pour les conditions objectives.
- Certes, mais quelles sont-elles ?
- Eh bien, l'ennemi nous surpasse en nombre. Sur le papier. Ach, mais 1 soldat allemand vaut 5 soldats russes. Nous avons le fanatisme et la volonté. Ils ne nous arrivent pas à la cheville en matière d'implacable brutalité.
- En êtes-vous sûr, Prufer ? Une résistance obstinée...
- Ce n'est pas comme en France ou aux Pays-Bas, Sturmbannfuhrer. Des nations civilisées. Le cran et la décence de s'incliner devant une puissance supérieure. Les Russes sont des Tartares et des Mongols. Ils se battent jusqu'à la mort." Prufer se gratta le cuir chevelu. "Ils sortent des égouts la nuit, un couteau entre les dents.
- Des asiatiques. Des bêtes. Alors que nous sommes encore bridés par notre mentalité chrétienne. Qu'est-ce que ça signifie pour la IVe armée, Hauptsturmfuhrer, et pour l'Opération Blue ?
- Avec notre zèle ? La victoire sans l'ombre d'un doute. Elle mettra un peu plus de temps à venir, voilà tout.
- J'entends dire que nous manquons de ravitaillement. La pénurie...
- C'est vrai. Il n'y a presque plus de carburant. Ou de nourriture. Ils mangent les chevaux.
- Et les chats, m'a-t-on rapporté.
- Non, ils ont terminés les chats. Cette situation est temporaire. Tout ce qu'ils ont à faire, c'est reprendre la base aérienne de Gumrak. D'ailleurs les privations ne posent aucun problème aux hommes de la Wehrmacht.
- On raconte aussi que la maladie sévit. Et ils n'ont pas beaucoup de médicaments, j'imagine.
- Il fait -30° mais ils ont des tas de vêtements chauds. Dommage qu'il y ait les poux. Et ils doivent être vigilants. Il y a peu, Irmfried s'est réveillé en pleine nuit : une énorme souris avait rongé ses chaussettes et s'attaquait à ses orteils. Il ne s'en était pas aperçu à cause des engelures. Oh, et les munitions. Ils manquent de munitions.
- Aïe, bon Dieu, comment allons-nous vaincre sans munitions ?
- Pour un soldat allemand, ces difficultés sont immatérielles.
- Ne risquent-ils pas d'être encerclés ?
- Les lignes allemande sont imprenables." Après une pause gênée, prufer déclara : "Cela dit, à la place de Joukov, je foncerais sur les Roumains.
- Ach, Joukov est un moujik. Il est bien trop stupide pour y penser. Il n'arrive pas à la cheville d'un stratège allemand. Dites-moi, comment se porte Paulus ?
- Sa dysenterie ? Il est encore alité, Sturmbannfuhrer. Mais écoutez-moi monsieur. Même s'il était techniquement possible de nous encercler, Joukov est incapable d'arrêter Manstein. Le Generalfeldmarschall Manstein percera ses lignes sans mal. Et ses 6 divisions renverseront la vapeur.
- Comme vous l'avez dit vous-même, euh, Wolfram, la défaite est une impossibilité biologique. Comment pourrions-nous être défaits par ce ramassis de Juifs et de péquenauds ? A d'autres !"

(P240)
+ Lire la suite
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RenodRenod   07 octobre 2015
Il était une fois un roi qui demanda à son magicien préféré de confectionner un miroir magique. Dans ce miroir, on ne voyait pas son reflet. On y voyait son âme : il montrait qui l’on était vraiment.

Le magicien ne pouvait pas le regarder sans détourner les yeux. Le roi ne pouvait pas le regarder. Les courtisans ne pouvaient pas le regarder. On promit une récompense, une malle pleine de joyaux, à tout citoyen de cette paisible contrée qui pourrait le regarder pendant soixante secondes sans détourner les yeux. Pas un seul n’y parvint.

Pour moi, le KZ* est ce miroir. Le KZ* est ce miroir, avec une différence : ici, on ne peut pas détourner les yeux.

(KZ = Konzentrationslager, camp de concentration)
+ Lire la suite
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littlecatlittlecat   24 septembre 2015
Un convoi de 1000 ? Voyons, ils n'étaient pas plus de 100 ! Quant à la Selektion : seule une poignée d'entre eux avait plus de 10 ans et moins de 60 ; et même les jeunes adultes étaient déjà, façon de parler, sélectionnés. Tenez, par exemple. Cet homme a la trentaine et un torse de taureau, certes, mais il a aussi un pied bot. Et cette demoiselle, plutôt musclée, est en parfaite santé, assurément, mais elle est enceinte. Tous les autres : minerves et cannes blanches.
+ Lire la suite
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l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   12 octobre 2015
Que disait la souris ? Elle disait : « Tout ce que je peux offrir, comme atténuation, en guise d’apaisement, c’est l’entièreté, la perfection de mon impuissance. »
Que disait le chat ? Il ne disait rien, bien sûr. Le regard froid, scintillant, impérial, d’un autre ordre, d’un autre monde.
Lorsque je suis rentré dans mon meublé, Max était étiré de tout son long sur le tapis du bureau. La souris avait disparu, dévorée sans laisser de trace, queue y compris.
Ce soir-là, au-dessus du noir infini de la plaine eurasienne, le ciel s’est accroché jusqu’à tard à son indigo, à son violet – à ces teintes pareilles à une contusion sous un ongle.
C’était en août 1942.
+ Lire la suite
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YassleoYassleo   20 octobre 2015
Lorsque l'avenir se penchera sur les Nationaux-Socialistes, il les trouvera aussi exotiques et improbables que les carnivores de la Préhistoire (ont-ils vraiment pu exister, le vélociraptor, le tyrannosaure?). Ni humains ni mammifères.
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Vidéo de Martin Amis
Le 24 septembre 2015, François Busnel reçoit :
Mathias Énard, Boussole Yasmina Khadra, La Dernière Nuit du Raïs Boualem Sansal, 2084 : la fin du monde Martin Amis, La Zone d'intérêt (en)
François Busnel propose en direct chaque jeudi à 20h35 sur France 5, un magazine qui suit de près l'actualité littéraire avec pour seul mot d'ordre, le plaisir.
Retrouvez toutes les informations sur les invités et leur actualité sur notre site : http://www.france5.fr/la-grande-librairie Rejoignez-nous sur les réseaux sociaux pour suivre notre actualité : https://www.facebook.com/pages/La-Grande-Librairie/512305502130115 https://twitter.com/GrandeLibrairie Et réagissez en direct pendant l?émission avec le hashtag #LGLf5.
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