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EAN : 9782012790612
337 pages
Éditeur : Hachette Littératures (01/03/2002)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 31 notes)
Résumé :

Au milieu des années cinquante, Raymond Aron prend vivement à partie les intellectuels compagnons de route du Parti communiste, notamment Sartre et le groupe des Temps modernes. Il analyse ici les raisons de leur aveuglement.Malgré la différence de contexte, ce livre est encore d'actualité, tant le message de cet ouvrage peut continuer à nourrir une éthique intellectuelle telle que les dernières lignes du livre la d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Latias
  21 novembre 2020
Raymond Aron, habituellement considéré comme le chef de file des rares intellectuels de droite de sa génération, s'en prend avec vigueur dans "L'opium des intellectuels" aux intellectuels en général, à ceux de gauche en particulier, et parmi ceux-ci ceux qui sans être communistes soutiennent inconditionnellement le régime soviétique.
Publié en 1955, le livre a bien sûr un intérêt historique : certaines critiques sont très marquées par les premières années de la Guerre Froide, la forte position du Parti Communiste Français, et... la querelle qui opposait alors Raymond Aron à Jean-Paul Sartre.
Mais, bien que le monde ait beaucoup changé, "L'opium des intellectuels" comporte, notamment sur la France, des jugements qui montrent que les peuples ne changent guère.
Enfin, même si l'on ne partage pas l'inclination libérale de l'auteur, on ne peut qu'être impressionné par l'ampleur de ses vues où alternent philosophie, politique, histoire et économie.
Impressionné également par son indépendance d'esprit : "n'oublier jamais ni les arguments de l'adversaire, ni l'incertitude de l'avenir, ni les torts de ses amis" écrit-il, in fine.
Attention, l'ouvrage se mérite, si Raymond Aron est capable de formulation brillantes, son style est lourd.
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romamana
  11 mai 2020
Publié en 1955, cet ouvrage a valu de nombreuses critiques à Raymond Aron qui affirmera plus tard que la venue de Khrouchtchev au pouvoir rendait en partie caduques ses analyses.
Le titre fait référence à une célèbre citation de Marx sur la religion, qu'il qualifie d'opium du peuple. Une doctrine comme le marxisme qui se veut aussi noble, généreuse, rationnelle ne pourrait-elle pas être considérée comme l'opium des intellectuels ? (qui se rallient de fait massivement au communisme)
Raymond Aron répond que la pensée marxiste est mythique, fondée sur une téléologie historique et que les intellectuels se sont laissés embrigadés par leur idéologie.
Cet ouvrage est écrit dans un style vieille France (ressemblant à celui de De Gaulle) qui peut horripiler certains, ce qui n'est pas mon cas.
Cependant, il existe sur youtube une vidéo qui à mon avis dépasse l'analyse finale de la troisième partie du livre. Cette vidéo est intitulée : Raymond Aron sur son conflit avec certains intellectuels.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Jean-DanielJean-Daniel   25 décembre 2019
Le français est par excellence, révolutionnaire en mots et conservateur en actes.
Les ouvriers ne croient pas d'eux-mêmes qu'ils sont élus pour le salut de l'humanité. Ils éprouvent bien davantage la nostalgie d'une ascension vers la bourgeoisie.
Les intellectuels de France ont les premiers entrepris la quête d'une religion rêvée par les militants de la révolution, les positivistes et les Saint-Simoniens. En fait, la prophétique marxiste transfère un schéma d'évolution en une histoire sacrée dont la société sans classe marque l'aboutissement.
Marx appelait la religion "l'Opium du peuple". Qu'elle le veuille ou non , l'Eglise consolide l'injustice établie. Elle aide les hommes à supporter et à oublier leurs maux au lieu de les guérir. Obsédé par le souci de l'au-delà, le croyant est indifférent à l'organisation de la cité. L'idéologie marxiste dès qu'un Etat l'a érigée en orthodoxie tombe sur le coup de la même critique. Il y a plus, jamais le christianisme n'a accordé de blanc seing aux gouvernants.
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enkidu_enkidu_   11 mars 2017
Nul pays d'Asie n'était autant que la Chine légitimement orgueilleux de son histoire et de sa culture. Nul, depuis un siècle, ne fut plus humilié. Non qu'elle ait été conquise : on ne conquiert pas la Chine, à la rigueur on s'empare du trône comme le firent les Mandchous. La guerre de l'opium, le sac du Palais d'Été, les concessions étrangères, les traités inégaux ou la liberté pour les missions étrangères, imposée sous la menace des canons, ont laissé des ressentiments qui s'effaceront lentement. Les communistes, dès la prise du pouvoir, ont détruit les communautés chrétiennes ; peut-être n'importe quel gouvernement fort aurait-il agi de même, en un style différent.

La doctrine traditionnelle qui soutenait l'ordre séculaire était, avant tout, morale et sociale. Le confucianisme justifiait l'accession des lettrés à l'exercice de fonctions administratives et gouvernementales. L'écroulement de l'empire entraîna la ruine de l'idéologie. La restauration du bouddhisme ou de l'hindouisme se déroulait sous l'œil des Barbares, sous la protection de l'Indian civil service. Une rénovation du confucianisme aurait pu suivre mais non préparer le retour de la Chine à son rang de grande puissance.

Les intellectuels qui se sont ralliés spontanément au communisme, avant 1949, n'ont été qu'une minorité. Le prestige de la révolution russe qui, dès 1920, provoqua l'adhésion de quelques lettrés, ne se distinguait pas essentiellement de celui des autres idées révolutionnaires venues d'Europe. Les longues années de guerre, la corruption progressive du Kuomintang, l'inflation, les rigueurs du régime policier aliénèrent l'intelligentsia et en firent l'alliée de Mao Tse-toung.

Le communisme séculier, matérialiste, peut-il devenir la doctrine des lettrés chinois ? La dévalorisation de la famille, la promotion du parti et de l'État représentent, par rapport au passé, un bouleversement que l'on aurait, hier encore, considéré comme impossible. Mais le parti communiste n'en reconstitua pas moins une hiérarchie, au sommet de laquelle trônent ceux qui savent. Marxistes-léninistes se nomment aujourd'hui ces savants qui sont, en même temps, des guerriers. La conjonction des chefs de guerre et des lettrés était, depuis des siècles, inconnue. Peut-être a-t-il fallu l'influence occidentale pour la restaurer. Contre une domination détestée, les lettrés retrouvèrent la ferveur de croisade et, vainqueurs, reconnurent à l'Occident sa plus secrète victoire : la doctrine au nom de laquelle ils ont chassé les Barbares, appartient à l'essence de l'Occident, elle met au premier rang l'action et l'histoire. (chapitre 8)
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enkidu_enkidu_   11 mars 2017
Le national-socialisme est devenu de moins en moins conservateur au fur et à mesure que son règne se prolongeait. Les chefs de l'armée, les descendants des grandes familles furent pendus à des crocs de bouchers, côte à côte avec les leaders de la social-démocratie. La direction de l'économie gagnait de proche en proche, le parti s'efforçait de modeler l'Allemagne, s'il avait pu l'Europe entière, conformément à son idéologie. Par la confusion du parti et de l'État, par la mise au pas des organisations indépendantes, par la transformation d'une doctrine partisane en une orthodoxie nationale, par la violence des procédés et le pouvoir démesuré de la police, le régime hitlérien ne ressemble-t-il pas au régime bolchevik bien plutôt qu'aux rêveries des contre-révolutionnaires ? Droite et gauche ou pseudo-droite fasciste et pseudo-gauche communiste ne se rejoignent-elles pas dans le totalitarisme ?

Il est loisible de répliquer que le totalitarisme hitlérien est de droite, le totalitarisme stalinien de gauche, sous prétexte que l'un emprunte des idées au romantisme contre-révolutionnaire, l'autre au rationalisme révolutionnaire, que l'un se veut essentiellement particulier, national ou racial, l'autre universel à partir d'une classe élue par l'histoire. Mais le totalitarisme prétendument de gauche, trente-cinq ans après la Révolution, exalte la nation grand-russe, dénonce le cosmopolitisme et maintient les rigueurs de la police et de l'orthodoxie, autrement dit il continue de nier les valeurs libérales et personnelles que le mouvement des Lumières cherchait à promouvoir contre l'arbitraire des pouvoirs et l'obscurantisme de l'Église. (chapitre 1)
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LatiasLatias   21 novembre 2020
Le progrès technique dépend du développement de la science, c'est-à-dire de la raison appliquée à la découverte de la nature. Il n'entrainerait pas l'abondance relative si l'on n'y joignait, par la pensée, la constance de la population, ce qui implique la domination de la raison sur l'instinct. Il ne garantirait la paix ni entre les individus, ni entre les classes, ni entre les nations, si on imaginait la reconnaissance mutuelle des hommes dans leur essence commune et leur diversité sociale, autrement dit la maîtrise de la raison en tous et en chacun, sur la tentation de la révolte et de la violence. L'humanité, sur cette terre, ne saurait-être réconciliée avec elle-même, tant que le luxe de quelques-uns insulte à la pauvreté de presque tous. Mais l'accroissement des ressources et la réduction des inégalités laissent les hommes et les sociétés semblables à eux-mêmes, ceux-là instables, celles-ci hiérarchiques. La victoire sur la nature permet, mais ne détermine pas le règne de la raison sur les passions.
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LatiasLatias   21 novembre 2020
On ne saurait dire que le malthusianisme des industriels ait été définitivement éliminé, que les paysans aient tous reconnu la nécessité de moderniser les procédés de culture. Le dirigisme conservateur -- la protection accordée à tous les intérêts acquis, le grippage des mécanismes libéraux ou administratifs susceptibles de forcer à la reconversion les entreprises marginales -- continue de sévir. Malgré tout, la défaite, l'occupation, la quasi-révolution de 1944 ont secoué les habitudes, rendu les Français moins rebelles aux changements, moins hostiles aux risques.
Si la nation est plus vivante, le régime politique n'est pas meilleur. Les gouvernements sont plus divisés, plus faibles encore que dans les dernières années de la IIIème République. A moins de tenir l'incapacité d'agir pour la suprême vertu de l'Etat, personne ne saurait approuver la IVème République. On aurait tort de parler de la dissidence des seuls intellectuels, on devrait parler de la dissidence des Français par rapport à la France ou des citoyens par rapport à l'Etat. Société figée, intelligence idéologique, les deux phénomènes ne sont qu'en apparence contradictoires : ils font système. Plus la réalité paraît cristallisée, plus l'intelligence voit sa mission dans la critique et le refus.
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Videos de Raymond Aron (123) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Aron
5/5 Cours de Monsieur le Professeur Raymond Aron : Philosophie et Histoire. Première diffusion le 20/01/1964 sur Radio Sorbonne. Toute cette première semaine des "Conférences du soir" est consacrée à des cours donnés par Raymond Aron à ses étudiants de la Sorbonne, fin 1963 et début 1964 : les 5 premiers d’une série qui allait se poursuivre au cours de l’année universitaire, série intitulée "Philosophie et Histoire". S’intéresser en historien à ce que « jamais on ne verra deux fois » et, en philosophe, à « ce qui est par essence valable universellement », était au cœur de la réflexion de Raymond Aron. Thèmes : Idées| Histoire| Philosophie| Raymond Aron
Source : France Culture
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