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ISBN : 2818036208
Éditeur : P.O.L. (20/08/2015)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 303 notes)
Résumé :
Quand on parle d'amour en France, Racine arrive toujours dans la conversation, à un moment ou à un autre, surtout quand il est question de chagrin, d'abandon. On ne cite pas Corneille, on cite Racine. Les gens déclament ses vers même sans les comprendre pour vous signifier une empathie, une émotion commune, une langue qui vous rapproche. Racine, c'est à la fois le patrimoine, mais quand on l'écoute bien, quand on s'y penche, c'est aussi du mystère, beaucoup de mystè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (90) Voir plus Ajouter une critique
motspourmots
  03 octobre 2015
Racine, maître es tragédie, grand ordonnateur des passions amoureuses contrariées, l'auteur de Phèdre, Andromaque, Bérénice peut-il aider à guérir d'un chagrin d'amour ? C'est en tout cas le chemin qu'emprunte l'héroïne et narratrice de ce roman qui séduit autant par sa langue, belle, riche, mélodieuse que par son originalité et donne envie de se replonger dans les oeuvres de Racine.
Quoi de plus actuel qu'une Bérénice quittée par Titus parce qu'il ne veut pas se séparer de Roma, sa femme qu'il n'aime plus assure-t-il à Bérénice mais qui est la mère de ses enfants ? Situation banale, mille fois croisée. Qui laisse pourtant notre Bérénice contemporaine totalement détruite. Jusqu'à ce qu'un simple vers s'insinue dans son esprit, la titille et la pousse à relire les tragédies de Racine. "Elle trouve toujours un vers qui épouse le contour de ses humeurs, la colère, la déréliction, la catatonie...Racine, c'est le supermarché du chagrin d'amour, lance-t-elle pour contrebalancer le sérieux que ses citations provoquent quand elle les jette dans la conversation." Pour comprendre son chagrin et se donner une chance de le dompter, elle part sur les traces de Racine, tente de comprendre comment cet homme en est arrivé à si bien disséquer et traduire la passion amoureuse. Pour si bien le dire, faut-il l'avoir vécu ?
Même s'il s'agit de revisiter la vie et le cheminement de Racine, nous ne sommes pas dans une quelconque biographie mais bien dans un roman dont le dramaturge est le héros. Ce que cherche à savoir Bérénice c'est ce que l'homme a pu éprouver, quelles émotions l'ont assailli, quels drames l'ont forgé, quelles frustrations l'ont poussé. Rien dans son enfance ni son éducation ne le destinait au théâtre. Au contraire. A Port-Royal où il est pensionnaire sous l'autorité d'une tante après le décès prématuré de ses parents, on ne connaît d'amour que celui de Dieu. C'est dans l'étude des textes grecs et latins qu'il puise son inspiration mais c'est en cachette qu'il se nourrit de textes "subversifs" évoquant des passions entre les individus, des émotions dont il est interdit de faire état dans l'enceinte de l'établissement. Seule la tragédie l'inspire, et l'amour de la langue, sa volonté de simplifier pour la rendre plus limpide.
"Il n'a qu'une ambition, celle de composer des vers qui plaisent et qui restent. A l'idée de naissance ou de providence, il doit résolument substituer celle de carrière. le verbe plaire entre dans son vocabulaire".
Son parcours sera flamboyant, favorisé par Louis XIV (d'un an son aîné seulement) et son goût pour les Arts, à une époque où il côtoie Boileau, La Fontaine, Corneille, Molière et Lulli, tous au service du rayonnement du Roi Soleil. C'est un Racine courtisan et habile que découvre Bérénice, un séducteur qui rattrape largement le temps perdu de son adolescence dans les bras des actrices suspendues aux rôles qu'il crée pour elles. Un Racine totalement subjugué par son Roi au point d'abandonner le théâtre pour se consacrer à son histoire. Mais un Racine tiraillé entre deux influences, celle rigide de l'Abbaye de Port-Royal et celle du théâtre qui lui offre un terrain d'expression autant que la reconnaissance. Un homme qui néanmoins ne boude aucune émotion, les vit à fleur de peau ou bien cherche à les étudier, à mieux comprendre les ressorts de la passion en obtenant le témoignage de femmes qu'il utilisera ensuite pour forger ses personnages. Et sublimer leurs sentiments.
Pour Bérénice, revenir aux sources c'est aussi retomber sur terre. Faire le tri entre fantasmes et réalité. Entre le théâtre et la vie. Comprendre que si Titus l'a quittée, c'est qu'il ne l'aimait pas. Tout simplement.
Ce roman est un vrai cadeau qui fait chanter le texte aux oreilles du lecteur, servi par une belle érudition et un propos limpide. Il propose une réflexion salutaire sur les illusions de la passion et ses effets secondaires. Incitant pourtant à s'y laisser prendre plutôt qu'à s'en méfier. Quitte à relire Racine pour s'en guérir.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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aleatoire
  12 février 2016
Je vous la fais courte (c'est, finalement, pour agréer la demande de Krout, cf. sa critique, de plus cette oeuvre a déjà été superbement commentée).
C'est l'histoire d'une meuf, la narratrice, emplie de ressentiment à l'endroit d'un homme qui n'a pas, au cours des deux années de leur histoire, su convoquer le courage d'abandonner son contexte familial pour aller au bout d'une logique affective.
C'est une histoire répétée chaque nuit dans le poste, chez Caroline Dublanche sur Europe1, lorsque la culpabilité fait faire plus de choses que l'amour, de ces choses indécises et d'entre-deux que l'on rencontre aussi dans le théâtre d'Anouilh, les histoires de Marguerite Duras et qui conduisent l'homme irrésolu à attraper la maladie de l'amour ou plutôt celle de la mort. (Titus non plus ne survivra pas longtemps à son renoncement - et pas davantage l'homme irrésolu -). Elia Kazan (l'Arrangement), Moravia (le Mépris) ont aussi implacablement écrit sur la lâcheté des mâles qui, au bout de l'attente n'induit plus précisément que le mépris de l'autre, avant l'affreuse indifférence.
Il y a du Titus dans chaque homme et forcément des Bérénice qui, à bout de bras, portent un amour plein d'atermoiements et qui un jour, sur le chemin de leur Palestine, de lutte lasses, par-dessus le parapet d'un pont (c'est un rêve récurrent chez elles) jettent ce fardeau sentimental.
L'idée magistrale de l'auteure est d'élaborer un parallélisme entre la renonciation d'état et une résignation domestique.
Pour éloigner le chagrin, la haine parfois, d'aucunes font du macramé, écrivent sur des réseaux sociaux ou appellent Caroline Dublanche ; la narratrice, invitée par Bérénice, s'investit dans la vie et l'oeuvre de Racine, qu'intimement, toujours elle nomme Jean. Comme disent de leurs mets les cuisiniers , elle raconte une histoire et revisite la vie de Racine à Port-Royal, Paris, Versailles près du roi. C'est sa thérapie.
Et c'est un beau travail d'écriture, classique, original, richement documenté.
"Selon les jours, le roi lui pose une question de latin ou de vocabulaire, lui demande une lecture, surtout, lorsque, souffrant, il ne quitte pas son lit. [...] cette promiscuité ne ternit rien, au contraire. L'admiration qu'on a pour les idoles, loin de retomber quand on les voit déglutir ou cracher, ne fait que s'emporter d'avantage et les élever plus haut, comme si elle relevaient de deux règnes différents, puisaient à deux métaphysiques, celles des hommes et celle des dieux, augmentaient leur mérite par cette ambivalence extraordinaire."
Et puis, cette ultime confidence de la narratrice :
"Que Titus n'a jamais aimé Bérénice ou qu'il l'a aimée, que vouloir comprendre ce qu'on appelle l'amour, c'est vouloir attraper le vent. Au jeu de la marguerite, on pourrait arracher n'importe lequel des pétales, à la folie, passionnément, pas du tout. [..]
On dit qu'il faut un an pour se remettre d'un chagrin d'amour. On dit aussi des tas de choses dont la banalité finit par émousser la vérité."
Tout de même, Madame,
Une année dites-vous, c'est là bien peu de temps
Pour que de ces transports fuie le ressentiment.
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Krout
  27 janvier 2016
J'aime un alexandrin, posé, calme et serein
Pour les tourments d'un coeur, alarmé, incertain
Oui mais, j'aime mieux
Sous mon ciel pluvieux
La musique de l'impair
Et la liberté des vers.
Entendez cependant que les monuments je les aime fonctionnels. Je n'ai point propension à vénérer les illustres morts. Ni adulation. Ni vouloir de les singer. Ni admiration pour ceux qui s'y essayent.
Je retrouve ici tout ce qui m'a longtemps écarté des biographies. Ces défauts patents que l'on me présente comme autant de qualités. Cet aveuglement que l'auteur veut à toute force partager par de longues et pompeuses incantations. Ces rodomontades à l'envi pour se faire remarquer, dit platement : ces phrases pleines de mots et vides de sens. Tout cela me laisse froid, sans le moindre frisson. Huitres : les plus creuses sont les plus baveuses; phrases en longueur sans saveur : idem.
Ils sont bien cruels, zébrant cette étale prose nous peignant Racine jeune ou vieux d'un seul aplat si pâle, ces quelques emprunts érudits. Et bien trop peu nombreux pour illuminer cet épais brouillard qui m'engourdi. Comme il me semble vain et vaniteux ce récit d'une groupie nécrophile dont j'entrevois le fantasme "Et quand, un moment plus tard, il la pénètre, l'énergie qu'il met dans le mouvement de ses hanches vient confirmer que le chasseur n'est plus la proie." Et ce Jean abusif revenant sans cesse m'est de plus en plus insupportable. Vingt fois j'ai manqué laisser là cet ouvrage, vingt fois un sursaut mortifère me fit continuer. Je prends Racine et son amour des arbres qui n'écrivent ni ne s'agitent et qui ne s'abaissent à d'avillissants ronds de jambes, la tragédie c'est d'aimer ce qu'on n'est pas, madame.
Et pourtant le début ... "Titus mange goulûment. Il a une faim proportionnelle à l'énergie que lui demande ce moment. Bérénice ne touche pas à son plat. Elle reste immobile, le regard fixé sur son assiette. Puis elle pleure." Déjà monte en moi une ancienne houle, irrépressible, du plus profond de mes entrailles, que j'avais de longtemps enfouie et les moiteurs de mon front blême qui saura les rafraîchir ? Déjà mon coeur accablé. Déjà ... J'avais rêvé une autre suite :
Elle pleure, se lève, disparaît dans la nuit ...
Deux étoiles pour ce livre, c'est un cadeau, je voudrais mettre plus, je devrais mettre moins. "Titus n'aimait pas Bérénice" et moi de ne l'aimer point.
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ivredelivres
  21 octobre 2015
Une amoureuse plantée là par son amant qui préfère sa femme légitime, avouez que l'on a fait plus original, oui je le concède mais dès que vous les appelez Titus et Bérénice tout change.

Inconsolable notre Bérénice trouve un peu d'apaisement et de consolation dans la lecture à voix haute des pièces de Racine et fait revivre pour nous un Jean Racine lui aussi très partagé entre religion et théâtre, entre la rigueur de Port-Royal et le faste de Versailles.
On découvre un Racine qui cherche ses mots, qui s'initie à la versification, qui découvre la souffrance amoureuse et qui saura nous l'offrir avec Bérénice.

C'est un livre ambitieux et chatoyant, l'auteur nous dit que les mots d'aujourd'hui ne suffisent pas à apaiser la douleur et que son héroïne finit par la trouver très loin dans le temps. Son portrait de Racine est riche et il est fait avec brio même si sont gommés les travers du grand homme qui laissa à leur triste sort ses amis jansénistes pour s'approcher au plus près du Soleil royal et en retirer bien des avantages.

J'ai aimé ce roman et ce rapprochement entre deux amoureux dévastés, la Bérénice actuelle et Racine qui perd à la fois sa maitresse et son actrice fétiche La Duparc.
L'écriture est belle, le propos habile et délicat.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Kirsikka
  30 décembre 2018
Quel dommage... L'idée était bonne, le sujet en or, mais le résultat est mitigé.
La partie biographique est passionnante, parfois un peu elliptique, parfois un peu répétitive dans les obsessions de Jean Racine, mais on s'attache au tragédien, sombre et porté par une idée : la douleur de la reine Didon dans le chant IV de l'Enéide, de Virgile.
Le contexte politique est évoqué suffisamment pour que l'on comprenne le parcours, les relations et les influences de Racine..
En revanche, je n'ai absolument pas trouvé de lien avec la douleur de la Bérénice moderne. Certes, elle récite les vers, les mâche, y trouve le réconfort et la force de guérir de sa passion. Mais comment cela s'articule avec la vie de Racine, je ne vois pas. Les passages sur ses amours malheureuses sont trop peu nombreux et seuls les prénoms semblent relier les deux époques l'une à l'autre. Quant à la mort de Titus, et l'attitude de Bérénice, mon impression est que c'est outré, peu vraisemblable, fort peu tragique.
Rien ne permet non plus de comprendre comment Bénénice progresse vers la certitude que Titus ne l'aimait pas, sauf à dire qu'un homme qui quitte une femme pour sauvegarder sa vie de famille n'est pas amoureux. Bon, soit, mais il ne faillait pas trois cents pages pour proférer un lieu commun à propos d'un homme peu aimable, finalement.
Ces passages auraient été supprimés du texte, ils n'auraient pas manqué.
Un roman qui reste entre deux options, sans faire de choix clair mais qui donne envie de redécouvrir Racine.
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critiques presse (5)
LaLibreBelgique   20 février 2017
Et la voilà qui se plonge dans la vie de Racine. Elle fait mieux, elle se la récrit pour elle-même.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LesEchos   28 octobre 2015
Nathalie Azoulai décrit à merveille, dans un style élégant, les contradictions de Racine.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Bibliobs   28 octobre 2015
L'auteur de "Mère agitée" raconte l'écriture de "Phèdre" dans "Titus n'aimait pas Bérénice". Epatant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   15 octobre 2015
Nathalie Azoulai au plus près du sentiment amoureux.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   02 septembre 2015
Le roman au sobre mais délicat style Grand Siècle conjugue les points de vue, les fièvres du sentiment, passant de la narratrice de 2015 aux peines du rival triomphant de Corneille, hier.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (140) Voir plus Ajouter une citation
LevantLevant   11 juin 2017
Les plus belles femmes le pressent (Jean Racine) de confidences. Parfois crues, comme celle qui lui dit que les séparations sont bien moins majestueuses dans la vie que dans sa pièce, qu'elles n'ont pas cette harmonie grave, qu'elles sont stridentes, crèvent les tympans, une personne qu'on quitte est une personne qu'on désosse et qui couine de toutes parts, dont on déchire les plus tendres cartilages, sans ordre ni méthode.
N'est-ce pas plutôt le cœur qu'on nous arrache suggère-t-il
Non...non... ce sont les os répond-elle.
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michelekastnermichelekastner   06 novembre 2015
Pour se consoler, Jean instruit des comparaisons. Il se répète, par exemple, que l'errance de Didon est encore plus douloureuse que la sienne : quand la mort emporte celle que vous aimez, elle a beau vous l'enlever, elle ne vous enlève rien d'autre, tandis que l'abandon pur et simple vous retire tout d'un coup en jetant sur le tout premier serment la lumière noire du mensonge. C'est pathétique, mais il ne trouve rien d'autre : comparer sa douleur à celle d'une héroïne, soupeser les deux souffrances, passer par la fiction pour supporter la réalité. Il revient donc au chant IV de L'Enneigé comme on se blottit dans un vieux manteau. S'il avait su... S'il avait su, enfant, que l'excitation et la peur qu'il éprouvait chaque fois qu'il ouvrait le livre lui seraient un jour des consolations, il se serait senti moins coupable devant ses maîtres, mais qu'auraient dit ses maîtres de cette déréliction sans Dieu, de toute cette détresse à cause d'une pécheresse ? Sans doute le savait-il. Sans doute avait-il senti très tôt que la plainte de Didon recevait en lui un écho favorable, jumeau, qu'il était profondément de son côté. Il mouline ses évaluations tout le jour, ventile son esprit et son coeur mais ne fixe rien. S'il parvenait pourtant à mettre des mots à lui sur cette souffrance, il fabriquerait son antidote, saurait y revenir chaque fois que nécessaire, chaque fois que le chagrin viendrait le lancer, celui-ci ou un autre. Son antidote est celui du monde entier. Ecrire la tragédie de l'amour trahi, la tristesse pure de l'abandon, la suffocation, n'écrire que cela, cinq actes durant, oui, se dit Jean, rien d'autre que cette suffocation, et ainsi dépasser Virgile.
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aleatoirealeatoire   29 janvier 2016
Un matin, il décide qu'aller voir la mer le distraira. Il galope longtemps, le regard fixé sur l'horizon.
C'est un drapé bleu et vert qui se soulève de part en part, une nappe qu'on a dressée sur les confins pour que les hommes circulent, voyagent, se rapprochent, s'éloignent, ou se perdent. Comme Ulysse. Plus que les forêts, les plaines, les vallées, la mer le rend sensible à l'idée de bords. Les histoires ne sont jamais plus belles, se dit-il, que lorsqu'elles se tendent d'un bord à l'autre, lorsque les mers séparent.
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KroutKrout   26 janvier 2016
Et quand ils se voient - de moins en moins rarement - il semble à Jean désormais qu'entre les gestes et les regards du protocole serpente un autre regard venu de plus loin, de dessous les circonstances, d'un pays où ils ont le même âge, la même valeur, tous deux aux commandes de leurs troupes : ainsi le poète puise-t-il un peu de bravoure chez le capitaine, tandis que le capitaine, de cet or sans poids ni couleur que manie le poète. (p. 203-204)
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KroutKrout   25 janvier 2016
Mais au-delà de ces tautologies de salon, Jean éprouve d'autres sensations lorsqu'il compose; parfois entre les paquets de vers galants qui lui viennent ensemble, la mécanique ralentit et laisse arriver un alexandrin plus singulier, plus libre, tête nue dans le vent.

Mon âme loin de vous languira solitaire.
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Vidéo de Nathalie Azoulai
Maison de la poésie (4 juin 2019) - Texte et Lecture de Alban Lefranc, extrait du Dictionnaire des mots parfaits (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution mai 2019).
Le Dictionnaire des mots parfaits :
Pourquoi certains mots nous plaisent-ils tant ? S?adressant à notre sensibilité, à notre mémoire ou à notre intelligence du monde, ils nous semblent? parfaits. Bien sûr, parfait, aucun mot ne l?est ? ou alors tous le sont. Pourtant, chacun de nous transporte un lexique intime, composé de quelques vocables particulièrement aimés. Après ceux consacrés aux mots manquants et aux mots en trop, ce troisième dictionnaire iconoclaste invite une cinquantaine d?écrivains à partager leurs mots préférés. Il vient parachever une grande aventure collective où la littérature d?aujourd?hui nous ouvre ses ateliers secrets.
Auteurs : Nathalie Azoulai, Dominique Barbéris, Marcel Bénabou, Jean-Marie Blas de Roblès, François Bordes, Lucile Bordes, Geneviève Brisac, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Pascal Commère, Seyhmus Dagtekin, Jacques Damade, François Debluë, Frédérique Deghelt, Jean-Michel Delacomptée, Jean-Philippe Domecq, Suzanne Doppelt, Max Dorra, Christian Doumet, Renaud Ego, Pierrette Fleutiaux, Hélène Frappat, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Jacques Jouet, Pierre Jourde, Cécile Ladjali, Marie-Hélène Lafon, Frank Lanot, Bertrand Leclair, Alban Lefranc, Sylvie Lemonnier, Arrigo Lessana, Alain Leygonie, Jean-Pierre Martin, Nicolas Mathieu, Jérôme Meizoz, Gilles Ortlieb, Véronique Ovaldé, Guillaume Poix, Didier Pourquery, Christophe Pradeau, Henri Raynal, Philippe Renonçay, Pascale Roze, Jean-Baptiste de Seynes, François Taillandier, Yoann Thommerel, Laurence Werner David, Julie Wolkenstein, Valérie Zenatti
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