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Michelle Charrier (Traducteur)
ISBN : 2207260399
Éditeur : Denoël (15/10/2009)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Paru quelques mois avant sa mort en Grande-Bretagne, La Vie et rien d'autre témoigne de l'incroyable parcours de l'homme et de l'écrivain J.G. Ballard.
Introduits dans les coulisses de sa vie et de son oeuvre, nous suivons l'enfance mouvementée à Shanghai et la douloureuse expérience de l'internement dans un camp de prisonniers japonais en Chine — clefs de son roman le plus connu, Empire du soleil. Mêlant sens aigu de l'analyse et traits d'humour très ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
SZRAMOWO
  01 septembre 2017
Paru quelques mois avant sa mort en Grande-Bretagne, La Vie et rien d'autre se lit comme un roman. JG Ballard y livre des clefs résonnant étrangement avec son oeuvre foisonnante dans laquelle l'horrible côtoie souvent l'indicible.
En vrac : Rêves humains conduisant au désastre programmé à coup de béton, de voitures, d'armes sophistiquées, de thérapies machiavéliques ; dérèglements climatiques, errances sociales, réalités transfigurées et artificielles, mensonges et tromperies.
Pour l'enfant élevé dans le cocon de la Concession Internationale de Shanghai, durant la guerre sino-japonaise, où « (…) un grand feu d'artifice célébrait l'ouverture d'une nouvelle boite de nuit, pendant que les voitures blindées de la police municipale s'enfonçaient dans la foule hurlante des émeutiers. » ; « Il ne se passait pas un trajet dans Shanghai (…) sans (qu'il ne soit) témoin de quelque chose d'étrange, de mystérieux, pourtant normal, à (ses) yeux. »
Le spectacle de la guerre est érigé en loisir dominical « (…) le dimanche après-midi quand nous allions visiter en compagnie de nos parents et de leurs amis les champs de bataille du sud et de l'ouest de Shanghai, tout juste rendus au calme (…) »
Le jeune James est attiré par les armes, l'autorité des soldats japonais et les symboles de la guerre « mais jamais on ne (lui) permit de garder ne serait-ce qu'une simple baïonnette »
Il joue dans une veille carcasse de chasseur chinois abandonné « (…) seul dans l'appareil mystérieux, quoique frappé à mort – rêve de vol préservé. »
A partir de 1941 (il a 11 ans) L'expérience du camp de Lunghua va forger la personnalité de James en l'extrayant de l'autorité parentale. La transgression permanente de cette autorité et de la morale qui en découle devient la règle « Mon père resta muet lorsque je lui montrai le combustible, mais il se doutait forcément que je l'avais volé dans l'entrepôt des cuisines. »
La fréquentation quotidienne de l'humiliation d'adultes, de scènes de tortures, enfin de la mort, fait partie de cette expérience.
C'est un James profondément bouleversé qui retrouve l'Angleterre et ses grands-parents chez lesquels il va vivre désormais « Jamais encore la vie ne m'avait conduit à explorer un abysse aussi profond, des kilomètres sous l'altitude zéro de la santé mentale. J'espère y avoir survécu, mais je n'en ai toujours pas la certitude absolue. »
Les années de collège et d'université qui suivent servent à mesurer l'écart séparant James de cette Grande-Bretagne sortie vainqueur de la guerre dont il se demande « (…) en quoi (sa) situation aurait pu être pire si elle avait perdu la guerre. » et il comprend « très vite que cette Angleterre en laquelle (son) éducation l'avait amené à croire (…) n'était qu'une illusion. »
A Cambridge il suit ses cours, mais se réfugie dès qu'il le peut au Cinéma des Arts, Carné, Arletty, Cécile Aubry, Max Ophüls, Clouzot, Cocteau, Maria Casarès, Wolfgang Staudte deviennent ses compagnons d'étude. Plus tard, il découvrira Freud et les surréalistes à une époque où « ils faisaient figure de plaisanterie éculée jusque dans les journaux les plus respectables. »
En choisissant la psychologie, il est « orienté » vers la médecine. « Près de soixante ans plus tard, je reste persuadé que mes deux ans d'anatomie comptèrent parmi les plus importants de ma vie et participèrent largement à la formation de mon imaginaire (…) un fonds imposant de métaphores anatomiques qui allaient s'insinuer dans toute mon oeuvre… » (Cf Crash est tenté de répondre le lecteur.)

La dissection de cadavres le ramène inlassablement à l'horreur de la guerre dont il a été le témoin « je faisais l'autopsie de tous les Chinois abandonnés au bord de la route, sur le chemin de mon école, je menais une sorte d'enquête émotionnelle, voire morale… »
JG Ballard met sa plume d'écrivain reconnu et expérimenté, au service de ses mémoires en décrivant sans Pathos, à la manière d'un entomologiste, les différents épisodes de sa vie en précisant en quoi ils ont contribué à faire de lui l'homme (le père de famille) et le romancier pessimiste mais souvent visionnaire qu'il est devenu.
Un livre de références dont la lecture s'impose non seulement comme clé de l'oeuvre de Ballard, mais comme témoignage cru et sans fard d'une période de l'histoire qui influence toujours notre histoire actuelle.

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CeCedille
  08 octobre 2012
Loin des provocations de "Crash !", cette autobiographie de J.G. Ballard se rapproche de "L'empire du soleil" pour la partie qui concerne son enfance. On ne connaissait guère que par "Le lotus bleu" le Shanghai de l'entre-deux guerres et l'invasion du Japon. Ballard décrit la chute d'un monde avec le regard lucide d'un enfant qui s'adapte à toutes les situations, y compris à celle d'un camp d'internement où les japonais rassemblent les occidentaux. Imre Kertész, enfant, avait su aussi survivre dans les camps nazis ("Être sans destin"). J.G. Ballard, dont un médecin lui a annoncé une maladie fatale, se hâte de faire le récit de sa vie, sans concession. Au regard critique qu'il pose sur des parents lointains et futiles, il oppose la révélation inattendue de l'amour conjugal et de la paternité, dans des pages très touchantes. le talent d'un grand écrivain s'exprime dans ce récit très simple et d'une extrême lucidité, qui apprend beaucoup sur le contenu de son oeuvre et sa conception de la science fiction, dont il est un des maîtres. La vie, célébrée dans le titre, mal traduit en français, en ce qu'il renvoie au très beau fil de Bertrand Tavernier, est de l'ordre du miracle ("Miracles of life" titre originel), tant la folie du monde tend constamment à la détruire.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
stekasteka   17 mai 2015
Puis, à seize ans, je découvris Freud et les surréalistes, chapelet de bombes qui s'abattit juste devant moi, détruisant tous les ponts que j'hésitais à traverser.(...) J'avais la nette impression, je l'ai d'ailleurs toujours, que la psychanalyse et le surréalisme ouvraient les portes de la personnalité humaine et de la vérité de l'être, mais aussi mes portes personnelles.
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rkhettaouirkhettaoui   07 novembre 2014
La foi en la raison et en la rationalité qui dominait la pensée après-guerre me semblait désespérément idéaliste, tout comme la croyance qu’Hitler et les nazis avaient induit leur peuple en erreur. J’étais persuadé au contraire que les innombrables atrocités perpétrées en Europe de l’Est s’expliquaient du simple fait que les coupables allemands avaient aimé tuer en masse, de même que les Japonais avaient aimé torturer les Chinois.
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rkhettaouirkhettaoui   07 novembre 2014
Shanghai était pour moi un lieu magique, un fantasme autogénérateur qui dépassait, et de loin, mon esprit limité. Les visions bizarres, incongrues s’y rencontraient n’importe où : un grand feu d’artifice célébrait l’ouverture d’une nouvelle boîte de nuit, pendant que les voitures blindées de la police municipale s’enfonçaient dans une foule hurlante d’émeutiers ouvriers.
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rkhettaouirkhettaoui   07 novembre 2014
Il existe cependant une différence de taille entre le roman et la réalité de l’époque : dans Empire du Soleil, mes parents ne sont pas internés à Lunghua. Après mûre réflexion, il m’a semblé rester plus proche de la vérité psychologique et émotionnelle des événements en transformant de fait « Jim » en orphelin de guerre.
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rkhettaouirkhettaoui   07 novembre 2014
Les enfants n’étaient que des accessoires pour leurs parents, à mi-chemin entre les domestiques et les labradors bien dressés. Il ne venait à l’esprit de personne de les considérer comme un signe important de la santé familiale ou comme le centre de la vie de famille.
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Videos de James Graham Ballard (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Graham Ballard
ames Graham Ballard was a British novelist and short story writer who was born 15 November, 1930 and raised in the Shanghai International Settlement..His experiences during that time formed the basis of his novel Empire of the Sun which was later turned into a movie by Steven Spielberg starring 13-year-old Christian Bale, as well as John Malkovich and Miranda Richardson. J G Ballard died on April 19 2009, aged 78 after a lengthy battle with cancer
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