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ISBN : 9791030701500
Éditeur : Au Diable Vauvert (14/09/2017)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Une anthologie de textes inédits sur l’écriture, le quotidien d’une véritable légende américaine, icône de la contre-culture. Ces lettres aux éditeurs, directeurs de revues, amis et confrères écrivains pour la première fois publiées, dessinent un portrait intime du grand poète tour à tour poignant, glacial, iconoclaste et souvent hilarant. On y découvre le rapport inquiet au travail, l’érudition littéraire, mais aussi le mordant, l’intransigeance de celui qui a donn... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
JIEMDE
  04 novembre 2017
Le temps de descendre un pack de 6, j'ai avalé avec délice ce nectar fielleux.
Pourtant, rien de bien nouveau dans cette correspondance, pour qui connaît un tant soit peu la vie de ce vieux dégueulasse de Bukowski : la poésie, les débuts dans l'ombre, les p'tits boulots, le trou noir de dix ans, puis le retour à l'écriture dans l'adversité obstinée, les premières publications dans les revues, puis la consécration via le roman et les nouvelles.
Non, rien de bien nouveau dans cette correspondance, pour qui connaît un tant soit peu les travers de ce vieux dégueulasse de Bukowski : l'alcool en pratique multi-quotidienne, l'ego surdimensionné, le regard acide sur son époque et ses contemporains, sans parler de ses rapports avec les femmes allant de la tendresse à l'insupportable.
Mais l'intérêt de ce type de recueil réside comme toujours dans l'évolution de la pensée de celui qui écrit au fil des ans. Et si le grand Charles a les convictions bien ficelées au corps et une totale inhibition à les affirmer et les revendiquer, elles évoluent à la marge avec l'âge : la poésie reste le genre majeur mais le regard porté sur le roman évolue quand le succès se pointe. Les lacunes en orthographe et en grammaire sont assumées mais une simple coquille ou une plus vaste entreprise de correction de ses textes devient plus tard sujet à querelle. Tel auteur (Hemingway) jugé fade devient plus acceptable vingt ans après.
Et puis, isolées au coeur de pages éructantes ou assassines, surgissent quelques superbes moments d'humilité et d'hommage, quand Bukowski évoque ses maîtres : Dostoïevsi, Anderson, Giono… Et Louis-Ferdinand Celine dont le Voyage est considéré comme l'oeuvre ultime. Et enfin l'énormissime John Fante et son Ask the dust, lu et relu. Un auteur devant lequel Buk s'incline, lui écrivant une lettre ressemblant à celle d'un petit garçon à son idole.
Un livre à réserver aux inconditionnels, avec ou sans pack de 6…
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Lmargantin
  31 décembre 2017
Comme beaucoup, je connaissais la réputation de l'écrivain américain à travers cette scène de l'émission de Bernard Pivot, Apostrophes, où il fut évacué après avoir consommé deux ou trois bouteilles de vin blanc sur le plateau. Je ne l'avais jamais lu, et c'est complètement par hasard que je suis tombé sur ce livre en librairie après en avoir entendu dire beaucoup de bien.
Le présent volume rassemble de nombreuses lettres écrites sur près d'une cinquantaine d'années, entre 1945 et 1993. Bien sûr, on retrouve le personnage légendaire tout au long de ces pages, sans aucun filtre. Qu'il s'agisse des femmes, de l'alcool, des champs de course, de son rejet de l'humanité grégaire, rien n'est édulcoré par un éditeur craignant que certains propos puissent choquer les lecteurs. Mais au fil des pages et donc des années, c'est avant tout la vérité de l'écrivain qui apparaît de plus en plus clairement, vérité qui fait oublier le côté volontiers théâtral du personnage.
Bukowski est en effet obsédé par son indépendance en tant que poète et écrivain. Il ne cesse de critiquer les groupes littéraires et les coteries de son temps, même lorsqu'il s'agit de certains mouvements d'avant-garde autour d'Allen Ginsberg par exemple. La poésie doit être à ses yeux une expression totalement libre de la vie, affranchie de tous les codes imposés par la société. Bukowski évoque souvent ces jeunes poètes qui ont d'abord produit des oeuvres parfois nouvelles et libres et qui, ayant obtenu un peu de reconnaissance, ont fini par ne plus rien créer d'intéressant. Pas de danger plus grand pour un jeune auteur que d'être reconnu trop tôt : de la pauvreté, il passe à une existence plus confortable et son écriture perd toute intensité.
Bukowski sait de quoi il parle : après une dizaine d'années passées à boire, il revient à l'écriture alors qu'il est âgé de 35 ans. Il lui faudra attendre une quinzaine d'années – pendant lesquelles il aura publié de nombreux textes en revue et quelques livres – avant d'obtenir une certaine reconnaissance aux USA mais aussi à l'étranger. Tout au long de ces années, il se sera tenu à bonne distance du monde littéraire, faisant toutefois quelques lectures publiques la mort dans l'âme (parmi les meilleures pages de ce livre, il y a celles où il parle de ces lectures de poésie, certaines sont franchement hilarantes).
Pour aller à contre-courant des critiques que j'ai pu lire à propos de ce volume, ce qui m'a frappé dans ces lettres, ce n'est pas le côté scandaleux, vociférant, exagéré du personnage, non, c'est plutôt sa grande rigueur et sa discipline quasi quotidienne. Totalement indifférent aux jeux de pouvoir du monde littéraire, se moquant des critiques quant au caractère non conventionnel et désorganisé de sa poésie, il passe ses journées et parfois ses nuits à sa machine à écrire, buvant de l'alcool tout en écoutant de la musique classique (l'une de ses passions) à la radio : « Oui, les compositeurs classiques. J'écris toujours avec de la musique allumée et une bonne bouteille de rouge. En fumant des beedies Mangalore Ganesh. Les volutes de fumée, le martèlement de la machine et la musique. Quelle meilleure façon de cracher au visage de la mort et de la féliciter en même temps. »
Des moments de bravoure comme celui-ci, ce livre en est plein. A peine fini de le lire, on a envie de le reprendre, d'en copier des passages. Une de mes plus belles lectures de 2017, sans aucun doute.
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Corboland78
  13 octobre 2017
Charles Bukowski (1920-1994) est un écrivain américain d'origine allemande. Après avoir fait mille métiers, certains plus sordides que postier ou employé de bureau, connu la misère et la prison, il se lance dans l'écriture de poèmes puis de romans et nouvelles.
Bukowski et moi c'est une vieille histoire puisque j'ai encore dans ma bibliothèque son premier bouquin paru en France, Mémoires d'un vieux dégueulasse sorti en 1977 dans la collection Speed 17 et traduit par Philippe Garnier. Je l'ai beaucoup lu par la suite, à l'exception de ses poésies, genre que je ne prise guère. Alors quand une nouveauté de l'écrivain paraît, comme aujourd'hui ce bouquin, je ne suis pas le dernier à me précipiter chez mon libraire. Il s'agit d'un recueil de lettres, en majorité inédites, écrites entre 1945 et 1993, envoyées à ses éditeurs, à des magazines où il plaçait ses textes, à des écrivains… Et comme le titre l'indique, nous n'auront ici que des missives, complètes ou fragmentaires pour rester dans le propos, ayant pour thème l'écriture et la littérature.
De nos jours, dans le public, j'imagine qu'il y a trois groupes de gens, ceux qui ne savent pas qui est Bukowski, ceux qui apprécient ses livres (comme moi) et une large part qui associe son nom à buveur et coureur de filles ainsi qu'à sa sortie du plateau de télévision où il était l'invité de Bernard Pivot en 1978. Je plains le premier et le dernier groupe. Certes, Bukowski picolait méchamment, il ne s'en est jamais caché, alcoolique grave il a manqué maintes fois d'y laisser la vie et quand il ne buvait pas, voire en parallèle, le « vieux dégueulasse » était toujours à l'affût d'un popotin bien roulé ou prêt à parier son dernier dollar sur un canasson. Paradoxe : tout cela est sans intérêt tout en étant extrêmement important pour s'immerger dans l'oeuvre de l'écrivain.
Ce qui saute aux yeux à la lecture de cet ouvrage : pas d'entourloupe, Buk n'est pas du genre à finasser ou tenter de modérer ses propos pour faire le beau et plaire à la postérité ; Bukowski c'est du brut de décoffrage. Autant sur lui-même que sur les autres, il ne cache rien de ses dépendances, il les revendique même. Son autocritique l'autorisant à ne pas mâcher ses mots avec quiconque.
Bukowski n'était pas calé en orthographe et grammaire, il s'en fichait, l'important résidant dans l'écriture (« Mon écriture est rêche et tranchante. J'aimerais qu'elle le reste, je ne veux pas qu'on l'adoucisse. »). Tout le livre est le plaidoyer d'un écrivain n'ayant vécu que pour l'écriture, revendiquant la liberté la plus absolue dans la rédaction de ses textes et poèmes («Autorisons-nous l'espace et l'erreur, l'hystérie et la peine »). le Vieux Buk se moquait de la gloire et de l'argent, seule la musique de sa machine à écrire lui permettait de survivre et contrairement à ce que certains peuvent penser à la vue de sa vie bordélique, il croyait dur comme fer « aux vertus du travail et à la vie de reclus ».
Souvent ses jugements sont excessifs, du genre ils sont tous nuls sauf moi, et s'il encense Dostoïevski, Tourgueniev, Céline, Fante, Sherwood Anderson… il casse net Faulkner (« très souvent c'est de la merde, enfin de la merde intelligente ») ou la majorité des poètes (« c'est la technique employée par la plupart des poètes à chier : apparaître plus profond qu'ils ne le sont ») : c'est une preuve de caractère et tout du long de sa vie et de ses lettres, on verra qu'il garde toujours le même cap.
Je m'aperçois que mon billet prend des proportions inquiétantes tant ce recueil m'a emballé car au travers de ces missives, étalées sur cinquante ans, nous sommes au plus près de l'homme Bukowski, cet écrivain intransigeant sur la conception de son art. Toujours lucide sur lui et les autres, même quand il est bourré et puis, il y a ces nombreux passages très drôles ou ses réflexions désopilantes (mon bouquin est plein d'annotations).
Quelque soit votre connaissance de Bukowski vous lirez ce livre qui transpire la vérité crue avec ses odeurs de sueurs et autres fluides corporels. Personnellement j'ai adoré la lettre à son éditeur et ami John Martin du 29 août 1978 (p.221) d'une très grande beauté et plus généralement, il me semble que les cents dernières pages sont les plus réussies, les lettres sont mieux structurées et souvent les plus émouvantes, Bukowski constate que l'époque change et s'en désole : « Les écrivains semblent écrire pour être connus en tant qu'écrivains. Ils n'écrivent pas parce que quelque chose les conduit vers la marge. » (1990).
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Horizon_du_plomb
  09 février 2019
« M. Noble croit que j'essaie de paraître effronté et sexy quand je parle de « tripoter des seins plats ». Il n'y a pourtant rien de moins excitant, tout comme il n'y a rien de moins effronté. C'est une tragédie de la poésie et de la vie, ces seins plats, et ceux qui d'entre nous qui savent que ce qu'est la vie et la décrivent fidèlement dans leurs livres ne peuvent passer sous silence les sentiments que cela leur inspire, ce serait ignorer la chute de Rome, ignorer le cancer, ou les oeuvres de Chopin au piano. »
J'ai emprunté ce livre parce qu'il était en promontoire dans une bibliothèque et que c'est un dessous de textes d'écrivain (ok, il y a plus sexy comme écrivain).
« J'ai certainement toutes les faiblesses d'un gang de marins déscolarisés qui descendent de bateau après avoir passé 90 jours en mer sans dormir avec de tout petits yeux. »
« (…) C'était le même foutu dessin : un grand lac par une nuit de pleine lune avec ces douzaines de barques occupées par des couples, et dans chacune, avec un guitare, l'homme jouait une sérénade à sa femme - à l'exception d'un bateau en plein milieu du lac où l'homme, debout sur l'embarcation, soufflait ce grand cor de chasse. (…) »
Au cours de la lecture, j'ai souvent eu l'impression d'une redite avec « Le capitaine… » ( journal intime qui couvre 1992 à 1993), seul livre de Bukowski que j'ai jamais lu alors qu'ici pourtant les lettres s'étalent de 1945 à 1993, soit toute sa « carrière ». L'auteur se répète souvent. Tout cela prouve à tout le moins comme le gus aura été intègre avec sa pensée ou l'image qu'il se faisait de lui même et de son art. Mais ce livre dépasse « Le capitaine » car il a des interlocuteurs. Bukowski échange plus, se regarde moins dans la glace, sans qu'il mette de l'eau dans son vin cependant. En plus, ici, ce sont bien les dessins de Bukowski qu'on nous présente et pas ceux de Crumb.
« Et qu'est-ce qu'un « contrat » -
: Leur langage. »
« La création contient sa propre essence, mensonge ou vérité, seules les années pourront l'identifier. Les gens ne comprennent pas. Ça n'est pas parce que quelque chose semble parler d'eux que ça parle nécessairement d'eux, ça peut être une part d'eux - ce moment - et une part de tous les hommes qu'on fusionne en quelque chose qui doit être dit. »
« Oeuvre », « discipline », « magnifique » sont des mots obscènes pour Bukowski qui l'explique en utilisant la métaphore parallèle du sexe. Et pourtant, on sent tous ses paradoxes derrière l'homme. Je ne sais pas mais parfois dans cet art de la feinte, de boxeur, on sent parfois l'esbroufe. L'auteur a su créer son image même s'il crachait sur les poseurs. Peut-être que c'est cela que l'Amérique a fini par aimer en Bukowski, son éternel statut d'outsider, de colon sur la terre des mots. Paradoxalement, Bukowski représente aussi le rêve américain à sa façon, le clodo qui a « réussi » par son seul talent.
« Mais c'est seulement avec un flingue dans la bouche qu'il peut voir le monde entier dans sa tête. Tout le reste n'est que conjecture. Conjecture, foutaises et pamphlets. »
On peut lui pardonner de faire l'apologie de ses goûts car tous nous ramènent à une seule exigence : la littérature. Charles aime la littérature. Cela dit, entre les élucubrations de Bukowski et Dick, je choisis Dick sans hésiter même si c'était sans doute le plus barge.
« L'écriture est brute mais comme peut l'être un rire dans la douleur. (… , …) Une clarté plus près de l'os. »
Certaines lettres m'ont particulièrement marqué par leurs analyses ou ressentis : 21 avril 1961, 15 déc 1970, 24 déc 1972, mars 1982, les lettres à Fante, celle où il parle de Crumb.
« Je n'ai pas mis au point mes poèmes de manière consciencieuse et réfléchie, mais plutôt de manière aléatoire, et les assemblages hasardeux de mots qu'ils abritent relèvent avant tout d'un souci de rythme, dans le seul espoir d'entendre une voix plus moderne et vivante. »
Tout est dit là, le rythme, le « flux » , le divertissement (oui, cet entertainment), le son de la machine à écrire qui devient hypnotisant, qui enrobe la nuit. Je n'ai toujours pas lu Bukowski réellement dans le texte, je m'y mettrais peut-être dans dix ans ou alors quand je quitterais plus les gogues.
« « M. Bukowski, nous pensons que vous avez écrit une nouvelle très insolite et le groupe en discutait justement l'autre soir, mais il nous semble qu'elle a un point faible et nous avons pensé que peut-être vous pourriez corriger ce point faible. Voilà ce que c'était: POURQUOI LE PERSONNAGE PRINCIPAL S'EST-IL MIS A BOIRE EN PREMIER LIEU ? » J'ai dit, « Oubliez tout ça et renvoyez-moi la nouvelle », et j'ai raccroché. »
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kerrylegres
  14 septembre 2017
Une anthologie intéressante
Sur ce blog, je vous parle surtout de romans, ou du moins d'histoires fictives. Aujourd'hui, on change un peu d'habitude. Sur l'écriture est un recueil de lettres écrites par Charles Bukowski entre 1945 et 1993 (soit un an avant la mort de l'auteur). Les destinataires peuvent être des amis, son éditeur, des directeurs de magazines ou encore des collègues auteurs. On le découvre tantôt à vif dans ses écrits personnels tantôt adouci quand le professionnel (et la sagesse ?) prend le dessus.
Comme vous pouvez l'imaginer, dans cette anthologie, le lecteur va suivre l'évolution de cet écrivain tant au niveau de sa plume, de son travail que de sa vie personnelle. En presque 50 ans, il est passé de jeune homme inconnu et alcoolique notoire à écrivain qui atteint tardivement la reconnaissance, mais qui s'en satisfait.
C'est un ouvrage qui se lit très rapidement, dont on peut interrompre la lecture et la reprendre aisément au gré de notre envie.
Une plongée intime dans le quotidien d'un écrivain
J'ai été un peu surprise, car je pensais avoir davantage d'informations sur le côté technique de l'écriture, mais ce n'est pas du tout le cas. Ici, les textes dévoilent le quotidien d'un homme abimé par la vie et qui ne vit que grâce et pour l'écriture. Ils nous montrent comment Charles Bukowski aborde l'écriture, ce qu'elle représente pour lui et dans sa vie et son acharnement sans faille durant ces 50 ans pour que son travail et son talent soient reconnus. Il n'a jamais lâché son objectif des yeux malgré le temps qui passait, son addiction à l'alcool et aux jeux de courses. Sa ténacité a payé et il en a été très fier même si son but n'a jamais été d'être célèbre. Il écrivait par besoin tout simplement.
Au début du recueil, le lecteur découvre un jeune homme écorché, qui critique les autres écrivains à tout va, qui ne comprend pas la réussite de certains. Je l'ai trouvé un peu présomptueux dans ces premières pages, mais après tout, il s'agissait là de lettres intimes, que je n'aurais jamais dû pouvoir lire. On comprend la rage qui anime ce jeune homme qui enchaîne les petits boulots pour survivre, mais qui pourtant ne réussit qu'à sombrer un peu plus dans l'alcool.
Mais même saoul, même désorganisé, même en perdant de nombreux textes, il ne va jamais lâcher, il va écrire jusqu'à ce que mort s'ensuive et j'ai trouvé ça magnifique.
Vivre de l'écriture n'était pas son but, il vivait pour écrire. L'écriture était son exutoire, sa vraie addiction.
Cette anthologie nous montre une facette qu'on ne connait pas forcément de cet autre côté de l'édition, bien que ça se passe il y a fort longtemps, je pense que certaines choses ne changent pas.
Même si cet ouvrage n'était pas ce à quoi je m'attendais, j'ai pris plaisir à lire ces lettres, et je suis bien contente d'en avoir appris plus sur ce grand poète et écrivain. de plus, on a la joie de profiter de quelques illustrations de son fait.
En résumé,
Une anthologie à dévorer pour découvrir le quotidien et l'écriture à vif de ce cher Charles Bukowski.
Lien : http://www.lesperlesdekerry...
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critiques presse (4)
LeFigaro   11 décembre 2017
Sur l'écriture concentre toute la pensée et les réflexions de Bukowski sur son statut d'écrivain et surtout sur sa nécessité d'écrire.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Bibliobs   20 novembre 2017
Dans "Sur l'écriture", on redécouvre le poivrot céleste en amoureux du verbe.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   30 octobre 2017
Sur l'écriture, une partie de la correspondance de Charles Bukowski, révèle un homme irréductiblement solitaire qui a partagé sa vie entre trois passions: les courses de chevaux, la bière et sa machine à écrire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   20 septembre 2017
« Sur l’écriture » est bien plus qu’un formidable choix de lettres écrites par l’auteur de « Women ». C’est un éblouissant poème en prose, un hurlement d’amour à la littérature.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
HardivillerHardiviller   26 août 2017

LETTRE A JAMES BOYER MAY ( 13 /12 /1959 :

L'autre soir j'ai reçu la visite d'un éditeur et d'un auteur ( Stanley Mac- Nail de The Galley Sail Review accompagné d'Alvaro Cardona-Hine ) et le fait qu'ils m'ont trouvé négligé , la tête dans le cul , ne peut pas être entièrement de ma faute : le caractère de leur visite était aussi impromptu qu'un lâcher de bombe atomique .
Ma question est la suivante : Est-ce qu'un auteur à partir du moment ou il est publié devient une propriété publique susceptible d'être fouillée sans préavis ou bien détient-il encore quelques droits à une vie privée en tant que citoyen qui paye ses impôts ?
Serait-ce vulgaire de dire que le seul avantage à être artiste reste ( encore ) la possibilité de prendre ses distances vis-à-vis d'une société sur le déclin , ou s'agit-il simplement d'un concept tombé en désuétude ?
Il ne me semble pas que ce soit ignoble ou pédant d'exiger quelque liberté par rapport à l'esprit de clan malsain et la fraternité collante qui sévit dans beaucoup de nos soit-disant publications d'avant-garde .
+ Lire la suite
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SZRAMOWOSZRAMOWO   19 septembre 2017
M. Noble croit que j’essaie de paraître effronté et sexy quand je parle de “tripoter des seins plats”. Il n’y a pourtant rien de moins excitant, tout comme il n’y a rien de moins effronté. C’est une tragédie de la poésie et de la vie, ces seins plats, et ceux d’entre nous qui savent ce qu’est la vie et la décrivent fidèlement dans leurs livres ne peuvent passer sous silence les sentiments que ça leur inspire, ce serait comme ignorer la chute de Rome, ignorer le cancer ou les œuvres de Chopin au piano. Et “jouer aux dés avec Dieu” sera la dernière chose à faire quand l’air sera zébré d’éclairs violets et que les montagnes ouvriront leurs bouches pour rugir tandis que les fusées atterriront en enfer.
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JIEMDEJIEMDE   21 octobre 2017
Des milliers de millions d'écrivains et leurs mots, leurs mots ne touchent même pas le papier. Mais Céline, il m'a donné honte du pauvre écrivain que je suis, j'ai eu envie de tout jeter par la fenêtre. Un foutu maître chuchotant dans ma tête, dieu, l'impression d'être redevenu un petit garçon.Tout ouïe. Entre Céline et Dostoïevski il n'y a rien, si ce n'est Henry Miller.
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Charybde2Charybde2   18 juin 2018
Il est possible d’être « conservateur » et publier malgré tout de la bonne poésie. La plupart des merdes « modernes » sont des coquilles vides que peut torcher le premier bleu-bite venu sans expérience ni sentiments (il n’y a qu’à voir Hearse). Il y a des faux poètes dans toutes les écoles, des gens qui ne sont simplement pas à leur place (des imposteurs ? Tout simplement ?). Mais ils finissent toujours par disparaître car les forces de la vie les écrasent sous autre chose. Si la plupart des poètes sont jeunes, c’est tout simplement parce que la vie ne les a pas encore rattrapés. Montrez-moi un vieux poète et je vous montrerai, plus souvent que vous croyez, un maître ou un maboul. Et, je suppose, pareil pour les peintres. Là je ne serai pas aussi catégorique, car bien qu’il m’arrive de peindre, ça n’est pas mon domaine. Mais je suppose que c’est plus ou moins la même histoire, et je pense notamment à un vieil agent d’entretien français que j’ai connu dans une des dernières boîtes où j’ai bossé. Agent d’entretien à temps partiel, le dos voûté, sirotant du vin. J’ai découvert qu’il peignait. Peignait au moyen d’une formule mathématique, une conversion philosophique de la vie. Avant de prendre les pinceaux il mettait tout par écrit. Un plan gigantesque, auquel il donnait forme en peinture. Il me rapportait des propos de Picasso. Et je préférais en rire. Nous étions là, un expéditionnaire et un agent d’entretien discutant de théories sur l’esthétique pendant que tout autour de nous des hommes gagnant dix fois notre salaire vendaient leur âme pour des fruits pourris. Qu’est-ce que ça dit du mode de vie américain ? (À Guy Owen, début mars 1960)
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JIEMDEJIEMDE   18 octobre 2017
Si vous voulez mon avis, tout est parti en couilles avec la seconde guerre mondiale. Et ça ne s'applique pas qu'au monde des arts. Même les cigarettes n'ont plus le même goût. Le tamal. Le chili. Le café. Tout est en plastique. les radis ne paraissent plus aussi âpres. Vous écalez un œuf et, inévitablement, le blanc reste accroché à la coquille.
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