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Françoise Lantieri (Traducteur)François Livi (Préfacier, etc.)
ISBN : 2825106364
Éditeur : L'Age d'Homme (10/03/1997)

Note moyenne : 4.66/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Depuis sa publication discrète en 1983, Le Cheval rouge est devenu en Italie un véritable phénomène littéraire et social. Car dès sa parution, et au fil des rééditions qui se sont succédé sans discontinuer, Le cheval rouge, bien qu'ignoré en raison de son anticonformisme idéologique par la critique, a captivé un très large public. Dans une enquête publiée en 1986 sur le plus beau roman italien des dix dernières , Eugenio Corti et "Le Cheval rouge distançait Sciasci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
nadejda
  24 septembre 2011
« Mes grands maîtres étaient Homère et encore Homère, ainsi que le plus grand de ses élèves qui était Tolstoï. Dans l'emploi de la langue, je me réfère à Manzoni. Je dois beaucoup au saint François du Cantique des créatures. Mais mon plus grand maître, ce fut avant tout le peuple, la langue de ce peuple auquel j'ai affaire chaque jour. »
 E. Corti
Ce roman historique, qui aura demandé 10 ans de travail à son auteur, est porté par un souffle épique et emporte le lecteur dans un véritable tourbillon tout en suscitant bien des réflexions. Il ne peut s'épuiser en une seule lecture et, comme il comporte 1000 pages d'une écriture serrée, il est impossible d'en montrer toutes les facettes et d'en saisir les symboles en quelques lignes sans risquer d'en affaiblir ou dénaturer la portée. J'espère parvenir quand même à donner envie de le lire.
Placé sous le signe de l'Apocalypse de Jean, il est divisé en trois volumes : le cheval rouge (la guerre) titre de l'ensemble, le cheval livide (la faim, le froid, la mort) et l'arbre de vie .
Le point fixe, dans le déchaînement apocalyptique que vont traverser les protagonistes principaux est le village de Nomana dans la région de la Brianza et ses alentours.

François Livi nous dit dans sa postface au "Cheval rouge" : «Nomana, épicentre du roman auquel les vagues de l'histoire arrachent puis rendent les personnages principaux, n'est pas simplement un lieu permettant au narrateur de relier les événements qui se déroulent en Union soviétique, en Afrique, en Grèce, en Pologne, en Allemagne, en Italie, au monde de la province lombarde. Encore moins un microcosme qui tendrait à rapetisser, en les réécrivant sur l'échelle restreinte des perceptions locales, les drames qui traversent le monde. le petit monde de Nomana, décrit avec un amour et une exactitude qui jaillissent de chaque page, est un gage de vérité. La transition de ce microcosme, débordant de vie, à des horizons plus larges, est naturelle et possible car dans les deux cas l'auteur est en quête d'une vérité humaine.
Ouvriers, petits entrepeneurs, paysans, d'inoubliables silhouettes féminines : tous ces personnages, ruisselants de vérité, sont décrits avec une mesure parfaite.»
Le cheval rouge débute sur une scène paisible balayée par le mouvement régulier de la faux d'un père et de son fils qui réalise qu'il va prendre la suite car le père vieillit. Cet ordre, cette paix, que les jeunes appelés vont quitter, les saisons qui se succèdent, leur famille, leur mère, une jeune femme aimée représenteront le recours vers lequel blessés, mourants ou pris dans la violence des combats ils se tourneront, au milieu des souffrances terribles que tous vont traverser. 

Mais quand les protagonistes de l'histoire retrouvent (quand ils survivent) ce vers quoi était tendue leur pensée, ce qui les a soutenus, ils ne reconnaissent plus ce qu'ils ont quitté, dont ils sont coupés par le souvenir des atrocités vues et vécues. le monde ne sera plus jamais comme avant et le troisième volume «L'arbre de vie», s'il est celui d'une vie renaissante, annonce que même Nomana ne sera plus Nomana. La reconstruction de l'après-guerre va faire advenir un autre monde.
L'accent de vérité de ce roman est dû aussi au fait que la biographie de l'auteur se confond en grande partie avec le contenu du récit où l'on retrouve Eugenio Corti dans le personnage de Michele Tintori qui se sent écrivain mais pas assez mûr pour donner vie à un livre. Souhaitant faire des expériences et voir ce qu'est le communisme sur place, il va faire tout son possible pour aller sur le front russe où l'Italie s'engage au côté de l'Allemagne. Il y sera rudement mis à l'épreuve jusqu'à visiter, prisonnier des soviétiques, le neuvième cercle de l'enfer de Dante, plus particulièrement le XXXIII chant où Ugolin dévore ses propres enfants et où la glace est omniprésente. 

L'auteur transparaît aussi dans le personnage d'Ambrogio, fils de Gerardo Riva ouvrier devenu chef d'entreprise. Ambrogio comme ses amis Michele et Stefano va rejoindre le front russe dont il reviendra blessé.
Sans manichéisme Eugenio corti nous montre ce que les démons du totalitarisme, nazisme et communiste confondus, entraînent par leur mépris de l'homme. L'homme est dépouillé de son âme et alors on peut en faire ce que l'on veut, le tuer sans remords, le réduire en esclavage.... Reste aux victimes, à ceux qui subissent et sont témoins de toutes les exactions commises au nom de ces deux idéologies mensongères et criminelles, à tenter de comprendre et trouver un sens à cette apocalypse. Chacun va tenter de chercher, suivre même à tâtons ce qui lui est demandé ou qui lui sera révélé sans qu'il le veuille, à travers bien des souffrances. Quel sens a un destin particulier au regard de l'universel ?. 
Chacun à son humble place aura son utilité, sera choisi pour remplir une mission consciemment ou non. C'est cette valeur de chaque individu qui domine «Le cheval rouge» et donne un sens même à leur mort. L'auteur se fonde sur sa profonde foi chrétienne qui irradie tout le roman et c'est cette foi qui permet de tenir face au mal absolu qui se déchaîne. La beauté et la portée de ce roman est telle que partageant ou pas la foi de son auteur, il restera inoubliable et intemporel.
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philippe91
  22 août 2019
Me voilà à la fin d'un long voyage qui aura duré quelques semaines. Un voyage dans l'Italie des années 1940 à 1970. Dans une Europe dévastée qui nous mène en Russie, en Pologne, en Allemagne et en Grèce, mais aussi sur les côtes nord-africaines de la Méditerranée, en Libye et en Tunisie où se sont propagés les combats.
Un voyage dans une province d'Italie qu'on appelle la Brianza et son village de Nomana proche de Milan. J'y ai découvert une famille chrétienne, les Riva, des ouvriers devenus industriels, leurs enfants et notamment lors fils Ambrogio, son cousin Manno, ses camarades de la classe 21 qui seront amenés à participer à des conflits auxquels ils ne croient guère, un canon dans le dos poussé par des hommes en chemises noires. Les jeunes hommes de Nomana et des villages alentours rejoindront les différents fronts de l'axe, certain reviendrons pour affronter un autre péril, de couleur rouge celui-ci.
Après cette terrible guerre menée par nombre de dictateurs psychopathes, c'est à la lente érosion des valeurs chrétiennes que nous fait assister l'auteur, sur fond de crise économique, dans une Italie jusqu'alors ancrée dans la culture chrétienne et la ferveur religieuse. On découvre une nation qui se délite peu à peu et laisse place à une société troublée, aux courants opposés, en perte de repère et d'identité.
J'ai fait ce voyage en conduisant sur une longue route sinueuse à l'asphalte irrégulier, tour à tour bordée de prairies fertiles, de forêts inquiétantes et de désert bouleversés.
Il y a bien longtemps que je n'avais pas été autant absorbé par un ouvrage. Celui-ci captive tant par son réalisme, parfois à la limite du soutenable, que par le témoignage historique qu'il constitue. Mais aussi par la puissance de ses personnages et des sentiments qui les unissent, magnifiées par de belles histoires d'amour d'un autre temps . J'y ai découvert une nation dont je ne connaissais que peu les faits de participation aux événements tragiques qui nous ont opposés, avant de finir par nous réunir. Une oeuvre empreinte de spiritualité chrétienne sans que cela prenne le pas sur le récit et trouble l'athée que je suis.
Je ne peux que conseiller la lecture de ce formidable récit de 1100 pages qui se tournent sans effort. L'ouvrage n'est plus édité, vous le trouvez sans peine d'occasion, au prix du neuf, ne vous y attardez pas, il le vaut même avec quelques feuillets cornés et une couverture défraîchie.
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Maxicrousti
  26 novembre 2015
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
krzysvancokrzysvanco   25 janvier 2019
Les deux jeunes gens se scrutèrent mutuellement. Ils n’etaient en apparence que deux soldats mortellement opposés l’un à l’autre : mais c’etaient d’abord deux artistes, chacun avec son immense et différente tradition derrière lui. Le fait d’etre artiste ne différenciait pas l’Italien de son peuple qui, en un certain sens, est tout entier composé d’artistes (même trop, comme on sait). Il différentiait au contraire, et radicalement, le Russe du sien, faisant de lui une sorte d’etre à part. Alors que l’Italien n’eprouvait que de temps à autre le besoin de communiquer avec d’autres artistes, l’isolement du Russe le rendait au contraire toujours attentif à la présence de l’un d’entre eux avec qui communiquer. « Celui-ci, qui me sort Victor Hugo dans un moment pareil, doit forcément être sensible à la poésie... ».
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krzysvancokrzysvanco   25 janvier 2019
Ah ! Dans quelle terrible situation se trouvait-on, mon Dieu ! Quel renversement dément ! Et c’etait arrivé en l’espace d’un jour à peine... Stefano cessa de parler, et se levant avec décision, commença à taper dans ses mains, à se frapper le corps et à piétiner : il en éprouvait le besoin invincible parce qu’il continuait à avoir la sensation d’etre sur le point de geler.

Ainsi avait commencé l’attente terrible de quelque chose qui, en tout état de cause, ne pouvait être que la mort.
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nadejdanadejda   24 septembre 2011
-- Qu'est-ce que c'est que ces figures ? s'exclama tout à coup le capitaine Grandi. Allons plutôt, chantez avec moi. Et, avec le peu de voix qui lui restait et qui eût été ridicule dans un moment moins tragique, il entonna la terrible chanson alpine du capitaine moribond qui fait son testament. p 342
(...)
Adieu donc à toi aussi premier amour, adieu pour toujours, ce que nous avions rêvé ne sera jamais... Adieu montagne, patrie, régiment, adieu mère et premier amour, chantaient les chasseurs alpins. Ils chantaient et pleuraient, les chasseurs valeureux, et leur chant patient contenait toute la douleur de notre humaine impuissance. Ils chantèrent encore quand le capitaine ne chantait plus et ne les accompagnait que des yeux. Ils ne cessèrent de chanter que lorsqu'ils se rendirent compte que le capitaine Grandi était mort.
p 343
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nadejdanadejda   24 septembre 2011
Depuis sa tranchée, haute sur la rive du fleuve, Stefano pouvait voir, au-dessous, le bois changer de couleur, de jour en jour. Avant de tomber, les feuilles -- en une sorte de fête d’adieu à leur existence si brêve -- se paraient des teintes les plus belles : l’or et le rouge, ou le jaune délicat, ou le rouille et le brun, chacune selon son espèce. Venant du nord-est, c’est-à-dire de la direction même du vent apparurent et se succédèrent -- haut dans le ciel -- des bandes de canards migrateurs : ils volaient en formation en V ou en simples lignes obliques, avec des cris insistants. Le jeune homme les observait avec le dépit du chasseur contraint malgré lui à ne pas tirer sur la proie (on avait tout de suite diffusé des ordres péremptoires à ce sujet). Ces cris rauques, qui résonnaient à l’improviste de jour et de nuit, lui paraissaient aussi être comme un au revoir : les animaux s’en allaient, abandonnant ces lieux où l’hiver était si inclément... p 194
p196 C’est ainsi que le commencement des ennuis sérieux les prit au dépourvu.
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nadejdanadejda   24 septembre 2011
Au fur et à mesure qu’on s’était rapproché de la côte, le ciel était devenu plus limpide, plus lumineux, comme si l’énorme miroir de l’eau s’y reflétait. Le paysage lui-même s’était fait sensiblement plus clair, et ces couleurs, ainsi que certaines autres particularités du lieu, avaient peu à peu réveillé dans l’âme du jeune homme des sensations oubliées depuis longtemps, sensations qu’il avait éprouvées dans les années lointaines de l’enfance, à l’occasion des premiers voyages à la mer. Mais il n’était pas du genre à s’attarder à de telles choses et il avait donc laissé ces impressions s’évanouir (du reste elles se seraient évanouies malgré lui) : nous ne pouvons retrouver du passé que de rares bribes parfois, et seulement le temps qu’elles se défassent à nouveau. p 55
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Romans, contes, nouvelles (653)
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