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ISBN : 2221195787
Éditeur : Robert Laffont (15/09/2016)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Cette lettre s'adresse à un ami qui, déçu de n'avoir obtenu aucune critique, aucune audience, pour un roman pourtant magnifique, a décidé de renoncer à écrire. La lettre pourrait simplement flatter l'ami, et accuser les éditeurs, les médias ou le public. Elle vise autre chose : à comprendre et faire comprendre. Elle tente d'expliquer pourquoi une oeuvre puissante reste confinée dans les ténèbres, alors que des textes médiocres connaissent un grand succès.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
YANCOU
  23 octobre 2016
En découvrant ce nouveau livre de Jean-Michel Delacomptée j'ai mis mes autres lectures en mode pause. Lettre de consolation à un ami écrivain s'adresse, comme son nom l'indique bien, à un écrivain désespéré par le manque de lecteurs, l'absence de presse, et que ses livres restent obstinément dans l'ombre d'une production de masse qui n'a en fait rien de littéraire, un auteur qui, lors d'une rencontre en librairie, déclare qu'il arrête, se retire du jeu littéraire, de "cette" société. Aimant les écrits de cet écrivain dont jusqu'à la fin je n'ai pas réussi à identifier l'identité (mais peu importe), Delacomptée décide de lui écrire une lettre pour lui dire à la fois sa compréhension mais aussi son désaccord et, à force d'arguments très bien trouvés, le tout dans un style véritablement habité qui fait honneur à la littérature comme à la philosophie, espère bien faire changer d'avis son ami écrivain. Ce texte rejoint un peu le livre d'Alain Nadaud D'écrire j'arrête, un texte qui permettait de penser la littérature, et c'est bien cela que fait Delacomptée, en allant même plus loin ; en amateur de littérature contemporaine, il n'hésite pas à prendre des exemples, dans ceux qu'il admire (Pierre Michon, Pierre Bergounioux, Jean Rouaud, Laurent Mauvignier, Marie Ndiaye, Linda Lê, ou encore Philippe Bordas dont il dit grand bien mais que je ne connais pas - mais que je vais découvrir très vite du coup), et ceux qu'il aime moins, voire pas du tout (Christine Angot, Virginie Despentes, Marc Levy, Annie Ernaux, Éric-Emmanuel Schmitt, Daniel Pennac, etc.). Il compare les anciens et les modernes, cherche le pour et le contre, ne se désole pas (trop) de la littérature actuelle, explique pourquoi cela va mal, retrace l'histoire des bouleversements du roman du XVIIe jusqu'à aujourd'hui, cite longuement, vers la fin du livre, Martin Rueff et Rousseau, Richard Millet et Chateaubriand, pour terminer sur ce beau constat : "Car finalement vous savez, comme moi, que dans notre pays la littérature, même attaquée par les démons sonnants et trébuchants, même en butte aux forces dissolvantes, persistera, et qu'avant sa disparition, si elle doit un jour survenir, ce dont je doute, des flots d'oeuvres exigeantes couleront encore lentement sous nos ponts."
Un livre remarquable.
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keisha
  16 avril 2018
Un écrivain dont les ventes demeurent confidentielles quoique honorables, en dépit de son talent, demeure ignoré du grand public. Il annonce sa décision de ne plus écrire.
Un de ses amis et admirateurs lui écrit une longue lettre (qui sera cette lettre de consolation), essayant de le faire changer d'avis, bien sûr. Pourquoi écrit-on, d'ailleurs? Par besoin? Pour se guérir, comme certains le croient?
Faut-il être lu ou bien lu?
"Que la quantité subventionne la qualité, l'argument plait aux éditeurs: il les exonère de la primauté accordée au rez-de-chaussée, quand ce n'est pas au sous-sol. Avant d'être éditeurs, ils sont commerçants, mais, bénéfice moral, être commerçants leur permet de publier de bons livres. Personnellement, cette espèce de troc, ou de compensation, ne me choque pas. Pour financer ce qui se vend peu, il faut produire ce qui se vend."
Rencontrant un groupe de lectrices (des enseignantes) l'auteur leur demande quels auteurs contemporains elles lisent. Beaucoup de noms encensés par les médias, ou récipiendaires de prix. Un certain filtrage semble exister en amont.
Mais Jean-Michel Delacomptée ne jette pas le bébé avec l'eau du bain, cite quelques auteurs contemporains intéressants, ne tombe pas trop dans le piège du 'c'était mieux avant', mais on sent son amour de la langue. Deux extraits, l'un de Duras, l'autre de Christine Angot, sont parfaitement parlants. Il a remarqué l'appauvrissement du niveau chez les politiques et les médias. Quant à la réécriture des livres pour enfants...
Citons une lettre de Flaubert à Maupassant
"Quand on écrit bien, on a contre soi deux ennemis: 1° le public, parce que le style le contraint à penser, l'oblige à un travail; et 2° le gouvernement, parce qu'il sent en nous une force, et que le pouvoir n'aime pas un autre pouvoir."
Je passe sur un extrait de de la démocratie en Amérique, sur le despotisme, et confesse que l'auteur m'a donné envie de lire Bossuet; ce type est dangereux!
Au final, un essai assez court que j'ai dévoré, alors qu'au départ ce n'était pas gagné. Pour réfléchir.
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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Lauresreading
  07 juillet 2017
Profondément pédant
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VRossignol
  30 novembre 2016
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critiques presse (1)
Bibliobs   11 octobre 2016
Moins un pamphlet d'une injustice criante qu'un exercice de mélancolie, où un amoureux de la belle langue, un nostalgique de la rhétorique, s'éloigne d'une époque dans laquelle il pense, à tort, n'avoir plus sa place.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
YANCOUYANCOU   23 octobre 2016
"Voilà quelque temps, Philip Roth s'est résolu à ne plus écrire, considérant qu'il avait tout dit, qu'il n'avait plus l'envie. Sage résolution. J'ignore s'il la tiendra, mais elle a le mérite de la liberté. Aucune vocation congénitale n'oblige à tenir un stylo toute sa vie. Aucun artiste ne l'est fatalement. Le ciel n'a rien à voir là-dedans. Par conséquent, vous êtes certainement libre de tirer un trait sur votre carrière, puisque vous définissez par ce mot l'activité que vous poursuivez depuis votre plus jeune âge. Je ne crois pas que vous fassiez carrière, vos raisons sont bien plus profondes. Si c'était le cas, d'ailleurs, vous coucheriez sous les ponts. Mais en admettant que vous disiez vrai, cette activité échappe à votre emprise. Vous la poursuivez moins qu'elle ne vous poursuit. Ne biaisez pas : vous avez beau le nier, écrire relève pour vous d'un besoin. J'apprécie qu'on ne joue pas à l'artiste forcément condamné à la pratique de son art. Rien de plus risible que ces gens qui s'affichent une mine inspirée pour se vanter de subir leur vocation comme s'il s'agissait d'un carcan magnifique, d'une torture flamboyante. Ils s'enchantent de leur sacerdoce, auréolés d'un devoir surnaturel qui les distinguerait du reste des humains. Inutile d'en rajouter, écartons les invocations mystiques. Vous n'êtes pas de ces poseurs. Et pourtant, la décision de ne plus écrire et de ne plus jamais publier vous désespère. De votre propre aveu, vous vous infligerez une blessure insupportable, jusqu'à en perdre le goût de vivre. Conséquence démesurée, mais que je comprends. Même si vous ne jouissez pas d'une réputation aussi admirable que la sienne, Stefan Zweig s'est suicidé face à la disparition du monde où il trouvait sa place. Et pas seulement lui. Maïakovski, Sándor Márai, Cesare Pavese, Romain Gary, Paul Celan, Sylvia Plath, Virginia Woolf, pour ne citer que ces auteurs parmi les plus fameux. Vient un jour où l'épuisement, le dégoût, obligent à mettre la clé sous la porte. À en terminer avec la solitude, l'anonymat, la dépression. L'écriture et le suicide entretiennent des liens secrets. Sans le moindre doute, pour un écrivain qui n'a jamais vécu que pour écrire, abandonner sa pratique s'apparent à un suicide. Comment continuer à vivre ? Comment ne pas se traîner, écrasé par le sentiment de sa vacuité ? Vous n'avez pas suggéré un quelconque suicide. Si violente soit votre détresse vous n'envisagez sûrement pas de vous supprimer. Vous avez décidé de ne plus écrire, mais se serait un terrible sacrifice - mot que vous n'avez pas davantage prononcé -, et le résultat serait le même : un suicide. Il est épouvantable de se punir d'une faut qui n'en est pas une, de se détester d'un échec dont les responsabilités sont ailleurs. Bannissez cette issue. Puisque vous répugnez au vocabulaire religieux, conservez à votre passion l'énergie d'une pratique vitale. Loin des envolées lyriques, poursuivez votre tâche. Vous avez besoin d'écrire et de publier, tout comme vos lecteurs ont besoin de vous lire. Abdiquer serait vous priver, nous priver, d'un plaisir essentiel. Il est impératif que vous teniez bon. Là se trouve la juste réponse. Et si moi, faible avocat, j'échoue à vous en convaincre, j'aurai tenté de le faire. Peut-être même aurai-je réussi à atténuer la cruauté d'une décision que vous aurez, à contrecœur, jugé nécessaire de prendre."
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fanfanouche24fanfanouche24   30 septembre 2016
Fréquemment, pour expliquer ce qui les pousse à écrire au mépris de leur repos, de leur confort, même de leur famille, beaucoup d'écrivains allèguent un mal-être sans causes définie, un obscur décalage entre le monde et eux. Ils sentent une discordance à surmonter, une faille à combler. Par l'écriture, ils se recousent. J'écris, disent-ils, mais j'ignore pourquoi. Et ils ajoutent : c'est inexprimable. Cette humilité cache des abîmes. (p. 20)
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fanfanouche24fanfanouche24   30 septembre 2016
D'après la vulgate, on noircirait des pages pour évacuer ce qui nous pèse. Pour se guérir d'une enfance douloureuse, d'un deuil irréparable, d'une déception d'amour. Registre de la thérapie. Volonté d'exorciser le souvenir de drames. C'est un grand besoin, le satisfaire aide à vivre. je n'en conteste pas l'importance, la fréquence urgence. Le geste même d'écrire, de travailler sa douleur comme on travaille du bois, apaise et parfois répare. (p. 17)
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fanfanouche24fanfanouche24   30 septembre 2016
Contre l'appétit des marchands du temple, contraints de se salir les mains, Julien Gracq eut le panache non seulement de refuser le prix Goncourt pour -Le Rivage des Syrtes-, mais la publication de ses oeuvres en poche. Toujours il est resté fidèle à son éditeur, José Corti, dont les éditions s'ornent de la devise: " Rien de commun". Ecrivain des sphères éthérées, il convoitait moins d'être lu que d'être bien lu. Il s'est fait le héraut d'une littérature ennemie de tout compromis, vers laquelle il fallait monter, jamais descendre.
Henri Michaux, autre montagnard des cimes, se tracassait d'avoir plus de mille cinq cents lecteurs. En avoir plus le diminuait. (p. 42-43)
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PsychikFabPsychikFab   18 avril 2018
Sous la pression des forces marchandes, la littérature majoritaire avalera la littérature minoritaire, n'en laissant que la peau et les os, reliefs d'un repas barbare finalement broyés pour remplir l'urne d'une civilisation défunte. Avant que le système ne balance l'urne au large des côtes.
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Videos de Jean-Michel Delacomptée (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Michel Delacomptée
La Bruyère, portrait de nous-mêmes Jean-Michel Delacomptée R. Laffont, août 2019
Un portrait de l'écrivain Jean de la Bruyère, les milieux qu'il fréquentait, ses rapports aux hommes et aux femmes ou encore ses liens avec la morale. ©Electre 2019
https://www.laprocure.com/bruyere-portrait-memes-jean-michel-delacomptee/9782221240250.html
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