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ISBN : 2707324787
Éditeur : Editions de Minuit (04/10/2012)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 100 notes)
Résumé :
Un auteur brossant le portrait de son éditeur ! Dans l'histoire de la littérature, on trouvera rarement pareils exemples. Quoiqu'il s'agisse plutôt ici de la rencontre d'un auteur avec son éditeur et non véritablement d'un portrait de ce dernier (comme pourrait l'indiquer le titre de l'ouvrage). Le Jérôme Lindon par Jean Echenoz rapporte en effet les relations entre l'un et l'autre, établies sur une vingtaine d'année... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Warrenbismuth
  19 janvier 2019
Sur la couverture il faudrait peut-être mieux lire « Jean EchenozJérôme Lindon » tant il n'est pas question ici de biographie du deuxième par le premier mais plutôt le premier qui égrène ses souvenirs en commun avec le deuxième, leurs échanges, leurs rapports.
La rencontre entre l'auteur encore inconnu et l'intransigeant patron des Éditions de Minuit survient en 1979, lorsque ECHENOZ propose le manuscrit d'un roman (qu'il ne nomme pas, mais ce sera « le méridien de Greenwich »), son premier. ECHENOZ nous décrit LINDON comme un passionné, un assoiffé de littérature, mais aussi d'un perfectionnisme qui le rend un brin tyrannique. Souriant, mais sans excès, forte tête dans les affaires, avare en compliments, un peu moins en vacheries. « Une seule fois que je me risque de lui faire part d'un problème d'apparence insoluble que je rencontre dans un roman, il se ferme aussitôt et même, au lieu de me dire évasivement que ça va s'arranger, que je trouverai une solution, histoire d'évacuer l'affaire, il me laisse entendre qu'en effet je n'ai aucune chance de m'en sortir, façon de me faire comprendre que je n'ai pas à lui casser les pieds avec mes petits soucis. Je me garderai désormais de tels appels au secours, sachant maintenant que, dans ce cas de figure, pour éviter des discussions aussi fastidieuses qu'inutiles, LINDON vous plonge la tête sous l'eau ».
ECHENOZ écrit dans un style journalistique un récit de vie partagée, les anecdotes bonnes ou mauvaises, les attentes de son éditeur, les prix littéraires. Il forge sa carrière sans pouvoir compter sur les conseils de LINDON : « … (il) déconseille plus qu'il ne conseille. Á défaut de suivre ses conseils, je suis donc généralement ses déconseils, et je n'ai pas à m'en plaindre ». LINDON est craint par certains auteurs : « Il est quand même incroyable, ce type : non seulement il se permet de vous donner des ordres mais, par-dessus le marché, il se permet d'imaginer qu'on ne les exécute pas ».
Rencontres embarrassées avec BECKETT (qui l'impressionne trop pour tenter une amorce), dialogues avec ROBBE-GRILLET, plusieurs têtes d'affiches de la maison d'édition défilent. Là aussi le sens des affaires de LINDON est mis en avant.
Et pourtant, ECHENOZ, c'est évident, est admiratif de LINDON, de son talent pour dénicher de bons manuscrits, de sa volonté de faire de Minuit une maison à part, avec une âme, une empreinte, un vrai style littéraire. Il écrit cet hommage, ce témoignage dans l'urgence, en 2001, alors que LINDON est décédé seulement deux mois plus tôt. Une volonté de retracer des souvenirs avant qu'ils ne s'effacent, avant que la mémoire ne s'enfuie. Une très agréable immersion dans les cuisines et l'arrière-cour des Éditions de Minuit, sortie donc en 2001… aux Éditions de Minuit ! Si vous désirez aller plus loin sur le parcours et le caractère parfois volcanique de Jérôme LINDON, je vous conseille vivement une série d'émissions consacrée au bonhomme sur France Culture à l'occasion de la récente exposition sur Minuit à Paris. Paradoxalement, LINDON y paraît bien plus humain que sous la plume pourtant pleine de tendresse de l'excellent ECHENOZ.
https://deslivresrances.blogspot.fr/
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Petitemey
  15 novembre 2014

Un rapide traité de la relation auteur-éditeur pour le moins subjectif, car prend très vite la tonalité d'un hommage. C'est de Jérôme Lindon dont il s'agit: l'éditeur des éditions de Minuit à la très forte personnalité, exigeants avec ses auteurs, et qui a ne l'oublions pas modifié la littérature française. Echenoz nous parle là de sa propre expérience d'auteur publié chez Minuit pour nous décrire Lindon. le portrait qui est initialement dressé dépeint un homme dur et sec, qui exige de ses auteurs de recommencer leur oeuvre tant que cela ne correspond pas à ses idées.
Finalement Echenoz se plie à ses exigences et recommence. Au bout d'un certain temps, Lindon, satisfait, se radoucit un peu et timidement nait entre les deux une amitié.
Mais alors pourquoi cette antipathie initiale? Il semblerait que Lindon soit avant tout un amoureux passionné de littérature, et comme tout passionné se connaisse des comportements excessifs; dans le cas de l'éditeur, c'est le potentiel de ces auteurs selon lui pas assez utilisé, qui le fait adopter cette attitude.
Un professeur de la littérature? C'est en effet une image comme une autre de l'éditeur, selon moi parmi les plus nobles.
Ce n'est pas anodin si l'on dit que l'éditeur est le premier lecteur de l'auteur: il est celui qui le guide vers la "publiabilité" (jargon professionnel) afin de l'insérer convenablement dans un catalogue éditorial.
À travers Lindon, c'est donc également une vision de la profession qui est suggéré, modestement. Un livre court, agréable et riche.
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hove
  17 janvier 2012
Ce livre hommage est une bonne surprise. Un bon moment de littérature. Un moment oui, le livre fait cinquante pages ! C'est court, mais suffisant. Suffisant pour reconnaître la plume d'un grand écrivain. Suffisant pour dresser le portrait de cet éditeur influent, dont tout le monde parle mais qu'on connaît au final assez peu. Suffisant pour rire, suffisant pour s'émouvoir. Echenoz dépeint Lindon sans esbroufe mais avec justesse et force. Ils se sont tenus à bonne distance. Cette relation d'auteur/éditeur était assez distante pour permettre à Echenoz, citant Lindon, de garder cette solennité, mais en même temps, assez proche pour garantir, à travers ce récit, que cet éditeur là devait être un sacré Monsieur, en cinquante page. Respect.
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Littecritiques
  03 novembre 2015
Ce petit livre est un hommage d'un grand auteur, Jean Echenoz, à son superbe éditeur Jérôme Lindon.
Avant de parler du livre en tant que tel, il convient de rappeler et, par là-même, rendre hommage aux Editions de Minuit. En effet, cette maison d'édition est créée en 1941 par Jean Bruller et Pierre de Lescure pendant l'Occupation Allemande. Cette dernière se charge alors de publier les oeuvres de la Résistance contournant ainsi la censure et la propagande de Vichy.
Jérôme Lindon, quant à lui, rentre aux Editions de Minuit en 1946 comme chef de fabrication. Puis, lorsque Vercors quitte la société, il en prend la tête. Cet éditeur français est connu notamment pour avoir donné sa chance aux auteurs du Nouveau Roman comme Samuel Beckett, Alain Robbe-Grillet etc…
Mais, c'est Jean Echenoz qui se charge de nous dévoiler d'autres facettes de Jérôme Lindon… C'est au travers de ce petit livre que Jean Echenoz relate ses débuts difficiles en tant qu'auteur et les risques du métier d'éditeur. L'auteur semble subir les recommandations de son éditeur, la publication, les ventes, les prix littéraires.
C'est dans un monde éditorial qui semble être régi par la rapidité, le clientélisme, l'argent et autres qu'apparait Jérôme Lindon. C'est au moment où, Echenoz, désespéré par la collection des lettres de refus de publication de son manuscrit, qu'il décide de l'envoyer aux Editions de Minuit, et rencontre Lindon. Il rencontre ce personnage, avec une certaine appréhension, qui critique ses titres, l'usage de ses virgules, sa façon de se vêtir…
Pourtant, Lindon représente l'éditeur parfait : celui qui lit lui-même les manuscrits même ceux des nouveaux auteurs ; qui parie sur certains d'entre eux qu'il juge bon ; qui les conseille, parfois même en étant brusque ; qui les suit dans leur projet…
Il a deux visages comme aime le répéter Echenoz : celui quand un livre lui plait ; et celui quand un livre ne lui plait pas bien qu'il soit d'un auteur reconnu. Même, parfois, c'est avec un certain dégoût des facettes de ce métier que Lindon parle lorsqu'il déclare « je le publie juste pour que d'autres éditeurs ne le publient pas ».
Lindon n'était pas un thérapeute, il ne s'occupait pas des problèmes existentiels de ses auteurs ; il leur déconseillait même tout autre activité qui ne relevait pas de l'écriture.
Echenoz présente avec une sincérité pure la facette de cet éditeur qui lui a fait confiance, a parié sur lui et l'a révélé.
Lien : http://littecritiques.blogsp..
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clement_M
  08 avril 2017
Alors que je ne suis pas un grand fan de Jean Echenoz (son prix Goncourt ne m'a pas du tout marqué), j'ai adoré ce texte. Mon seul regret est qu'il soit trop court ! On découvre la relation éditeur-auteur au sein de cette grande maison. le personnage de Jérôme Lindon est fascinant, j'aimerais bien avoir d'autres récits de ce type par d'autres auteurs des éditions de Minuit.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
sylvieh11sylvieh11   10 septembre 2014
D'ailleurs en règle générale, Jérôme Lindon déconseille les parutions en revue comme il déconseille les travaux en collaboration, déconseille les commandes de cinéma ou de télévision, déconseille les voyages (il déteste spécialement les voyages), déconseille à peu pres tout ce qui peut distraire de l'écriture, bref, déconseille plus qu'il ne conseille. A défaut de suivre ses conseils, je suis donc généralement ses déconseils et je n'ai pas à m'en plaindre
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sylvieh11sylvieh11   10 septembre 2014
Quant à la question des adaptations cinématographiques des romans qu'il publie, sa position est simple : L'idéal avec le cinéma, dit-il avec un large sourire, c'est qu'on puisse vendre les droits et qu'ensuite, le film ne se fasse pas. Ça, voyez-vous, c'est vraiment la meilleure solution.
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lesmiscellaneesdepapierlesmiscellaneesdepapier   18 octobre 2017
Quant à la question des adaptations cinématographiques des romans qu’il publie, sa position est simple : L’idéal avec le cinéma, dit-il avec un large sourire, c’est qu’on puisse vendre les droits et qu’ensuite, le film ne se fasse pas. Ça, voyez-vous, c’est vraiment la meilleure solution.
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LybertaireLybertaire   12 mai 2012
Le singulier, dit-il, quand c’est possible dans une phrase, c’est toujours mieux que le pluriel.
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Joana Hadjithomas et Khalil Joreige et Eddy l'Harris Philippe Collin et Jean Echenoz Musique : Claire Diterzi et Byung-Ki Kwang
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©Des mots de minuit - Mars 2006
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