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Laure Deutschmeister (Traducteur)Raymond De Becker (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070324761
Éditeur : Denoël (03/05/1988)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Quelques mots avant de mourir, Jung fit un rêve : installé à son bureau, il parlait, lui dont l'?uvre ne s'était jamais adressé qu'aux spécialistes, à un vaste public qui le comprenait parfaitement.
Ce rêve le décida à écrire le présent Essai d'exploration de l'inconscient qui allait lui permettre de dégager l'importance primordiale de la vie inconsciente dans l'accomplissement de l'inidvidu moderne et de la société. Dernier ouvrage du grand psychanaliste, Es... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Hugo
  11 août 2015
J'ai fait un petit junging au pays des rêves, dans l'inconscient boudé par l'homme moderne enfermé dans sa raison formaté par ses préjugés, sans réflexion sur le pourquoi du MOI…
Et puis crevé par peu de répit d'un enfant de moins deux ans, j'ai songé dans les profondeurs de mon âne et de mon esprit, habité par un inconnu, qui quoi qu'on en crois pas, te raconte des tas de trucs sur un tas de merdes qui te peuplent la tête à ton insu… parfois inné et primitif, collé à ton Toi depuis l'époque primitive, mais souvent personnel, suivant ton environnement, ton éducation et ta vie de branlos…
Il blablate sur les symboles, les archétypes, et plein de machins, il parle de son pote Freud qui n'était Plus vraiment son pote et il évoque Nietzsche… bref le gars vulgarise son oeuvre à travers cet Ouvrage qui donna raison à quelques unes de mes petites réflexions sur le sujet, puisque j'aime Interpréter mes rêves, genre tout seul dans ma tête sans intervention extérieure…
Me voilà endormi sur ma main engourdi
reposant sur mon coude attabler à mes rêves
Les yeux fermés salivant du bout des lèvres
Je m'enfonce paisiblement dans ce monde insoumis
A toute raison et logique d'un homme sain d'esprit
Rêves Rêve ouvre toi et raconte moi mon histoire….
Me voilà bien assis au bord d'une rivière,
Ou je tiens dans ma main une canne à paresse
Et ma ligne qui dérive dans les courants incompris
Et mon bouchon qui s'enfonce dans les profondeurs du mépris
Emportant avec lui mon désir inassouvi
Il n'y a plus de sens, là ou tout se mélange
Dans ce tourbillon infernal d'un esprit perverti
Par cet inconscience troublante la journée endormie
Mais qui donne tout son sens au Toi qui t'habite
Depuis for longtemps dans ton Moi si étrange
Alors perdu dans mes songes incessants
Ou les chimères oniriques se mélangent et dansent
Dans une déferlante inconsciente d'une conscience assouvi
Qui par tant folie veut revenir à la vie
Alors dans un élan serein ou un cri dans la nuit
L'homme se réveille dans l'oubli onirique
D'une envie qui se presse au bout du fusil
Alors à moitié endormi et au pied de son lit
Il s'empresse aux chiottes pour cracher son pipi…
A plus les copains…
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colimasson
  25 avril 2014
« Beaucoup de crises, dans notre vie, ont une longue histoire inconsciente. Nous nous acheminons vers elles pas à pas, sans nous rendre compte du danger qui s'accumule. Mais ce qui échappe à notre conscience est souvent perçu par notre inconscient, qui peut nous transmettre l'information au moyen d'un rêve. »

De même, ce livre intervient à point nommé et sa forme se laissait deviner comme une intuition. J'ai trouvé Carl Gustav Jung à travers Freud mais la référence ne m'intéressait pas encore ; puis je l'ai retrouvé à travers la mythologie, et il m'a semblé plus intrigant ; enfin je l'ai redécouvert par le biais de la conception de synchronicité, et je devais le lire. Bien qu'il soit abrégé et constitue une vulgarisation de l'ensemble de son oeuvre, ou peut-être en raison de ces caractéristiques, Essai d'exploration de l'inconscient se révèle dans une forme qui n'aurait pas pu être différente. Ses idées sont celles que de nombreuses expériences et lectures personnelles m'avaient fait prendre pour des intuitions ; celles-ci s'éclairent ici et s'apaisent dans une reconnaissance mutuelle. Cette rencontre avec Carl Gustav Jung est un soulagement.

S'il ne fallait retenir que deux idées majeures résumées dans cet Essai, il faudrait déjà mentionner ce retournement de pensée renversant que constitue l'émergence de concepts extérieurs dans l'inconscient. La question du big-bang s'applique à la psyché et découle des illuminations incroyables qui nous assaillent parfois et qui trouvent leur illustration la plus convaincante dans les intuitions féroces de certains génies philosophiques ou scientifiques. Comment du rien peut-il soudain naître quelque chose ? D'où nous viennent certaines idées qui ne trouvent aucun point d'appui avec notre expérience quotidienne ou nos références culturelles ? Car Gustav Jung nous cite l'exemple d'une petite fille dont les rêves, peuplés de symbolique religieuse, ne pouvaient s'expliquer par son éducation ou par son environnement quotidien, athée et épuré de toute référence de la sorte. Existerait-il un inconscient collectif dont nos inconscients individuels ne sont qu'une parcelle ? La noosphère –la sphère des idées- se laisse lentement apercevoir…

« Cependant, de même que les contenus conscients de notre esprit peuvent disparaître dans l'inconscient, de nouveaux contenus qui n'ont jamais encore été conscients, peuvent en émerger. On peut avoir l'impression, par exemple, que quelque chose est sur le point de faire irruption dans la conscience, qu' « il y a quelque chose dans l'air », ou « anguille sous roche»»

Les phénomènes de synchronicité s'éclaireraient alors à leur tour et se comprendraient comme une communication consciente d'une inconscience individuelle à l'inconscience collective, permise dans tous les cas où l'homme reprend contact avec ses sens et ses intuitions, acceptant la part primaire de sa constitution et rejetant par la même occasion la primauté absolue de la raison moderne.

Carl Gustav Jung éclaire également la notion d'archétype et la seconde idée majeure résumée dans cet Essai consiste à rendre vivant l'archétype en lui conférant une énergie propre :

« Comme les instincts, les schèmes collectifs de la pensée humaine sont innés et hérités. […] Si le caractère inné des archétypes étonne, que dire alors des insectes et de la complexité de leurs fonctions symbiotiques ? Car enfin, la plupart d'entre eux ne connaissent pas leurs parents, et ils n'ont reçu d'enseignement d'aucune sorte. Pourquoi faudrait-il alors supposer que l'homme soit le seul être vivant dénué d'instincts spécifiques, ou que sa psyché ne comporte plus aucune trace de son évolution ? »

Ce sont ces mêmes archétypes qui, en évoluant à leur guise dans les directions que nous leur permettons d'emprunter, pourraient expliquer certains troubles psychologiques et l'ambivalence du malade à l'égard de sa maladie –à la fois désireux de s'en défaire mais affligé s'il s'en défaisait :

« Les archétypes sont donc doués d'une initiative propre et d'une énergie spécifique. […] A cet égard, ils fonctionnent comme des complexes. Ils vont et viennent à leur guise, et souvent, ils s'opposent à nos intentions conscientes ou les modifient de la façon la plus embarrassante. On peut percevoir l'énergie spécifique des archétypes lorsque l'on a l'occasion d'apprécier la fascination qu'ils exercent. Ils semblent jeter un sort. »

Beaucoup mais trop peu, cet Essai d'exploration de l'inconscient ne se suffit pas à lui-même. Carl Gustav Jung y révèle quelques-uns de ses secrets mais se livre trop peu pour satisfaire les nouvelles questions qu'il nous contraint de nous poser. Il convainc toutefois par l'exemple archétypique qu'il endosse, se montrant lui-même individu connecté à la sphère, renouant avec les mythes primaires de l'homme instinctif sur lequel il aurait greffé les archétypes issus de millénaires d'évolution. Sa méthode thérapeutique, brièvement résumée, n'est pas seulement scientifique –elle se veut aussi éthique et exacerbe la puissance de combat tribale de l'homme véritablement moderne, c'est-à-dire de l'homme devant se battre contre les chimères de la modernité.

« Les anthropologues ont souvent décrit ce qui se produit lorsque les valeurs spirituelles d'une société primitive sont exposées au choc de la civilisation moderne. Les membres de cette société perdent de vue le sens de leur vie, leur organisation sociale se désintègre et les individus eux-mêmes se décomposent moralement. Nous nous trouvons actuellement dans la même situation »

Ce n'est peut-être qu'un mythe de plus –celui que j'attendais précisément.
Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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Donna22
  16 septembre 2016
Dernier livre d'une longue liste bibliographique, celui-là représente une synthèse de tous les précédents pimentée par un testament marquant. Je m'essaie à un bref résumé du résumé.
L'homme ne perçoit jamais rien pleinement. Il peut voir, entendre, toucher, goûter, mais de façon très limitée. Il a besoin d'outils scientifiques pour pouvoir percevoir des choses trop petites, trop grandes, trop éloignées, trop faibles ou trop subtiles pour ses sens primaires : jumelles, amplificateur électrique, etc. Cette perception consciente limitée par nos sens comporte des aspects inconscients : il y a des événements dont nous n'avons pas pris note consciemment mais que notre inconscient a bien enregistré, subliminalement, à notre insu. Ces événements reviennent dans notre esprit conscient via une intuition, une réflexion profonde, une pensée secondaire, un rêve ou des agissements car l'inconscient influe nos actes quotidiennement.
Les idées, images et sons sont relégués à notre inconscient quand on ne leur accorde plus d'intérêt, plus d'énergie affective, plus d'attention consciente.
L'inconscient est une puissance qui influe nos actes conscients de manière de moins en moins visible chez l'homme moderne. Alors que la volonté de l'homme primitif se heurtait aux superstitions, aux peurs et aux obstacles invisibles, celle de l'homme moderne semble ne se heurter à rien. Il est tout à fait capable de traduire ses volontés en actes à tel point qu'il pense être maître de lui-même et ne dépendre d'aucune puissance autre que celle de sa volonté et de sa conscience. “Vouloir c'est pouvoir” non ? Eh bien non, pas vraiment, pas si on fait preuve d'un minimum d'introspection, pas si on est incapable de dominer nos humeurs et nos émotions. Nos dieux et démons intérieurs n'ont pas disparu, ils ont juste changé de nom : alcoolisme, tabagisme, hyper-médicalisation, abus de pilules, alimentation impulsive et excessive, somnambulisme, oublis, lapsus, humeurs, inquiétude, appréhensions, problèmes psychologiques, névroses, tics, etc.
Concernant les rêves : il existe des symboles oniriques typiques et fréquents chez les gens : rêver de chute, de vol, d'être poursuivi par des hommes hostiles ou des animaux sauvages, d'être nu ou ridiculement vêtu en milieu public, d'être pressé, perdu dans la foule, en combat avec des armes inutilisables ou sans défense, en train de courir sans arriver nulle part, de devenir très grand ou très petit (pour les enfants surtout), etc. Dans tous les cas, une bonne interprétation du rêve doit se faire avec intelligence, avec minutie, en ne négligeant aucun détail, en gardant à l'esprit leur charge affective et en usant de beaucoup d'intuition. Car c'est l'intuition qui dit au rêveur quand son interprétation est bonne. Il “sent” quand le message a été saisi, compris, quand les symboles ont bien été révélés. A ce sujet, les objets inanimés coopèrent souvent avec l'inconscient dans la fabrication de symboles : les pendules qui s'arrêtent, les miroirs qui se brisent, les tableaux qui tombent quand leur propriétaire décède par exemple.
Il y a cependant un tas de symboles qui ne sont pas produits par notre inconscient et qui sont le bagage historique qui nous a été transmis par nos ancêtres primitifs et avec lequel on vient au monde. Ce type de contenu onirique a été baptisé par Freud “les résidus archaïques” alias “les archétypes” pour Jung. Cet héritage est en chaque humain, cultivé ou analphabète, intelligent ou stupide. Ce contenu historique est le lien entre le monde rationnel objectif et le monde de l'instinct.
Les rêves nous disent quand notre conscience est influencée par les préjugés, les erreurs, les fantasmes, les désirs puérils. Ils nous alertent quand notre vie devient artificielle et éloignée de l'instinct, de la vérité, de la nature. Mais leur fonction est moins de nous faire la morale que de rétablir notre équilibre psychologique, combler les manquements de notre conscience, nous dire les choses vitales que notre conscience ne nous dit pas. Il compense les déficiences de personnalité et peut avertir du danger d'une démarche, montrer un événement de façon prémonitoire, pour avertir ou pour annoncer. Ils sont parfois inspirés d'une attention bienveillante, parfois pas.
Pour finir, C.G. Jung boucle sa doctrine en se faisant très critique sur le conservatisme inné de l'homme moderne face à la psychologie, le refoulement de son intérieur, la peur profonde et superstitieuse de l'inconnu et de la nouveauté. C'est très caractéristique des sociétés modernes rationnelles qui ont dressé des frontières psychologiques solides entre la conscience objective et les racines primitives de l'humain logées dans l'inconscient. Elles rejettent tout ce que le bon sens ne parvient pas à expliquer, et s'éloignent du même coup toujours un peu plus de l'instinct. L'homme moderne est tellement préoccupé par ses pensées conscientes qu'il a oublié de se demander ce que son inconscient pense de lui. Il pense encore que la conscience est Raison et que l'inconscience est Déraison. S'il s'agissait d'une autre science, ce concept serait pris pour ridicule : Les microbes seraient-ils Raison ou Déraison ? L'inconscient est un phénomène tout aussi naturel, sérieux et aussi digne d'attention que les microbes. Il n'est ni stupide ni dénué de sens, il est même intéressant et intriguant. Il contient tous les aspects de la nature humaine : le bien et le mal, la lumière et l'ombre, la beauté et la laideur, la profondeur et la sottise. Un homme qui n'a jamais regardé un microbe au microscope n'est pas crédible. de la même façon, les hommes qui n'ont jamais approché l'inconscient ne peuvent rien en dire de pertinent. Et pourtant le monde voit l'inconscient comme un dépôt à ordures morales, un amas de bêtises indigne d'attention.
Avec tous les signaux et symboles oniriques qui s'élèvent toutes les nuits des dormeurs de la planète, on reste indifférent et désintéressés. Pourquoi personne ne veut les déchiffrer ? Sans doute parce que ce domaine a peu à voir avec les problèmes de ce monde : la vente et l'achat. Mais le sens de la vie et le désir du coeur humain ne se trouve pas dans la possession d'un compte bancaire. On est en plus à une époque où les sciences étudient la nature sous toutes ses dimensions, à l'exception du psychisme de l'homme. Pourquoi ?
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Bouteyalamer
  28 janvier 2017
La dominante de cet essai est le rêve comme voie d'exploration de l'inconscient et ses liens avec les symboles et les archétypes. Jung commence par défendre le concept d'inconscient, défense surprenante pour un écrit de 1964 : il estime que l'inconscient est nié par de nombreux philosophes et savants (p 33) ; par ceux qui supposent que nous connaissons totalement la psyché, supposition d'une fausseté évidente (p 34) ; et par les misonéistes, ceux qui ont peur de ce qui est nouveau et inconnu (p 35 et 48). Plus surprenant encore, Jung écrit : « En quelque mépris qu'on tienne l'inconscient, chacun doit accorder qu'il mérite d'être exploré. L'inconscient se situe au moins du niveau du pou, qui, après tout, jouit de l'honnête intérêt que lui porte l'entomologiste » (p 49). Les tentatives de Jung pour approcher le concept d'inconscient, non par une définition, mais par des exemples, pourraient expliquer ce ton apologétique : ses exemples illustrent les psychoses, l'anosognosie, l'oubli bénin, mais aussi les propriétés de la mémoire (sélectivité, fonctions d'encodage et de rappel, mémoire sensorielle et ses résonances), ou même des concepts flous comme le pressentiment et l'inspiration. S'il y a de nombreuses définitions de ce qui n'est pas (directement) accessible à la conscience, peu de personnes, me semble-t-il, nient l'existence d'un inconscient.
Jung a une conception heureuse de « la fonction générale du rêve, [qui est] d'essayer de rétablir notre équilibre psychologique à l'aide d'un matériel onirique qui, d'une façon subtile, reconstitue l'équilibre total de notre psychisme tout entier » (p 75). Les rêves offrent une méthode d'exploration au psychiatre qui doit s'adapter à l'individu analysé au cours d'un « échange dialectique entre deux personnalités » (p 92). Il n'y a pas de clé, pas de règle, pas de méthode universelle d'interprétation.
Les rêves disent une vérité par l'entremise de symboles dont beaucoup sont la résurgence d'archétypes immémoriaux. Jung définit les symboles dès sa première page : « un terme, un nom ou une image qui, même lorsqu'ils nous sont familiers dans la vie quotidienne, possèdent néanmoins des implications qui s'ajoutent à leur signification conventionnelle et évidente ». Les archétypes, que Jung pense innés, sont définis de façon plus floue : « On croit souvent que le terme archétype désigne des images ou des motifs mythologique définis. Mais ceux-ci ne sont rien autre que des représentations conscientes : il serait absurde de supposer que des représentations aussi variables puisse être transmises en héritage. L'archétype réside dans la tendance à nous représenter de tels motifs, représentation qui peux varier considérablement dans les détails, sans perdre son schème fondamental » (p 117-8). Jung se fonde encore sur des exemples. Près de la moitié du chapitre « Le symbolisme du rêve » commente le cas d'une petite fille qui offre à son père l'illustration de ses rêves et meurt un an plus tard d'une maladie infectieuse. le père était psychiatre, le cadeau lui était fait deux ans après les rêves, et Jung n'avait pas interrogé l'enfant sur sa création. Il conclut néanmoins que la petite fille se préparait à la mort : « La vie de cet enfant ressemblait au voeu d'un sacrifice printanier dont parle le poète » (p 127) : exemple surprenant ou magique d'un rêve prophétique.
Il est certain que le symbole, l'icône ou le mythe ont une présence universelle, historique et préhistorique (voir La vallée des merveilles d'Emilia Masson). Leur fécondité est attestée dans tous les domaines des arts et des sciences humaines, même si l'on ne croit pas en leur vérité (voir Les grecs ont-ils cru à leurs mythes ? de Paule Veyne). Sont-ils innés ou acquis, résidus archaïques (Freud) ou tendances instinctives (Jung) ? Débat sémantique sans portée évidente. L'Essai est peu informatif sur les types psychologiques, même si le chapitre V porte ce titre et mentionne sans commentaire quatre types fonctionnels (p 101). Il ne fait que mentionner les concepts d'animus/anima ou de complexes.

Au terme de sa vie intellectuelle, Jung ne s'est pas libéré de l'emprise de Freud, qu'il tient à distance par des remarques polémiques, lesquelles culminent dans sa conclusion : « Les idées de Sigmund Freud ont confirmé la plupart des gens dans le mépris que leur inspire la psyché inconsciente. Avant lui, son existence était ignorée, ou négligée. Désormais, elle est devenue un dépôt à ordures morales » (p 181). L'essai ne mentionne pas le concept d'inconscient collectif. Pourtant Raymond de Becker, également inquiété pour son rôle auprès des nazis, déclare dans sa préface : « On se trouve dans l'obligation de reconnaître l'existence d'une psyché « aryenne » distincte de la psyché « juive » ou de la psyché chinoise, la chose est d'un bon sens si élémentaire qu'on s'étonne qu'elle ait pu donner matière à polémique » (p 21). Faute de tact et faute de pertinence, faute tout court dont le responsable est finalement l'éditeur. Il vaut mieux aborder le grand homme par un autre livre que cet essai tardif.
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Tatooa
  18 juin 2013
Ce dernier ouvrage de Jung qui résume sa pensée est tout à fait abordable et lisible par tous. Il aborde clairement sa doctrine, et l'importance qu'il accorde aux rêves et aux symboles (et qui rejoint ce qui est dit dans "Ma vie").
Bref, un livre à lire pour tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à Jung et à ses idées !
Ce que j'apprécie chez Jung c'est qu'il rejoint les conclusions de maîtres de spiritualité, il a réussi une synthèse, répondu à la question "qui suis-je" que posent ces maîtres.
Jung me fait l'effet d'avoir atteint le même stade qu'eux par un biais totalement différent. Ce qui démontre bien que chaque chemin est personnel et unique.
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   19 février 2015
Le monde communiste, on le remarquera, possède un grand mythe (que nous baptisons illusion, dans l’espoir que notre supériorité de jugement l’anéantira). Ce mythe, c’est le rêve archétypique, sanctifié par un espoir millénaire, de l’Age d’or (ou Paradis), dans lequel chacun aura de tout en abondance, et où un grand chef, juste et sage, règnera sur un jardin d’enfants. Cet archétype puissant s’est emparé du monde communiste sous sa forme la plus puérile, mais il ne disparaîtra pas du monde parce que nous lui opposerons la supériorité de notre point de vue. Nous aussi, nous l’alimentons par notre propre puérilité, car la civilisation occidentale se trouve sous l’emprise de la même mythologie. Inconsciemment, nous nourrissons les mêmes préjugés, les mêmes espoirs et la même attente. Nous croyons aussi à l’Etat Providence, à la paix universelle, à l’égalité de tous les hommes, à nos droits éternels, à la justice, à la vérité, et (mais ne le disons pas trop haut) au Royaume de Dieu sur Terre.
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colimassoncolimasson   01 mars 2015
[…] Il semble que ce que nous appelons l’inconscient ait conservé les caractéristiques qui appartenaient à l’esprit humain originel. C’est à ces caractéristiques que se réfèrent constamment les symboles oniriques, comme si l’inconscient cherchait à ressusciter tout ce dont l’esprit s’est libéré au cours de son évolution, les illusions, les fantasmes, les formes de pensées archaïques, les instincts fondamentaux, etc.
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colimassoncolimasson   25 avril 2014
Dans une civilisation dont la dévalorisation de la sexualité avait été le signe mais dont les héritiers se trouvaient toujours plus mal à l’aise dans les structures morales d’un Moyen Age qui en avait tenté la répression et la sublimation au nom d’idéaux religieux ébranlés depuis par le doute, la névrose des individus devenait symbole de névrose collective, leur maladie une maladie de civilisation. En ce sens, la thérapeutique freudienne acquérait une valeur collective ; en réhabilitant la sexualité, elle permettait à l’Occidental de reprendre contact avec ses profondeurs instinctives, de redécouvrir les voies de la santé et de l’équilibre.

-Préface-
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colimassoncolimasson   17 février 2015
[…] L’homme contemporain soutient sa croyance au prix d’un remarquable défaut d’introspection. Il ne voit pas que, malgré son raisonnement et son efficacité, il est toujours possédé par des « puissances » qui échappent à son contrôle. Ses dieux et ses démons n’ont pas du tout disparu. Ils ont simplement changé de nom. Ils le tiennent en haleine par de l’inquiétude, des appréhensions vagues, des complications psychologiques, un besoin insatiable de pilules, d’alcool, de tabac, de nourriture, et surtout par un déploiement impressionnant de névroses.
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colimassoncolimasson   04 mai 2014
Un mot ou une image sont symboliques lorsqu’ils impliquent quelque chose de plus que leur sens évident et immédiat. Ce mot, ou cette image, ont un aspect « inconscient » plus vaste, qui n’est jamais défini avec précision, ni pleinement expliqué. […] Lorsque l’esprit entreprend l’exploration d’un symbole, il est amené à des idées qui se situent au-delà de ce que notre raison peut saisir.
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Vidéo de Carl Gustav Jung
E. Couly reçoit Xavier Mauméjean au Musée de la Magie et des Automates d'après son roman: La Société des faux visages aux éditions Alma Editeurs: Août 1909. Sigmund Freud et Carl Gustav Jung arrivent à New York pour donner une série de conférences. Pendant ce temps, Harry Houdini subjugue le public avec ses évasions impossibles. Né à Budapest, ce fils d?ex-rabbin immigré, dont le vrai nom est Ehrich Weiss, a pris sa revanche sur la vie en devenant riche et célèbre. Un soir, alors qu?il vient d?accomplir l?un de ses plus fameux numéros, Houdini est accosté par le secrétaire du redouté et richissime Vandergraaf. Celui-ci souhaite que le magicien enquête sur la disparition de son fils. Houdini accepte et rencontre Sigmund Freud, convoqué également par Vandergraaf. L?un pratique l?intrusion, l?autre l?évasion. Au fil d?un jeu de pistes ébouriffant, à travers la ville, Freud et Houdini devront affronter les sommets, aussi bien que les bas-fonds de New York.
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>Philosophie et théorie>Systèmes, écoles>Systèmes psychanalitiques (329)
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